‹ Nos saintsChapitre 57 sur 105 · OCTOBRE. — SAINTE BRIGITTE DE SUÈDE · texte numérisé non relu

OCTOBRE. — SAINTE BRIGITTE DE SUÈDE

Ce fut vers Tannée 1345, que sainte Brigitte commença à recevoir ces mémorables Rcvélatiofis dans lesquelles le Seigneur se plut à lui découvrir ses merveilles et ses secrets.

Tout d'abord, se défiant d'elle-même, elle redouta les illusions de l'esprit de mensonge, mais Dieu vint à son aide en lui faisant trouver de sages et saints directeurs. Le premier fut le Chanoine Mathias, homme savant, éclairé, et d'une habileté parfaite dans la conduite des âmes ; le second, qui l'accompagna dans ses divers pèlerinages, se nommait Pierre et était Prieur au Monastère d'Alvastra, qui appartenait à l'Ordre de Cîteaux. Les temps où le Seigneur parlait ainsi à sa fidèle servante étaient des temps malheureux et troublés; et il lui dévoilait sa douleur non pour ellemême, mais dans l'intérêt des âmes. Aussi, instruite des larges plaies faites à la sainte Eglise par les vieilles factions des Guelfes et des Gibehns, par l'éloignement des Papes qui avaient quitté Rome, et par le désordre qui régnait partout, elle commença à élever la voix, pour reprendre avec une juste sévérité les excès de tous sans s'inquiéter du rang ni de la dignité des coupables. Elle s'adressa toutefois, d'une façon spéciale, aux habitants de Rome et à ceux de Naples, pour les engager à réprimer certains abus dont Uieu était particulièrement offensé chez eux, et pour les porter à apaiser la colère divine par la pénitence et par une conversion sincère.

En 1354, la Sainte visitant une Eglise de Rome, dédiée à saint François, son Séraphique Père lui apparut et l'invita à faire le pèleiinage d'Assise. Elle obéit et pendant qu'elle était à Assise Notre-Seigneur l'assura lui-même que l'indulgence de la Portioncule était vraiment authentique.

Comme sainte Catherine de Sienne et le Franciscain Pierre d'Aragon, neveu de saint Louis d'Anjou, sainte Brigitte fut suscitée de Uieu pour travailler au retour de la papauté à Rome : dans ce but elle remplit plusieurs messages auprès d'Innocent VI, Urbain V, et Grégoire XL

Partie en Terre-Sainte, dans le courant de l'année 1371, elle y reçut du Sauveur les grâces les plus précieuses et à son retour mourut à Rome, le 27 juillet 1373, âgée de 71 ans. Canonisée par Boniface IX, elle est honorée dans toute l'Eglise et sa fête se célèbre partout, le 8 octobre.

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;;: Saint Séraphin

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Le décret de sa Canonisation nous apprend qu'i< issu d'une famille pauvre des biens de ce monde et obscure aux yeux des hommes, Séraphin s'éleva par les sentiers d'une vie humble et cachée, aux degrés d'une perfection sublime. »

Tout jeune enfant, il fut placé chez un homme de la campagne et employé à la garde des troupeaux. « Cette occupation, ajoute le décret, loin de nuire à sa ferveur, contribua à l'accroître de jour en jour ; vivant dans la solitude, rien ne mettait obstacle aux élans de son cœur ; il avait gravé une croix sur un chêne, et devant cette croix il passait de longues heures en prière ; il appelait son Dieu de toute l'ardeur de son âme, implorait miséricorde et lui demandait son amour. » Bientôt pourtant, devenu orphelin par la mort de son père et de sa mère, il fut retiré de son emploi par son frère aîné, ouvrier maçon, d'un caractère dur et violent, au service duquel il eut singulièrement à souffrir. A seize ans, pour obéir à une inspiration d'en- Haut, il se rendit à un couvent de Capucins et y fut reçu en qualité de frère lai. Dès lors, tout en lui commença à dénoter le vrai disciple de saint François. Très dévot envers la Sainte Eucharistie, tous les soirs, lorsque ses frères se retiraient pour prendre leur repos, il se rendait devant l'autel et passait trois heures entières dans une méditation enflammée sur le Sacrement d'amour ; puis, après un court sommeil, il assistait aux Matines et reprenait jusqu'au jour ses saintes contemplations.

L'amour, dont son cœur fut bientôt embrasé pour Dieu, ne manqua pas de lui inspirer une tendre charité pour le prochain. Pour tous il était affable, bienveillant et toujours disposé àrendre service. Toutefois les pauvres eurent une plus grande part de son affection. Une famine étant survenue, il se contenta pour lui-même de quatre onces de pain par jour, afin de pouvoir leur en

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