SEPTEMBRE. — S. ELZÉAR DE SABRAN
autorité. Mais sa douceur, sa modération et sa patience vainquirent bientôt toutes les résistances ; le peuple se soumit à son autorité et l'honora depuis comme un père.
Quatre ans après, Elzéar obtint du roi de Naples de retourner en Provence. C'est à cette époque que les deux époux reçurent l'habit du Tiers-Ordre de Saint François ; à cette occasion, ils s'engagèrent à persévérer dans la virginité et saint Elzéar fit le vœu perpétuel de chasteté. Il fut, depuis, favorisé d'extases, de ravissements et de visions ; Dieu lui accorda le don des miracles et de prophétie. Ses historiens nous rapportent un grand nombre de guérisons dues à ses prières. Il visita un jour une léproserie, où se trouvaient six malades, dont la seule vue excitait l'horreur plutôt que la compassion ; le serviteur de Dieu les exhorta à la résignation, puis les embrassant les uns après les autres, il les rendit tous à la santé.
Cependant la mort du roi Charles II, arrivée en 1309, avait mis en deuil toute la ville de Naples et avait été pour Elzéar et son épouse le sujet d'une vive affliction. Robert, fils de Charles II et frère de saint Louis d'Anjou, devenu l'héritier du royaume de Naples et du comté de Provence, se rendit à Avignon pour recevoir du pape Clément V l'investiture de ses Etats. Saint Elzéar l'accompagna dans ce voyage.
Après quelques mois d'absence, la bienheureuse Delphine ne recevant point de ses nouvelles, lui écrivit la lettre suivante : « Je ne sais si les divertissements de la cour vous font perdre le souvenir des personnes qui vous sont attachées ; pour moi, je languis beaucoup, étant privée de votre présence, et ne recevant point de vos nouvelles, et la peine où je me trouve au sujet de votre santé, me tient dans une inquiétude mortelle. Veuillez me tirer de cet ennui, quelques lignes de votre main suffiront pour me rassurer. »
Saint Elzéar répondit à sa pieuse épouse : « Je ne puis comprendre que vous soyez en peine de moi, ayant l'occasion de me voir à tout moment. Vous savez que je fais ma demeure ordinaire dans le cœur de Jé.sus : soyez assurée que vous me trouverez toujours dans cet asile sacré. FI ne faut pas chercher ailleurs de mes nouvelles. » Cette admirable réponse nous montre que notre Saint savait se recueillir au milieu du tumulte de la cour, aussi bien que dans le calme de la solidude.
En 1324, le roi de Naples envoya notre Saint en ambassade à la cour de France, afin de demander en mariage pour le duc de Calabre, la princesse Marie, fille du comte de "S'alois. Le comte de Sabran conduisit à bonne fin l'affaire dont son prince l'avait chargé ; mais à peine était-elle terminée qu'il tomba dangereusement malade et s'endormit du sommeil des justes, le 27 sej> tembre de l'année 1325 ; il était âgé d'environ quarante ans.
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