‹ Nos saintsChapitre 36 sur 105 · PO · texte numérisé non relu

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Patron des Frères

DU Tiers-Ordre

La vertu, il faut bien le reconnaître, est toujours difficile à pratiquer. Tel est en effet le désordre, opéré dans les penchants de notre nature par le péché de nos premiers parents, qu'instinctivement nous sommes portés au mal, et que pour suivre l'étroit sentier des préceptes divins, nous devons nous imposer une contrainte incessante. Mais si, dans toutes les conditions, la vertu rencontre des écueils, il est entre tous, deux états particulièrement périlleux pour l'innocence : la prospérité sans bornes et l'excès de l'adversité.

D'ordinaire, la prospérité égare : elle aveugle l'esprit et enfle le cœur. L'adversité, elle, porte au murmure contre la Providence, au désordre et au désespoir. Aussi le sage, écrivant sous la dictée de l'Esprit Saint, demandait-il au Seigneur une honnête médiocrité comme l'état le plus favorable à la conservation de la justice, également éloigné des dangers d'une grande fortune et des périls d'une extrême misère. Mais Dieu, admirable dans ses Saints, et qui, dans toutes les conditions, veut offrir à notre imitation des modèles, sait, quand il lui plaît, conduire ses élus par des voies extraordinaires et les mener au sommet de la perfection, par les chemins en apparence les plus opposés au salut. Ainsi en fut-il de saint Louis, le quarantième de nos rois, l'honneur de la Maison de France, la gloire du Tiers-Ordre séraphique. Il naquit à Poissy, le 27 avril 12 15. Sa mère, Blanche de Castille, femme d'un esprit vraiment viril, l'éleva pour Dieu et pour la France. Elle s'appliqua à lui inspirer de bonne heure un grand amour pour les exercices de la religion et une vive horreur du péché : « Mon fils, lui disait- elle souvent, je vous aime avec toute la tendresse dont une mère est capable ; cependant, je préférerais vous voir tomber mort à mes pieds, que de vous savoir

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