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j^ 4 ri-VRICR. — SAINIK. IFANXP. DR VALOIS 2t '^^
'.^ quéc à la prière, à la pénitence et aux (cuvres de miséricorde. ^
•^ Ses revenus étaient consacrés au sou'agonjcnt des pauvres et des î^.
nialad'.'S ; elle Ks visitait dan^ leurs plus luiniUles réduits, les
soignait de ses propres mains, les consolait et les préparait à une
.^. mort chrétienne : ses préférences et ses soins les j)lus tendres
•^ étaient pour les malheureux dont les infirmités étaient le plus ^.
f^ repoussantes. ^|
5^ ("est à cette époque de sa vie que Jeanne fonda l'Ordre royal ^^
.^a des religieuses de la Sainte Annonciade. Depuis longtemps, elle ^^
!§ priait pour obtenir les lumières du ciel, lorscju^' la Vie'ge Marie, S^»
f^ qui lui avait insi)iré la fondation tle ce nouvel institut, daigna lui g^i
en tracer le plan : « Fais mettre dans la Règle, lui dit elle, tout ce
que tu trouveras écrit de moi dans l'Hvangile, et fais approuver
cette Règle par le Souverain l'ontife. » ('était en l'année 1501.
r^ Jeanne fit venir auprès d'elle le Pèie (labriel Maria, alors Provin- l^|
iS cial d'Aquitaine, et lui proposa d'écrire lui-même la Règle de
l'Ordre naissant, ("e Saint religicu.x, qui depuis longtemps était
son confesseur, fut aussi pour elle un puissant auxiliaire dans la
f^ fondation de r(3rdre de l'Annonciade. ^.
'^ Après avoir profondément médité ce que les évangélistes ont ;^|
dit de la Très Sainte \^ierge, le Père (iabriel-Mnria résume, dans
cette Règle, toute l'existence de Marie en certains points de vue
généraux qu'il appelle les dix vertus de Marie : la Règle se
*-=S trouve ainsi divisée en dix chapitres, dont chacun traite d'une g;
;3' vertu de Marie, proposée à l'imitation des religieuses. Dès ce ^!
'•^ moment la vie toute angélique de sainte Jeanne fut employée à '^'
^^ instruire, à former et à diriger ses filles spirituelles iuscju'nu jour i^f
'^ où le Seigneur daigna l'associer à sa gloire dans le ciel, après g;
l'avoir associée à ses souffrances sur la terre. g.
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S, 3o6cph
PRKTRE, CaI'UCIN (1556-I612)
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Entré jeune encore dans l'Ordre de saint François, Joseph fit en peu de temps des progrès surprenants dans la perfection religieuse ; son 4. ^^^^4.444^44.4.4.^444^^?^? cœur était rempli du feu du
divin amour et dévoré du désir de sauver les âmes. Envoyé comme missionnaire à Constantinople, il visite les chrétiens captifs, les console, fortifie ceux dont la foi est chancelante, et travaille à la conversion des Musulmans; mais, saisi par ordre du sultan, il est condamné à mourir sur un gibet. Pendant trois jours et trois nuits, le saint resta attaché à la potence par deux crochets enfoncés, Tun dans une de ses mains, l'autre dans un de ses pieds. Après lui avoir donné le mérite de ce cruel martyre, Dieu lui envoya un ange qui le détacha du gibet, guérit ses plaies et lui ordonna de retourner en Italie. Rentré dans sa patrie, saint Joseph exerça le ministère apostolique dans l'Ombrie, évangélisant de préférence les simples et les petits ; on le voyait parcourir, à l'exemple du divin Maître, les villages et les hameaux, annoncer à tous le règne de Dieu, apaiser les discordes, bannir les divertissements dangereux, et les pécheurs ne pouvaient résister aux ardeurs de son zèle, que Dieu autorisait souvent par des miracles.
La pauvreté de son séraphique Père avait aussi pour son cœur d'ineffables attraits : sa couche se compo.sait de quelques planches grossières, avec un tronc d'arbre pour oreiller. Dans ses prédications il mendiait et préparait lui même sa nourriture ; il n'acceptait pas d'habit qui n'eût déjà servi à quelqu'un de ses frères et qui ne fût rapiécé.
Enfin, après vingt ans consacrés au service du Seigneur, le saint religieux tomba gravement malade, et Dieu lui révéla sa mort qui eut lieu le 4 février 161 2.
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dix-sept Frères
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H 1-c Japon, évangélisé en ^ 1530 par S. FranCjiois-Xavier, i S. Pierre- liaptii-ie. % comptait, vers le milieu du
*-^«^i)i(^Kg^^^ -d^è-j^-'^^-^^-^ip- xvi" siècle, de nombreuses
chrétientés que cultivaient les Pères de la Compagnie de Jésus. L'empereur du Japon, d'abord favorable à la religion chrétienne, craignant dans la suite que les missionnaires ne soulevassent les chrétiens contre son autorité et n'appelassent les flottes du roi d'Espagne pour s'emparer de ses états, porta un édit de bannissement contre les Jésuites, et interdit l'exercice de la religion chrétienne dans toute l'étendue de l'Empire. Sur ces entrefaites, le gouverneur des Philippines recevait du monarque japonais des lettres pleines de menaces, et songeait à lui députer une ambassade afin de conjurer une guerre et conclure un traité de paix ; il apprit en même temps que les chrétiens du Japon, privés du secours des Jésuites par l'édit de proscri|)tion, demandaient des religieux de .Saint-François pour les soutenir au milieu de la persécution. Le gouverneur jeta alors les yeux sur les Franciscains pour remplir cette ambassade, et choisit, comme chef de la mission, saint Pierre-Baptiste, connu par sa science, sa prudence et sa sainteté.
Ce héros, chef de la légion des martyrs du Japon, était né d'une famille distinguée par sa noblesse, au diocèse d'Avila, en Espagne. Après de brillantes études à l'Université de Salamanque, il avait dit adieu aux espérances du siècle pour revêtir le pauvre habit de saint François chez les Observants Déchaussés. Envoyé comme missionnaire au Mexique, il avait évangélisé cette vaste contrée et fondé un grand nombre de couvents. Il était enfin passé dans la mission des Philippines, où la renommée de sa sainteté l'avait déjà précédé. Ses travaux pour la
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5 l-KVklKK. — l'KK.MlKKS MARTYKS DU JAPON
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b. François Blanco.
S. Martin de l'Ascension.
conversion de ce vaste archipel furent immenses et souvent accompagnés de miracles : on le considérait comme l'apôtre et l'ange tutélaire des Philippines.
C'est donc à ce saint apôtre que le gouverneur des Philippines voulut confier la mission qu'il projetait. L'humble religieux s'excusa d'abord et exposa son insuffisance pour traiter une affaire de cette importance ; reconnaissant enfin que telle était la volonté de Dieu, il accepta cette grave mission de laquelle dépendait le bien de sa patrie : il déclara en même temps qu'il irait au Japon, non seulement comme ambassadeur du roi d'Espagne, mais aussi et avant tout, comme ambassadeur du Roi du ciel, pour y travailler au salut des âmes, pour consoler et soutenir ces chréti.-ntés si éprouvées.
Le Saint fit voile, avec quelques compagnons, vers l'empire du Ja[)on, fut accueilli avec honneur par le monarque japonais, conquit bientôt son estime, et parvint à conclure un traité de paix honorable et avantageux même à la colonie espagnole des Philippines. L'empereur, charmé des vertus et de Ja prudence de notre Saint, l'autorisa à s'établir au Japon, et l%i donna un terrain dans sa capitale pour y construire un couvent : le monarque, cédant même à ses instances, consentit à révoquer l'édit de proscription porté contre les jésuites. L'arrivée des Franciscains au Japon eut donc pour résultat immédiat de conjurer une guerre qui menaçait les Philippines, et de faire cesser la
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S. Philippe de Jésus.
S. Gonzalve Garcia.
persécution, qui, depuis six années, désolait ces chrétientés naissantes.
On ne saurait dire la joie des chrétiens du Japon à la nouvelle de l'arrivée des Franciscains et des faveurs obtenues de l'empereur pour le bien de la religion. Les missionnaires, de leur côté, se hâtèrent de mettre la main à l'œuvre pour récolter de si belles moissons : ils se répandent dans l'empire, consolent et fortifient partout les chrétiens, évangélisent les infidèles qui accoure nt en foule pour entendre la parole de vie, ils ramènent enfin à la foi, nous dit la légende de l'office, des peuples innojnbrahles. Saint Pierre-Baptiste et ses compagnons firent revivre dans ces contrées l'apostolat de saint François- Xavier ; depuis le passage de cet apôtre, l'Église du Japon n'avait pas vu d'époque aussi belle, aussi glorieuse et aussi féconde en conversions.
Les Franciscains avaient établi, à côté de leurs couvents, des hôpitaux destinés à recueillir les malades, les pauvres sans asile et les enfants abandonnés ; ils avaient fondé aussi de nombreuses écoles, où l'on instruisait des milliers d'enfants, tant chrétiens que païens. Ces diverses œuvres de charité étaient confiées aux membres du Tiers-Ordre, qui se montrèrent toujours les fidèles coopérateurs de l'apostolat des religieux.
A la vue de ces innombrables conquêtes de la foi sur le paganisme, les prêtres des idoles ne cessaient de tramer des com-
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5 FKVRIER. — l'REMIERS MARTYRS UL' JAl'O.N
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^*«^ter:
s. François de S. Michel.
S. Paul Suzucjui.
plots contre les ministres de l'Évangile ; ils n'osèrent d'abord s'adresser à l'Empereur qu'ils savaient s'être déclaré ouvertement leur protecteur : mais, voyant que leurs complots restaient sans résultat, ils finirent par se présenter devant le souverain pour lui reprocher la protection qu'il accordait aux missionnaires, au grand détriment de la religion officielle de l'empire ; le prince les renvoya avec mépris : de nouvelles tentatives n'obtinrent pas plus de succès. Malgré ces échecs, les prêtres des idoles n'en poursuivirent pas moins leurs criminels projets. Aidés de quelques officiers de la cour, ennemis acharnés du nom chrétien, il réussirent enfin à persuader au souverain que, s'il tolérait plus longtemps dans l'empire la religion nouvelle, le roi d'Espagne viendrait s'emparer de ses Etats et qu'il trouverait un appui certain auprès des missionnaires et des chrétiens. L'Empereur se laissa gagner par ces calomnies, et saint Pierre-Baptiste fut retenu prisonnier, avec cinq de ses religieux : deux jeunes religieux Espagnols qui étaient prêtres, un religieux portugais qui était seulement minoré, et deux frères convers.
L'Empereur ayant ordonné de mettre à mort, avec les religieux, tous les chrétiens qui avaient été leurs coopérateurs, on en porta sur la liste jusqu'à cent soi.xante-dix, qui appartenaient tous au Tiers-Ordre ; ce nombre ayant paru trop considérable, on résolut de les interroger et de n'envoyer à la mort que ceux qui se déclareraient eux-mêmes auxiliaires des missionnaires. Mais les
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5 KKVKIKK — l'RICMIKKS MARTYRS DU JAI'ON 27
s. Gabrel de Duisco.
b. Jean (^uizuya.
cent soixante-dix tertiaires déclarèrent tous hautement qu'ils avaient été associés au ministère des religieux ; « Avec eux, s "écrièrent-ils, nous avons travaillé à répandre l'Évangile, avec eux nous voulons mourir. » Les officiers de l'Empereur n'osèrent en arrêter un si grand nombre ; dix-sept seulement d'entre eux furent associés au glorieux martyre des missionnaires franciscains. On leur adjoignit aussi un jésuite japonais avec deux domestiques, qui furent admis dans la compagnie de Jéï-us un peu avant d'aller au martyre. Parmi les dix-sept martyrs du Tiers-Ordre, se trouva un jeune homme, âgé de dix-neuf ans, nommé Gabriel, issu d'une noble et ancienne famille du Japon, qui avait été page à la cour du gouverneur de Méako ; un enfant de quinze ans nommé Thomas, un autre de treize ans nommé Antoine, et un troisième de onze ans nommé Louis. Ces jeunes et admirables athlètes montrèrent jusqu'à la mort une intrépidité et une constance dont les bourreaux eux-mêmes furent attendris.
A l'annonce de la persécution, qu'on croyait devoir être générale, et de l'édit qui condamnait les religieux et leurs disciples, les chrétiens du Japon offrirent un spectacle, unique peut-être dans les annales de l'Église. Sur toute l'étendue de l'empire, les fidèles de tout âge, de tout sexe, de toute condition, font éclater leur joie, disposent de leurs biens, se préparent des habits de fête pour le grand jour du martyre. On les voit tous se lever,
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S. Jean Danchi.
S. François de Méako.
comme un seul homme, prêts à confesser la foi et à la sceller de leur sang : ils accourent en foule et mettent tout en œuvre afin que leurs noms soient inscrits sur la liste des martyrs. Le Seigneur agréa leurs saints désirs, mais il naccepta pas cette fois leur sacrifice.
Les religieux de Saint-François et les compagnons de leur martyre furent réunis dans la prison de Méako, capitale de l'empire. Aussitôt qu'on eût mis la main sur les saints confesseurs, des signes de la colère divine se manifestèrent ; une immense comète en forme de croix, semblant venir du côté des Philippines, s'étendit jusqu'à la ville de Xangazaqui, où devait avoir lieu le martyre ; la ville de Méako éprouva un épouvantable tremblement de terre qui ruina les temples des idoles, et une inondation qui fit périr une multitude de personnes : on vit la statue de saint François, vénérée dans l'église de Méako, répandre une sueur de sang en présence d'une foule immense frappée de stupéfaction.
De Méako, les martyrs furent conduits à Nangazaqui pour être crucifiés sur une montagne voisine de cette ville. Partout les chrétiens et les païens se pressaient en foule sur leurs pas, et partout éclataient des marques de sympathie et d'admiration. Dans leur soif du martyre, une foule de chrétiens demandaient à être associés à la sainte phalange, mais les soldats les repoussaient avec brutalité. Quant aux martyrs, les uns étaient absor-
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s. François Fahélante.
S. Joachini Saquiyor.
bés dans la prière, les autres prêchaient au peuple la foi qu'ils allaient sceller de leur sang. La foule contemplait surtout avec une. vive émo tion le spectacle des trois jeunes enfants, qui, les mains liées derrière le dos et le visage rayonnant d'une joie céleste, alternaient entre la
S. Bonaventure de Duisco.
récitation de r Oraison dominicale et le chant de la Salutation angélique.
On ne saurait dire tout ce qu'eurent à souffrir les SS.
martyrs durant un mois que dura leur voyage, ayant à subir les rigueurs de la saison, la faim, la soif et des privations de toutes sortes ; mais, dans
la joie dont leur âme surabondait, ils bénissaient le Seigneur, qui les avait jugés dignes de soufmr quelque chose pour son Nom.
Le gouverneur de Nangazaqui, chargé de conduire les martyrs au lieu du supplice, était venu à leur rencontre. Son attention
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s. Léon Carazuna.
S. Antoine de Nangasaki.
se porta sur les trois jeunes enfants ; son cœur se sent ému en les voyant marcher, pleins d'allégresse, à la tête du cortège ; il tente par les promesses et les flatteries d'ébranler leur constance et de leur ravir la palme du martyre ; mais les jeunes champions de la foi repoussent ses offres d'hon
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S. Mathias.
neurs et de richesses avec mépris et indignation. « Gardez pour vous vos richesses, je les méprise, lui dit le petit Louis, je n'en veux pas d'autres que celles du ciel.»
Les confesseurs de la foi arrivèrent à Nangaziqui le 5 février; ils devaient être crucifiés sur le sommet d'une
montagne qui domine la ville, et qui, en raison de sa forme et des chemins sinueux qui y conduisent, ressemblait à un calvaire. Dès qu'on apprit dans la ville que les martyrs approchaient, tous les habitants, chrétiens et païens, se portèrent en masse à leur
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5 1 KVKIHR. — l'KKMIKKS MARIYRS DU JAI'uN
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s. Paul Yuaniqui.
S. Louis Ibarqui.
rencontre ; jamais souverain ne fut l'objet d'une manifestation si imposante et si spontanée. Les chrétiens se prosternent devant les martyrs, leur baisent les pieds, et les supplient de ne pas les oublier du haut du ciel, qui va devenir leur partage ; d'autres, en grand nombre, proclament qu'ils sont chrétiens, eux aussi, et supplient le gouverneur de les associer aux captifs. Cependant les champions de la foi gravissent les pentes de leur calvaire : les uns prient, les autres encouragent les chrétiens et prêchent la foi aux infidèles. Dès qu'ils aperçoivent les croix sur lesquelles doit se consommer leur sacrifice, ils se prosternent et chantent fous en chœur le cantique Benedictus. Puis, chacun des martyrs se rend auprès de sa croix, l'embrasse et la presse sur son cœur avec amour ; les bourreaux approchent et les attachent au bois du sacrifice ; la multitude (|ui les environne fait entendre des sanglots et des gémissements, les païens eux-mêmes sont attendris. Les martyrs, du haut de leur gibet, ne cessent de prêcher à tous la foi de Jésus-Christ.
Pendant le long trajet de Méako à Nangazaqui, saint Pierre- Baptiste avait promis au jeune Antoine qu'une fois sur la croix il lai ferait chanter, ainsi qu'à s-es deux petits compagnons, le psaume Lan iate puer i DoDiiniim. Antoine voyant l'exécution commencée ne manqua pas de se tourner vers le P. Commissaire et de lui dire en souriant : « Père, vous ne vous souvenez donc pas de la promesse que vous nous avez faite, de nous faire
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S. Michel Cosaqui.
S. Cosme Raquisa.
chanter le Laudate ? « Mais le Saint était absorbé en Dieu et ne répondit pas ; alors, les yeux élevés au ciel, Antoine entonna le psaume que Its trois enfants chantèrent avec une admirable ferveur. Voyant briller le fer de la lance qui s'apprêtait à les frapper ils s'écrièrent : « Païadis! Paradis! » et leurs âmes innocentes s'envolent, avec celles des autres martyrs, vers les chœurs des anges, pour chanter devant le trône de l'Agneau l'hosanna éternel.
Il ne restait plus à immoler que le chef de cette invincible légion, l'ange des îles Philippines, le courageux apôtre du Japon, le saint et glorieux Pierre Baptiste, qui, comme la mèie des Machabées, avait vu tous ses enfants immolés sous ses yeux. Après avoir encouragé les chrétiens et exhorté une dernière fois les païens à embrasser la religion chrétienne, après avoir enfin, à l'exemple de Jésus-Christ, pardonné à ses bourreaux il expira le sourire sur les lèvres.
Dieu glorifia aussitôt ses martyrs par des prodiges inouïs. Leurs corps répandirent un parfum céleste, et restèrent pendant deux mois suspendus à leurs croix, en état de parfaite conservation. On vit apparaître des météores lumineux qui rendaient la nuit aussi claire que le jour, et des globes de feu qui venaient reposer sur la tête de chacun des martyrs. La ville de Nangazaqui, ne comptant alors que quelques milHers de chrétiens, vit la foi se propager si rapidement que, peu de temps après, elle en
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5 FÉVRIER. — PREMIERS MARTYRS Dl' JAPON
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s. Pierre Sequexein.
S. Pierre Ynniijuez.
comptait jusqu'à trente mille. Mais il s'opéra encore un prodige bien merveilleux et bien surprenant. Saint Pierre-Baptiste, après sa mort, disparut plusieurs fois de sa croix, et une foule de personnes le virent célébrant la messe dans l'église que les Franciscains possédaient à Nangazaqui ; il était assisté du jeune Antoine, vêtu de blanc, et l'on entendait de célestes harmonies. J?es mirabilis, dit le procès apostolique, inio et iniraculum maximum, du haut de son gibet saint Pieire-Baptiste guérit une païenne et la baptisa. Au pied de cette croix une mère désolée dépose son enfant qui vient d'expirer, elle lui frotte le visage avec la terre imprégnée de sang et l'enfant revient à la vie.
O glorieux héros de l'Evangile, qui, tenant en main les palmes de la victoire, vivez heureux au séjour des éternelles délices, priez pour nous, pauvres étrangers qui errons sur cette terre d'exil ; priez pour cette nation qui vous envoya à la mort ; priez pour l'Ordre franciscain qui vous fut si cher.
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Ji Frkre lai, Franciscain
M Stroncone est une petite ^ ville de l'Ombrie. C'est là 1^ que naquit Antoine, -de pam rents illustres par la noblesse % et par la piété. Quand il en- 'Jk tra chez les Frères-Mineurs, im^^=^}m^^mm ^=^ fmmimW.'»=^JM »! était déjà très instruit, et, à
cause de sa haute intelligence, ses supérieurs auraient voulu le destiner au sacerdoce, mais notre Bienheureux choisit la condition de frère lai, afin de mener dans le cloître une vie cachée avec Jésus-Christ en Dieu. Ses hautes vertus et sa prudence lui méritèrent d'être associé au B. Thomas de Florence dans plusieurs de ses œuvres. Le B. Antoine fut ensuite envoyé au couvent solitaire des Carceri, près d Assise ; il y remplit pendant trente années le laboritux emploi de quêteur, et se donna tout entier à la contemplation des choses célestes et à la pratique des plus rigoureuses macérations. Sa chanté pour le prochain et son humilité furent sans bornes ; sévère pour lui-même, il était plein d'indulgence pour ses frères. Lorsqu'il allait en voyage, par exemple, il avait soin de porter des vivres pour son compagnon et l'exhortait à prendre toute la nourriture qui lui était nécessaire. Quant à lui-même, il ne prenait rien, et, pour voiler ses propres austérités, il disait qu'il avait un tempérament à part.
S'il était humilié, pas une parole ne sortait de ses lèvres : et il savait imposer silence à son cœur comme à sa bouche.
I ) après ses biographes. Dieu a accordé à ce Bienheureux le privilège singulier d'avertir de leur mort prochaine ceux qui lui furent dévots pendant leur vie. — Une année après la mort d'Antoine le tombeau fut ouvert, .son corps fut trouvé intact et répandant un parfum céleste ; on remarqua avec admiration dans sa main droite une rose rouge, formée de chair vive. Son corps est aujourd'hui à Stroncone, et le Bienheureux jouit du culte des peuples, confirmé par Innocent XL en 1687.
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A l'âge de trente-quatre ans, Claire n'avait pas encore cessé une vie de désordres commencée dès sa jeunesse.
Or, un jour qu'elle était entrée dans l'église des Franciscains de Rimini, l'esprit tout rempli de pensées mondaines, elle entendit une voix mystérieuse qui lui disait ; « Efforcez-vou?, Claire, de dire un Fa/er et un Ave à la louange di Dieu, et cela avec attention, sans penser à autre chose. » — Le bon Maître voulait ramener à lui la pauvre égarée Claire obéit et se sentit aussitôt portée à réfléchir sur les désordres de sa vie. Tel fut le principe de sa conversion. Devenue veuve pour la seconde fois, elle revêtit l'habit du Tiers-Ordre et commença à pleurer ses péchés et à produire de dignes fruits de pénitence. Celte Bienheureuse passa le reste de sa vie dans la prière, les larmes, les plus effrayantes austérités, s'appliquant à toutes les œuvres de zèle et de charité.
Quelques personnes pieuses s'étant rangées sous sa conduite, elle leur donna la Règle de sainte Claire. Dieu récompensa la générosité de sa servante en la favorisant du don des miracles tt de prophétie. Une nuit, Notre-Sc igneur lui apparut, et, lui montrant la plaie de son cœar, il l'invita à demander une grâce particulière. Claire sollicita la conversion des pauvres pécheurs, et pour elle-même la grâce de compatir aux douleurs de la Passion.
Le corps de la Bse Claire repose dans la cathédrale de Rimini, et sa fête se célèbre en ce jour dans cette ville.
S 36»« Claire î>c IKimini ,^:
■J^ \ KtvK, Clarisse
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Vierge, recluse,
DU Tiers-Ordre (1182-1242)
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Dès son enfance, Viridiane g- ^ V fit pressentir les grands des-
seins de la miséricorde de Dieu sur elle, par les mortifications qu'il lui inspirait '£ d'exercer sur son jeune corps et par l'oraison qu'elle pro-
SS:^^^^K^^"^:^igîè:^^:^:^^^:^^^:^:^; ^^"g^^i^ durant de longues
veilles. Les bons habitantsde Castelfiorentino, admirant une vertu aussi précoce, entouraient de leur respect et de leur bienveillance cette enfance prédestinée, que le Seigneur favorisait déjà du don des miracle?. Nous n'avons donc pas lieu d'être surpris, si, quelques années plus tard, la sainte demandait et obtenait de l'évèque de Florence l'autorisation de passer le reste de ses jours dans la vie de réclusion. On édifia, au pied de la ville, une cellule contigiie à un oratoire dédié à saint Antoine ; Viridiane y fut murée, suivant l'usage, accompagnée des vœux et des bénédictions de tous ses concitoyens.
La sainte vécut trente quatre années dans sa retraite, menant une vie toute céleste, crucifiant son corps par toutes les industries que pouvaient lui suggérer l'amoi:r de Dieu et la constante méditation des mystères de la Passion.
Elle prenait son unique repas vers le coucher du soleil et se contentait d'un peu de pain et d'eau, y ajoutait parfois quelques légumes cuits à l'eau sans aucun assaisonnement ; la terre nue lui servait de lit, excepté en hiver, où elle couchait sur une planche : elle n'avait jamais d'autre oreiller qu'un bloc de bois. Elle portait continuellement sur sa chair un rude cilice avec un cercle de fer ; pour les pécheurs "dont elle ne cessait de négocier la conversion, elle offrait à Jésus ses jeûnes, ses veilles, ses oraisons et les larmes abondantes que lui arrachait le souvenir de la Passion. Elle se confessait tous les huit jours, avec de grands sentiments de componction.
Sur la demande de sa servante. Dieu lui envoya une épreuve qui ne finit que peu de temps avant sa mort. Deux énormes serpents entrèrent chez elle par la petite ouverture de sa cellule,
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Ij FÉVRIER. — SAINTE VIRIDIANE 37
et ne la quittèrent plus, mangeant avec elle et dans le même plat, partageant tous ses aliments ; parfois aussi ils la frappaient de leur cjueue avec tant de force cju ils la laissaient privée de ses sens. Ces animaux sortaient d'ordinaire au moment de ses oraison 5 pour un peu de temps et rentraient ensuite sans jamais se séparer l'un de l'autre. La sainte prenait soin qu'on ne s'aperçut pas de la présence de ces serpents. Ces précautions donnèrent lieu à un miracle. Un jour, comme les serpents allaient sortir de sa cellule, un jeune homme, nommé Célino, passant devant l'oratoire de saint-Antoine, s'y arrête pour se mettre un peu à l'ombre et se reposer. Pour l'éloigner la sainte le pria d'aller chercher un peu d'eau dans un vase. Quand le jeune homme revint, le vase qu'il avait rempli d'eau contenait un vin excellent. Le jeune homme, qui ava t pris le vase pour s'assurer du fait, ne voulut pas le remettre à Viridiane qui l'en suppliait afin que le miracle ne fût pas divulgué, mais il sortit de l'église et publia partout le prodige. Un grand nombre de malades furent guéris après avoir goôté de ce vin, et ceux-là s'estimaient heureux qui pouvaient en obtenir une seule goutte.
Une faveur, qui allait faire époque dans sa vie, attendait Viridiane. Il plut au Seigneur de la consoler par la visite de l'un de ses plus grands serviteur.';, François d'Assise, dont le nom remplissait alors l'Italie. Il s'entretint longtemps avec elle des choses du ciel. Avant de la quitter, il l'admit dans l'Ordre de la Pénitence, puis il la bénit et la laissa toute renouvelée et fortifiée Cependant, l'heure de la délivrance sonna enfin pour la pieuse recluse ; informée par révélation de cet heureux événement, son âme surabonda de joie ; elle appela son confesseur et, sans lui faire connaître ce qu'elle avait appris du Seigneur, elle fit sa confession avec abondance de larmes, reçut la sainte communion, et, peu après, sa sainte âme allait rejoindre au ciel l'Epoux céleste; c'était le i" février 1242. Or, sa mort serait passée inaperçue, si Dieu ne s'était chargé lui-même de l'annoncer aux hommes. Au moment où cette belle âme s'envolait au ciel, les cloches des églises voisines se mirent en branle, d'elles-mêmes, comme au jour des plus grandes solennités, au grand émoi de tout le pays. Personne ne put les arrêter, et voilà qu'au moment où chacun se demandait la cause d'un tel prodige, Dieu délia la langue d'un petit enfant de trois mois, qui dit très distinctement ces paroles : » Viridiane, la servante de Dieu, est morte."
On se porta en foule à sa cellule, on enfonça le mur, et la sainte fut trouvée à genoux, les yeux et les bras vers le ciel. On la vénéra aussitôt et des miracles confirmèrent la populaire confiance. La cellule de la sainte fut ensuite érigée en oratoire et son corps fut placé sous l'autel.
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Vierge, Clarisse (1236)
Saint François, dans ses excursions vers la vallée de Rieti, recevait quelquefois l'hospitalité chez le seigneur de Mareri, père de notre sainte. La vue de cet homme vraiment séraphique inspira à la jeune Philippa le mépris du monde et le désir d'être toute à Jésus-Christ. Elle refusa donc l'union que son père lui proposait, et, pour se soustraire aux vexations de sa famille, elle se retira, en compagnie de quelques pieuses femmes, sur une montagne voisine, pour y vivre dans la prière et la pénitence. Touché d'un tel courage, son père lui donna une église dont il avait le patronage, et fit réparer pour elle un ancien monastère qui y était contigu. Ces pieuses filles adoptèrent la règle de sainte Claire, et obtinrent comme directeur spirituel le B. Roger de Todi, compagnon de saint François. Nommée abbesse du nouveau monastère, notre bienheureuse conduisit ses filles dans la voie de la plus haute sainteté et leur donna l'exemple de toutes les vertus. Elle gémissait souvent sur le triste état des pécheurs, et adressait à Uieu de ferventes prières pour leur conversion. A l'exemple de son Séraphique Père, elle aimait la pauvreté d'un amour spécial, et s'abandonnait à la Providence pour la nourriture du lendemain. Le Seigneur se plut à récompenser cette confiance.
La sœur économe était venue un jour lui annoncer la fin prochaine du froment destiné à nourrir les sœurs ; Philippa l'exhorta à prendre confiance ; puis, après une fervente prière, elle monte au grenier, remue le froment qui se multiplie entre ses mains, et laisse l'économe aussi joyeuse que stupéfaite du miracle. Dans une autre circonstance elle multiplia le pain en le bénissant.
Son corps s'est conservé jusqu'à nos jours sans aucune atteinte de corruption. La Bse Philippa fut la première Clarisse honorée d'un culte public ; il lui fut décerné du vivant de sainte Claire. Pie VII l'a confirmé.
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"xt ^''i j<Ji-i'', étant allé à la <i> chasse, ('onrad mit par mé- ~^^ garde le feu à des moissons •It et fut cause d'un désastre iî immense. Il s'enfuit à la hâte et rentra secrètement chez lui. Un pauvre paysan est saisi, accusé d"étre l'auteur de l'incendie et cunMiincu faussement du crime. Il allait être mis à mort, lorsque Conrad, poussé par le remords, se dénonça et offrit sa fortune pour réparer le dommage. Cet événement lui fit faire de sérieuses réflexions sur l'instabilité des biens et des félicités de la terre. Il songea à se retirer dans une solitude pour y suivre la règle du Tiers-Ordre et passer le reste de sa vie dans ia prière et la i)énitence. Il se fixa en Sicile, dans une grotte solitaire, où il n'avait f)Our lit que la terre nue, avec une pierre pour oreiller ; quelcjues herbes crues et un peu de pain noir suffisaient à sa nourriture. Il eut à soutenir de redoutables tentations de la part du démon, mais il en triompha en redoublant ses austérités et se roulant quekjuefois dans les ronces et les épines. Dieu le glorifiait en même temps par le don des miracles, et le peuple, touché de sa sainteté, accourait en foule à sa grotte afin de solliciter le secours de ses prières. Durant une famine, des anges apparurent et vinrent lui apporter de quoi nourrir des milliers d'infortunés qui imploraient sa charité. Les cloches des églises voisines, mises en branle miraculeusement, annoncèrent aux populations la mort de ce grand serviteur de 1 )ieu. On invoque saint C'onrad pour obtenir la guérison des hernies, parce que, durant sa vie et après sa mort, il en a guéri un grand nombre. Ainsi, le bon Dieu, qui, s'intéressant dans sa tendresse à la moindre de nos douleurs, a mis dans les plus humbles fleurs de nos campagnes des propriétés pour calmer et guérir nos souffrances, départit souvent, dans un autre ordre, des dons semblables à ces fleurs merveilleuses du ciel que nous appelons les Saints.
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de Cortone