‹ Nos saintsChapitre 48 sur 105 · VIERGE, CAPUCINE · texte numérisé non relu

VIERGE, CAPUCINE

Véronique Giuliani, ap- ^ pelée dans le monde Ursule 4» de Mercatelli, donna dès le ^ berceau des marques adini- ^ râbles de sa future sainteté.

Etant encore pttite enfant, trois jours par semaine, elle ne demandait au sein de sa mère que quelques gouttes de lait, le matin et le soir, quoiqu'elle eût coutume d'y puiser abondamment les autres jours. Elle avait six mois à peine, quand, le jour de la Trinité, elle s'élança des bras de sa mère et se tint ferme sur ses pieds. Toute jeune encore elle apostropha un homme qui allait commettre une injustice et par la véhémence de son langage elle le détourna du mal. Elle était favorisée d'un commerce familier avec l'Enfant Jésus et la bienheureuse Vierge. Un jour qu'elle priait avec larmes, le divin Enfant descendit auprès d'elle pour la consoler. Quelquefois, elle le reçut des mains mêmes de Marie qui lui prédit ses fiançailles avec Jésus, et lui en donna pour gage, la guerre qu'elle aurait à soutenir contre les hommes et les démons. Agée de douze ou treize ans, elle fut éprise de l'ardent. désir d'imiter Notre Seigneur souffrant et crucifié pour nous, et entra dans ce but chez les religieuses Capucines de Tiferne qui pratiquaient la Règle primitive de sainte Claire avec les Constitutions données par les Pères Capucins. Dès son noviciat, elle parut avoir atteint le sommet de la perfection. Le démon souleva contre elle mille tempêtes, auxquelles elle opposa toujours un courage invincible. De son côté, Jésus récompensait par les faveurs spirituelles les plus abondantes les victoires de sa sainte épouse. Il marqua ses membres des Stigmates sacrés de la Passion, lui plaça sur la tête une couronne d "épines qu'il y enfonça profondément.

Ces états tout-à-fait extraordinaires furent pour Véronique une source abondante de tribulations ; car il se trouva des personnes qui les attribuèrent à des artifices diaboliques. La cou-

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rageuse vierge supporta avec joie toutes ces contradictions ; elle désirait même voir fondre sur elle des maux plus cruels encore, par amour jiour son Epoux crucifié. Sous le coup de ces accusations, elle l'ut jetée dans une prison ténébreuse et soumise à la dernière des sceurs à qui on avait enjoint de la traiter rigoureusement.

En tout temps elle se fit renianiuer par la soumission la plus absolue envers les directeurs de sa conscience. Son obéissance fut admirable et alla vraiment juscju'à la mort, comme nous le verrons : elle était, en effet, persuadée qu'elle ne pouvait faire à Jésus un sacrifice plus agréable cjue celui de la soumission. Le désir qu'elle avait de souffrir fut satisfait, car aux attaques d'apoplexie, auxquelles elle était sujette, se joignirent au dernier moment toutes sortes de maladies aiguës. Elle supporta ces maux avec un courage parfait, durant 33 jours. Le 7 juillet, elle reçut les derniers sacrements, entourée de ses religieuses. Le 8, elle fut visitée une dernière fois par Monseigneur l'Evêque qui lui donna sa bénédiction ; vers le milieu de la nuit, elle entra dans une agonie qui dura trois heures, comme celle de Jésus, son bon Maître, au Jardin des Oliviers.

Son confesseur la voyant sur le point d'expirer, lui dit : « Sœur Véronique, vous voilà enfin parvenue au terme de vos désirs. » Elle manifesta d'abord une grande joie, puis regardant son confesseur, elle semblait vouloir lui demander encore quelque chose. Celui-ci, pendant quelques instants, chercha dans son esprit ce qu elle pouvait bien lui demander ; puis inspiré d'en Haut, il se souvint de ce que la Sainte lui avait dit bien des fois, qu'elle voulait mourir dans l'obéissance et par obéissance.

Il se lève alors et lui dit : « Sœur Véronique, s'il plait à Dieu que vous alliez jouir de lui, sortez de ce monde. « A ces mots, la sainte baisse la tête en signe de soumission, jette un dernier regard sur ses chères filles, et s'endort paisiblement dans le baiser du Seigneur. C'était le 9 juillet 1727.

Sainte Véronique dit dans ses écrits, qu'elle considérait comme perdue la journée où elle n'avait point fait quelque acte de mortification intérieure ; elle ajoute que si, parmi tant d'âmes qui aspirent à la perfection, il s'en trouve si peu de parfaites et de saintes, c'est que, pour être sainte, une âme doit renoncer à ses inclinations, par un motif surnaturel, et qu'il en est bien peu qui arrivent à ce parfait reconcement.

Sainte Véronique fut béatifiée par Pie VII en 1802 et canonisée par Grégoire XVI, le 2 juin 1839.

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Prêtre, Franciscain (1260)

Ce Bienheureux naquit, à ce que l'on croit, dans la petite ville de Binasco, en Lom hardie. Le séraphique Patriarche vivait encore, lorsqu'il enlra dans l'Ordre.

Dèsles premiers jours, ilseflt remarquer par d'effraN'antes austéritéSjUne humilité profonde, un grand amour de l'oraison et un zèle sans bornes pour le salut des âmes. Désirant mener une vie toute cachée en Dieu, pour ne s'occuper plus que de son salut, il quitta le couvent de Palerme, et avec la permission de ses Supérieurs, se retira dans une soHtude voisine de la petite ville dePolizzi, en vSicile.

Le Bienheureux Gandolphe dut néanmoins quitter quelquefois sa solitude, pour répondre à l'appel des populations et leur distribuer le pain de la divine parole. Ses prédications, autorisées par des prodiges, opérèrent partout des fruits abondants de salut. Un jour que, prêchant dans une egli.se de Polizzi, le gazouillement des hirondelles l'empêchait de se faire entendre, il leur ordonna de se taire ; les oiseaux obéissant aussitôt à la parole de l'homme de Dieu, gardèrent le silence jusqu'à la fin de la prédication. On raconte que frère Pascal son compagnon, étant à toute extrémité, il lui rendit miraculeusement la parole, afin qu'il pût se confesser avant de mourir.

Cependant, c'était avec un sensible plaisir que notre Bienheureux se retirait dans sa chère solitude, au retour de ses pérégrinations. C'est là que, dans de brûlants entretiens avec Dieu, il reprenait de nouvelles forces pour se dépenser de plus en plus au service du prochain. Ses actions rappelaient les inénarrables transports du séraphique Patriarche, lorsque se sentant consumé par les flammes du divin amour, il se plaignait à son Bien-aimé de ce qu'il lui avait ravi son cœur.

Ce fut dans sa chère solitude que Gandolphe finit saintement ses jours. Ses précieux restes furent transférés dans la principale église de Polizzi, diocèse de Céphalon.

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V ^c Cupcrtino

X iKKiRE, convenu; El.

X Joseph, dit de Cupertino, '^ petite ville des environs de ^ Salente, diocèse de Nardo, X naquit de parents pieux, l'an ^- de grâce 1 603. Prévenu de X l'amour de Dieu, il passa son X enfance et sa jeunesse dans

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nocence de mœurs.

I )élivré d'une cruelle maladie, par sa bonne Mère du ciel, Joseph s'appliqua avic une nouvelle ardeur aux œuvres de la piété et à la praticjue des vertus ; et, pour s'unir plus intimement à Dieu, qui l'appelait à une perfection plus élevée, il voulut revêtir les livrées du Séraphin d'Assise. Après bien des difficultés, il parvint enfin à la réalisation de ses désirs et entra chez les Pères C^apucins, où, vu son ignorance des lettres humaines, il fut d'abord reçu parmi les Frères lais. Toujours ravi en Dieu, il mettait un temps très-considérable à exécuter des travaux de peu d'importance ; et les supérieurs le jugeant incapable de rendre aucun service à la communauté, le renvoyèrent dans le siècle.

II se trouva alors dans une bien triste position. Aucun de ses parents ne voulait lui donner asile, sa mère le maltraitait, et tous le considéraient comme un paresseux et un insensé. Enfin, sur les instances de sa mère, les Frères Mineurs Conventuels consentirent à lui donner l'habit de saint François, en le chargeant de soigner la mule du couvent. Dans cet humble emploi, il se distingua tellement par la sainteté de sa vie, et par son zèle pour la conversion des pécheurs, que ses supérieurs s'aperçurent qu'ils n'avaient pas affaire à une âme ordinaire. Ils conçurent pour lui la plus haute estime, et le reçurent enfin dans la communauté sous le nom de Frère Joseph.

Mais notre Saint n'était pas encore satisfait. Il ne lui suffisait pas d'être religieux, il aspirait au sacerdoce. Ambition étrange, et, selon toute apparence, présomptueuse et insensée ! à'^peine savaitil lire, et de toute l'Ecriture, il ne put jamais expliquer qu'un , texte : l'Evangile des messes de la sainte "Vierge : « Heureuses les

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iS SEPTEMBRE. — S. JOSEPH DE CUPERTINO

entrailles qui vous ont porté. » Maiie cependant, contente de l'amour de son serviteur, le seconda dans ses desseins. Car, par une disposition merveilleuse de la Providence, dans tous ses examens, il ne fut jamais interrogé que sur cet évangile, qu'il avait si bien approfondi, et sur lequel il répondit de manière à satisfaire pleinement les examinateurs les plus exigeants.

Ordonné prêtre, au mois de mars 1628, Joseph se sépara complètement du monde. Il recherchait les emplois les plus humbles du couvent, il pratiquait des austérités inouïes, ne mangeait que tous les 3 ou 4 jours, et cela avec tant de modération, qu'il était facile de voir que son corps même vivait d'une nourriture cachée, que les hommes ne connaissaient pas. En effet, son corps, aussi bien que son âme, était soutenu par la sainte Eucharistie ; et après la messe qu'il célébrait tous les jours, avec une grande dévotion, l'augmentation de force qu'il avait puisée dans la sainte communion se manifestait par l'animation de ses traits et la vigueur de sa démarche. Comme à saint François, les animaux lui obéissaient, les éléments étaient dociles à sa voix ; à son attouchement, les malades étaient guéris. En un mot, la nature semblait n'avoir plus de lois en présence des désirs de Joseph.

Pour lui, les lois de la pesanteur étaient suspendues, ou plutôt le centre qui l'attirait, ce n'était pas, comme pour nous pauvres misérables, la terre, mais le ciel. Aussi était-il souvent élevé, à la vue de ses Frères, à une distance considérable du sol, et là, il demeurait en contemplation, tout absorbé en Dieu.

Le premier ravissement du Saint eut lieu le jour de la fête de saint François, peu après son ordination au sacerdoce. On l'avait désigné pour porter la chape à la procession ; au milieu de la cérémonie, il pousse un cri, s'élève en l'air, traverse l'espace et va se poser à genoux sur la chaire. Un jour qu'il se promenait dans le jardin du couvent avec un de ses amis, celui-ci lui dit : « Père Joseph, que Dieu a fait un beau ciel ! » A ces mots le Saint pousse un grand cri, s'élève dans lesairset, d'un vol rapide, vase poser à genoux sur la cime d'un olivier, dont la branche se balançait comme sous le poids d'un oiseau. Chaque fois qu'on récitait en sa présence les litanies de la sainte Vierge, il s'élevait en l'air et allait embrasser l'image de la Mère de Dieu.

Ces transports aériens, ces vols dans l'espace furent si habi tuels à notre Saint que les actes du procès de canonisation en rapportent plus de soixante-dix survenus dans le seul territoire de Cupertino, aussi peut-on affirmer sans crainte, que durant la moitié peut-être de sa vie, ses pieds n'ont point touché le sol.

Il mourut à Osimo, d'une mort digne de sa vie, le 18 septembre 1663, à l'âge de 60 ans. Il fut canonisé par Clément XTII en 1766.

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l'Rp.TRK, FRANCISIAIN 1653-I72I

Orphelin dès le bas âge, Pacifique fut élevé par son oncle maternel, prêtre d'une vertu sévère qui le traitait durement. Dieu qui se complaisait déjà dans son inno- ^«f «rt i\\ i\\ i\\ i\\ n\ i\\ i\\ /f» ty\ ^\ «t» «t»^ cence, prit un jour sa défense

par un prodige éclatant. La servante ayant, par mégarde, laissé couler un tonneau de vin, accusa l'enfant de cette négligence. L'oncle le fit descendre à la cave, en l'accablant de reproches, pour lui montrer le dégât qu'il avait occasionné ; mais, ô prodige ! le tonneau était rempli de vin. A cette vue, la coupable confessa sa faute et proclama la vertu du pieux enfant.

Entré chez les PVères Mineurs, il se livra tout entier à la prédication ; on le vit parcourir durant plusieurs années, les plus humbles bourgades de la province des Marches, gravir les montagnes les plus abruptes et annoncer le royaume de Dieu aux petits et aux pauvres. Sa parole était simple, douce, onctueuse, pénétrante et toute brûlante du feu de la charité : aussi ramena-t-il à Dieu une multitude d'âmes égarées.

Le Seigneur, cependant, le voulait dans une vie plus cachée ; aussi le visita-t-il par de cruelles infirmités qui le contraignirent à renoncer à l'œuvre des missions. Il avait environ trente-sept ans. L'épreuve était dure pour un cœur d'apôtre tout embrasé de zèle pour le salut des âmes ; notre Saint l'accepta néanmoins de bon cœur et s'efforça, par tous les moyens, de se sanctifier dans ce nouvel état, où le bon Dieu l'avait placé. Jamais on ne l'entendit se plaindre. Lui parlait-on de ses douleurs il répondait d'un air joyeux : « Dieu le veut ainsi, que sa volonté soit faite ! « A ceux qui lui demandaient des nouvelles de sa santé, il répondait : « Je me porte beaucoup mieux que je ne le mérite. » Ses infirmités ne furent jamais pour lui un motif de ménagements corporels ; car sa vie ne fut qu'un jeûne continuel. Outre les carêmes de l'Eglise et de l'Ordre il observait les sept carêmes de

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