‹ Nos saintsChapitre 41 sur 105 · SEPTEMBRE. — SAINTE ROSE DE VITERUE · texte numérisé non relu

SEPTEMBRE. — SAINTE ROSE DE VITERUE

donner à ceux qui n'en avaient point. Un jour, comme elle sortait de la maison avec tics provisions dans son tablier, elle fut arrêtée par son |)l're (pii lui demanda ce ([u'elle portait : « Des fleurs,» répondit-telle, et déployant son tablier, elle le montra tout rempli de roses magni tiques. Quand elle fut âgée de sept ans, elle sentit croître son attrait pour la solitude. La solitude est la patrie des âmes généreuses : c'est là (jue I )ieu a coutume de les appeler pour les fortilîer, surtout quand il veut les envoyer contre le monde. Rose se retira donc dans une cellule très étroite ipii faisait partie de la maison de son père. Là, elle souffrait et priait pour rLglise, alors cruellement ravagée par les ennemis de Dieu. Ses mortifications la conduisirent à deux doigts de la mort, on s'attendait même un jour à la voir expirer, quand tout-à-coup elle s'écria : » Levez-vous, levez-vous ! voici la Mère de l^ieu cjui visite sa servante ! » Et quittant sa couche elle se met à genoux. La Vierge Marie lui ordonne de prendre l'habit du Tiers-Ordre. Elle a, dès lors, connaissance des tribulations qui l'attendent dans la carrière nouvelle qu'elle va embrasser. Notre Seigneur lui apparaît ; il est crucifié et déchiré de coups. Ce spectacle l'émeut si profondément, que pendant trois jours, elle se frappe la poitrine et fait souffrir à son corps d'effroyables mortification^.

Dès lors l'image de la glorieuse Vierge et celle de Jésus en croix ne sortirent plus de son cœur; et parce que l'amour ne laisse pas de repos à celui qui aime, elle se levait de nuit et elle parcourait la cité, chantant les louanges divines avec un accent qui troublait lésâmes. Durant le jour, elle reparaissait dans les rues, prêchait Jésus-Christ dans la simplicité de son cœur ; elle promettait aux bons les biens éternels, et elle annonçait aux méchants les suppHces sans fin. Elle parlait avec tant de force contre la détestable hérésie de Frédéric, elle arrachait tant d'âmes pour les rendre à l'Eglise que les partisans de l'empereur en furent épouvantés. Voyant que les menaces ne pouvaient rien sur cette fille de dix ans et constatant que sa parole soutenait le peuple contre eux, ils se résolurent à la bannir. Son exil fut un vrai triomphe ; les populations courent audevant d'elle, enthousiasmées par les miracles qu'elle sème sur ses pas ; elle rend la vue à une femme aveugle de naissance. Pour vaincre l'obstination d'un hérétique, elle monte sur un bûcher allumé et, après trois heures, elle sort du milieu des flammes, le corps et le vêtement aussi intacts que si elle était restée couchée sur des fleurs. Un homme impie l'ayant frappée. Dieu le punit d'un châtiment qui le rend la risée des hommes. Un jour, elle dit aux habitants de Soriano : « Ecoutez-moi, ^ fidèles du Christ, et réjouissez-vous, car dans peu de jours vous

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