‹ Nos saintsChapitre 32 sur 105 · JUILLET. — S. FRANÇOIS SOLANO · texte numérisé non relu

JUILLET. — S. FRANÇOIS SOLANO

tous le comprennent et sa parole est si efficace que plus de 9.000 de ces barbares demandent et reçoivent le baptême. Doué du don des langues notre Saint fut aussi un thaumaturge incomparable : dans une circonstance il fit jaillir une source d'eau vive : rencontrant un jour un taureau sauvage qui était la terreur des Indiens, il l'arrête en le prenant par les cornes, lui pas.sant ensuite au cou sa corde déjà usée, il le conduit comme un doux agneau. Lorsque les sauterelles venaient s'abattre sur les récoltes de ses Indiens, François se mettait en prière, et aussitôt ces terribles insectes s'envolaient vers les lieux que le Saint leur montrait du doigt. Thaumaturge, François fut aussi prophète. Un jour, comme il prêchait à Cruxillo, il annonça la destruction de cette ville et ajouta que les murs de l'église, dans laquelle il prêchait, s'écrouleraient un jour, mais que la chaire qu'il occupait alors resterait debout. En l'année 161 8, 8 ans après la mort du Saint, survint un tremblement de terre qui détruisit la ville. Une pauvre femme se souvenant de la prédiction du Saint, alla se mettre à couvert sous la chaire où il avait prêché, et effectivement elle échappa à la mort.

Depuis 20 ans déjà François évangélisait le nouveau monde. Les fatigues, les périls, les voyages à travers les forêts vierges, les déserts et les fleuves immenses, rien ne lui avait coûté pour gagner à Jésus ces peuplades barbares. Sa grande passion à lui c'était de procurer la gloire de Dieu, aussi aimait-il à répéter souvent : « Dieu soit glorifié ! » Il prononçait toujours avec une dévotion spéciale le Gloria Patri. On ne peut aimer Jésus sans chérir aussi sa divine Mère, c'est pourquoi François aimait à publier les louanges de Marie, il s'efforçait de propager son culte et d'inspirer son amour à tous les fidèles. On le voyait quelquefois devant l'autel de Marie, chantant sur la lyre, les grandeurs de sa bonne Mère ; c'était là scn délassement.

Brisé par les fatigues d'un prodigieux apostolat, il mourut le 14 juillet 1610, fête de saint Bonaventure, comme il lavait prédit. Au moment de rendre à Dieu son âme séraphique, il répétait encore d'une voix expirante : « Que Dieu soit glorifié ! » Il fut béatifié par Clément X et canonisé par Benoit XIII en 1726. Il a mérité le nom glorieux à^ Apôtre de F Amérique.

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Cunégonde n'était pas encore née, que déjà sa mère j fut instruite par une voix 4 distincte venue du ciel, ^, qu'elle donnerait le jour à ^ une enfant d'une sainteté fe^^^*:fc3te^x- ^r^^Œ^c-ia:**!. extraordinaire. A peine Cunégonde eut-elle vu le jour qu'au grand étonnement de tout le monde, elle salua d'une voix bien articulée la Bienheureuse Vierge, Reine des cieux. Elle sembla ne pas connaître les faiblesses spirituelles de l'enfance, et donna dès le premier â>;e des gages de sa future sainteté, s'abstenant du lait maternel le mercredi et le vendredi de chaque semaine. Assistant au saint sacrifice de la messe, entre les bras de ra nourrice, elle inclinât la tête pour adorer, toutes les fois qu'elle entendait prononcer les noms très saints de Jésus et de Marie, levait les yeux vers le ciel, et parais.sait tout appliquée à la contemplation des divins mystères. Elle passa ainsi son enfance dans l'exercice continuel de la méditât on des choses célestes, de la prière, de l'aumône et de toutes sortes de bonnes œuvres. Forcée, pour obéir à ses parents, de conclure un illustre mariage qu'elle avait longtemps refusé, elle persuada à son pieux époux Boleslas, duc de Pologne, de lui conserver les splendeurs de la virginité. Enflam né lui-même de l'amour de la pureté, de concert avec son épouse demeurée vierge, il fit vœu de chasteté perpétuelle fct mérita ainsi d'être appelé Boleslas le Pudique. Ce prince procura merveilleusement le bien du royaume de Pologne, par l'exemple de ses vertus et la sagesse de son règne. Le Seigneur le bénit dans ses entreprises. 11 découvrit d'une manière tout extraordinaire, une mine de sel qui devint pour le royaume une source de revenus considérables.

Au milieu des grandeurs de la terre, l'occupation principale de la pieuse rtrine, fut de vaquer à la prière, aux bonnes œuvres et aux pratiques de la plus austère pénitence. Elle se levait, avant le jour, pour aller nu-pieds visiter les églises malgré le

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172 27 JUILLET. — BIENHEUREUSE CUNEGONDE

froid, la neige et l'intempérie des saisons ; quand les portes étaient encore fermées, elle s'agenouillait sur le seuil de la maison de Dieu, et souvent les anges vinrent lui ouvrir.

Cunégonde allait visiter les pauvres et les malades, dans les hôpitaux et les léproseries, les consolait dans leurs sonffrances, pansait leurs plaies, faisait leur lit, lavait leur linge, leur rendait les plus humbles services ; elle guérit un lépreux et plusieurs autres malades, en appliquant ses lèvres sur leurs plaies dont la seule vue soule;vait le cœur. Fidèle imitatrice de sa glorieuse tante, sainte Elisabeth de Hongrie, elle fut la providence de tous les malheureux, et le refuge de toutes les infortunes.

Durant les quarante années que Cunégonde eut à remplir les devoirs de la royauté, l'objet constant de sa sollicitude fut la sanctification et le bien-être de son peuple. Quand elle ne pouvait le secourir par ses dons, elle avait recours au Ciel, et le Ciel accordait des miracles à ses prières. En l'année 1266, les Russes schismatiques, euvahissant la Pologne, promenaient de toutes parts, la dévastation et le carnage. La Bienheureuse, navrée des maux de son peuple, redouble ses austérités et ses prières, pour fléchir la colère de Dieu. Ses soupirs sont entendus ; les saints martyrs Gervais et Protais lui apparaissent et l'assurent que l'armée polonaise mettrait bientôt en fuite les ennemis. Quelques jours après, la prophétie se réalisait et les schismatiques envahisseurs prenaient honteusement la fuite.

Après la mort de Boleslas, Cunégonde refusa de gouverner la Pologne, et s'étant ^.déchargée de tout soin temporel, elle distribua ses biens aux pauvres et fit profession dans l'Ordre de sainte Claire, au couvent de Sandeck, qu'elle avait fondé ellemême. Là, voyant un jour ses sœurs souffrir du manque d'eau, elle commanda à une rivière qui coulait près du monastère, de se détourner de son lit et de suivre un nouveau cours, qu'elle lui traça de sa main, sur des terrains inclinés. Dieu exauça les prières de sa servante et pourvut, par un insigne miraclt, aux besoins du monastère.

Cunégonde vécut 13 ans en ce lieu, dans une très grande sainteté ; elle s'y rendit célèbre par la. pratique des plus hautes vertus, par ses miracles et ses prophéties. L'heure de sa mort lui ayant été divinement révélée elle s'endormit doucement dans le Seigneur, le 24 juillet de l'année 1292. On vit son âme monter dans les cieux, entre les chœurs des anges, parée de vêtements aussi blancs que la neige. Des miracles innombrables attestèrent qu'elle était en possession de la gloire éternelle. Après l'avoir invoquée des captifs recouvrèrent la liberté, des aveugles la lumière, des malades la santé. Aussi le Pape Alexandre VIII a-t-il approuvé le culte très ancien, que rendait à la servante de Dieu le royaume de Pologne.

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Forcé par la maladie de retourner en Italie et de laisser à d'autres, la charge d'évangéliser les Maures, François d'Assise, à son retour, convoqua le premier chapitre général de l'Ordre, au célèbre couvent de la Portioncule. L'assemblée délibéra sur ce qu'il convenait de faire pour mieux procurer la gloire de Dieu et avancer dans le monde la conversion des pécheurs et des infidèles. Ce fut à la suite de ces grandes assises, que le séraphique Patriarche envoya dans les diverses contrées de l.'Europe, des missionnaires courageux et fervents. Le bienheureux Gauthier eut mission d'aller évangéliser le Portugal, où dominaient les Maures. Il partit donc avec (.}uelques autres frères, vers ces régions barbares où l'attendait ;la mort. La nouveauté du costume de ces saints religieux, leurs effrayantes mortifications et leur humilité profonde, leur valurent une réception peu amicale et leur attirèrent beaucoup d'humiliations et de mauvais traitements. On refusa de croire à leur mission, et traités comme des intrigants et des malfaiteurs, ils eussent peut-être dû quitter le pays, si la reine Urraque ne les eût pris sous sa protection. Elle leur fit construire un petit couvent à Saint Antoine d'Olivarez, près de Coimbre, où quelques années plus tard, saint Antoine de Padoue devait revêtir les livrées franciscaines. Peu à peu ils triomphèrent du mauvais vouloir qu'on leur avait témoigné tout d'abord, et bientôt l'on vit s'élever sur cette terre d'abord inhospitalière grand nombre de couvents. Le bienheureux (iauthier passa sa vie dan'^ celui de Vimarino qu'il avait lui-même fondé ; c'est là qu'il se rendit célèbre par sa sainteté, ses miracles et ses travaux apostoliques et qu'il détermina un grand nombre de Portugais à embrasser la Règle des Frères Mineurs. Sa mort arriva le 2 août 1258. Son tombeau devint célèbre par les miracles.

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