‹ Nos saintsChapitre 34 sur 105 · MT **** ^M\ '"" #^^ ""■ ^M · texte numérisé non relu

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5S. pierre

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l'KK I KK, I' KAM'ISCAIN (1442-1490)

("était en Tannée 1467.

Le bienheureux Dominique de Léonisse, provincial des Observants de la Marche d'Ancône, prêchait dans le ^^^^^^^^^^»;,^^..^^^^^*.î«^^^^ diocèse de Camerino. 1 ou-

ché des paroles de l'homme de Dieu, le Bienheureux Pierre de Molliano, qui depuis trois ans, étudiait avec succès à l'université de Pérouse, se prit à faire de sérieuses réflexions, sur la fragilité des choses humaines et sur les vraies félicités promises aux serviteurs de Dieu. Fidèle à l'appel de la grâce, notre Bienheureux dit adieu au monde et vint recevoir l'habit de saint François, des mains de l'apôtre dont la parole avait touché son cœur ; il avait alors vingt cinq ans. On le donna pour compagnon à saint Jacques de la Marche, l'une des colonnes de l'Observance, le plus illustre disciple de saint Bernardin après saint Jean de Capistran. Sous la conduite d'un tel maître, notre Bienheureux fit de rapides progrès dans les voies de la sainteté et devint un digne ministre de l'Evangile. Il exerça le ministère apostolique en plusieurs provinces de l'Italie ; sa parole simple, douce et sympathique apaisait les discordes, ramenait les pécheurs dans le droit sentier et faisait pénétrer la componction dans les cœurs les plus endurcis. Ici, le biographe du saint s'interrompt pour placer cette réflexion: « Quelle est donc cette énigme, dira quelque savant docteur qui « aura vieilli sur les livres, qui aura beaucoup appris et beaucoup « oublié ? comment un homme simple peut-il ravir des multitu- « des, des savants, des évêques, des cardinaux ? Rappelons-nous « ce mot d'im ancien maître de l'éloquence : " Pectus est çiiod « disertos facit,^) « c'est le cœur qui fait les éloquents, » l'éloquence ce du cœur va au cœur et c'est là le secret de l'orateur, secret « qui ne fit jamais défaut aux enfants de saint François. » Notre Bienheureux avait la confiance universelle : les peuples, les princes de l'Eglise, les docteurs en théologie accouraient pour

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13 AOUT. — B. l'IERRE DE MOI.LIANO

entendre les explications des sublimes mystères de notre foi. Une foule d "âmes s'adressaient à lui, dans leurs chagrins et leurs doutes. Sur tous les chemins on l'arrêtait, chacun cherchait à le voir là où il en trouvait l'occasion. Il écoutait avec patience ces longs récits des douleurs humaines, des perplexités de la conscience, des maladies de l'âme. Puis, il distribuait des conseils selon la diversité des besoins spirituels : à l'un il tressait une couronne d'avis salutaires, à l'autre il remettait l'anneau de l'union avec Jésus Christ, par la réconciliation sacramentelle, à celui-ci il distribuait l'or de la vérité, à celui-là il donnait un bon sur l'éternité. « Médecin incomparable, il possédait des remèdes « si efficaces, les administrait avec tant de douceur, qu'on ne les « refusait jamais : à celui-ci il conseillait comme un excellent « purgatif, la confession de ses péchés, à celui-là il coupait la « fièvre de l'or ; à ceux qui souffraient il inspirait la dévotion au « Sacré-Cœur de Jésus. C'est ainsi qu'il guérissait les coupables et «qu'il aidait les âmes pénitentes à former en elles Jésus-Christ. »

Notre Bienheureux dirigea, dans les voies de la perfection, la Bse Baptiste Varani. Trois fois il remplit les fonctions de Vicaire provincial dans la province des Marches, une fois dans celle de Rome ; en 1472, il fut envoyé comme Commissaire, dans l'île de Candie. Après une vie toute employée aux labeurs de l'apostolat, ce fidèle serviteur mourut dans la nuit du samedi au di nanche, le 21 juillet 1490, au moment où les religieux chantaient le Te Deum après Matines. Avant de rendre le dernier soupir, il prononça à plusieurs reprises le doux nom de Jésus.

En 1496, six ans après la mort de ce grand serviteur de Dieu, la Bse Baptiste Varani écrivit à la duchesse d'Urbino pour lui donner une relation circonstanciée sur les derniers moments du Bienheureux. En voici quelques extraits : « Sachez, ma chère dame, que notre bienheureux Père vint à Camerino le jour de la Visitation de la glorieuse Vierge Marie ; au moment d'entrer dans la ville, il arrêta son cheval, leva les yeux au ciel et resta un bon moment immobile, puis il baissa les yeux, manifestant une grande joie, comme s'il eût appris une grande nouvelle, et il dit à ses compagnons : entrons dans la ville. C'était un vendredi. Le dimanche suivant il fut pris par une fièvre violente . . .

Pendant cette dernière maladie, il montra une patience qui ne saurait s'exprimer ; on le vit toujours gai, toujours souriant . . . Après avoir reçu le sacrement de l'Extrême-Onrtion, il adressa à ses frères un discours où il s'étendit particulièrement sur la sainte pauvreté ; il termina son exhortation par ces remarquables paroles : « Mes frères, tenez pour certain que celui-là est saint, qui observe fidèlement notre Règle, selon qu'il l'a promis. »

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1 36. Santc b'^lrbino

l'KKKK I.Al, KkANc ISCAIN (1340-1390)

Attaqué à l'improviste par un de ses parents et contraint de mettre la main à l'épée, pour défendre sa vie contre son injuste agresseur, le B. Santé lui fit à la cuisse a> une blessure si grave, que z^ye^^ë^^l^mii^^^Q^^^'m^^i ce malheureux en mourut,

quelques jours après. Inconsolable d'avoir occasionné, bien qu'innocemment, un tel malheur, le jeune Santé renonça à l'état militaire, auquel ses parents, de la noble famille de Brancacini, le destinaient, pour embrasser la vie religieuse. Choisissant donc l'Ordre de saint François, comme le plus propre à le faire oublier des hommes et à lui fournir des austérités, en rapport avec ce qui faisait le sujet de ses remords,il demanda à y être reçu comme frère convers. Serviteur de tous, il ne croyait pas pouvoir se placer assez bas, s'humilier assez. Le pain lui semblait une nourriture trop douce, il s'en abstint pendant longtemps, se contentant de quelques herbes cueillies dans le jardin. Désireux de payer jusqu'à la dernière obole, sa dette à la justice divine, il se répandit en supplications devant le Seigneur, afin d'obtenir de souffrir en son corps, à l'endroit même où il avait blessé son ennemi. Sa longue et persévérante prière fut enfin exaucée. Un abcès se forma ; la douleur en fut violente, cruelle et sans interruption, elle dura jusqu'à sa mort. Tout dans la vie de notre Bienheureux répondait à ce sentiment de vif repentir ; son humilité ne fut pas un entraînement de quelques jours, il se considéra réellement et sans jamais se lasser, comme le dernier des religieux de son couvent. Rien ne lui était pénible, rien ne lui semblait rebutant ; son âme s'enivrait d'humiliation, c'était sa nourriture la plus suave. Jésus abaissé et anéanti dans le Sacrement de nos autels, sollicitait également son cœur et excitait ses plus tendres affections. Il reportait sans cesse sa pensée vers lui, il l'adorait dans les immolations continuelles de son divin amour ; loin de l'église comme au pied des autels, il le contemplait en

14 AOUT. — B. SANTÉ d'URBINO

esprit, il l'adorait, il l'aimait, il l'invoquait et le bénissait ; et le généreux Sauveur répondait par des grâces et des faveurs spéciales, à ces ardents soupirs d'un cœur blessé.

Un jour, retenu par les travaux de sa charge, notre Bienheureux ne pouvait assister à la Sainte Messe. En entendant le son de la cloche annonçant le moment de l'élévation, il se met à genoux pour adorer son Sauveur. Au même instant les murailles de l'église se séparent et permettent au saint religieux d'adorer son Dieu descendu du ciel et réduit à l'état de victime, à la voix du prêtre. Comme à saint François, Dieu lui accorda la puissance sur les animaux. Un jour qu'il avait mis au pacage l'âne dont il se servait pour aller chercher du bois dans la forêt, il oublia, le soir venu, de le faire rentrer dans son écurie. Venant le lendemain pour le chercher, il trouva la bête entre les griffes et sous la dent d'un loup féroce qui la dévorait après l'avoir mise à mort. Le Bienheureux adressa au loup de sanglants reproches, et lui commanda de réparer par son travail le tort qu'il avait causé à la communauté. Le loup, doux comme un agneau, se laissa imposer le harnais de sa victime et resta attaché au service du couvent.

Dans une maladie, au milieu de l'hiver, éprouvant le désir d'avoir quelques fruits pour se réconforter, il dit à son infirmier d'aller en chercher au jardin ; l'infirmier y trouva un arbre chargé de fruits, ce qui le surprit grandement.

Dans une autre circonstance, comme il n'avait plus de provisions pour préparer le repas de la communauté, le Bienheureux pria un autre frère d aller voir au jardin si les raves qu'il avait semées la veille pouvaient être récoltées. Celui-ci s'y rendit, tout en riant de la simplicité du frère Santé ; cependant il vit avec admiration que non seulement les graines avaient germé, mais qu'elles avaient produit de très belles raves ; il en remplit une corbeille et tout joyeux alla les porter à notre Bienheureux.

Il avait environ quarante quatre ans lorsqu'il plut au Seigneur de l'appeler à lui. C'est vers le milieu du mois d'août 1390, la veille de l'Assomption de la Sainte Vierge, que son âme, quittant son corps épuisé par les rigueurs de la pénitence et les douleurs de la plaie cruelle que Dieu lui avait accordée, s'envolait vers le ciel, pour y célébrer le triomphe de Marie.

On l'ensevelit d'abord dans le cimetière commun, mais les miracles opérés par son intercession obligèrent les religieux à transférer son corps dans leur église conventuelle ; c'est là que les peuples viennent encore aujourd'hui vénérer sa sainte dépouille, préservée de toute corruption.

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