JUILLET, — SAINTE ELISABETH DE PORTUGAL
d'âmes vulgaires, au milieu de ces cruelles angoisses, notre Sainte donna de nouvelles preuves de sa sublime charité et de sa prudence consommée. Versant continuellement dans le cœur de Dieu ses prières et ses larmes, elle essaya de retirer le roi de ses désordres ; son héroïsme alla même jusqu'à témoigner le plus sincère dévouement aux enfants issus du commerce criminel de son malheureux époux. Sa patience et sa résignation firent enfin violence au ciel ; le roi reconnut ses fautes et mourut saintement dans les bras de son épouse.
La moitié de l'année environ, Elisabeth ne prenait, pour nourriture, que du pain trempé dans l'eau. Cette eau se changea miraculeusement en vin, lorsque, dans une grave et cruelle maladie, elle persistait à ne pas vouloir user de vin, malgré la recommandation des médecins. Elle guérit subitement d'un horrible ulcère une pauvre femme, en la baisant sur cette plaie dégoûtante. Des pièces d'argent qu'elle allait distribuer aux pauvres se changèrent en roses, entre ses mains, pour que le secret de ses aumônes fût ignoré du roi. Après la mort de son époux, retirée dans la solitude, elle fut le modèle des veuves, comme elle avait été celui des vierges au commencement de sa vie, et celui des épouses dans l'état du mariage. Elle ne vivait plus pour ellemême, mais elle était tout entière à l'amour de Dieu et au bien de l'humanité : nourrir les pauvres, protéger les veuves, défendre les orphelins, soulager les malheureux, étaient ses occupations de tous les jours. Elle s'employa aussi, avec une habileté sans pareille, à apaiser les dissensions qui s'élevaient entre les rois.
Un jour, son fils Alphonse, se mit à la tête d'une faction formée de mécontents, de gens sans aveu, à l'aide desquels il espérait s'emparer de la capitale et monter ainsi sur le trône. Denis se dirigea, avec une forte armée, vers Coïmbre devenue le quartier général d'Alphonse Apprenant que les deux armées avaient ouvert les hostilités et que le sang coulait à grands flots, Elisabeth accourut au lieu où le père et le fils, armés l'un contre l'autre, allaient croiser le fer : elle se jette au milieu des rangs, fait suspendre le combat, parle à Alphonse dont enfin elle touche le cœur, puis au roi dont elle réveille l'amour paternel, et ainsi elle réconcilie à la face des deux armées, le père offensé et le fils coupable. Ce triomphe de l'admirable Reine devait se renouveler plusieurs fois.
La mort vint la surprendre dans cette œuvre de charité. Comme elle se rendait à Estrénoz pour réconcilier son fils et son gendre, elle tomba malade et mourut, le 4 juillet 1336, à l'âge de 63 ans, après avoir reçu la visite de la Ste Vierge. Trois siècles après sa mort, ses restes précieux étaient encore exempts de corruption. De nombreux miracles s'accomplirent à son tombeau.
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S. (iorcum est une petite é- ville de 6 à 7.000 habitants, é- chef-lieu du district d'Arkel, é- en , Hollande. C'était en «■ 1572 ; les Gueux désolaient les Pays Bas, et leurs partisans étaient nombreux à Gorcuni ; aussi, à la nouvelle de la prise de Dordrecht, qui se trouvait à environ 6 h. de marche de (iorcum, les catholiques commencèrent-ils à trembler pour leur fortune, pour leur famille, pour eux-mêmes ; mais surtout pour les Ecclésiastiques qui se trouvaient au milieu d'eux. Les Gueux, en effet, faisaient une guerre de religion et tuaient tous les serviteurs de Dieu.
Or, il y avait à Gorcum un couvent de Frères Mineurs, qui étaient regardés comme le soutien du catholicisme. Ils étaient peu nombreux, mais d'une grande ferveur; aussi, pouvaient-ils s'attendre à voir s'exercer sur eux toute la fureur de leurs ennemis.
Vers le 25 juin, 13 barques, portant 150 Gueux, arrivèrent de Dordrecht ; à leur vue, la confusion et le tumulte furent à leur comble : les partisans secrets de Ihérésie se joignirent à eux. Alors le Père (iardien, voyant le danger imminent, ras^^èmble ses frères, leur expose la situation et les autorise à se réfugier chacun où il voudrait : «Et vous, que ferez-vous? lui demandèrent-ils. —Pour moi, leur dit-il, je resterai au couvent aussi longtemps que je pourrai ; ensuite je me retirerai dans la citadelle. — Eh ! bien, répondirent les frères, nous ne vous laisserons pas seul. » Le lendemain, les Gueux entraient dans la ville ; le Père Nicolas avec ses religieux s'étaient retirés dans la citadelle ; mais ils n'y furent pas longtemps en sûreté. Mal pourvue de vivres et de munitions de guerre, n'ayant pour toute défense que quelques soldats, la citadelle ne pouvait résister longtemps ; la nuit même l'assaut fut donné, et, malgré la courageuse résistance du gouverneur, il fallut capituler : cependant, la capitulation se fit à la condition expresse qu'il ne serait point fait de mal à ceux qui se
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