OCTOBRE. — S. SÉRAPHIN
donner davantage. A l'époque où il remplit l'ofifice de portier, son zèle à les secourir dépassa bien vite les règles de la prudence humaine, il se mit à leur distribuer tous les légumes du jardin. Réprimandé par son Supérieur : a Ne vous inquiétez pas, lui répondit-il, au sujet de ces légumes ; nous en aurons toujours en abondance et la communauté n'aura rien à souffrir de nos aumônes. » «f Et de fait, nous dit le Décret de sa Canonisation, ce qu'il avait coupé le soir, repoussait durant la nuit, et la part du pauvre n'avait en rien diminué la récolte. »
Plein de sollicitude pour le bien matériel de ses frères, saint Séraphin le fut encore beaucoup plus pour leurs intérêts spirituels. Il retira du vice une foule de pécheurs que la parole des plus grands prédicateurs n'avait pu toucher. Il voulut même passer chez les infidèles pour faire connaître Jésus-Christ et donner sa vie pour son amour ; mais ses Supérieurs ne crurent pas devoir se rendre à ses vœux.
Comme tous les prédestinés, Séraphin eut un très grand amour pour sa bonne Mère du ciel, aussi mérita-t-il d'en recevoir toutes sortes de grâces. Il en fut visité, affermi et protégé bien des fois. Un jour, entre autres, qu'il se rendait au sanctuaire de Lorette, il eut à traverser la rivière de Poten;'a dont les eaux avaient débordé ; nul n'osait s'aventurer à travers les flots ; pour lui, plein de confiance en la Très Sainte Vierge, il poursuivit tranquillement sa route sans se préoccuper du danger, passa le fleuve à pied sec, et ses vêtements ne furent même pas mouillés par le contact de l'eau.
Grand ami de la Pauvreté, saint Séraphin habita toujours une cellule obscure, étroite et incommode, il ne portait que des vêtements misérables ; ses jeûnes étaient fréquents et sa nourriture, lorsqu'il en prenait, ne consistait guère qu'en un peu de pain et d'eau. Ce Saint qui se croyait le dernier des hommes et qui désirait passer pour tel aux yeux de tous, fut favorisé des dons de pénétration des cœurs, de prophéties et de miracles, et cela à un tel point, que ses frères étaient sans cesse troublés par les foules qui se portaient vers lui, et que, bien des fois, ses supérieurs faillirent lui défendre de faire encore des merveilles.
Il mourut au couvent d'AscoH, dans la Marche d'Ancône. Son tombeau se conserve encore dans cette sainte maison et de nombreux miracles, opérés depuis son glorieux trépas, sont venus attester sa puissance auprès de Dieu. C'est Clément XIII qui l'a inscrit au catalogue des Saints.
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s. Daniel.
Martyrs, franciscains
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Le récent triomphe des cinq glorieux apôtres, qui venaient de donner à l'œu- ^ vre du Séraphique François la consécration du martyre, avait excité dans l'Ordre des Frères Mineurs une noble et généreuse émulation. Une foule de religieux désiraient partir eux aussi chez les infidèles pour y annoncer le saint Evangile et pour y verser leur sang. En 1227 Daniel, homme d'une éminente sainteté, demanda à frère Elie, alors Vicaire Général, d'aller avec six compagnons prêcher la foi aux Sarrasins du couchant, c'està-dire du Maroc.
D'après Wadding, ce Daniel dont il'est ici question, était né à Belvédère et avait été établi Provincial de la Calabre par saint François lui-même. Les six frères qui voulaient le suivre étaient Ange, Samuel, Donule, Léon, Hugolin et Nicolas. Ce dernier était originaire de Sasso Ferrato, dans l'Ombrie, et Donule de Montalcino, au diocèse de Lucques, mais on ignore complètement quelle fut la patrie des autres.
La permission ayant été accordée, les saints Missionnaires s'embarquèrent dans un port de la Toscane pour passer en Espagne, et se diriger de là vers les plages africaines.
Leur premier dessein avait été d'aller directement à Maroc, capitale du pays, où ils espéraient souffrir et mourir pour la foi, mais des circonstances particulières les déterminèrent à se rendre à Ceuta, l'une des principales villes de cet Empire. Comme l'entrée de la cité était rigoureusement interdite aux chrétiens, ils se fixèrent d'abord dans l'un des faubourgs où résidaient des marchands chrétiens de Pise, de Gênes et de Marseille. Durant tout ce temps, ils annoncèrent les vérités saintes avec un zèle admirable. Mais peu de temps après, le vendredi premier jour d'octobre, ils délibérèrent sur les moyens à prendre pour péné-
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