OCTOBRE. — SAINTE MARIE-FRANÇOISE DES CINQ PLAIES
gagner. Aussi en 1786, pour récompenser son zèle, son divin Epoux lui apparut et lui promit le salut de tous les pécheurs ea faveur desquels elle intercéderait.
Eclairée de Dieu, la Bienheureuse donna un jour, au P. Pierre- Baptiste de la Conception, un sage avis qui concerne la direc tion des âmes : « Prenez garde, mon Père, lui dit-elle, qu'il ne se glisse parmi vos pénitentes l'esprit de jalousie, auquel nous, femmes, sommes si sujettes ; je sais par expérience combien j'ai eu à en souffrir. Je bénis le Seigneur de ce que, dès le principe, mon Père spirituel m'a conduite à cet égard avec tant de sagesse. Il voulait que j'allasse le trouver seulement au confessionnal ; là, il faisait passer avant moi toutes ses autres pénitentes ; et lorsque après avoir longtemps attendu, je me présentais au confessionnal, il se contentait quelquefois de me dire d'une manière brusque: «Allez communier.» Cependant, le démon me tourmentait et me disait intérieurement : « Vois, comme ton confesseur a peu de pitié pour toi ! il n'ignore pas néanmoins ce que tu souffres à la maison, les plaintes de ton père et de tes sœurs, mécontents de ce que tu reviennes toujours si tard de l'église. » Pour moi, sans écouter de pareilles suggestions, je m'efforçais de me tenir dans le silence ; ce qui me faisait le plus de peine c'était d'attirer l'attention du public par ma trop grande assiduité au confessionnal. Je vous dis ceci, mon père, afin que vous usiez d'indulgence et de prudence, mais que vou3 n'épargniez pas celles qui ont besoin d'être éprouvées. »
La dévotion de sainte Marie-Françoise pour l'Eucharistie mérite encore d'être signalée. Ses confesseurs nous attestent que plusieurs fois l'Hostie s'envola miraculeusement du saint Ciboire et vint se reposer sur la langue de notre Bienheureuse. « Dieu daigna même, dit le vénérable Bianchi, la faire participer au Précieux Sang qui était dans le calice ; en effet, l'archange Raphaël, après la consécration ou avant la communion, prenait le calice de l'autel et la faisait communier. » Enfin, à l'exemple de son Séraphique Père, cette belle âme se sentait fort portée à méditer et à honorer de son mieux les gracieux mystères de Jésus Enfant. En 1741, dans la nuit de Noël, pendant qu'elle se trouvait devant la Crèche, elle fut, comme cela lui arrivait souvent, ravie en extase : Notre-Seigneur se montra à elle, et lui prenant la main droite, lui adressa ces paroles : « Cette nuit, je te fais mon épouse. »
Notre Bienheureuse ayant connu par avance les terribles malheurs qui devaient suivre l'arrestation de Louis XVI, demanda la mort et l'obtint le 6 octobre 1791. Sainte Marie-Françoise a été canonisée par Pie IX en 1867.
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Vfaive, du Tiers-Ordre (•302-1373)
Brigitte naquit vers 1302,
dans le royaume de Suède.
Privée de fort bonne heure
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surtout par une tante qui faisait profession d'une vie parfaite. — A l'âge de dix ans, Brigitte entendit un sermon sur les souffrances de Jésus ; la nuit suivante elle vit le Sauveur attaché à la Croix, meurtri de coups, déchiré de plaies, ensanglanté, couronné d'épines. « Ah ! Seigneur, s'écria-t-elle, qui donc vous a traité de la sorte ? — Ce sont, lui répondit le Sauveur, ceux qui me méprisent et qui dédaignent mon amour. » A partir de ce moment, la Passion du Rédempteur devint l'objet habituel de ses méditations.
La jeune enfant désirait consacrer à Dieu sa virginité, mais par obéissance à son père, elle dut épouser Ulphon, prince de Méricie et jeune homme d'une étonnante vertu. Après qu'ils furent entrés dans le Tiers-Ordre de saint François, 1 )ieu bénit leur union par la naissance de huit enfants. Brigitte, voulant en faire de vrais chrétiens, n'admit que des serviteurs modèles, leur donna elle-même l'exemple d'un travail assidu, d'une obéissance parfaite à toutes les lois divines, dune tendre charité pour les pauvres et d'une dévotion bien comprise. — ApVès avoir été quelque temps surintendante de la reine de Suède, notre Bienheureuse s'en alla, avec son époux et ses enfants, visiter les plus célèbres Sanctuaires de la Norvège, de l'Allemagne, de l'Italie, de l'Espagne et de la France. Au retour, Ulphon étant entré dans l'Ordre de Citeaux, elle partagea ses biens entre ses enfants et les pauvres, se couvrit de vêtements grossiers, prit une corde pour ceinture, commença une vie très austère et donna naissance à r Ordre du Sauveur. Dieu sait les obstacles qu'elle rencontra dans ses desseins ; on la railla, on la tourna en dérision, on l'insulta bien des fois : mais à tous, elle répondit : « Vous n'êtes pour rien dans ma détermination et ce n'est pas à cause de vous que je changerai rien à ma manière de vivre. »
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