I" SBPTKMHRK. — BIENHEUREUSE ISABELLE DE FRANCE
Kt le soir même elle t-nvoya seerètement la coiffe à une pauvre femme malade. Non contente de faire parvenir aux indigents des secours abondants, lsal)elle allait elle-même les visiter dans leurs maladies, pourvoyait h leurs besoins et les consolait par ses douces paroles. La charité crois.sait de plus en plus dans son cœur, aussi, après le saint roi, la cour de France ne comptait aucune personne si empressée au soulagement des malheureux, si humble dans la profusion de ses aumônes. Elle était vraiment digne d'être la sœur de saint Louis.
Après les exercices de la charité, Isabelle employait le reste de son temps à la contemplation des choses divines. Là, elle trouvait cette joie que le monde, même au milieu des splendeurs, est impuissant à donner ; dans ses intimes entretiens avec Dieu, elle posait les bases de cette sainteté (jue tous admiraient en sa personne. « \'rai miroir d'innocence, nous dit Agnès d'Harcourt, admirable exemple de pénitence, rose de patience et d'abnégation, lis tout brillant de chasteté, source abondante de miséricorde, elle était un modèle accompli de toutes les vertus. »
Elle était jeune encore, lorscjue Conrad, fils de l'empereur Frédéric II, sollicita la main de la jeune princesse ; Blanche sa mère et Louis son frère se réjouissaient déjà d'une pareille alliance. Cependant Isabelle refusa son consentement et déclara qu'elle s'estimerait plus heureuse d'être la dernière parmi les vierges consacrées à Dieu, que d'être la première reine du monde.
Quelques années plus tard, elle fonda l'abbaye de Longchamps, près de Paris, sur les bords de la Seine, où elle établit les religieuses de Sainte Claire, dont elle fut la première abbesse. Là, cette fille des rois, vivait comme la plus austère de ses religieuses ; elle était vêtue de simple camelot ; son voile et ses mouchoirs étaient sans dentelle, elle jeûnait sans cesse, prenait souvent de rudes disciplines, gardait un rigoureux silence et passait la plus grande partie du jour et de la nuit dans une brûlante oraison.
Il y avait déjà dix ans qu'elle vivait dans ce monastère, dans le calme de la solitude, lorsque Dieu lui révéla que l'heure de sa délivrance approchait. Elle écrivit alors à Clément IV pour lui demander sa bénédiction que le Pape lui accorda par un bref de l'an 1269. Puis, étant tombée malade, elle reçut le saint Viatique, et fit ses adieux à ses religieuses : <( Adieu, mes chère's sœurs, dit-elle, souvenez-vous de prier pour votre pauvre Isabelle, qui vous a toujours si tendrement aimées et qui ne vous oubliera jamais devant Dieu, w Ce furent ses dernières paroles ; elle s'endormit doucement dans le baiser du Seigneur, le 20 février 1270, à l'âge de quarante-cinq ans.
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Comme nous l'avons déjà vu, François, à la suite du premier chapitre général de rOrdre, avait envoyé dans les diverses contrées de l'Europe, avec la mission de les évangéliser, des religieux fervents, des missionnaires pleins de zèle pour le salut des âmes. Jean de Pérouse et Pierre de Sasso- Ferrato avaient été jugés dignes de faire partie de l'héroïque phalange envoyée vers l'Espagne. Détachés de leurs frères et dirigés vers l'Aragon, ils se fixèrent dans la petite ville de Téruel où deux pauvres cellules furent leur unique habitation. Leur humilité, leur pauvreté, leur persévérance dans la prière leur conquirent bientôt l'estime et la vénération de tous les habitants ; ils prêchèrent la parole de Dieu qui produisit de nombreux fruits de salut.
Le royaume et la ville de Valence étaient alors au pouvoir des Musulmans dont le roi, Azit-Zitabuzit, était un ennemi acharné de la foi chrétienne. Le désir de convertir les Maures et l'espérance de cueillir la palme du martyre, dirigèrent nos deux religieux vers cette même ville. Durant quelques jours, ils se tinrent cachés dans une église et firent connaissance avec deux Espagnols qui leur témoignaient la plus grande estime. Mais ne pouvant contenir leur zèle, ils allèrent bientôt prêcher l'Evangile, jusque dans les mosquées, disant à qui voulait les entendre que Jésus était la voie du ciel, et Mahomet celle de l'enfer.
Leur prédication attira l'attention du roi Azit ; ce prince fit comparaître les deux religieux en sa présence et leur dem inda pourquoi ils étaient venus dans ses Etats. Ils répondirent courageusement, qu'ils étaient venus pour le retirer, lui et son peuple, du milieu des ténèbres où ils croupissaient depuis
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