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Saint Bernardin de Sienne j)rêchant un jour à Pérouse, laissa tomber du haut de la chaire ces paroles prophétiques : « Après moi viendra un autre Bernardin, revêtu de ce même habit, et il fera de grandes choses. Plusieurs, je le sais, ne 1 écouteront pas ; pour vous, croyez à ses paroles et conformez-vous à ce qu'il vous enseignera.» Cette prophétie se réalisa de point en point dans la personne de Bernardin de Feltre.
Jeune homme, Bernardin épris du désir de la science, se livra à l'étude avec une telle ardeur que, dans peu de temps, il put soutenir avec un rare talent des thèses publiques qui lui valurent l'admiration de ses condisciples et de ses maîtres. Une brillante carrière semblait s'ouvrir devant lui ; mais Uieu avait sur lui de tout autres desseins. Le jeune homme revêtit en effet les livrées .'^éraphiques le 14 mai 1456. Après la cérémonie qu'il avait présidée, saint Jacques de la Marche, se tournant vers l'assistance, dit ces mémorables paroles : « Nous avons enrôlé aujourd'hui dans la milice de Jésus-Christ un nouveau soldat qui jettera un grand éclat sur notre Ordre, coopérera puissamment à la gloire de Uieu ainsi qu'au bien des âmes, et battra en brèche l'empire de Satan. » Notre "Saint avait à peine dix-sept ans.
A peine eut-il franchi le seuil de la vie religieuse, qu'il s'adonna avec ardeur à la pratique de l'oraison et de la pénitence, ailes indispensables au vol de l'âme vers Uieu. Il y avait déjà treize ans que Bernardin, dans l'étude, la solitude et la prière, se préparait à exercer l'apostolat que Uieu allait lui confier, quand le chapitre de Venise l'institua prédicateur. Notre Bienheureux, arrêté par le sentiment de son indignité et par le défaut naturel de sa voix, hésita d'abord à accepter un ministère si redoutable. Le bienheureux Sixte, son directeur spirituel, l'encouragea ; puis l'ayant fait mettre à genoux, il lui fit sur la langue un signe
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