‹ Nos saintsChapitre 49 sur 105 · B. PACIFIQUE DE SAN SEYERINO · texte numérisé non relu

B. PACIFIQUE DE SAN SEYERINO

saint François et jeûnait au pain et à l'eau, le vendredi, le samedi et la veille des fêtes de la Sainte Vierge.

Ami de la solitude et du silence, il ne se prêtait aux entretiens des séculiers, qu'autant que le demandait la charité. Un jour, sa sœur étant venue le voir, ne put obtenir de lui que ces quelques paroles : « A^ous vous portez bien, ma bonne sœur, et vous voyez que je vais bien aussi : au revoir dans l'éternité et loué soit Notre Seigneur. »

L'obéissance fut si chère à notre Saint qu'elle semblait lui donner des forces. Un jour du mois de janvier, le père Gardien lui commanda d'aller dire la messe dans une paroisse assez éloignée du couvent. Le temps était froid et pluvieux, les chemins difficiles et périlleux. Le serviteur de Dieu, sans tenir compte de ses souffrances et de ses infirmités, part à l'instant et chemine avec tant de courage et d'agilité, que son compagnon, homme très vigoureux, avait de la peine à le suivre. Le Supérieur eut cependant du regret d'avoir envoyé si loin et par un temps si rigoureux, un pauvre religieux accablé d'infirmités ; à son retour il alla le trouver pour lui faire ses excuses. Le Saint lui répondit avec une douce gaieté : « Mais ce n'est pas vous, mon Père, c'est Dieu qui me l'avait commandé. » Notre Seigneur avait voulu récompenser son obéissance ; on remarqua en effet que ses vêtements étaient parfaitement secs, tandis que ceux de son compagnon étaient tout mouillés et couverts de boue.

L'humilité de notre Saint n'était pas moins admirable. Ses supérieurs, pour éprouver sa vertu, le traitaient quelquefois d'hypocrite, qui prétendait voler le paradis ; Pacifique gardait le silence, et se réjouissait en son cœur, de se voir traité comme il le méritait. Un homme qui le haïssait lui cracha un jour à la figure, devant plusieurs personnes, en le traitant d'ivrogne ; le Saint s'essuya tranquillement et garda le silence.

Dieu se plut à récompenser la générosité de ses sacrifices par le don des miracles et de prophétie. Un jour ayant à passer un torrent rapide, à peine fut-il sur ses bords, que les eaux se divisèrent pour lui permettre de traverser à pied sec. En 17 17, sortant un jour de sa cellule, le visage tout radieux, il annonce à ses frères que les chrétiens avaient mis en fuite l'armée des infidèles. Devenu aveugle par suite des larmes qu'il versait dans ses entretiens avec Dieu, il n'eut plus le bonheur de célébrer le saint Sacrifice. Ce fut pour lui une bien dure épreuve, mais ce fut la dernière, car notre Saint s'endormit du sommeil des justes, quelque temps après, le 24 septembre 1721. Il avait soixantedix-huit ans ; il en avait passé plus de soi.xante-dix dans l'Ordre des Frères Mineurs.

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Née à Calatagirone en ^ Sicile, vers le milieu du xiv" siècle, Lucie appartenait à une pieuse et noble famille de la contrée. Elle apprit de ses religieux parents, à craindre Dieu, à lui offrir de fréquentes prières et à témoigner aux pauvres une tendre compassion. Le Seigneur ne tarda pas à la récompenser de ses efforts précoces ; à l'âge de six ans, conduite à la campagne par ses parents, elle s'éloigne d'eux et monte sur un figuier pour y cueillir quekjues fruits; mais tout-à-coup un orage éclate, le tonnerre gronde, la foudre brise l'arbre et laisse la jeune enfant étendue à terre, immobile de frayeur. Au même instant, un vieillard vénérable s'approche d'elle, la relève avec bonté, s'efforce par ses douces caresses de calmer son effroi, la prend par la main et la ramène à la maison. Lucie rassurée et encouragée, demanda au ciiaritable inconnu : « A qui suis-je redevable d'un si grand service ? — Je suis, dit le vieillard, le serviteur de Dieu Nicolas, évêque de Myre. Tes parents m'honorent avec zèle ; j'ai voulu en retour te prendre sous ma protection et leur accorder une faveur ; » et il disparut.

Sous l'influence de cet événement miraculeux, Lucie sentit naître dans son âme un élan plus puissant encore vers les choses de Dieu et la pratique des vertus chrétiennes. Modeste dans son maintien et dans ses parures, réservée dans ses paroles, vigilante sur ses moindres actes et sur les plus légers mouvements de son cœur, mortifiée dans ses amusements et ses repas, elle offrait à son Dieu, ses jeunes années comme un sacrifice permanent. Les pauvres avaient une large part dans ses affections : déjà elle savait être sensible à leurs besoins ; elle était heureuse de leur venir en aide, et la joie la plus vive inondait son âme, quand elle avait pu leur procurer quelque soulagement.

Lucie avait environ treize ans, lorsqu'une sœur du Tiers-Ordre

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