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commencer. A plusieurs reprises, ils sont flagellés jusqu'à ce que leurs entrailles soient mists à nu ; on les roule sur des morceaux de verre et des têts de pots cassés, on verse sur leurs plaies du vinaigre ei de l'huile bouillante : au milieu de tous ces tourments, les saints martyrs bénissent le Seigneur qui les a jugés dignes de souffrir pour l'honneur de son nom. Le lendemain, le prince infidèle les fait appeler en sa présence, espérant les séduire par l'appât des plaisirs, des richesses et des honneurs ; mais. Se voyant vaincu par le courage et la fermeté des saints confesseurs, ce roi barbai e entre en fureur, saisit son cimeterre et leur fend la tête. Depuis ce premier et glorieux sacrifice, rOrdre de Saint François n'a plus cessé de donner à l'Eglise des apôtres et des martyrs.
Les corps des bienheureux martyrs du Maroc, glorifiés par de nombreux prodiges, furent tiansportés en Portugal et déposés dans l'église du monastère de Sainte-Croix, à Coimbre. Or, parmi les chanoines réguliers de Sainte-Croix se trouvait alors un jeune religieux, dont le cœur fut tout embrasé par l'exemple de ces généreux martyrs . peu après, il revêtait l'habit de Saint François, et prenait le nom d'Antoine ; ce sera le glorieux Thaumaturge, Saint Antoine de Padoue. — Cette belle mission du Maroc, qui a donné d'autres saints martyrs^à l'Ordre Séraphique, est encore aujourd'hui desservie par les Franciscains.
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r*. La renom mue de ^ Bernardin de Sienne r^. répandue au loin, lorsque no- « tre Bienheureux devint son ^ disciple et son compagnon '^. intime dans ses prédications.
( 'e fut à l'école de ce grand maître que Matthieu apprit à annoncer avec fruit la parole de Dieu, et surtout à devenir un parfait Frère-Mineur.
Matthieu suivait donc son maître à travers l'Italie, lorsqu'il apprit qu'en Sicile régnaient les désordres les plus terribles parmi le clergé et le peuple: d'un côté la simonie, de l'autre l'impiété: tristes résultats du grand schisme d'Occident. La Sicile était la patrie de Matthieu. Doublement ému des malheurs qui l'accablent, il entreprend de les réparer et ne se laisse arrêter par aucun obstacle. L'étendard du Saint Nom de Jésus à la main, comme saint Bernnrdin en Italie, il annonce [)artout les grandes vérités, rappelle à tous leurs devoiis, convertit des milliers de pécheurs et ranime la piété des fidèle?. Comme gage de leur conversion, les Siciliens font peindre ou graver sur la façade de leurs maisons le monogramme du Saint Nom de Jésus. Son zèle brûlant pour la conversion des pécheurs et sa parole emfiammée allumnient partout une sainte ardeur pour la perfection. Une foule de jeunes gens vinrent lui demander l'habit tles l'Vères- Muieurs. Il lut le grand propagateur de la vie tranciscnine à cette époque et dut recourir à Martin \" et à Eugène I\' pour obtenir la permission de multiplier les couvents de l'Observancc, en FLspagne et en Italie. Au cours d'un de ses voyages, il arriva un jour sur le bord d'une rivière : il n'y avait pas de pont et il fallait traverser. (Quelques voyageurs essaient de placer des pièces de bois pour servir de pont, mais elles sont trouvées trop courtes. Le Saint leur dit d'essayer de nouveau, on refuse d'abord, on se moque de lui ; enfin, sur ses instances, on fait une nouvelle tentative. Or, les pièces de bois se trouvèrent tellement allongées
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i 14 28 JANVIER. — B. MATTHIEU
^^', qu'il fallait y reconnaître un véritable prodige ; les spectateurs W en furent tellement émerveillés qu'ils arrachèrent les lambeaux de ^ l'habit de l'humble Franciscain comme de précieuses reliques. '^ Ce lieu a conservé le nom de « Passage du frère Matthieu. » Les ^,' compatriotes du frère Matthieu, fiers de la réputation de leur j concitoyen, le demandèrent pour leur Evèque ; Eugène IV, à la prière d'Alphonse I, roi d'Aragon, lui ordonna de se soumettre à l'ordre de Dieu. Notre Bienheureux fut donc sacré évêque de Girgenti en l'année 1442. Dès ce moment, sa vie ne fut plus qu'une longue suite d'épreuves. Ayant entrepris de réformer les ■ ^ abus, et de rétablir le bon ordre dans son diocèse, les coupables 'jaf' ne craignirent pas de le calomnier odieusement auprès du Pape. ■■^'j Obligé d'aller à Rome pour se justifier, le saint évêque n'eut pas I de peine à faire reconnaître son innocence. Cependant, comme I ses ennemis ne cessaient pas pour cela de mettre des obstacles à j^ j son zèle, il se persuada dans son humilité qu'il était incapable de 'Wi gouverner son Eglise. Il demanda donc à rentrer dans l'obscure rite de sa première vie ; après beaucoup d'instances, le Pape 1^1 consentit enfin à sa retraite. Matthieu avait été évêque trois ans. ^! Avec quelle ardeur l'humble frère aspirait vers le jour de sa ^'^'' I délivrance, et avec quelle allégresse il prit le chemin de son cher
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j Une cruelle épreuve, la plus dure de sa vie, l'y attendait. En
^>| le voyant venir, le Supérieur, prévenu contre lui, lui dit : « Après ;^i avoir accepté par ambition un évêché que vous n'avez pas su •^'< gouverner, vous venez maintenant troubler notre tranquillité ; ^\ allez ailleurs. » Le cœur meurtri, l'humble Prélat se retire alors f^i chez les Pères Conventuels : c'est là qu'il avait débuté dans la I vie religieuse. Mais, quelques mois après, le Provincial de l'Observance, instruit de ce qui s'était passé, vint le chercher et lui offrir les excuses de tous les religieux. On peut juger de la belle âme du Bienheureux par le fait qu'il accepta avec joie l'offre de revenir dans le couvent, dont on lui avait si indignement refusé l'entrée.
Notre Bienheureux vécut encore quelques années, qu'il passa dans la solitude et la prière, donnant à ses frères d'admirables exemples de vertus. Enfin, une maladie grave se déclara, et malgré tous les soins qui lui furent donnés, le Saint expira le / février 145 1. Après sa mort, un prodige éclatant manifesta son grand amour pour l'Eucharistie : comme on transportait son corps à l'Eglise pour l'ensevelir, on le vit se relever, joindre les mains et incliner la tête, comme pour adorer le Très Saint Sacrement. Son culte fut approuvé par Benoît XIII.
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Cette illustre pénitente naquit dans les Etats de l'Eglise, de la noble et ancienne famille de Mariscotti, d'origine écossaise. Elle embrassa la vie religieuse à Viterbe, dans un monastère du Tiers- Ordre Régulier, soumis à la juridiction des Frères-Mineurs de l'Observance. Le monde et la vanité occupèrent cependant son cœur pendant quelques années encore : elle ne s'était pas donnée à Dieu entièrement ; mais Dieu, dans sa miséricorde, ayant visité par une grave maladie la religieuse mondaine, un changement merveilleux s'opéra en elle. Dès lors, elle ne songea plus qu'à réparer par les rigueurs de la pénitence les années perdues pour le ciel. Elle ne se nourrit que d'herbes amères, ses jeûnes sont si multipliés que sa vie semble n'être qu'un carême perpétuel ; elle n'a pour couche qu'un fagot de sarments avec une pierre pour oreiller ; elle porte sur sa chair un rude cilice et s'inflige chaque jour de longues et sanglantes disciplines ; au cœur de l'hiver elle entre dans le jardin du monastère et tient longtemps ses pieds dans l'eau presque glacée. Les orties, la cire fondue, le feu, la neige, l'eau glacée, tout devient pour elle un moyen de macérer sa chair, de la torturer et de lui faire expier ses fautes.
Pour notre sainte, cependant, ces mortifications extérieures n'étaient qu'un moyen d'acquérir les vertus intérieures qui seules font les saints. Sainte Hyacinthe eut à un degré éminent le don de l'oraison et de la contemplation. Quelqu'un lui ayant demandé si l'oraison, accompagnée de douceurs spirituelles, était plus utile que celle où l'on éprouve ^es aridités, elle répondit : « Les deux peuvent être bonnes, mais,' à mon avis, on témoigne plus d'amour à Jésus quand on le sert sans goût sensible et sans douceur, w Une autre fois, elle dit : (f J'ai un goût décidé pour les personnes méprisées, dépouillées d'elles-mêmes, et qui n'ont
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30 JANVIER. — SAINTE HYACINTHE DE MAkI->COITI
ni douceurs, ni attendrissements. La croix ! la croix ! souffrir ! souffrir ! et persévérer fortement sans consolation, voilà la mart]ue véritable de l'esprit de Dieu. » Telle fut, en effet, la voie par où Dieu conduisit notre sainte durant toute sa vie. Elle fut toujours en proie aux sécheresses et aux aridités spirituelles ; et malgré ses grandes désolations intérieures, elle ne cessa jamais de s'appliquer à la sainte oraison, et de tout souffrir avec une héroïque résignation. On voit par là l'erreur des personnes qui font consister la piété et la fer\eur de la dévotion dans certains goûts et certaines consolations sensibles ; aussi tombent-elles dans le découragement dès (jue Dieu leur retire ses douceurs spirituelles.
L'amour divin dont le cœur de la sainte était rempli, lui inspirait une charité sans l)ornes pour le prochain, surtout pour les pécheurs et les malades. (Quelquefois, ne pouvant contenir .son zèle, elle s'écriait : " O mon 1 )ieu ! Que ne puis-je parcourir les rues et les places publiques ! je crierais de toutes mes forces : est-il possible c]u'on soit insensé au point de méconnaître que ce monde n'est que néant? O mon Dieu ! Dieu inconnu ! est-il possible que les hommes aient plus d'estime pour la boue infecte de cette terre, (}ue pour vous, vrai trésor et seul vrai bien, qu'ils offensent en se damnant pour l'éternité ! 1^ \'oici un admirable trait de sa charité :
La maison Mariscotti était dans l'usage de faire célébter des messes pour chaque membre de la famille, immédiatement après son décès.
Or, dans sa charité pour les malheureux, notre sainte pria .son frère de lui donner l'argent ([u'il devait employer à cet effet pour elle-même après sa mort, lui déclarant que, pour assister les malades et les affligés, elle consentait à être privée du secours de ces messes et à souffrir les peines du Purgatoire.
Cette illustre Vierge, riche de vertus et de mérites, alla recevoir au ciel la couronne de justice en l'année 1640 ; son corps s'est conservé depuis, sans aucune atteinte de corruption. On lui doit l'institution des Oraisons des Quarante- Heures, ([ui se font durant les trois derniers jours du carnaval ; elle fit établir à Viterbe cette pieuse pratique, qui s'est répandue depuis dans toute l'Eglise. Sainte-Hyacinthe fut canonisée par Pie VII en 1807.
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