JUILLET. — S. FRAN<;01S SOLANO
l.a chaloupe seloigiu- ahandoniiant le Saint à son œuvre d'lu*ro](|ue (iévouciiient. 1 )cmcuré seul, avec ses néophytes, sur un navire sans écjuijjage et secoué par une mer furieuse, l'Vanc^^^ois ne songe iju au danger spirituel de ces malheureux nègres qui vont mourir. 11 les rassemble autour de lui et leur administre le baptême. Scène incomparable, vraiment grande et sublime. La cérémonie s'achevait à peine, lorsque une vague terrible frappant le vaisseau l'entrouvre et le coule à fond. Franc^ois resté sur tjuelques débris épars se sauve, trois jours après, par un acte de courage des plus héroïques. Quittant sa tunique extérieure, prenant en main le crucitix, il se jette à la mer et regagne, à la nage, la côte déjà bien éloignée. Le Saint retrouva sur le sable son habit plié et sec, comme s'il n'eût point touché l'eau. Arrivés sur l'île où la tempête les avait jetés, les voyageurs n'avaient rien à manger ; les fruits que cette terre produisait étaient presque tous vénéneux. Touché de l'infortune de ses compagnons, le Saint recourut au Seigneur ; prenant en main de ces fruits, il les bénit et les distribua aux pauvres naufragés ; puis il se .rendit au bord de la mer où une foule de poissons accoururent et se laissèrent capturer. Les malheureux furent ainsi nourris miraculeusement durant deux mois entiers. \'ers le mois de décembre un navire vint les prendre sur cette terre inhospitalière et les transporta au Pérou. François se rendit alors à Lima, où se trouvait un couvent de son Ordre. Quelques jours après son arrivée, il se mit en route pour le Tucuman, situé à 700 lieues de là. Pendant ce voyage, l'intrépide missionnaire se vit exposé à des dangers sans nombre. Désireux d'arriver, au plus vite, sur le théâtre de son apostolat, rien ne l'arrêtait. Au terme de ses désirs, au milieu des régions les plus barbares de la terre, il va commencer son évangélique mission ; mais il ne connaît point la langue du pays, chaque peuplade ayant son idiome, il se voit arrêté par cette difificulté insurmontable. L'Esprit-Saint renouvellera alors, en faveur de ces populations, le prodige qu'il avait opéré le jour de la Pentecôte ; notre missionnaire fut compris de tous les habitants du pays. Un jour, se trouvant dans le Paraguay, il prêchait en espagnol ; les Indiens l'entendirent, comme s'il eût parlé leur propre langue. Dans une autre circonstance, un Indien parlant une langue inconnue, se mourait à l'hôpital, sans qu'on eût pu lui conférer le baptême ; le Saint accourut, s'adresse au moribond dans sa langue, le convertit et le baptise. Un Jeudi-Saint, alors que les fidèles assistaient aux divins offices, une armée de barbares envahit la ville de Rioxa. Au milieu de la consternation générale, le Père Solano s'avance, seul et sans crainte, à la rencontre de l'ennemi : l'armée des «^"^ahisseurs se composait de tribus parlant des langues dive " ois s'adresse à eux,