SEPTEMBRE. — SAINTE ROSE DE VITERBE
aurez d'heureuses nouvelles. » Elle faisait cette prédiction, la veille de saint Nicolas. Quelque temps après, la nouvelle arrivait à Viterbe, que Frédéric, empereur hérétique, persécuteur de l'Eglise Romaine, était mort le jour de la vigile de saint Nicolas. Rose rentra dans sa patrie.
La joie de son retour fut égale à la tristesse de son départ. L'enthousiasme et la foi des habitants la saluaient des noms les plus magnifiques, mais sa mission était remplie et sa vie publique terminée. Elle alla frapper au monastère des pauvres Clarisses de Viterbe : il lui fut répondu que le nombre des religieuses était complet, qu'on ne pouvait la recevoir. » Je sais, dit-elle en souriant, je sais, je sais . . . Vous ne me voulez pas vivante mais peut- être, après ma mort, me réclamerez-vous. »
Le céleste Epoux ne devait pas tarder à appeler sa chaste fiancée au banquet des noces éternelles. Arrivée à ses derniers moments elle voulut adresser à ses parents désolés quelques paroles de consolation : « Je meurs, leur dit-elle, mais je meurs avec joie, car je désire m'unir à mon Dieu. Vivez de manière à ne point craindre la mort. Pour qui a vécu saintement dans le monde, la mort ne saurait être effrayante, mais plutôt douce et précieuse. ^Mon frère, ma mère bien- aimée, je me sépare de vous, mais mon âme vous sera toujours unie, et, une fois dans le sein de Dieu, elle sollicitera pour vous cette béatitude après laquelle je soupire en ce moment. » ^
Quelques instants avant de mourir, cet ange de la terre prononça les doux Noms de Jésus et de Marie qui semblables à une clef d'or lui ouvrirent les portes de la bienheureuse éternité. C'était le 6 mars de l'année 1252 ; sainte Rose avait alors dixsept ans et quelques mois. Elle était d'une taille un peu au-dessous de la moyenne ; son visage respirait la candeur de la sainteté au point qu'on ne pouvait la regarder sans être porté à l'amour de la pureté ; son teint, naturellement rose et vermeil, était devenu pâle par suite de ses jeûnes et de ses austères pénitences ; ses yeux étaient brillants, ses traits d'une finesse et d'une beauté remarquables, son front digne et modeste, sa vue suffisait à inspirer la dévotion ; sa complexion extrêmement délicate n'avait pu supporter ses effrayantes austérités que par un miracle continuel.
Selon sa prophétie, les filles de sainte Claire voulurent avoir ses restes. La Sainte leur vint en aide, en apparaissant par trois fois à l'évêque de Viterbe, pour lui demander que son corps fût transféré chez elles, ce qui fut fait peu de temps après.
Ce fut en 1457, que Calixte III publia le décret solennel de canonisation.
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g. Gentil
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Martyr, franciscain (1340)
Le H. Gentil se prépara par la retraite et la solitude aux travaux de l'apostolat.
Cx)mnie tous ceux qui doivent être les instruments de Dieu pour opérer des prodiges, Gentil fut prévenu des bénédictions du ciel. Des parents chrétiens déposèrent dans son cœur d'enfant le germe des vertus qui devaient préserver sa jeunesse du souffle empoisonné des passions. Mais c'était surtout la vie religieuse qui devait leur donner un plein développement. La pauvreté de saint François d'Assise, la sainteté de ses enfants répandus sur toute la terre, fixèrent son choix, et fidèle à 1 inspiration de la grâce, il demanda et obtint de revêtir les livrées du Stigmatisé de l'Alverne. Le sacerdoce ne tarda pas à le marquer d'un caractère ineffaçable, et Gentil, avec la permission de ses supérieurs, alla se cacher dans la solitude du Mont Alverne. En ces lieux, tout enseigne la perfection, tout prêche le renoncement, l'abnégation, le mépris du monde et de soi-même, tout inspire l'amour des choses divines et contribue à élever Tâme au-dessus des pensées de la terre. Gentil n'y séjourna pas inutilement.
Il s'adonna d'abord à une vie silencieuse et profondément solitaire. Jamais d'entretiens avec les hommes, sans une grave nécessité, jamais de ces discours futiles où l'âme perd son recueillement et sa force. Mais, ce qu'il savait soustraire aux hommes, il le donnait à son Dieu ; son oraison était longue et fervente : il y consacrait parfois des nuits entières ; il entrait alors dans un doux ravissement, et le spectacle des biens célestes absorbait son esprit et son cœur ; il pouvait, comme l'Apôtre, dire en toute vérité : « Mes entretiens sont avec le ciel. »
Mais cette lumière éclatante n'était pas destinée à rester toujours enfermée dans les limites étroites d'un couvent, elle devait dissiper les ténèbres que l'ennemi du genre humain ne cesse d'épaissir autour du cœur de l'homme ; ses premiers bienfaits
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