‹ Nos saintsChapitre 40 sur 105 · W!IV · texte numérisé non relu

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longtemps. Lo barbare irrité leur donna à choisir entre l'apostasit et la mort. Leur ihoix était lait depuis le moment où ils avaient franciii la frontière du royaume infidèle. Sans plus tarder ils furent exécutés devant le palais royal. Avant de mourir ils prièrent avec ferveur pour la conversion du roi Maure ; une voix intérieure les assura que leurs vœux seraient exaucés, et alors, joyeux, ils livrèrent leur tête au glaive de leurs bourreaux, c'était le 29 août 1231.

On vit bientôt ce que peuvent auprès de Dieu la prière et le sang des martyrs. Jacques P", roi d'Aragon, vint, quelque temps après, faire une guerre implacable aux sectateurs de Mahomet. Il marcha de victoire en victoire, contraignant les Maures à lui livrer les villes qu'il trouvait sur son passage.

Comme il aimait l'Ordre de saint François, Jacques I" se fit un honneur de rapporter en grande pompe les reliques des deux saints martyrs de lëruel. Un couvent de Franciscains s'éleva bientôt dans cette ville, pour être le gardien des précieux restes de nos Bienheureux.

Quelques années plus tard, expulsé de ses états par un autre chef musulman nommé Zaén, qui régnait à Dénia, Azit qui avait niis à mort nos deux martyrs, se réfugia dans l'Aragon, ouvrit les yeux à la vérité et reçut le baptême, sous le nom de \'incent, vers l'an 1235. Le roi Jacques d'Aragon, ayant pris \'alence sur les Maures remit le prince converti en possession du palais qui avait été le théâtre de la mort des Bienheureux Jean de Pérouse et de Pierre de Sasso-Ferrato. ^L1is le nouveau chrétien, dans une pensée d'expiation, en fit don aux Franciscains qui le changèrent en un couvent où de fervents et, saints religieux vinrent continuer et mener à bonne fin les travaux commencés par leurs glorieux prédécesseurs.

Clément XI confirma le culte que les fidèles rendaient aux saints confesseurs de la foi de Jésus-Christ.

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A'iERGE, DU Tiers-Ordre (1235-1252)

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Lan 1249, au cœur de l'hiver le plus rigoureux, une enfant de dix ans quittait Yiterbe, sa patrie, frappée d'ostracisme par les hommes qui étaient au pouvoir. Enveloppés dans la même proscription, ses parents la suivaient en exil. La jeune vierge s'appelait Rose. Son crime était d'avoir obéi à l'ordre de Dieu et d'avoir prêché Jésus-Christ et les droits de son \'icaire, dans les rues et les places de Viterbe, avec une éloquence qui avait effrayé Frédéric II, chef du saint Empire, défenseur élu de la sainte Eglise, devenu, par son orgueil, infidèle à son mandat. Ils'était rendu maître, par la mauvaise foi et par les armes, d'une partie du patrimoine de saint Pierre, et il triomphait à Viterbe, cité jusqu'alors dévouée au Pontife Romain.

-'Ce fut un jour de désolation pour ses habitants, lorsqu'ils virent s'éloigner Rose qu'ils aimaient presqu'à l'égal de leurs libertés. L'enfant était, en effet, une merveille de grâce et de sainteté, comme les siècles en ont rarement vue. Dieu la comblait visiblement de ses plus prodigieuses faveurs. Ses compagnes racontaient sur ce point des choses merveilleuses. Ainsi les petits oiseaux venaient parfois se reposer sur ses épaules, et battant des ailes ils cherchaient à la récréer, mais aussi ils avaient droit, quand elle prenait sa nourriture, de venir recevoir leur part de sa main. Il est rapporté dans ses Actes que n'ayant pas encore quatre ans, elle ressuscita une morte. Un jour qu'elle était allée à la fontaine avec plusieurs de ses compagnes, une d'entre elles laissa tomber sa cruche, qui se brisa; Rose fut si touchée de sa douleur, qu'elle se mit à prier Dieu pour elle, avec beaucoup de simplicité. Aussitôt les débris se rapprochèrent, et la jeune fille ramassa sa cruche qui ne gardait pas la moindre trace de fracture.

Rose éprouvait une indicible commisération pour les malheureux. La pauvre enfant se privait de nourriture pour en

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