‹ Nos saintsChapitre 6 sur 105 · PÉNITENTE, DU TIERS-ORDRE · texte numérisé non relu

PÉNITENTE, DU TIERS-ORDRE

Sainte Marguerite, la Ma deleine de rOf-dre Séraphiçiie, a été donnée au monde comme un témoignage mémorable de la miséricorde in- ♦ finie de Dieu pour les pauvres ^^^^.î.^^.l.^4.4.^4.^^^^4.^^^^^ pécheurs. Livrée à elle-même

à lage de sept ans, d'un caractère volage et douée de grands avantages naturels, contrariée par des chagrins domestiques, toutes ces causes contribuèrent à enfoncer la malheureuse enfant dans les sentiers de la perdition. A l'âge de dix-huit ans, elle abandonna la maison paternelle pour vivre avec un gentilhomme de Montepulciano qui l'avait séduite. Durant neuf ans de vie criminelle, Marguerite devint le scandale de toute la contrée. Mais un jour elle se trouve subitement en présence du cadavre de son amant assassiné. C'est là que la divine Miséricorde attendait la pécheresse, pour faire d'elle une héroïne de pénitence. Marguerite songe au jugement'de Dieu, elle a horreur de sa vie et verse des larmes en abondance.

Chassée de la maison paternelle par sa marâtre, seconde épouse de son père, Marguerite s'éloigne avec son fils qui pleure. Elle s'arrête sous un figuier du jardin pour donner un libre cours à sa douleur et à ses larmes. Là, se livre en son âme un terrible combat ; le Seigneur triomphe et lui inspire de se retirer à Cortone, pour y faire pénitence sous la direction des Franciscains. Après trois années d'épreuves elle est admise enfin dans le Tiers-Ordre. Alors elle est transformée par le feu du divin amour. Désormais elle réduira son corps en servitude pour l'amour de Celui dont le Corps sacré fut victime des péchés du monde. Ses nuits se passeront dans la prière et la contemplation ; au souvenir de ses péchés elle gémit et sanglote avec tant de force qu'elle semble prête à expirer dans l'excès de sa douleur. Jamais avare ne fut avide de son or, dit son confesseur, comme elle l'était de sa propre destruction.

Elle embrasse si passionnément les privations de la pauvreté.

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(ju un jour, apercevant uiu- ( assctte en bois, où elle déposait son pain, elle lu ilonne au premier mendiant qui se présente, et se contente, pour le même usaj^c, il'un vieux plat à moitié brisé. Le misérable débris lui-même, elle le rejette bientôt comme une ricbessc superthie. Elle mendiait son pain, et quand on lui en olïrait un entier elle j)ensait ([ue c'était par égard pour son ancienne prospérité, elle le refusait. Plus tard, la Sainte le prit pour ses chers pauvres. I )ans l'hiver, elle arrachait de son pauvre foyer le bois que la charité y jetait, doublement heureuse de souffrir le froid et de soulager les indigents. Xotre-Seigneureut pour agréable ce parfiiit dépouillement : « Ma fille, lui dit-il un jour, tu t'es dépouillée, tu t'es abandonnée, pour moi et moi je te recueille dans le sein de mon amour. »

La sainteté de Marguerite avait pour base l'humilité ; elle avait conclu un tel mépris d'elle-même qu'elle ne concevait pas que Dieu pût avilir ses dons au point de les conférer à une créature si perverse et si immonde. Le démon essayait parfois de la pousser vers l'abîme du désespoir, en lui représentant que les péchés de sa jeunesse ne pouvaient être pardonnes, ou encore qu'elle ne persévérerait pas, et qu'ainsi sa damnation était assurée. Mais alors, saisie d'effroi, elle tournait vers Dieu ses regards et son cœur, et le doux Sauveur venait la fortifier et la consoler.

Une fois, tentée par le démon de la vaine gloire, elle monte sur la terrasse de sa demeure, au milieu de la nuit, et là, elle s'écrie de toutes ses forces : « Levez-vous, habitants de Cortone, levez-vous sans perdre de temps, armez-vous de pierres pour chasser de cette ville la plus criminelle, la plus indigne de toutes les femmes, qui a rempli le monde de ses scandales ! » Elle fait le récit des fautes de sa vie en versant des torrents de larmes. Ceux qui l'entendent se sentent pénétrés de componction, ils se frappent la poitrine et se disent : « C'est la pauvre pénitente ; que Dieu oublie ses péchés, et les nôtres à cause d'elle. » Trois ans après sa conversion, le Seigneur assura Marguerite que sa contrition et ses souffrances la réintégraient dans sa pureté virginale. On comprend facilement de quelles divines ardeurs devait être embrasé le cœur de cette sainte pénitente. Cependant, à cause de sa vie passée, elle craignait de s'approcher trop souvent de la table sainte. Mais le Seigneur la reprit, et lui ordonna de se soumettre à son confesseur, que lui-même inspirait. Grande instruction pour les personnes pieuses, mais pusillanimes, qui, malgré l'avis du Directeur, se tourmentent sans cesse et s'éloignent quelquefois de la communion, au grand détriment de leur âme.

Le Divin Maître favorisa sa fidèle servante du don des miracles, d'intimes et mystérieux entretiens, de visions admirables; il lui donna de contempler, dans le ciel, le trône de Dieu, celui

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