‹ Nos saintsChapitre 29 sur 105 · JUILLET. — LES MARTYRS DE GORCUM · texte numérisé non relu

JUILLET. — LES MARTYRS DE GORCUM

S. Antoine de iiornaar.

S. François de Bruxelles.

lui ouvrant la bouche, ils lui brûlent la langue et le palais : ils font monter la flamme dans ses narines pour voir, disent-ils, si le cerveau ne prendra pas feu, et ils se retirent. Après leur départ, les religieux s'empressent autour de leur supérieur, baisent ses plaies et s'encouragent à imiter sa constance. Mais, quel ne fut pas leur étonnement, d'entendre un profond soupir sortir de sa poitrine ! Le Père Nicolas n'était pas encore mort. Dieu le réservait sans doute pour fortifier ses frères dans leur dernier combat. Son premier sentiment, lorsqu'il eut repris ses sens, fut un sentiment de regret de se voir encore en vie : « Plût à Dieu qu'ils m'eussent achevé ! «

Les confesseurs de la foi restèrent 10 jours et 10 nuits exposés à la brutalité des Gueux ; c'était surtout vers le soir qu'ils avaient le plus à en soufi"rir. Au sortir de table, les soldats, à moitié ivres, se succédaient et, pendant de longues heures, torturaient les prisonniers. Un jour, un d'entre eux s'imagina de leur faire gonfler les joues ; alors il les soufflettait de toute sa force, de sorte que le sang jaillissait par la bouche, par le nez et même par les yeux : chaque jour apportait un raffinement de cruauté. Quelquefois ils simulaient la confession, qui se terminait par une grêle de soufflets. Un jour, après une pareille confession, le pénitent demande l'absolution : « Hélas I mon frère, je ne puis vous l'accorder, lui répond le vénérable religieux, puisque vous n'avez pas la contrition de vos péchés ; mais je prierai pour vous. »

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