‹ Nos saintsChapitre 23 sur 105 · BERNARDIN DE SIENNE · texte numérisé non relu

BERNARDIN DE SIENNE

Jésus dont il fut le zélé promoteur et l'ardent défenseur contre les intrigues suscitées par l'enfer, furieux de ses efforts.

C'est le culte du Nom de Jésus qu'il offrit aux cités en proie aux dissensions tt aux troubles, il le prêcha à tous, aux pécheurs pour les émouvoir, aux justes pour les fortifier. Là fut le secret des triomphes de ce grand prédicateur. — Non content de prêcher le Nom de Jésus et d'en exalter la pu ssance, Bernardin fit peindre sur de petites tablettes le monogramme du Sauveur environné d'une couronne rayonnante, il engageait chacun de ses auditeurs à se procurer pour sa maison une de ces tablettes ; il en portait lui-même une sur lui ; en chaire, il la montrait au peuple à la fin de ses discours et invitait l'assemblée à se prosterner devant la pieuse image pour rendre gloire à Jésus. Ce culte produisait les fruits les plus abondants ; il ouvrait les âmes au respect, à l'amour et à la crainte du Sauveur des hommes. — Plus d'une fois le Seigneur confirma par des miracles cette salutaire dévotion. C'était en 1433, Bernardin se trouvait à Rome, sur son passage il rencontre un homme perclus de tous ses mem bres qui le supplie d'avoir pitié de lui. — Touché de son état, le Saint lui dit : « Croyez-vous qu'au Nom de Jésus je puisse vous guérir ? — Oui, mon Père, répondit le malade. « — Le Saint lui tend la main et invoquant le Nom de Jésus, lui commande de se lever, le malade obéit : il était guéri.

Notre Saint avait pourtant des ennemis que son zèle irritait. Ils crurent avoir trouvé l'occasion de l'attaquer victorieusement dans la façon dont il propageait le culte du Nom de Jésus, ils l'accusèrent auprès du Pape de faire adorer les lettres du Nom de Jésus, et non le Sauveur lui-même. — Cité devant le Pontife Martin V, il lui fut interdit de prêcher ; mais au jour du jugement Bernardin, accompagné de saint Jean de Capistran, expose si clairement sa doctrine, dévoile avec tant de force les merveilles du Nom de Jésus que son triomphe fut complet. Le lendemain du débat, le Pape leva l'interdit. — Le souvenir de ce mémorable événement fut plus tard conservé dans l'Ordre de saint François par l'établissement de la fête du triomphe du Saint Nom de Jésus. Les Pontifes romains l'ont étendue à l'Eglise universelle sous le titre de fête du Saint Nom de Jésus.

Ce grand lutteur allait recevoir les couronnes de ses victoires tandis qu'on chantait au chœur cette antienne de la fête de l'Ascension : « Pater, mntîifestavi Nomen iuum hotninibus, » Père, j'ai manifesté aux hommes, votre Nom. » Apôtre par excellence du Nom de Jésus, enfant privilégié de Marie et zélé propagateur de son culte, le P. Bernardin possède au ciel et devant les hommes la double auréole de l'apostolat et de la virginité.

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û |3. ^himiliane

^ \'kuvk, du Tiers-Ordre ^ (1219-1246)

!^ Humiliane, sortie d'une

;*: des plus anciennes familles

*; de Florence, aima Dieu dès

;î!; sa plus tendre enfance. A

:*; seize ans, ses parents )a for-

>: cèrent d'épouser un jeune

;* patricien, dont la noblesse

■M du cœur était loin d'égaler

.^^^fc):<:^i^^ç^-Oc ^^''^ ^^ ^^ naissance. A un caractère violent, il joignait une prodigalité sans bornes, dans laquelle il engloutit plus que sa fortune. Notre Bienheureuse, ne répondant aux mauvais traitements que par la douceur et la générosité, mit sa dot au service de son mari, dont elle sauva ainsi l'honneur.

Devenue veuve, elle renon(;a complètement au monde, reçut l'habit de la Pénitence des mains des Frères Mineurs, et s'enferma dans les ruines d'une vieille tour pour y vaquer à la contemplation.

Blessée dans sa fortune par l'injustice, dans ses affections par son père et ses proches, dans son corps par une insolente servante qui la traita brutalement, éprouvée de Dieu par des infirmités corporelles et des peines intérieures, rien n'altéra son invincible sérénité. Son amour pour les pauvres égalait sa patience : non seulement elle se privait de sa nourriture et de ses vêtements, mais elle se fit mendiante pour eux. Sa soif du martyre ne pouvant être satisfaite, elle y cherchait une compensation dans des austérités difficiles à comprendre pour une complexion si délicate. Le Seigneur récompensa sa servante par des extases, des ravissements nombreux, des révélations intimes, et l'admit souvent, pendant sa vie, à ses entretiens familiers, et à ceux des esprits célestes. Le don de miracles lui était devenu habituel ; elle ressuscita une jeune fille morte subitement, et, par un signe de croix, elle mettait le démon en fuite et dissipait ses embûches.

A quelques dames venues réclamer ses conseils elle disait résumant sa propre vie : « Exercez-vous à l'humilité, car c'est grâce à cette vertu et à la pratique de l'aumône que' j'ai reçu de Dieu de si grandes faveurs. »

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B. 3can jforcst

Prêtre, Franxiscain 11538)

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C'était l'époque douloureuse où l'impie Henri VIII, roi d Angleterre, ayant consommé le grand schisme de son royaume et offert le spectacle hideux de l'ambition la plus insatiable, de la corruption la plus dégoi^itante et de la cruauté la plus intraitable, assouvissait sa rage en s'abreuvant du sang de ses sujets. Les catholiques qui, fidèles à l'autorité du Pontife Romain, refusaient d'approuver la conduite de leur prince et de renoncer à kur foi étaient voués à une mort cruelle et certaine.

Or, parmi les courageux athlètes du Christ qui luttèrent alors pour arrêter les progrès du schisme envahissant, nous dit la Légende du Bréviaire franciscain, le bienheureux Jean Forest occupe un rang distingué, non seulement par le brillant éclat des vertus dont il a donné l'exemple, mais surtout parce que soumis à une torture intolérable il a fait preuve d'une constance sans égale.

Docteur en théologie et ancien professeur à l'Université d'Oxford, il avait mérité, par la sainteté de sa vie et la vaste étendue de sa science, d'être nommé Ministre Provincial de ses frères et d'être choisi comme confesseur de la reine Catherine, épouse légitime de Henri VIII. Il combattit en toute occasion et par tous les moyens, le schisme formé par le roi, n'épargnant aucun labeur ni aucune fatigue pour lui porter de rudes coups soit par ses enseignements, soit par ses prédications et ses écrits. Arrêté sur Tordre du roi, il est jeté en prison où il reste abandonné pendant cinq années entières. Enfin il est condamné à mort et il doit périr par un nouveau genre de supplice.

Déjà une foule immense se presse sur les gradins de l'amphithéâtre : le roi et les membres de la famille royale se rendent à l'estrade qui leur est réservée et immédiatement l'on voit apparaître le bienheureux Père.

22 MAI. — U. JEAN KOKKST

A la vue du supplice qui se préi)are, et des instruments de torture cju'il a sous les yeux, il promène avec calme son regard autt)ur de lui et de toutes ses forces il s'écrie : « Non, ni le feu, ni les fouets, ni la potence ne mi^ sépareront de vous, ô mon Dieu. Jamais je ne (juitterai le sein de l'ICglise catholique ma mère. Que mon corps se dissolve ! pour moi je ne renierai point ma foi, lors même qu'un ange, descendu du ciel, viendrait m'apprendre une doctrine nouvelle. » On le suspend par les coudes entre deux poteaux parallèles, on allume un petit feu sous ses pieds afm que la flamme le grille lentement, et aussi afin qu'il soit torturé autant dans son âme que dans son corps. En effet, les blasphèmes, les 'sarcasmes et les railleries pleuvaient sur le saint martyr ; un évêtjue apostat l'exhortait, par des insinuations perfidement raffinées, à prêter le serment (jue le roi exigeait, enfin il voyait le feu qui le consumait alimenté par de saintes images et des statues en bois. Cependant ce feu, qui lentement enlevait la force à son corps, ajoutait une nouvelle vigueur à son âme ; ces affreux tourments continuèrent un jour entier, et durant tout ce temps Ton entendait le B. Jean répéter fréquemment ces paroles : « Seigneur, f attendrai en paix à F ombre de vos ailes jusqu^à ce giœ l'iniquité soit passée. »

Il récitait avec ferveur le psaume : «y^?/ espéré en vous, Seigneur, » lorsque, arrivé à ce verset : «Je remets mon âme entre vos mains, » cette âme se détacha de son corps et s'envola vers les cieux,

PRIONS

«( Seigneur Jésus, qui avez choisi le Bienheureux Jean votre martyr pour en faire le défenseur invincible de la foi catholique et de la primauté du Pontife Romain, accordez à ses prières que tous les peuples qui vous confessent comme le vrai Dieu, reviennent à l'unité de la vraie foi.» Ainsi soit-il.

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B. Criôpino

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Frère lai, Capucin (1668- 1750)

i?» Le bienheureux Crispino ^ de \'iterbe, par son aimable v| et joviale physionomie, nous 5I montre que la sainteté n'est 'I pas synonyme de tristesse.

%. Dans les emplois humbles ^5éà0^èOéèOéiàOéiOèèOéàOéuàC'é^èOèi<f et pénibles que l'obéissance

lui confia, dans les souffrances et les maladies que la Providence lui envoya, le bienheureux Crispino fut toujours gai, toujours souriant, faisant l'admiration de ses frères et devenant l'objet de la vénération des foules. Viterbe fut sa patrie. Agé seulement de cinq ans, il fut conduit par sa pieuse mère dans un sanctuaire de Marie et consacré par elle à la Reine des anges : « ^'oilà ta mère, lui dit-elle ; je te donne à elle en ce moment : honore-la toujours comme un bon fils, invoque-la dans tes peines, en toute occasion elle te sera secourable. » Le jeune enfant comprit le sens de ces paroles, il grandit en nourrissant dans son âme ce germe de la dévotion à Marie, aussi devint-elle l'un des caractères dominants de sa \de. Admis au noviciat des Frères Mineurs Capucins comme frère convers et ayant reçu l'emploi de cuisinier, Crispino eut pour premier soin d'élever, dans sa cuisine, un petit autel à la très sainte Vierge : il se plaisait à l'orner des plus belles fleurs, et tous les soirs, il y chantait les litanies en compagnie de quelques autres religieux. Ce fut devant cet autel que Marie se plut à récompenser son serviteur, en lui obtenant des faveurs singulières. Devenu jardinier, il voulut que l'autel de Marie le suivit dans son nouvel emploi et il éleva au milieu de son jardin une modeste chapelle à Celle qui était l'objet continuel de sa pensée. Sa manière d'agir avec Elle était celle de l'enfant avec sa mère ; un seul exemple le montrera. Un jour, des jeunes gens volèrent sur son autel de la Madone de beaux bouquets qu'il y avait déposés : ce qui contrista beaucoup le Bienheureux, à cause de l'outrage fait à la très sainte A^ierge. Le lendemain, un Père de la communauté lui ayant donné deux cierges, le B. Crispino s'empressa

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KIsl'INO l)K \1IKKIII-.

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(Je les allumer sur son autel, el sortit après dans le jarilin, |)uur cueillir des léj^unus Le l'ère profite tle cette absence pour faire enlever les cierges ; tt n(Jtre Hienheureux, de retour dans sa cuisine, s'aper(,-oit a\ei' tristesse tle la nou\elle disparition. Il s'en plaignit à la sainte N'ierj^e : « Quoi donc ? fit-il avec une i^ familiarité toute filiale, vous permettez qu'on enlève aujourd'hui [A, vos cierges comme hier on enlevait les Heurs ! Vraiiuent, ma I Mère, vous êtes trop honne. (Quelque jour, ils prendront votre Fils dans vos bras et vous n'osertz rien dire, oui, je vous le dis, |^ je vous le répète, vous êtes si bonne (]u'ils finiront par vous jsr enlever votre Fils Jésus. » Le Père, ([ui s'était caché près de là, écoutait ses affectueii.x rejjroches ; puis se montrant il rendit les vSy cierges au bon frère et se retira, admirant cette confiance si |'^ filiale et si amoureusi'.

Chargé plus tard de l'office de frère quêteur, le chapelet ne i quittait jamais ses mains. Il passa un grand nombre d'années ;|^ dans cet emploi, opérant de nonibreu.x mirac'es et produisant un bien immense dans les âmes. Des prélats, distingués par leur science et leur vertu, l'avaient en grande vénération et recherchaient sa compagnie ; de savants théologiens allaient souvent k> le consulter dans leurs doutes et s'en retournaient émerveillés. '@)' Cependant les témoignages de vénération dont il était environné n'affaiblirent jamais en lui les sentiments de sincère et profond n^ mépris qu'il avait con(çUS de lui-même : il se considérait comme le dernier parmi ses frères et ne s'appelait^ à l'exemple de saint Félix de Cantalice, que l'âne des Capucins. On lui demandait un jour pourcjuoi il allait nu-tête : « C'est parce qu'un âne ne porte pas de chapeau, répondit il avec une aimable gaieté. » Non content de nourrir pour lui-même un profond mépris, le serviteur de Dieu se traitait avec la dernière rigueur : son vêtement était un vieil habit couvert de pièces, son lit, une planche avec une pierre pour oreiller. Mais autant il était sévère pour luimême, autant il était compatissant aux souffrances du prochain ; les malades, les pauvres, les affligés trouvaient en son cœur des trésors de générosité et de consolation, qu'un indéfectible et croissant amour pour Jésus et sa divine Mère alimentait sans cesse.

Recueillons, comme une fleur du paradis, cette parole (jue le bienheureux Crispino répétait .sans cesse : « Si votre prière passe par les lèvres de Marie, elle est d'avance exaucée ; » et encore cette autre sentence : «La vraie dévotion à la très sainte Vierge consiste surtout à ne pas offenser son divin Fils. «

^^ '^. ^=^ m m^ -^ m^ m m^ 29 MAI

B. Ibcrculano

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J^RfnRE, Franciscain (1390-1451)

xi Originaire du territoire de '■'■ Pérouse, et issu d'une famille y. opulente, le bienheureux V|^ Herculano renonça de bonne ^'^ heure aux espérances du siè- •?■ cle pour embrasser la vie des ^=^ >! ^f^ m m^ ^ ^^ w. 7t=ii Frères Mineurs. Elevé au

sacerdoce et nommé prédicateur, il s'appliqua avec beaucoup de zèle à prêcher la Passion du Sauveur, objet constant de ses oraisons et de ses larmes. Sa parole ardente, et empreinte des vifs sentiment.s'dont débordait son âme, impressionnait profondément ses auditeurs, elle provoquait le repentir et faisait couler des torrents de larmes. C'était par la pratique d'une austère pénitence et dans de ferventes oraisons que ce nouvel Abraham plaidait devant Dieu le salut de ses frères coupables et puisait l'onction de sa parole embrasée. Aussi, après ses prédications, les conversions étaient- elles nombreuses : on voyait même des hommes de haut rang dire adieu au monde et prendre le chemin du cloitre. Le saint apôtre' eut la consolation d'étendre merveilleusement sa famille religieuse et de procurer ainsi à l'Eglise, avec de zélés missionnaires, des âmes consacrées à prier sans cesse pour l'avènement du règne de Uieu sur la terre. Il parcourut les Lieux Saints et l'Egypte, travaillant partout à faire connaître et aimer Jésus-Christ.

De retour en Italie, il exerça le ministère apostolique en Toscane ; c'est dans cette province que devait se terminer sa sainte et laborieuse carrière.

Le B. Herculano prêchait le carême dans la cathédrale de Lucques, en 1430, lorsque les Florentins vinrent mettre le siège devant cette ville et la réduisirent à l'extrémité. Ce fut lui qui soutint les Lucquois, relevant leur courage, se dépensant pour soulager leurs misères, et les assurant de la fin de leurs maux.

Durant sa vie des miracles avaient confirmé sa prédication et après sa mort de nombreux et éclatants miracles ont illustré son tombeau.

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B. 3can ^c |P^a^o

Prêtre et martyr,

Franciscain

("'est sur la tcriv du Maroc, sur cette terre (jui avait bu le sang des premiers martyrs de l'Ordre Sérajjhique, que le B. Jean de Prado eut la gloire de gagner la

'*"Àn;?5t"oi?'*'*-v«?-*-vvv-v-vvv'vvv-vvi palme du martyre. Né en

Espagne, de parents distmgués par leur noblesse, il avait revêtu l'habit des Parères Mineurs, après avoir fait de sérieuses études à l'Université de Salamanque, et, peu après, il était ordonné prêtre. I )ès les premiers temps de sa vie religieuse, Jean ressentit dans son âme généreuse le vif désir d'aller se sacrifier dans de lointains pays en y travaillant à la conversion des infidèles, mais un religieux, à qui il s'ouvrit de ce dessein, l'assura que le moment n'était pas encore venu de le mettre à exécution. Jean attendit donc, il fut entre temps chargé de l'emploi de Maître des Novices et remplit également dans plusieurs couvents l'office de Gardien. En toutes -ses actions, il s'efforc^ait de faire l'apprentissage du martyre, dans la pratique de la plus rigoureuse pénitence, à laquelle il joignait l'immolation intérieure de son âme par l'exercice d'une oraison ardente. Enfin le moment, si souvent demandé, arriva, où le Bienheureux put faire voile vers des terres infidèles. Une peste avait emporté tous nos missionnaires du Maroc, et le P. Jean, que le Pape Urbain VIII avait nommé missionnaire apostolique avec des pouvoirs très étendus, partit pour les remplacer accompagné de deux autres Frères Mineurs. Arrivés dans le Maroc, leur tâche fut ardue, mais jamais au-dessus de leur zèle. Le roi Maure, irrité de leur succès, les fit mettre aux fers, mais les saints confesseurs en remercièrent le Seigneur. Un jour que le B. Jean avait, par son zèle intrépide, irrité le farouche tyran, celui-ci lui déchargea sur la tête un violent coup de sabre. Le visage du Bienheureux resplendit d'une lumière céleste, et tandis qu'un globe de feu apparaissait au-dessus de sa tête, il alla recevoir du Seigneur la palme du martyre.

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Roi de Castille,

DU Tikrs-Ordre (I200-I252)

1 )isciple de saint François par le Tiers-Ordre, Ferdinand III eut pour père Alphonse IX, roi de Léon, tt pour mère, Bérangère, fille d'Alphonse III ; cette dernière était sœur de Blanche, reine de F"rance et mère de saint Louis.

Roi de Castille à dix-sept ans, il s'entoura des conseillers lès plus sages de ses Etats. Lui-même fit admirer sa prudence précoce, sa justice et sa Ijonté. Comme (]uelqu'un lui conseillait de lever de nouveaux impôts : « Dieu me garde, répondit le prince, d'adopter jamais votre projet. La Providence saura m'assister par d'autres voies. Je crains plus la malédiction d'une pauvre femme que toute une armée de Sarrasins. » Il épousa Béatrix, fille de Philippe de Souabe : c'était une des princesses les plus vertueuses de ce temps et Dieu bénit cette union par la naissance de sept enfants. La gloire de Dieu et le bonheur de son peuple furent les deux mobiles de ce grand prince, qui se sanctifiait par l'observance de la Règle du Tiers- Ordre, en même temps qu'il y trouvait le secret de devenir un grand roi.

Il tint son épée longtemps dégainée contre les sectateurs de Mahomet, maîtres depuis des siècles d'une partie considérable de l'Espagne. Chaque année amenait de nouveaux combats et de nouvelles victoires ; la main de Dieu était visiblement avec son serviteur ; la Vierge Marie, dont l'image était toujours portée comme un étendard à la tête des troupes espagnoles, le couvrait de sa protection ; l'apôtre saint Jacques, le grand patron de ces contrées, priait pour son peuple ; dans une bataille, plusieurs le virent précéder ses troupes au combat, et les mener à la victoire. Au milieu de l'effervescence de la guerre, le saint Roi n'avait lui-même en vue que l'honneur de son Dieu:" Seigneur, s'écriait-il, vous qui sondez les reins et les cœurs, vous savez que je cherche votre gloire et non la mienne : je ne me propose

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i^] 30 MAI. — SAINT IKRIHNAM) \^^

point d'acquérir des royaumes périssables, mais d'étendre la connaissance de votre Nom. »

I )ans la plupart des villes qu'il enlevait à l'ennemi, i'crdinand établissait des évèchés ; il rétablissait partout le culte catbolitiue, élevait des églises, fondait des monastères, dotait des hôpitaux. Il transforma la grande mosquée en une cathédrale dédiée à la Mère de 1 )ieu, dont le pii-d vain(|ueur écrasera toujours le serj)ent de l'erreur.

Le saint Roi ne se contentait pas de détruire et de bâtir, il veillait aussi sur la conduite de ses soldats, il voulait qu'on leur inspirât les sentiments de la plus vive piété, et comptait plus, pour être assuré de la victoire, sur leur obéissance aux lois divines que sur leur bravoure. Ce saint monarque jeûnait lui même strictement, portait un rude cilice, passait souvent les nuits en prière, et ne s'élançait au combat (ju'après s'être assuré, par de ferventes prières, la protection du 1 )ieu des armées. Au milieu du tumulte des camps, il vivait comme un religieux dans son cloître.

;§j Le grand Pape (Irégoire IX seconda puissamment un si vail-

lant champion de la cause de l'Eglise et un modèle si parfait du roi catholique ; il l'encouragea tn toute circonstance, lui procura des secours pour ses conquêtes, et accorda à ses entreprises les indulgences de la Terre Sainte.

II préparait encore une expédition contre les infidèles, lorsque le Seigneur l'appela à lui. On l'ensevelit dans la grande église de vSéville devant l'image de la Sainte Vierge, revêtu, selon sa demande, de l'habit du Tiers-Ordre de saint François. Son corps s'est conservé sans corruption ; de nombreux miracles eurent lieu à son tombeau, et Clément X le canonisa en l'année

PRIONS

« Seigneur, qui avez accordé au B. Ferdinand, votre confesseur, de combattre vos combats, et de vaincre les ennemis de la foi, faites qu'aidés de son intercession, nous soyons délivrés des ennemis du corps et de l'âme. Ainsi soit-il. »

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Ermite, du Tiers-Ordre (1242)

Né d'une famille pauvre, le bienheureux Gérard devint orphelin dès Tâge de 1 2 ans ; il fut recueilli par le 0; maître de la ferme que ses v4 parents cultivaient, et élevé M^&^^^^mim^^^^K^^mÈ dans la piété. Après avoir

été successivement Croisé et pèlerin des Saints Lieux, prisonnier, serviteur et Hospitalier, il se retira en Italie, où il reçut l'habit du Tiers-Ordre des mains de saint François d'Assise. Il alla alors se cacher dans un ermitage situé non loin de Villamagna et y séjourna jusqu'à sa mort, en menant une vie toute céleste. Docile aux inspirations de la grâce, il marcha de vertu en vertu, et parvint au plus haut degré de la perfection évangélique. Il se retranchait les choses de première nécessité afin de venir en aide aux pauvres et aux malheureux ; quand il n'avait plus rien à donner il allait mendier lui-même pour les indigents. Son zèle s'étendait à tout et à tous ; sa réputation attirait à sa cellule une foule de personnes des pays environnants : il leur annonçait la parole de Dieu, avec une onction qui lui faisait verser dans le cœur des autres la ferveur de son oraison : ces efforts de son serviteur. Dieu les couronna de succès et de miracles. Un jour Gérard avertit un voiturier, conduisant un char de bois, que, s'il continuait à blasphémer, il se noierait dans l'Arno ; le coupable, ayant méprisé l'avis du saint, périt en effet dans le fleuve.

Le B. (iérard parvint à une extrême vieillesse sans rien diminuer de ses austérités. Il envisagea la mort avec calme et tranquillité, comme un bon serviteur toujours prêt à recevoir son maître : fortifié à cette heure par les derniers sacrements, il s"endormit a\ec grande suavité entre les bras de son bien-aimé Sauveur.

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^. Vital (le ilaotia

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Ce saint Ermite, né au bourg de Bastia, dans le diocèse d'Assise, abandonna tous ses biens et revêtit l'habit du Tiers Ordre de saint Fran<;ois pour embrasser la [pauvreté évangélique dans toute son étendue.

En 1470, il se retira aujirès d'une chapelle de la sa'nte Vierge, située dans un lieu solitaire, à une demi-lieue d'Assise ; c'est là qu'il passa sa vie dans la prière et la pénitence. Il macérait son corps par de longues veilles et des jeûnes rigoureux ; il marchait toujours nu-pieds, un peu d'eau et quekjues légumes' faisaient sa nourriture.

Vital mourut saintement le 31 mai 1491 riche en vertus et en mérites ; il avait passé vingt et un ans dans la solitude. Il fut enterré dans sa chapelle, sur l'emplacement de laquelle on érigea plus tard une église, lorsque le Seigneur eut fait connaître sa sainteté par de nombreux miracles. On cite entre autres la résurrection d'un enfant et la guérison d'un homme qui avait perdu la parole et la raison, et de plus la délivTance du seigneur de Todi qui avait été mis en prison. Les habitants d'Assise, témoins de ces merveilles, tranportèrent ses reliques dans leur principale éghse en 1509 ; une chapelle lui est consacrée et chaque année on célèbre sa fête le 31 mai dans le diocèse d'Assise sous le rite Double de 2'"" Classe.

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Arc!IEVK(jue, Franciscain

C'était vers le milieu du xiv" siècle, alors que la Russie, habitée par des schismatiques et des païens, offrait un vaste champ aux ouvriers évangéliques ; Jacques de Strépar, (]ui descendait de l'une des plus anciennes et des plus nobles maisons de la Pologne, de la famille sénatoriale de Strépar, et qui avait revêtu l'habit des Frères Mineurs, demanda et obtint de ses supéri'^'urs la permission d'aller se sacrifier dans ces contrées sectaires et d'y travailler à la dilatation du royaume de Dieu.

Dès le début de sa mission, il recueillit de nombreux fruits de salut ; il fut ensuite, par autorité apostolique, mis à la tête de toutes les missions de la Russie et, depuis dix années, secondé d'ailleurs par de laborieux roopérateurs désireux comme lui de servir l'Eglise et d'étendre le rè^ne de Dieu, il remplissait cette charge délicate et difficile, lorsque le Seigneur donna à ses travaux une direction nouvelle. L'Archevêque de Kalitz venait de mourir, et le Souverain Pontife nommait le B. Jacques à ce siège métropolitain. L'humilité du Bienheureux dut s'incliner. Dès lors, il se montra le modèle accompli du pasteur des âmes. Pendant 39 ans, il se consacra tout entier aux besoins de son diocèse, multipliant les églises, formant des prêtres zélés, enracinant dans les âmes une forte dévotion à la Mère de Dieu et à l'Eucharistie, parcourant à pied son vaste diocèse, joignant à cela les pratiques de la plus austère pénitence. Admis en qualité de sénateur au conseil du gouvernement, il mérita par les sages avis qu'il donna et les importantes résolutions qu'il fit prendre, qu'on lui décernât le titre de Frotecteu7- de la Patrie et gardien du royaume.

En l'année 1619, on ouvrit le tombeau du saint Archevêque, et son corps fut retrouvé intact et sans corruption.

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;î X^se Baptunc Uarani

\ iKKi;r., Clarisse

Camille Varani, qui prit, 4 en entrant en religion, le À nom de Baptiste, fut entou- ; rée (lès son berceau de toutes ^f les splendeurs et de tout ce /^ que 1

monde aime et recherche. Jeune encore, des sentiments au-dessus de ceux des enfants de son âge, des praticjues j^énibles de pénitence, faisaient prévoir que Dieu la distinguerait par des faveurs particulières. « Cependant, dit son biographe, dans le jardin de son âme, l'ivraie germait à côté du bon grain, et les mauvaises herbes menaçaient d'étouffer les fleurs. Au sortir de l'église, elle s'occupait de toilette et d'amusements; ses méditations sur la Passion du Sauveur étaient suivies de lectures frivoles, d'amusements mondain?. » Mais Dieu voulait l'avoir. tout entière, et l'instrument dont il se servit pour la retirer de la voie dangereuse dans Uuiuelle elle était engagée, fut un enfant du Séraphin d'Assise, le P. François d'Urbino. prédicateur célèbre dans toute l'Italie. Un de ses sermons dessilla les yeux à la jeune fille. Elle se mit sous la direction du saint Religieux, qui l'avait devinée, et fit de rapides progrès dans la vertu ; quelque temps après, agenouillée au pied des autels, elle consacrait à Dieu sa virginité. Toutefois, ce n'était pas encore là l'holocauste que son Créateur demandait d'elle, et la grâce frappa si fort à son cœur, qui essayait de repousser son inspiration, qu'elle fut obligée de céder. Ce/ui qui est la fleur des champs et le lis des vallées lui apparut à plusieurs reprises et, après l'avoir inondée d'un déluge de grâces, il laissa dans son âme, dit la Bienheureuse elle-même, trois lis d'un parfum délicieux : Uhe haine du monde invificible, une humilité sincère, et un ardent désir des souffrances. Désormais, Baptiste était prête à tout sacrifier pour suivre la volonté de son Dieu, et lorsque une voix intérieure l'invita à se consacrer entièrement au Seigneur en embrassant la règle si austère de sainte Claire, ni les caresses, ni les menaces, ni les larmes, ni les

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