‹ Nos saintsChapitre 35 sur 105 · TS^TS^'KS^^X · texte numérisé non relu

TS^TS^'KS^^X

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ni' Tihks-Okdrk (1295-1327)

Saint Roch est un de ces

SI serviteurs de Dieu, dont le / nom devenu populaire est 4^ encore de nos jours en vénération dans les contrées témoins de ses vertus et dans celles plus nombreuses auxquelles il a fait sentir la puissance de son intercession, après sa mort.

A 20 ans, Roch avait perdu son père et sa mère ; il se trouvait libre, à un âge où le monde offre au cœur de l'homme toutes ses espérances et ses séductions. Libre avec une fortune considérable, de nobles souvenirs de famille, et sa voie semblait naturellement tracée sur cette terre. Mais le pieux jeune homme, instruit à l'école du Sauveur et pénétré de la crainte de ses commandements, n'eut pour les espérances de la terre qu'un regard de mépris. Entré dans le Tiers-Ordre de saint Fran<;ois, il vendit tout ce qu'il put de son bien paternel, le distribua aux pauvres et aux indigents, laissa à son oncle le soin de ses terres seigneuriales, puis, disant adieu à ses proches et à ses amis, il se revêtit du pauvre habit des pèlerins et, à pied, se dirigea vers Rome, afin d"y visiter les tombeaux des saints Apôtres. La peste sévissait alors en plusieurs contrées de l'Italie. Arrivé à Aquapendente, Roch s'unit à un' homme charitable, nommé Vincent, et s'en alla avec lui à l'hôpital, servir les malades. Roch faisait sur eux le signe de la croix et la contagion disparaissait au nom de Jésus. D'Aquapendente, il se rendit à Césène, et bientôt la ville fut délivrée du terrible fléau. En ce moment, la même maladie désolait Rome tout entière. Roch accourt, et Rome, dans cette épreuve douloureuse, doit son salut aux prières et à la charité du serviteur de Dieu.

Le Seigneur ne laisse pas longtemps ses amis sans épreuve. A ces faveurs insignes, accordées à la charité de l'héroïque pèlerin, il voulut faire succéder la tribulation et il l'avertit de se tenir prêt. Il se trouvait à Plaisance, se dépensant au service des

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pestiférés, quand il fut frappé d'une fîèche à la cuisse gauche, blessé douloureusement, puis saisi d'une fièvre ardente. Lorsqu'il se sentit rt-vtnu un peu à la santé, il résolut de retourner en son pays, en mendiant son pain. Pendant son voyage, rebuté par un riche habitant à qui il demandait l'aumône, il se retira dans un bois voisin où il se coucha sur la terre nue, en proie de nouveau à la fièvre. Le Seigneur le nourrit miraculeusement en lui envoyant chaque jour un chien, pour lui porter à manger. Cependant, Roch songeait toujours à revoir sa ville de Montpellier ; l'inspiration divine le poussait vers ce lieu où il devait achever sa sanctification.

Son oncle était gouverneur de la ville, et la province était en proie aux dissensions, aux troubles et à la guerre. L'ariivée d'un homme étranger à la contrer, indiiférent aux choses de la terre, uniquement occupé des pratiques de la religion, inspira des soupçons : on le considéra comme un émissaire secrètement envoyé par les ennemis, pour reconnaître les endroits faibles de la ville ; il fut arrêté et mis en prison. Cinq années se passèrent dans ce séjour d'ignominie ; et cependant il lui eût sufii d'un mot pour se faire reconnaître de son oncle, gouverneur de Montpellier, et reparaître dans la cité, entouré de tous les honneurs dus à sa naissance. Le serviteur de Dieu préféra une vie pauvre, obscure et méprisée. Du fond de son cachot, il ne cessait d'adresser au Seigneur des hymnes d'actions de grâces, et demandait, par l'intercession de Marie, la patience et la fidélité jusqu'à la fin.

Sentant que sa mort était proche et que son douloureux pèlerinage touchait à son terme, il demanda à voir un ministre de Dieu pour recevoir les derniers sacrements. Le prêtre en entrant vit la prison divinement éclairée : la figure du pauvre captif était radieuse ; après lui avoir administré les Sacrements, il s'empressa d informer le gouverneur des prodiges dont il avait été témoin ; le bruit s'en répandit rapidement et le peuple se porta en foule à la prison. n

Le Samt prenait un peu de repos, lorsqu'il vit en songe un messager céleste qui lui dit : <f Roch, voici l'heure où tu vas recevoir la récompense de tes travaux, où ton âme va se reposer dans le sein de Dieu. C'est pourquoi, si tu désires obtenir quelque grâce pour les hommes, demande-la au Très-Haut avant de mourir ; il sera fait selon ton désir. » A son réveil, il demanda que tous ceux qui l'invoqueraient fussent préservés de la peste. Il s'endormit quelques instants après, dans le baiser du Seigneur.

L'histoire des siècles qui ont suivi a prouvé que sa prière fut exaucée.

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Montefalco, petite ville du diocèse de Spolète, dans l'Ômbrie, fut la patrie de notre Sainte. A l'âge de 6 ans, Claire fut admise au couvent de Saint-Illuminé dont Jeanne, sa sœur, était supérieure. Elle embrassa, dès lors, la Règle du Tiers-Ordre de saint P>ançois que suivaient les religieuses de cette communauté. La Règle de saint Augustin leur fut donnée plus tard, en 1290.

A peine entrée dans la communauté de sa sœur, Claire garda un silence rigoureux, s'appliqua à mortifier ses sens et s'exerça assidûment à la prière et à la contemplation. Sa couche était la terre nue, sa nourriture un peu de pain et d'eau ; son corps lui semblait indigne de la moindre attention, c'était un esclave à qui il fallait demander beaucoup et accorder peu ; elle le macérait par les jeûnes, les veilles, les disciplines. Elle passait les nuits presque entières sans sommeil, pour s'adonner à l'oraison et converser avec les anges.

Une vie si sainte lui mérita les faveurs singulières du Dieu qui aime les cœurs purs et se plaît à converser avec les âmes éprises de son amour. Au miliru des défaillances que produi- .saient en elle des austérités excessives, Claire entendit, à plusieurs reprises, les concerts harmonieux des anges, et chaque fois ces accents de la patrie lui rendaient ses forces. Jésus-Christ daigna la visiter sous les traits d'un voyageur ; il lui apparut aussi sous la forme d'un ange. Lorsqu'elle était encore enfant, la sainte Vierge se montra à elle, portant dans ses bras son divin Enfant ; Claire n'osait approcher ; la divine Mère l'encouragea et l^i dit : (f Claire, embrassez votre Epoux. » Claire obéit, mais le petit Jésus, voulant embraser davantage son cœur et accroître ses désirs, se cacha sous le manteau de sa Mère et disparut. Un jour, sa sœur, pour l'éprouver, lui avait interdit la communion ; un autre jour, ayant oublié son manteau, elle n'osa approcher

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de la grille ; dans ces deux circonstances, Notre Seigneur lui donna la communion de sa main.

Comme toutes les âmes vraiment saintes, Claire faisait, des souffrances du Rédempteur, le sujet le plus fréquent de ses méditations ; elle les pleurait avec des larmes abondantes. Pour répondre au désir qu'avait sa servante de lui être unie dans l'amertume de la croix, Jésus imprima dans son cœur l'image des divers instruments de sa Passion. Ces empreintes purent être vues et constatées après sa mort. Dans la bourse du fiel on trouva trois petites boules parfaitement semblables et d'une égale pesanteur, et néanmoins chacune d'elles pesait autant que les trois mises ensemble ; figure admirable du mystère de la Sainte Trinité, que notre Sainte méditait fréquemment.

Elue Supérieure, elle redoubla ses austérités, et ouvrit toute grande devant ses sœurs, la voie sacrée de la virginité, voie glorieuse et sûre, voie semée de croix sans doute, mais à laquelle est attaché, dans la gloire, l'insigne privilège de suivre partout l'Agneau sans tache.

Pleine de tendresse pour ses sœurs, sa charité s'étendit également en dehors de son monastère ; elle convertit une multitude de pécheurs, réconcilia bon nombre de familles, pacifia des villes armées les unes contre les autres ; à sa prière, les malades étaient guéris, les possédés étaient délivrés, les morts étaient ressuscites.

Avertie de sa fin prochaine, Claire fit venir près d'elle ses religieuses, leur donna les conseils les plus salutaires et les recommanda à son frère, le Père François Damiani, franciscain. Bientôt une illumination intérieure l'assura du pardon de ses péchés et de la récompense préparée à ses mérites ; elle s'écria alors : « O très doux Jésus ! qu'il est grand le bonheur réservé à ceux qui vous servent avec amour 1 Non, les peines de cette vie ne sauraient entrer en comparaison avec la gloire qui nous est réservée au ciel ! » Elle s'endormit du sommeil des justes, le 17 août 1308 ; à ce moment un Frère Mineur vit son âme, brillante de lumière, entrer en Paradis, au milieu d'esprits célestes qui lui faisaient cortège.

Après sa mort, de nombreux miracles s'opérèrent à son tombeau, et l'Eglise ne tarda pas à lui décerner l'honneur des autels. Elle a été canonisée solennellement par Léon XIII, le 8 décembre 1881.

Fidèle imitatrice de François, elle eut, comme lui, une dévotion toute spéciale aux grands mystères de la douloureuse Passion. Puissions-nous marchant sur ses traces graver dans notre esprit et dans notre cœur le souvenir du drame sanglant du Calvaire !

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ïouiïi d'Anjou

Evêque de Toulouse

« Rose jjrintanièrt' de charité, lis de virginité, étoile de lumière éblouissante , » tel est l'éloge que l'Eglise fait de celui dont nous entreprenons de retracer la vie.

Né, pour ainsi dire, sur les marches du trône, dans ce xiii'' siècle qui a attaché tant et de si brillants astres de sainteté au firmament de l'Eglise, Louis devait attirer tout spécialement les regards des siècles futurs, et mériter le nom d'étoile brillante « Stella fulgens. »

Noblesse oblige, dit-on, ne pourrait-on pas dire à plus forte raison que sainteté oblige? S'il en est ainsi, Louis ne pouvait être mieux partagé. Son père Charles II, roi de Naples et de Sicile, était neveu de saint Louis roi de France ; sa mère était fille d'Etienne V, roi de Hongrie, elle eut trois frères qui, sous la pourpre royale, pratiquèrent les vertus chrétiennes à ce degré héroïque qu'exigent les honneurs de la canonisation. Louis se montra digne de ses ancêtres. Dès son enfance, son cœur prévenu des douceurs de la grâce divine, dédaignant les plaisirs de son âge, se livra tout entier au service du Seigneur. On rapporte, et c'est la reine elle-même qui nous a conservé ce détail, que dès l'âge de 7 ans, dédaignant une couche trop molle, il prenait son sommeil sur la terre nue. Son plus grand plaisir était de visiter les pauvres et les églises, et on voyait avec admiration cet enfant privilégié du ciel passer des heures entières devant le Tabernacle du divin Prisonnier de l'Eucharistie. Une vertu si précoce devait attirer l'épreuve, sous sa forme la plus douloureuse, pour le cœur si aimant d'un enfant de 13 ans.

Fait prisonnier par Pierre, roi d'Aragon, son père Charles II ne put recouvrer la liberté qu'en laissant pour otages ses trois enfants, avec 50 jeunes seigneurs. Passer du palais royal dans une dure et longue captivité, était, ce semble, bien pénible : mais tout, dans les desseins de la Providence, ne doit-il pas concourir

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à rendre plus brillantes les âmes que Jésus-Christ a rachetées de son sang? L'adversité n'est-elle pas le creuset, où, sous l'action des flammes purifiantes de la grâce, le cœur humain se dépouille peu à peu des affections terrestres ? Louis, déjà initié aux mystérieuses douceurs de la croix, loin de se laisser vaincre par les chagrins et la tristesse, tâchait au contraire de relever les courages abattus : « L'adversité, disait-il à ses jeunes compagnons tentés de se plaindre, peut-être même, d'accuser la Providence, est très utile à ceux qui font profession de servir Dieu. Elle nous fait pratiquer la patience, l'humilité et la ré.^ignaiion à la volonté de Dieu ; et nous sommes alors mieux disposés, qu'en tout autre temps, à l'exercice des vertus. »

Dieu destinait Louis à de grandes choses, aussi lui donna-t-il de saints et savants précepteurs pour cultiver son intelligence et son cœur. Les Franciscains furent chargés de l'instruire et, quelque temps après, il était capable de discuter les points les plus subtils de la théologie. Mais que dire des efforts constants du jeune Louis pour la vertu ? Nous avons vu la résignation avec laquelle notre Saint avait accepté la captivité : il la sanctifia par la prière et la mortification. Profitant des heures mystérieuses de la nuit, pour dérober sa démarche aux yeux de ses compagnons, il allait, durant un temps considérable, au pied du tabernacle, pour y prier le divin Prisonnier. Le démon, jaloux de sa ferveur, voulut le détourner, mais en vain, d'un exercice si salutaire. Une nuit, ses frères le virent aux prises avec • un vilain chat noir, qu'il repoussait par un signe de croix. Ayant obtenu que les deux Pères Franciscains qui étaient plus spécialement chargés de lui, restassent nuit et jour à ses côtés, il modela sa vie sur celle des saints religieux : avec eux, il se levait au milieu de la nuit, pour louer le Seigneur : comme eux, il châtiait son corps pour conserver intact le lis de la virginité. Les cilices, les jeûnes, les chaînes de fer, une vigilance continuelle sur ses sens, tels furent les moyens que le pieux jeune homme employa uour dompter sa chair. Quand il sortit de prison, la reine de France sa sœur voulut l'embrasser, mais le saint nr le lui permit pas : il ^ refusa même à sa mère cette satisfaction très légitime. La cha- I rite tend sans cesse à se dilater, c'est pourquoi lorsqu'il pouvait j en obtenir la permission, il allait visiter les pauvres dans leurs réduits obscurs, les malades dans les hôpitaux. L"ne fois, il fit ^' rassembler tous les lépreux de Barcelone, pour leur laver les pieds ^ et leur donner à manger. Il s'ert trouva un, rongé d'une lèpre si horrible, que sa seule vue faisait bondir le cœur. Louis lui prodigua ses soins plus qu'à tous les autres : le lendemain on | "^ chercha ce lépreux, il avait disparu.

La captivité de Louis touchait à sa fin lorsqu'il tomba grave- |

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ment malade. Il fait vœu d'entrer dans l'Ordre de saint F'ran- <;ois et le voilà aussitôt rendu à la santé. Il y avait à peine cjuclques jours iju'avait eu lieu son ortlination sacerdotale, que déjà le pape Boniface \'II, connaissant la haute saint té de Louis, et le bien qui en résulterait pour les âmes, lui ordonna de prendre f>ossession de l'évêché de Toulouse. Forcé d'accepter la pourpre, le jeune prince voulut auparavant revêtir les livrées séraphiques et fit profession de la règle de saint Fran(;ois la veille de Noël en 1296. (juand le jeune évêcjue fit son entrée à Toulouse, la ville entière, émue des merveilles que l'on racontait de ses vertus, vint à sa rencontre et le re(;ut comme un envoyé du Ciel. Tous furent ravis de l'air de sainteté répandu sur ses traits, de sa modestie, de sa douceur, de son angélique beauté. Aussi ne tarissait-on ])as d'éloges enthousiastes. Les rues et les places étaient encombrées ; on ne pouvait se lasser de voir et d'admirer l'élu du Seigneur ; on s'attachait à ses pas, on prenait des rues détournées pour le rencontrer et le contempler de nouveau. Son seul aspect suffit pour convertir un pécheur qui, depuis de longues années, croupissait dans les plus criminelles habitudes. Par la grâce de son chaste maintien, la sérénité de son front virginal, la beauté de son visage aussi candide que sympathique, le jeune Evêque inspira à ce pécheur un amer repentir de ses fautes. Emu au plus profond de son cceur, ce malheureux s'écria: « Notre évêque est un saint. «

Louis devait pleinement répondre aux espérances de cet enthousiaste accueil. Placé sur le chandelier de la maison de Dieu, il l'inondera d'un torrent de lumière. Modèle accompli des brebis et des pasteurs, des hommes du siècle comme des ministres du sanctuaire, il tracera à tous sans distinction la ligne du devoir sous toutes ses formes.

Déjà chargé du diocèse de Toulouse, il devait l'être bientôt après du nouveau diocèse de Pamiers. Telle encore avait été la volonté de Boniface VIII.

Bien qu'évêque, il resta franciscain : il portait l'habit et pratiquait les austérités du Frère Mineur ; son lit, ses chaises, ses meubles, tout dans sa maison respirait la Très-Haute pauvreté. Un jour, nous dit son biographe, son barbier voulut se servir d'un bassin d'argent; ce luxe déplut au Saint qui se fit apporter un vase dont on se servait pour mesurer l'avoine aux chevaux.

Il se rendait à Rome pour se faire décharger de l'épiscopat, lorsque la fièvre l'arrêta à Brignoles où il mourut le 19 août 1297. Il était âgé de 23 ans. S'il avait peu vécu aux yeux du monde, il avait, selon la parole du sage, rempli devant Dieu la course d'une longue vie.

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