‹ Nos saintsChapitre 53 sur 105 · SEPTEMBRE. — B. BERNARDIN DE FELTRE · texte numérisé non relu

SEPTEMBRE. — B. BERNARDIN DE FELTRE

de croix, et aussitôt sa voix devint claire, harmonieuse, forte et puissante. Il se livra dès lors au ministère de la parole, et pendant environ vingt-cinq ans, il évangélisa l'Italie et accomplit des travaux prodigieux.

Notre Bienheureux avait le secret d'électriser les masses et de les entraîner sur ses pas. Là où il prêchait, les logements n étaient pas assez nombreux pour -les étrangers qui arrivaient en foule, de toutes parts. Et cependant Bernardin annonçait l'Evangile avec une liberté tout évangélique, flétrissant partout le vice et le désordre et ne ménageant pas plus les grands que les petits. « Je suis, disait-il, un prédicateur de l'Evangile et non un flatteur.» A cette époque, l'Ombrie était déchirée par de sanglantes discordes. Envoyé dans cette province par Innocent VIII, Bernardin en parcourut les principales villes et partout son zèle réussit à bannir les divisions et les discordes.

Il propagea avec ardeur les Monts-de-piété dus à la généreuse initiative des Frères Mineurs de l'Observance. Le premier qu'il érigea fut celui de Mantoue en 1484. Il voyait avec peine que les dernières ressources des pauvres étaient épuisées par les usures implacables des Juifs. Il prononça sur la place publique un admirable sermon où il montrait le fonctionnement et l'avantage de ces monts-de piété, peignit au vif l'âpre cupidité des Juifs qui attiraient dans leurs coffres tout l'argent des villes. Le duc et ses courtisans furent si émus qu'ils versèrent sur le champ les sommes nécessaires pour la fondation du Mont-de-piété, malgré l'opposition d'un certaine nombre.

Bernardin de Feltre ne fut pas l'inventeur des Monts-de-piété, muis il en fut le plus ardent propagateur. C'est pourquoi on le représente ordinairement avec un Mont-de-piété à la main ou devant lui.

Plus tard les Monts-de-piété furent approuvés formellement par les Papes, en particulier par Léon X, au Concile de Latran.

Dieu se plut à favoriser notre Saint du don de prophétie. Un jour qu'il prêchait à Pavie, appuyant sa tête sur la chaire, il s'é( ria : u N'entends-tu pas, ô Pavie, les Français qui font ferrer leurs chevaux pour envahir l'Italie ? » Quelques mois après, ses paroles étaient réalisées. — Il avait environ soixante-dix-sept ans lorsqu'il s'endormit du sommeil des justes, le 28 septembre 1494. Les doux Noms de Jésus et de Marie avaient été ses dernières paroles.

La congrégation des Rites a rendu, le 30 janvier 1872, un décret relatif à la cause de sa canonisation. Ce décret fut ratifié et confirmé par le Souverain Pontife Pie IX, le ler février de la même année.

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1er OCTOBRE

bc Savoie

VEUVE, Clarisse (14611503)

Cette bienheureuse fut successivement le modèle parfait de la jeune fille, de l'épouse, de la veuve et de la vierge consacrée à Dieu.

Née de l'ancienne et illustre maison de Savoie, elle eut +4.4.+^^^4.^..j,^4.^4..î.^4.^.j,^^^^ pour père le bienheureux

Amédée IX et pour mère Yolande, fille de Charles VII, roi de f>ance, et sœur de Louis XI. Dès son jeune âge, la Bse Louise se livra si bien à la dévotion qu'au dire du P. Fodéré « elle faisait déjà quasi une maison religieuse de la maison de son père, portait ordinairement le cilice et jeûnait toutes les Vigiles des fêtes de Notre- Dame au pain et à l'eau, et que, d'après Catherine de Saulx, l'une de ses dames d'honneur : « Elle estoit tant douce et benoiste, débonnaire et amiable qu'à un chacun montrait signe d'amour, et estoit gracieuse et amiable à tous. »

Privée de trop bonne heure des auteurs de ses jours, notre Sainte dut renoncer à son projet de virginité perpétuelle et obéir à la volonté de Dieu et à celle de Louis XI, son tuteur, qui voulait lui faire épouser Hugues, prince de Châlon. « Adoptant dans l'état conjugal, une chaste et sainte manière de vivre, méprisant toute recherche dans ses vêtements, nous dit le Décret de béatification, Louise réforma la tenue de ses dames, réprima par sa modestie et sa gravité la licence des paroles, et s'efforc^a non seulement par ses exemples, mais aussi par l'autorité de ses paroles, d'opérer une amélioration dans les moeurs de ses sujets. « — Le P. Fodéré ajoute : « Elle régla tellement la maison de son mari, en fait de mœurs, qu'elle sembloit plustôt un monastère que chasteau de prince mondain.

. « Si quelqu'un, quel qu'il fût et de quelle qualité jusques aux plus grands gentilshommes, juroit le nom de Dieu ou des saints, elle le faisait à l'heure mesme mettre à genoux, baiser la terre et demander pardon à Dieu et aux saints qu'ils avaient offensés et puis, selon leurs facultez ou conditions, elle leur faisoit mettre

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