‹ Nos saintsChapitre 30 sur 105 · I.KT. I KS MAkIVRS l>K (;nR( IM · texte numérisé non relu

I.KT. I KS MAkIVRS l>K (;nR( IM

s. l'ierrc d'A^slic.

S. Corneille de Wych.

Et le soldat se jette sur lui comme un forcené ; à chtuiue coup qu'il recevait le Père ré|)ondait : Deo }:;ratias.

Cependant, les iiabiiants de Gorcum commençaient à s'émouvoir du sort des prisonniers. On résolut donc de les conduire à Brielle, où se trouvait le comte de la Marche, l'ennemi le plus féroce des catholiques. Deux jours après, ils arrivaient à leur nouvelle résidence. Le comte les attendait. A leur vue, il ne peut s'empêcher de laisser éclater une joie satanique ; et bientôt, sur ses ordres, les prisonniers doivent organiser une procession autour de la potence. <f C'est ici, leur disait ce bourreau, c'est ici le terme de votre pèlerinage. Chantez donc, pieux pèlerins ; nous allons vous rapprocher du ciel. »

L'heure du suprénu' combat avait sonné, ("'était le 9 juillet 1572, I heure du matin ; les généreux confesseurs s'embrassent mutuellement, reçoivent une dernière absolution et se donnent rendez-vous au ciel. Puis on les dépouille de leurs vêtements ; on les suspend à deux poutres, et bientôt l'Eglise compte onze martyrs de plus dans l'Ordre de saint François.

Ces saints martyrs donnèrent leur vie pour la foi catholiciue, et plus spécialement pour la défense du dogme eucharistique et de la primauté du Pontife Romain. Puissions-nous, à leur exemple, brûler d'amour pour la divine PLucharistie et montrer un dévouement de i)his en plus généreux au \"icaire de Jésus- Christ, gardien infaillible de la foi.

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S. 36onavcnturc

Docteur de l'Eglise, •j- Cardinal, évêque d'Albano,

Franciscain

Huitième ^liniistre (iénéral De l'Ordre

Peu de personnages offrent dans l'histoire une si H belle figure que celui dont *lî£^*i^*?IOï=ï^*a{^i=t^a(^^=î^*1H^til^*| nous allons parler. Venu au

monde à Bagnorea, ville épiscopale des Etats de l'Eglise, le fils de Maria Ritelli fut baptisé sous le nom de Jean. A l'âge de quatre ans, sur le point de mourir, il fut guéri par un miracle du Séraphin d'Assise qui, voyant l'enfant rendu à la vie, s'écria à plusieurs reprises : « O Buonaventura ! — Oh ! l'heureux événement I w

De là, lui vint le nom de Bonaventure.

Le monde fut sans attrait pour cet enfant de bénédictions. Dès qu'il eut atteint sa vingt-deuxième année, Bonaventure s'en alla revêtir les livrées de la pénitence, dans l'Ordre Séraphique. Sa profession faite, il dut se rendre à l'Université de Paris, l'école la plus renommée du monde chrétien.

Le Frère Mineur, Alexandre de Halès, qui attirait autour de sa chaire toute la jeunesse studieuse venue du monde entier dans la grande ville, ne tarda pas à découvrir dans le nouveau venu un saint et une lumière future de son Ordre. Il 1 aima particulièrement à cause de la candeur de son âme et de l'inno cence de sa vie. « En vérité, s'écriait-il parfois, il semble que frère Bonaventure n'ait point péché en Adam. »

L'illustre élève conquit bientôt tous les grades académiques et ne tarda pas à occuper une chaire dans l'Université même. On accourut en foule à ses leçons, on vint entendre ses enseignements, aussi lumineux qu'empreints d'une piété suave, et on aima à suivre dans ses élucubrations profonde;^, ce jeune homme, devenu maître consommé, à un â^e où les autres ont à peine entrevu les mystérieux secrets de la s'^ience. «f Je ne sais, dit le savant et pieux Gerson, si l'Université de Paris a jamais eu un docteur semblable à Bonaventure. «

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Nous ne pouvons nous étendre, dans cette notice, sur les œuvres admirables, enfantées par ce génie fécond et suhlinie. Outre une foule de traités sur des matières spirituelles, cpii en font le premier des auteurs ascétiques, saint Honaventure a composé une Somme théologique, des commentaires sur l'Ancien et le Nouveau Testament, un grand nombre de Sermons et une multitude d'écrits divers. Signalons entre autres : Xltinrrixire de l'àme à Dieu qui, d'après un juge bien com[)etent en cette matière, est une œuvre immense, un livre où il y a toujours à apprendre, un livre où le cœur trouve toujours à se nourrir, lesprit à s'élever et l'àme à s'embraser. — La Li\i:;e>ide de siiinf François, pieux et touchant récit, monument impérissable élevé à la gloire de son Séraphique Père. — Le livre de la Pauvreté du Christ, publié contre un infâme libelle de ( Juillaume de Saint Amour. — Son Apo/oi^ie des Pauvres, dans laquelle il venge les Ordres mendiants, avec une force de logique et une abondance.de doctrine vraiment extraordinaires.

Le mérite de ce grand Docteur a été reconnu dans tous les siècles qui l'ont suivi. Le décret de canonisation lui décerne ce beau témoignage : « Il a écrit de telle sorte des choses divines, que l'Esprit-Saint semble s'être exprimé par sa bouche. »

Oerson, à son tour, se faisant l'interprète fidèle d'une foule de savants et de saints, venus plus tard, s'exprime de la sorte : « Quand on me demande quel est le Docteur le plus parfait que « je connaisse, je réponds: Bonaventure ; car il est profond et soli- « de, pieux, juste et édifiant. On ne trouve pas chez lui de vaines « minuties, ni d'inutiles arguties ; il ne mêle pas, comme tant « d'autres, des digressions mondaines à de sérieuses discussions « théologiques. En même temps qu'il éclaire, il édifie ; en nour- " rissant l'intelligence, il remplit le cœur. . . Il n'y a pas de " doctrine qui soit plus élevée, plus divine, plus salutaire et plus « utile aux vrais théologiens que la sienne. «

Enfin le savant abbé Jean de Trithéme, ajoute : k chez ce « Docteur, la doctrine inspire la dévotion, et la dévotion répand « la doctrine. Si vous voulez être savant et dévot, appliquez-vous » à la lecture de ses ouvrages. »

Au reste, pour avoir le secret de cette -onction, de cette douceur qui font le caractère spécial de toutes ses œuvres, il suffit de ne pas oublier sa réponse à saint Thomas d'Aquin, qui fut son plus intime ami et son plus grand admirateur. Interrogé sur le livre, où il puisait les trésors de son érudition, il lui montra son crucifix qu'il avait usé, à force de le baiser, en lui disant : « Voilà mon livre. «

La lumière n'est pas faite pour rester sous le boisseau. Bonaventure, malgré son humilité profonde, devait être élevé aux plus

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l6o 14 JUILLET. — S. BONAVENTLRE

importantes charges de FOrdre. Le 2 février de l'année 1257, les Frères Mineurs l'élurent dune voix unanime, pour leur Ministre Général.

Dès cette époque, notre Saint pensa qu'il ne s'appartenait plus à lui-même ; vrai serviteur de ses frères, il se mit à la disposition de chacun d'eux ; il travailla avec zèle et succès à réformer tous les abus contraires à la Règle et à faire fleurir dans la Famille franciscaine, toutes les vertus réclamées par son illustre fondateur, j Il réunit six fois le Chapitre général, fit rédiger les fameuses j'^ Co?isiitutiotis narbomiaises, ordonna de s'en tenir à la Déclaration de la Règle, faite par Grégoire IX, établit dans l'Ordre l'uniformité de vêtements (du moins quant à la forme, si ce n'est quant à la couleur) ; introduisit dans la Famille franciscaine les fêtes '^ de rimmaculée-Conception et de la Visitation de Marie; ordonna à ses Religieux de réciter à la chute du jour et au son de la cloche, trois fois la Salutation Angélique, en mémoire de l'Incarnation, donnant ainsi naissance à la pieuse pratique de VAngehis. Dans son filial amour pour la Mère de Dieu, il régla qu'on lui dirait, encore après Compiles, une antienne spéciale et créa luimême la Société du Gotifalon, la première confrérie instituée dans l'Eglise, en l'honneur de cette auguste Reine.

Tout brûlant de zèle pour le salut des âmes, saint Bonaventure consacra une large part de sa sollicitude à l'œuvre si importante des missions, son gouvernement donna à cette œuvre une impulsion si grande qu'on ne tarda pas à rencontrer partout les Frères Mineurs, chez les nations les plus barbares, comme sur les rivages les plus lointains.

L'intrépide Ministre général n'oublia pas non plus le deuxième Ordre du Séraphin d'Assise. C'est à sa persuasion, en effet, que le Pontife Urbain IV établit l'uniformité d'observance dans toutes les communautés de Cla risses.

i( Cependant par sa vertu, par sa sagesse et par sa dextérité dans les affaires, Bonaventure avait gagné l'admiration de tous. Le grand saint Louis de France recourut à ses conseils. Clément IV réleva sur le siège d'York et ne consentit à la renonciation de l'humble Franciscain, qu'à la vue de ses prières et de ses larmes. Grégoire X le chargea de choisir les Frères Mineurs qui devaient être envoyés auprès de Michel Paléologue et du patriarche schismatique de Constantinople, pour préparer l'union de l'Eglise grecque à l'Eglise latine. C'est ce même Pontife qui, bientôt après, le créa cardinal et évêque d'Albano, lui ordonnant de se rendre auprès de sa personne, sans excuse, ni retard. Quand les deux nonces du Pape vinrent le trouver au couvent del Bosco, notre Saint lavait la vaisselle, en compagnie de ses religieux : il pria donc les envoyés de patienter, fit suspendre à

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un arliri' du jardin k- ( lKi|Kau cardinalice qu'ils lui apportaient, et, ([uand i! eut terminé, il se rendit oîi l'appelait l'obéissance, mais sans se «.lépartir en rien de la Règle qu'il avait vouée.

V.n I 274. lors du ("oneile (e(uméni(iue de Lyon, Honaventure lut ehargé de la direction des travaux. Il eut le bonheur et la gloire de coopérer très etiicacement à l'union des (Irecs qui s'opéra dans ce concile et (|ui combla le monde entier d'une joie immense. .Mais au lendemain de la consolante session (|ui avait vu finir le Schisme, Bonaventure tomba malade et ne parut plus au Concile. Le l'ape (|ui l'avait lui-même .sacré évêcjue, voulut lui donner encore une fois un témoignage de sa paternelle affection et vint en personne lui administrer l'Extrême-Onction. L'état du .saint Cardinal ne lui permettait pas de recevoir le saint Viati- (|ue ; affligé, mais jjlein de résignation, il demande (ju'on approche du moins de sa |)oitrine la divine ICucharistie ; or, voilà que l'Hostie-Sainte, s'échappant de la main du prêtre, vient se placer sur son cœur, le [)énètre en imprimant la marque sensible de son passage et enivre le .Saint d'un torrent de délices.

C'est dans les transports de cette céleste ivresse, que son âme bienheureuse quitta cette terre ])Our aller se plonger dans l'océan du divin amour. C'était le 15 juillet 1274; le Saint avait alors 53 ans.

Ses funérailles eurent lieu dans l'église des Frères Mineurs ; elles furent honorées de la présence du Pape et. de tous les Pères du Concile. Un fils de saint Dominique, qui devint plus tard Innocent V, pronon(;a l'oraison funèbre. Le Pape ordonna à tous les prêtres du monde de célél)rer une messe pour l'illustre défunt. I.e deuil fut immense dans toute l'Eglise. . . Sixte IV, c[ui avait été Frère Mineur, inscrivit Bonaventure au catalogue des Saints. Sixte Y, .sorti, lui aussi, de l'Ordre de saint Françoi.s, le mit au rang des six premiers et principaux Docteurs. La postérité lui a décerné le titre de Docteur Séraphiqiie.

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•î* "^" ♦ page dans l'Eglise, et avait

^^^•|.^.j.^^^^«^^4.^.j.^^4.^.4.^^^ porté des fruits admirables

de sainteté. Dès le premier siècle de son apparition, plusieurs de ses membres voulurent se séparer du monde, afin de pouvoir ainsi se consacrer, avec plus de liberté, aux œuvres de zèle et de charité, qui sont renfermées dans l'esprit même du Tiers-Ordre. On vit dès lors se former des communautés, où l'on pratiqua la troisième Règle de saint François. Les religieuses n'étaient point astreintes à la clôture et n'avaient généralement que des vœux simples. La Bse Angéline de Marsciano fut la première, en Italie du moins, qui fonda des monastères cloitrés.

Elevée à lécole d'une mère profondément pieuse, notre Bienheureuse apprit, dès le berceau, à articuler le langage de la prière, aussi sa vie fut- elle toute consacrée à l'oraison, à la pénitence et aux œuvres de charité. Elle avait à peine 15 ans, lorsque son père voulut lui faire épouser un noble seigneur de l'Abruzze. Angéline, résolue à n'avoir d'autre époux que Jésus-Christ, refusa énergiquement les offres de son père. Celui-ci, irrité de sa résistance, la menace de mort si elle s'opiniâlre dans son refus, et lui accorde huit jours pour réfléchir. Pendant ce temps, alors qu'elle redoublait ses prières pour obtenir de son céleste époux la force de surmonter tous les obstacles, une voix se fit entendre : « Angéline, disait cette voix, soumets-toi aux volontés de ton père, et abandonne-toi pour le reste aux sages dispositions de la Providence. M Les noces se célébrèrent donc avec une grande solennité ; sur le soir, au moment où les réjouissances étaient sur le point de se terminer, Angéline se retira dans sa chambre, et là aux pieds du crucifix, fondant en larmes, elle demanda au Sei- <g^| gneur de lui conserver sa virginité. Un ange lui apparut alors,

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et lui promit lo sciours dVii haut. Sur ces entrefaites arrive le jeune époux ; il veut savoir ([ucl est ce mystérieux personnage qui s'entretenait avec elle et (|ui a si vite disparu. Angéline lui expose avec simplicité tout ce ijui s'était passé, et le jeune comte, chrétien au cœur noble, non content d'accéder aux désirs d'Angéline, se consacra lui aussi au Seigneur par le vœu de perpétuelle chasteté. Deux années s'étaient à peine écoulées depuis leur mariage, lorsque le pieux comte de Civitella s'endormit du sommeil des justes.

Libre de tout lien terrestre, à l'âge de 17 ans, Angéline revêtit l'habit du Tiers-Ordre avec quel(|uesunes de ses dames d'honneur. Un grand nombre de jeunes personnes, des plus illustres familles, suivirent son exemple, au grand mécontentement des jeunes seigneurs qui l'accusèrent auprès du roi de jeter le trouble dans les familles, en inspirant aux jeunes filles la haine du mariage. Elle comparut donc à Naples devant le roi qui fut tellement ravi de son courage et de la force de ses paroles qu'il la déclara innocente. Elle passa encore quel<iues jours dans cette ville, où elle ressuscita l'héritier d'une noble famille.

De retour à Civitella, un grand nombre de jeunes filles se joignirent à elle, ce qui lui attira de nouvelles persécutions, car le roi Ladislas, fatigué des plaintes des seigneurs, porta un décret d'exil contre la princesse. Elle se rendit à Foligno, où elle fonda le premier monastère cloîtré, soumis à la Règle du Tiers-Ordre de saint François. Elle en fut la première abbesse. En peu de temps, plusieurs monastères s'élevèrent dans la Péninsule. Le Pape Martin V réunit tous ces monastères en une Congrégation sous le gouvernement d'une Supérieure Générale et sous la juridiction des Frères Mineurs. La Bienheureuse Angéline fut appelée à la charge de Supérieure Générale qu'elle remplit jusqu'à sa mort, arrivée le 14 juillet 1435. Elle avait fondé seize monastères.

Après sa mort, son visage resplendit d'un éclat merveilleux et sa cellule fut embaumée d'un parfum céleste. Elle fut ensevelie dans l'église des Franciscains de Foligno, où se trouvait déjà le tombeau de la Bienheureuse Angèle.

En 1492, le 14 juillet, jour anniversaire de sa mort, elle apparut à un Franciscain du couvent de Foligno, malade depuis trois mois, le guérit et demanda que son corps fût placé par le Père Gardien en un lieu plus honorable. L'exhumation eut lieu et le corps fut retrouvé intact et sans corruption.

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ïiv:

B. Simon bc

XvH^nica

PrPitre, Franciscain (1482)

C'était en 1453. Jean de Capistran cédant aux instances réitérées du peuple polonais, se dirigea vers Craeovie, capitale de la Pologne. Dès le lendemain il commençait ses prédications et déjà l'église ne pouvait contenir la foule de ses auditeurs. Des milliers de pécheurs se convertissaient et bien des âmes, éprises du désir de la perfection, embrassaient la vie religieuse, fc'on vit des jeunes gens des premières familles du pays, des docteurs et des étudiants de l'université, en grand nombre, revêtir la bure franciscaine. Le B. Simon de Lypnica suivit ces âmes ferventes. Le temps de ses études, il le passa dans le silence et la prière, s'enflammant dans la méditation, comme le fer dans une fournaise, planant au-dessus des vains bruits de la terre, et s'élevant jusqu'à Dieu, dans les plus amoureux entretiens. Mais l'heure de la moisscjn arriva, il était temps de recueillir le bon grain pour les greniers du Père céleste. Devenu prêtre, il comprit les obligations du ministère que lui confiait le Seigneur. Il partit donc, parcourant les campagnes, ne s'épargnant ni peines ni labeurs : et si, parfois, il revenait dans la solitude, heureux et content comme l'ouvrier au soir de sa journée, ce n'était que pour y puiser de nouvelles forces, qu'il dépensait ensuite dans son apostolique labeur.

Lorsque ce moine faisait son entrée dans les villes et les bourgades de Pologne alors si riante aujourd'hui si malheureuse, des milliers d'auditeurs se pressaient autour de lui, gagnés par l'ascendant de sa vertu et de sa réputation, subjugués par la force persuasive de sa parole inspirée. Ils le suivaient, comme le troupeau suit le pasteur et, guidés par lui, ils entraient dans le bercail de Jésus-Christ. C'est ainsi que durant plusieurs années de suite, il évangélisa la ville de Craeovie et ses environs.

Mais cette vie ne répondait pas complètement aux inspirations de son cœur séraphique. Nourrissant la secrète espérance de

iS iru.l.l I. 11. MMON liK 1 VI'NK'A

cueillir la palme du martyre, sur cette terre si souvent arrosée du sang le plus pur des disciples de Fraiicjois, il demanda la permission de faire le [)èlerinage de Terre-Sainte. Le serviteur de Dieu visita pieusement les lieux sanctifiés par la vie et la mort de rHc)nune-l)ieu ; mais, comme son Séraphiciue l'ère, il dut revenir en Kurope sans avoir vu se réaliser son ardent désir. Dieu lui refusait le martyre du sang, pour couronner par le martyre de la charité, une vie toute employée au service de Dieu et au salut des âmes.

De retour à ("raiovie, le hienheureux Simon re])rit le cours de ses prédications, l'ervent admirateur de saint IJernardin de Sienne, il axait, tomme lui, une dévotion spéciale au saint Nom de Jésus , aussi après chacun de ses sermons faisait-il acclamer par trois fois ce Nom tout adorable. Le démon jaloux souleva contre lui bien des difificultés. Les chanoines de Cracovie, en effet, considérant cette pratique comme une innovation, voulurent l'en détourner ; mais notre Bienheureux, transporté d'un saint zèle, fit un discours si élo(iuent sur l'excellence, les gloires et la puissance de ce doux Nom, rappela si bien les persécutions subies par saint Bernardin de Sienne pour étendre son culte, que les chanoines touchés de ces raisons partagèrent son sentiment et approuvèrent sa manière de faire. Après Jésus, Marie était tout pour son cœur ; aussi semploya-t-il avec zèle à répandre le culte de la sainte Vierge, et cette divine Mère récompensa son amour par diverses apparitions, qui inondèrent son âme d'ineffables délices.

Tout en travaillant avec ardeur à la vigne du Seigneur, notre Bienheureux rendit encore de grands services à son Ordre, en exercjant successivement les charges de Maître des Novices, de (Jardien et de Provincial. Ces emplois ne lui laissaient plus de repos. Un jour, comme on lui conseillait de prendre quelque relâche, il répondit qu'il se reposerait assez pendant l'éternité. Ce repos ne tarda pas à venir. La peste s'étant déclarée à Cracovie, il se consacra au service des malades ; nuit et jour, il était au chevet des moribonds ; bientôt il fut lui-même attaciué du fléau et mourut le 18 juillet 1482.

Ce Bienheureux aimait à répéter ces paroles de saint Bernard: « La nourriture qu'on donne à mon âme me paraît fade, si elle n'est assaisonnée du doux Nom de Jésus.

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I B. 3can ^c But^la

Y£ Prêtre, Franciscain

Jean appartient à l'illustre ïr nation polonaise, dont le Y> nom et la gloire survivent à <i> tous les désastres. Il naquit Ma Dukla, ville peu éloignée

^ ^^;; L__^HhH m ^^^ frontières de la Hongrie,

H M ^^ sut le bonheur d'avoir

i5j^=(^^=^>*±(^=^t^ï^^±^-)jei=^=^=^=^^ pour mère une femme vertueuse, qui lui apprit dès son bas âge à craindre 1 )ieu, à lui oftVir ses hommages, à invoquer avec dévotion les Noms à jamais bénis de Jésus et de Marie. Grandissant ainsi, comme une tendre fleur, sous la rosée bienfaisante de la grâce, il sentit se développer en son âme les germes que la piété maternelle y déposait chaque jour ; fortifié dans l'amour de la loi divine et le mépris du monde, Jean donna des indices de ce qu'il deviendrait plus tard. La terre ne pouvait attirer le regard du jeune homme : il dit adieu à ses espérances, s'en vint demander un asile aux Pères Conventuels de saint Fiançois et s'attacha à suivre la règle avec ferveur. Son humilité, sa douce modestie, sa régularité parfaite en toutes choses le rendirent cher à ses frères ; bientôt il fut considéré comme le modèle de la communauté et choisi pour remplir l'office de gardien. Dans les emplois, comme dans la vie de l'obéissance, il se fit chérir de tous ; l'amour divin était le mobile de sa conduite et lui inspirait, avant tout, le désir de sa propre sanctification ; aussi exerçait-il le commandement, bien plus par ses exemples que par ses paroles.

Lorsque saint Jean de Capistran vint en Pologne, la vue de cet homme apostolique, de ce grand héros de la foi, produisit dans le cœur de Jean une vive impression ; il voulut lui aussi appartenir à cette famille franciscaine de l'Observance, dont Jean de Capistran, à la suite de Bernardin de Sienne, avait élevé si haut la gloire et propagé dans l'univers la renommée. Il sollicita cette faveur et l'obtint sans difficulté.

Dès lors, il s'adonna à une oraison plus continuelle, passa de longues heures de la nuit, dans la prière, dans les larmes et les

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gémissements de la pénitence ; ainsi il s'éleva sur les ailes de la contt-mplation à l'intelligence des vertus et devint en peu de temps le parfa t modèle du vrai religieux ; il aimait Marie du plus tendre amour, l'invocjuait et récitait avec ferveur son office ; partout 011 il passait, il enflammait les cœurs d'un amour plus grand pour cette bonne Mère. Jean aimait aussi sa vie de Frère Mineur: il la regardait comme le port du salut. \jn homme, autrefois ermite, s'élant fait Franciscain, se repentait de son changement, et déjà il avait gagné un autre religieux à sa manière de voir. Jean chercha à les retenir et leur dit : <f Pour moi, je ne rendrai jamais assez d'actions de grâces à mon Dieu, de m'avoir, malgré mon indignité, placé dans cette religion ; si dans son sein je trouve encore (juehiues pierres d'achoppement, que n'eussé-je point rencontré dans le monde ? Dans quel malheur ne serais-je pas tombé ? A ces paroles, les deux religieux convaincus, renoncèrent à leur projet et persévérèrent jusqu'à la fin.

A l'exemple de saint l'Yanc^ois, il aimait la pauvreté comme une mère, il la servait comme une reine. Sa règle était sa seule richesse, il la lisait tous les jours, et plus tard, quand Dieu voulut ré()rouver, comme autrefois Tobie, en le privant de la vue, il se faisait lire par un autre frère ce précieux livre où il puisait la consolation et le courage, dans les peines de cette vie.

Il vécut jusqu'à l'âge de 70 ans, sans se relâcher en rien de ses rudes austérités. L'heure de la récompense était enfin venue ; son âme sainte se détachant de sa demeure terrestre s'envola libre et joyeuse, vers une patrie moins accessible aux vicissitudes d'ici-bas, pour y recevoir la couronne promise aux vaillants confesseurs du Christ Jésus : c'était le 29 septembre 1484. A la demande du peuple polonais, le B. Jtan de Dukla a été placé au rang des principaux patrons de la Pologne et de la Lithuanie.

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Il était réservé à saint François

^^ S. jfrançoi6 Solano

l'KKIRE, I-RANCISIAIN

L'Amérique découverte 4 était plongée dans les ténè- X bres de l'idolâtrie et, malgré 4> les efforts généreux des mis-éi sionnaires franciscains, la ^ lumière de l'Evangile n'avait pu pénétrer jusqu'aux extrémités de ces vastes régions.

Solano de recueillir, parmi ces

peuples, une abondante moisson. Du fond de sa cellule, jetant un regard sur la lointaiiie Amérique, il avait vu des milliers d'âmes plongées dans le plus dégradant paganisme. Cette vue avait attristé son cceur ; il voulait désormais aller vers ces peuplades pour leur faire goûter les bienfaits de Jésus. Oui, il partira ! il ira répandre autour de lui, dans ces régions barbares, les rayons éclatants de la divine vérité. Ce fut dans le courant de l'année 1589, qu'il fit voile pour le Nouveau-Monde. Pendant la traversée, le serviteur de Dieu ne resta pas inactif; il s'abandonna à son zèle d'apôtre et eut le bonheur de ramener à Dieu de nombreux passagers. Le vaisseau aborda à Panama. Les missionnaires traversèrent l'isthme et prirent une seconde embarcation qui devait les traiîsporter au Pérou. Parmi les voyageurs, se trouvaient 80 nègres nouvellement arrivés de Guinée, et, pour la plupart, idolâtres. François les initia à la foi chrétienne et les prépara au baptême. On apercevait déjà les côtes du Pérou, lorsqu'une horrible tempête se déchaînant tout-à-coup, vint jeter le vaisseau sur un banc de sable ; à la vue du danger, le capitaine fit jeter en mer l'unique chaloupe dont il disposait, mais comme elle ne pouvait contenir tous les passagers, seuls les Européens y furent admis. Le Père Solano ne put se résoudre à abandonner ses chers catéchumènes ; les nègres n'étaient pas encore baptisés : « A Dieu ne pla'se, dit-il à ceux qui le pressaient de se sauver, à Dieu ne ]")lais'î le, par amour pour la vie temporelle, je me sépare rf^-i'ei^g^. mes frères qui sont en danger, à la fois pour le tem'v, et pour l'éternité. »

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