‹ Nos saintsChapitre 59 sur 105 · OCTOBRE. — S. DANIEL ET SES COMPAGNONS · texte numérisé non relu

OCTOBRE. — S. DANIEL ET SES COMPAGNONS

trer dans Ceuta même et s'y livrer à la prédication de TEvangile. Le lendemain, samedi, ils se confessèrent l'un à l'autre, reçurent la sainte communion, et le soir du même jour, à l'imitation du Sauveur, ils se lavèrent les pieds mutuellement. La nuit suivante fut employée à recommandera Dieu dans la prière l'œuvre qu'ils allaient entreprendre pour sa gloire.

Le dimanche, la tête couverte de cendres, ils s'avancèrent dans les rues de la ville, criant à haute voix : « Jésus-Christ est le seul vrai Dieu, il n'y a de salut qu'en lui. » Ils prêchèrent sur les places publiques avec une force incroyable ; mais bientôt un grand tumulte se fit autour d'eux ; les infidèles se répandirent d'abord en injures, puis voyant qu'ils n'arrivaient pas à leur imposer silence, ils les arrêtèrent, les chargèrent de mauvais traitements et les conduisirent au gouverneur de la ville. En sa présence et devant les grands de la Cour, loin de se taire, les apôtres annonçaient avec plus de courage encore les vérités de la foi. Aussi le Chef Mahométan, les voyant rasés et les entendant parler avec tant de véhémence, les prit pour des fous. Néanmoins il ordonna qu'ils fussent chargés de fers et jetés en prison ; ils y demeurèrent huit jours, exposés à des avanies de tout genre de la part des Maures. C'est alors qu'ils adressèrent aux marchands chrétiens du faubourg la lettre suivante, où se révèle la joie dont leur âme était inondée, dans l'espérance de donner leur vie pour le Seigneur :

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K miséricordes^ et Dieu de « toute consolation, qui nous « console en toit te s nos peines!

(( Le Sauveur nous a dit :

« allez, prêchez l'Evangile à « toute créature ... Le ser- <( viteur ne saurait être de ^ ^^ « ia:w» »n " " meilleure condition que son

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(( vous persécutent, songez « (/u^ils m\mt persécuté le '( premier. « Et nous, très (( petits et très indignes ser- « viteurs de Jésus-Christ, « touchés de ces paroles, «nous avons abandonné « notre patrie et nous som- « mes venus prêcher en ces « contrées pour la gloire de « Dieu et le salut des âmes, (( pour l'édification des fidèles et la confusion des infidèles obs- « tinés. . . Nous sommes donc entrés dans cette ville, nous avons «prêché, devant le roi lui-même, le Nom de y<'j'//f, nous lui « avons déclaré qu'il n'y avait pas de salut en dehors de ce « Nom, le lui prouvant par des raisons irréfutables en présence « de ses sages. Mais lui, nous traitant comme des insensés, « nous a fait jeter en prison. Bien que nous ayons beaucoup à « souffrir ici, nous «ommes néanmoins grandement consolés en « Notre-Seigneur, espérant qu'il aura pour agréable le sacrifice (( de notre vie. A lui seul, l'honneur et la gloire à jamais. »

Le dimanche, 10 octobre, le juge, nommé Arbald, les fit comparaître devant son tribunal, et leur dit : « Renoncez au Christ et embrassez la foi de Mahomet. » Les Confesseurs répondirent : « Jésus-Christ seul est Dieu, il n'y a de salut qu'en lui ; » On les sépara dans l'espoir de les séduire avec plus de facilité : on les tenta chacun en particulier par des promesses et des menaces ; peine inutile ! les serviteurs de Dieu ne se démentirent pas un seul instant, ils restèrent inébranlables.

Daniel parlait avec beaucoup de force : un Maure lui déchargea sur la tête un coup de cimeterre. Il répondit sans aucune émotion : « Misérable ! quittez votre Mahomet maudit, ses sectateurs sont les ministres de Satan et suivez Jésus-Christ. «

La sentence de mort fut alors prononcée contre ces généreux confesseurs. Arbald les condamna tous à avoir la tête tranchée.

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