‹ Nos saintsChapitre 50 sur 105 · SEPTEMBRE. — BIENHEUREUSE LUCIE DE CALATAGIRONE · texte numérisé non relu

SEPTEMBRE. — BIENHEUREUSE LUCIE DE CALATAGIRONE

de Saint François, vint passer quelques jours à Calatagirone. Pleine d'admiration pour la vertu de cette digne fille, elle se sentit fortement inspirée de se placer sous sa conduite, afin de lui ressembler. Elle découvrit son dessein à la pieuse Tertiaire, qui l'approuva, et toutes deux s'en allèrent secrètement à Salerne où Lucie revêtit l'habit du Tiers-Ordre et demeura cachée dans la maison de sa pieuse directrice, pour se soustraire aux recherches de ses parents. Elle y faisait de grands progrès, quand subitement Dieu rappela à lui celle qui l'avait dirigée avec tant de profit dans la voie de la perfection. Privée d'un tel appui, Lucie, poussée par une inspiration divine, se présenta au monastère de Sainte Marie Madeleine, habité par les Franciscaines du Tiers- Ordre régulier, et eut le bonheur d'y être admise. Elle offrit à la communauté un rare exemple de perfection religieuse.

Dans le monde, elle avait travaillé courageusement à l'œuvre de sa perfection ; dans le cloître elle s'y employa sans réserve. L'humilité fut sa vertu de prédilection ; les offices les plus bas, les charges les plus pénibles, étaient l'objet de son envie ; partout elle se plaçait au dernier rang, partout elle choisissait la dernière place, partout en un mot elle cherchait à se faire oublier.

Son obéissance était prompte, empressée, sans réflexion. Son oraison était de tous les instants ; dans le travail, elle s'entretenait avec Dieu, lui parlait avec amour et se tenait unie à lui avec tendresse. Afin de venger les injures, dont son Nom divin était l'objet, afin de compatir davantage à Jésus crucifié, elle soumettait son corps à des pénitences continuelles ; un peu de pain et d'eau suffisait à sa nourriture, la terre nue était sa couche.

Le souvenir de la croix la pénétrait d'une douleur si amère, qu'elle tombait quelquefois sans connaissance. Le vendredi elle observait le silence durant tout le jour, gardait en main son crucifix depuis le lever du soleil jusqu'au coucher, et le contemplait avec effusion ; le soir venu, elle prenait quelques misérables aliments.

Toute la contrée finit par connaître la haute vertu de Lucie ; on vint au pauvre couvent des Franciscaines la consulter, lui demander le secours de ses prières et admirer ses exemples. Elle s'était dérobée au monde et le monde revenait à elle, ce qui fut pour elle un sujet de douleur, car tout son désir était d'être inconnue des hommes et de compter pour rien à leurs yeux, selon le conseil que nous donne l'Imitation de Notre Seigneur Jésus- Christ.

Après de longues et douloureuses souffrances, notre Sainte alla recevoir au ciel la récompense d'une vie toute d'amour et de sacrifice. Le pape Léon X autorisa son culte.

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Du Tikks-Orure ( 1285-1325)

Elzéar, né d'une noble famille de Provence, suça la piété avec le lait de sa mère, qui mit tous ses soins à faire germer et fleurir la vertu dans l'âme de son enfant.

^ Après avoir fait de rapides fcfîiefc'JfJ^Î^^*^^' K *.^ïœ^X:X*>K^ progrès dans les lettres humaines, aussi bien que dans la science de la vie spirituelle, Elzéar fut marié à une jeune fille, de la noble maison de Glandève. Dès le premier jour du mariage, Delphine, c'était le nom de sa jeune épouse, déclara à son époux tju'elle avait fait vœu de virginité, et lui demanda de pouvoir garder la promesse faite à Dieu. Elzéar consentit à un si saint désir, et tous deux suppHèrent le Seigneur de les conserver dans la sainteté et l'innocence.

Elzéar et Delphine rivalisèrent de zèle et de fidélité à marcher dans les voies de Dieu ; leurs journées étaient partagées entre la prière, les lectures pieuses, le soin des pauvres et des malades ; une partie de leurs nuits était employée à l'oraison ; ils ajoutaient à ces exercices la pratique d'une rude pénitence, au milieu des jeûnes, des haires et des disciplines qui ensanglantaient leur chair innocente.

Elzéar se confessait presque tous les jours, avec d'abondantes larmes, et il s'appliquait sans cesse à l'exercice de la présence de Dieu, qui lui rendit si facile la pratique du recueillement, que sa vie était comme une oraison continuelle. Quand il eut atteint sa vingtième année, Elzéar, désireux d'une solitude plus parfaite, quitta le château d'Ansouis pour se retirer au château de Puymichel, qui appartenait à Delphine.

A la mort de son père, le jeune comte de Sabran, âgé alors de 23 ans, hérita des seigneuries situées en Provence, et du comté d'Ariano, au royaume de Naples. S'étant rendu en Italie pour prendre possession de ce comté, il y trouva des sujets ennemis de la domination française, et si mal disposés à la soumission, qu'il ne put tout d'abord faire aucun usage de son

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