AOUT. — S. LOUIS ROI DE FRANCE
conseils et vécurent en paix. Les Ordres religieux lui étaient chers ; mais, entre tous, l'Ordre de saint François et l'Ordre de saint Dominique lui inspiraient une affection spéciale ; s'il eût été libre de suivre l'inclination de son cœur, il eût renoncé au sceptre et quitté le monde pour revêtir l'habit franciscain ; mais contraint de porter jusqu'au bout le fardeau des honneurs, fardeau qu'il soutenait si glorieusement, pour le triomphe de la religion et de la France, il voulut au moins s'associer au Tiers- Ordre, et, dans le secret de son palais, suivre la vie rigoureuse des fils les plus fervents de François d'Assise. C'est dans la Règle du Tiers-Ordre qu'il apprit a être roi, et nul ne le fut autant que lui, nul ne porta plus haut l'étendard de la France. Jamais notre patrie n'avait été plus prospère, plus vertueuse, jamais depuis, elle n'a retrouvé pareille ère de bonheur.
Emu des dangers nouveaux des chrétiens de Palestine, Louis prit de nouveau la croix. Ce fut durant cette expédition que sonna sa dernière heure. 11 vit la mort, sans crainte et sans regret ; uniquement préoccupé des intérêts de Dieu, il avait été toute sa vie prêt au dernier combat. La mort ne le surprit donc point, car, sentinelle fidèle, il veillait lorsque l'ennemi vint lui livrer le dernier assaut cju'il supporta avec le courage d'un héros et le calme d'un saint. Après avoir reçu les derniers sacrements, dans toute la plénitude de sa raison et la ferveur de sa foi, levant les yeux au ciel, il dit ce verset' du psaume : « J'entreraj dans votre maison. Seigneur, et je vous adorerai dans votre saint Temple. » Ce furent ses dernières paroles ; quelques heures après il expirait au milieu de son armée et de sa cour en larmes, le lundi 25 août 1270. Il était âgé de 55 ans et en avait régné près de 44. Le Pape Boniface VIII le canonisa, 27 ans plus tard, à la suite de nombreux miracles opérés par ses puissants mérites devant Dieu. Son corps rapporté en France fut déposé dans l'église Saint-Denis : la révolution de 93 dispersa ces reliques sacrées.
Dans le testament qu'il fit avant de mourir, notre Saint disait à son fils : « Je te recommande en premier lieu, mon très cher fils, d'aimer le Seigneur Dieu de tout ton cœur et de tout ton pouvoir, car sans cela il n'y a point de salut. Mon fils, tu dois te garder de toute chose qui peut déplaire à Dieu, à savoir de tout péché mortel ; tu dois être disposé à souffrir le martyre plutôt que de commettre un péché mortel. En outre, s'il plait à I )ieu de t'envoyer quelque tribulation, tu dois l'accepter avec actions de grâces, reconnaissant qu'elle t'arrive pour ton bien et que tu l'as méritée par tes péchés . . . Ecoute volontiers la parole de Dieu, en public comme en parliculier, et efforce-toi de gagner les indulgences de la sainte Eglise notre Mère !.. »
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Les annalistes de l'Orcirc, nous ont laissé peu de détails sur la vie de ce bienheureux xlisciple de François. Il na- ([uit d'une famille honorable, à Montecchio, petite \illc voisine d'Aquila, dans l'Abruzze. A mesure (ju'il avançait en âge, Timothée sentait s'acrenluer i)lus fortement le désir qu'il avait d'une vie plus parfaite. Il éprouvait ce vide indéfinissable que Dieu met au creur de celui qu'il veut posséder sans partage. Tout disposé à faire la volonté de Dieu, il pria longuement pour demander à sa divine Majesté qu'elle voulût bien l'éclairer sur la voie qu'il a\ait à suivie. Après bien des supplications, bien des gémis sements adressés au ciel, il dit adieu au siècle et entra, jeune encore, dans l'Ordre de saint François.
Il oublia si vite le monde qu'on tût dit qu'il ne l'avait jamais vu et qu'il avait toujours vécu dans le cloître Les religieux voyaient avec admiration son zèle et son a])[)lication pour les offices les l)lus humbles. Ses progrès dans la perfection furent rapides ; ses pensées, ses paroles, ses actions, ses -désirs, tout en lui n'avait qu'un objet, Dieu seul. Dieu était le centre de ses affections ; vers Dieu seul il soupirait ; pour Dieu, il réprimait les mouvements de la concupiscence, et lorsque, par malheur, il lui arrivait de tomber dans quelque légère faute, il s'en punis.sait sévèrement. Bientôt, il excella dans la pratique de l'humilité, de la pénitence, de toutes les vertus religieuses. .Sa piété et sa ferveur dans l'oblation du saint Sacrifice étaient telles que le Seigneur le favorisa plusieurs fois de mystérieuses visions. Que fallait-il de plus à cette âme i)Our se perdre dans le sein de Celui cjui était devenu runicjue objet de ses pensées et de ses désirs ? Le moment semblait venu de quitter la terre pour le ciel. Une dernière maladie vint mettre le comble à ses vœux. Il s'endormit dans la paix du Seigneur au couvent d'Ocra, diocèse d'Aquila, à l'âge de soixante ans.
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1er SEPTEMBRE
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Vierge, Clarisse 1225-1270
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Cette illustre princesse, fille de Louis VIII et de la pieuse Blanche de Castille et digne sœur du roi Louis IX, naquit en 1225. Elle eut dès sa plus te'ndre jeunesse de si intimes communications avec Dieu, qu'on la trouvait parfois ravie en extase. Dans un voyage, comme elle priait auprès de son lit, abîmée dans les douceurs de la contemplation, l'officier chargé de transporter les bagagts, l'enveloppa, sans qu'elle s'en aperçût, avec les draps, la couverture et les rideaux. Alors, revenant en sursaut de son sommeil extatique et se voyant dans une si mauvaise position elle crie pour appeler à son secours. A sa voix les demoiselles de sa suite accourent et la sauvent du danger où elle était d'être étouffée. Saint Louis avait beaucoup de plaisir à raconter plus tard cet accident arrivé à sa sœur.
La pompe et le luxe de la cour ne firent jamais aucune impression sur le cœur de notre Bienheureuse, et pour éviter toute oisiveté, elle apprit dès son bas âge à lire et à écrire ; elle s'appliqua ensuite à l'étude de la langue latine et bientôt elle l'entendit si bien qu'elle corrigeait souvent les lettres que ses chapelains avaient écrites en son nom, selon l'usage du temps. Elle se confessait tous les jours, jeilnait souvent et prenait très peu de nourriture. Sa grande récréation consistait en de pieux entretiens avec Louis ou avec ses demoiselles d'honneur, à filer sa quenouille d'or ou d'ivoire, à confectionner des vêtements pour les pauvres. « Comme elle venait d'achever une belle coiffe, dit un naïf historien de l'époque, le roi son frère la lui demanda moult gracieusement, afin de la porter la nuit. — Non, reprit Isabelle, j'ai résolu qu'elle appartiendrait à Notre Seigneur Jésus- Christ, car c'est la première que j'ai oncques filée. — Sœur, reprit Louis, or, vous prierai-je donc que vous en filiez une autre pour moi? — Je le veux bien, reprit-elle, si j'en file encore.»