‹ Nos saintsChapitre 64 sur 105 · NOVEMBRE. — BIENHEUREUSE FÉLICIE MÉDA · texte numérisé non relu

NOVEMBRE. — BIENHEUREUSE FÉLICIE MÉDA

supérieure. Malheureusement, en l'année 1439, la princesse Baptista de Montefeltro entreprit de fonder à Pésaro un monastère de Pauvres Dames. Or, dit l'annaliste Mariano, « ayant en- (f tendu parler de la sainteté des Clarisses de Milan, elle obtint <( un bref d'Eugène IV, puis elle pria saint Bernardin de Sienne, « alors Vicaire Général de l'Observance, de lui envoyer quelques " sœurs de ce Monastère. Saint Bernardin, pour répondre au » désir de cette pieuse princesse, envoya à la Bse Félicie l'obé- « dience qui lui donnait le titre d'abbesse, avec l'ordre d'em- « mener à Pésaro sept religieuses, pour y faire la nouvelle fon- « dation. »

Cette nouvelle foudroya les pauvres religieuses de Milan et leur douleur fut partagée par les habitants de cette grande ville ; tous voyaient s'éloigner avec peine cette belle âme qui avait passé quarante ans dans ce saint monastère. La Bienheureuse ne ressentit pas moins que les autres tout ce qu'il y avait de dur dans cette séparation, mais elle ne laissa lien paraître, et se disposa à faire avec courage la volonté de Dieu.

Au moment de les quitter, elle consola ses filles, les exhorta à pratiquer de plus en plus la pénitence et l'oraison ; puis elle les supplia de lui pardonner ses prétendus scandales. La sainte Abbesse refusa la voiture qui lui avait été envoyée et voulut faire à pied ce long voyage. Partout elle fut accueillie avec des témoignages de bienveillance et de respect, mais c'est à Pésaro surtout qu'elle fut reçue avec de grandes manifestations de joie.

Après avoir formé un bon nombre de religieuses, qui conservèrent toujours son esprit et son zèle pour la perfection, la Bse Félicie alla recevoir au ciel la récompense de ses travaux et de ses vertus. Ce fut le 30 septembre de l'année 1444, à l'âge de soixante-six ans, dont quarante-quatre passés dans la vie religieuse. Elle fut ensevelie dans l'église du monastère et de nombreux miracles s'opérèrent à son tombeau. Vers l'année 1810, lors de la première suppression des Ordres rehgieux en Italie, les corps de la Bse Félicie Méda et de la Bse Séraphine Sforza, morte en 1478 dans ce même monastère, furent transférés dans l'Eglise Cathédrale de Pésaro. Le culte de la Bse Félicie a été approuvé par Pie VII et Pie IX.

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Pkêtrk, Franciscain (1420- 1503)

Cet illustre serviteur de Dieu naquit à Fossa, près (l'Aquila, de l'illustre famille Amici. Ses parents l'envoyèrent à Aquila pour étudier les Belles-Lettres, puis à Pérouse où il suivit les cours de droit civil et canonique.

C'est à Pérouse que saint Jacques de la Marche lui donna l'habit de Frère Mineur, avec le nom de Bernardin, en souvenir du grand apôtre Bernardin de Sienne, qui venait de s'éteindre à Aquila. Il avait vingt-cinq ans ; une fois revêtu des livrées séraphiques, à l'exemple de Bernardin de Sienne, qu'il prit pour modèle, il fit l'admiration de ses frères, par sa douceur, son humilité, son obéissance, son assiduité à l'oraison et ses effrayantes austérités. Son amour de la pureté était tel, qu'à le voir on eût dit un ange revêtu d'un corps mortel ; en récompense et comme témoignage de cette parfaite chasteté, il s'exhalait de son corps un délicieux parfum de rose et de lys qui fortifiait les malades qui l'approchaient.

Annonçant la parole de Dieu en beaucoup d'endroits, il parcourut l'Italie, la Dalmatie et la Strigonie. Dieu se plut à confirmer sa parole par de nombreux miracles ; Notre-Seigneur lui-même lui apparut un jour, sous la figure d'un pèlerin.

Le B. Bernardin de Fossa mourut au couvent de saint Julien près d' Aquila le 29 novembre 1503, à l'âge de quatre vingt-trois ans. Le B. Vincent d' Aquila vit son âme, environnée de gloire, s'élever vers les Tabernacles éternels. Son corps fut déposé dans l'église du couvent, plus tard il fut transféré à Ocra. Léon XII approuva en 1828 le culte immémorial qui lui était rendu.

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>I Frère lai, Franciscain

II Didace vint aa monde |i dans le diocèse de Séville.

V Dès qu'il fut en âge de sup- ■^: porter le joug suave de la ^ pénitence, il alla se mettre y sous la conduite d'un prêtre

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' érémitique. Néanmoins, se

sentant appelé à un genre de vie plus parfait, il se fit bientôt admettre chez les Frères Mineurs, qui habitaient près de Cordoue.

Une fois religieux, il eut un très grand zèle pour la pratique de la Règle et pour l'exercice de l'oraison. Il y puisa le plus tendre amour pour Dieu et pour ses frères.

Rien de plus déUcieux pour lui que de partager avec les indigents sa pauvre nourriture. Lorsqu'il se trouvait dans l'impuissance de les soulager, il les consolait par des paroles d'une douceur inexprimable. Souvent repris pour sa trop grande libéralité envers les pauvres, il répondait modestement que l'aumône faite pour l'amour de Dieu est une source de bénédictions. Le Seigneur qui aimait son ser\'iteur, prit finalement sa défense, et les reproches fréquents et les critiques intéressées durent bien faire place aux sentiments de la plus haute vénération. Un jour, en effet, que le charitable frère se disposait à distribuer aux pauvres une corbeille pleine de pain, des religieux mécontents s'approchèrent : « Mais, voyez, leur dit-il, ce sont des fleurs que je porte. » Et de fait, à leur grande stupéfaction, c'étaient bien des fleurs odoriférantes qui étaient sous leurs yeux.

Saint Didace eut une très grande dévotion aux souffrances du Rédempteur, dont il faisait le sujet ordinaire de ses méditations ; à la sainte Eucharistie où il trouva le secret de bien des vertus ; à la très sainte Vierge, qui lui accorda toujours ce qu'il désira.

Il opéra de nombreux miracles ; en voici un accompli près de Séville. Une pauvre femme avait un fils âgé de sept ans, qui dans la crainte d'être châtié pour une faute commise, alla se cacher dans le four et s'y endormit d'un profond sommeil.

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-. Voulant chauffer le four, pour faire cuire le pain, cette femme ^i le remplit de bois et y mit le feu. Mais |)eu après, entendant la voix de son fils sortir des flammes, elle tonilie évanouie. Revenue à elle-même, elle court à travers la ville, folle de douleur, pleurant, se lamentant et conjurant tous ceux qu'elle rencontre de sauver son i)auvre enfant. Informé de la triste nouvelle, saint Didace adresse quelques paroles de consolation à cette mère infortunée, l'engnge à se rendre de suite devant l'autel de la \'ierge, et lui, se rend aussitôt avec son compagnon et une foule de peuple, auprès du four. Après une courte prière, il appelle l'enfant au nom de Jésus et de Marie, et l'enfant s'avance joyeux, à travers les charbons embrasés, et sort du four, sain et sauf, sans la moindre trace de brûlure.

En 1445, quoique simple frère lai, et très opposé à ce choix, saint Didace fut nommé gardien du couvent de Fortaventure, qui était comme le centre de la mission, aux îles Canaries. Certes, il ne trompa pas les espérances des religieux ; il gouverna sa communauté avec une sagesse admirable et, dans les exercices de la dévotion comme dans les labeurs de l'Apostolat, il se montra toujours le modèle de ses frères. Dans son vif désir d'endurer le martyre, il s'embarqua même pour la grande Canarie, où la foi n'avait pas encore été annoncée. Cependant, Dieu avait d'autres vues sur son serviteur : une tempête s'éleva et il fut contraint de revenir à Fortaventure pour y travailler à la conversion des infidèles qui restaient encore.

En 1449, il fut rappelé en Espagne et, l'année suivante, il se rendit à Rome. A son arrivée, il y trouva près de quatre mille Frères Mineurs, accourus de toutes les parties du monde à l'occasion du grand jubilé et de la canonisation de saint Bernardin de Sienne. Mais, bientôt, parmi cette multitude, beaucoup tombèrent malades, et l'on dut établir une vaste infirmerie, dont notre Bienheureux reçut la direction. Impossible de rapporter avec quel zèle, avec quelle vigilance, avec quel bonheur il s'acquitta de cette mission toute de charité. Vainement une grande disette vint-elle désoler la ville à cette époque, toujours les pauvres de l'Ara-Cœli eurent le nécessaire. Didace alla même jusqu'à rendre miraculeusement à la santé un grand nombre d'entre ses malades.

De retour en Espagne, notre Saint passa les dernières années de sa vie à N.-D. de Salceda, donnant l'exemple des plus sublimes vertus et opérant d'itifiombrables miracles.

Il rendit le dernier soupir en pressant le crucifix sur son cœur, et en prononçant ces paroles : « Que vous êtes doux à mon âme, ô bois, ô clous bénis qui . etltes la fortune de porter le Roi et le Seigneur des cieux ! «

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DU Tiers-Ordre (1353-1433)

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Pise fut la patrie de ce Bienheureux. Tout jeune encore il embrassa la carrière des armes, et offrit ses services à l'un des principaux seigneurs de la cité. Dieu toutefois qui avait jeté sur cette âme généreuse un regard de compassion l'attira à Lui.

Un jour, infidèles à leur parole, les Florentins se soulèvent en masse, prennent les Pisans au dépourvu et en font un massacre affreux ; Jean, il est vrai, échappe sain et sauf, mais, réfléchissant au danger qu'il vient de courir, il veut se mettre en sûreté et pour l'âme et pour le corps ; il renonce à un brillant avenir, reçoit l'habit du Tiers-Ordre et se livre tout entier à la grande affaire de son salut éternel.

Dès ce moment, il macère son corps par la discipline et par une chaîne de fer cruelle ; il s'adonnne aux oeuvres de bienfaisance et de zèle ; il visite les malades, console ceux qui pleurent, et institue l'admirable société des Flagellants, qui devait se maintenir jusqu'à la fin du dernier siècle, et qui avait pour mission spéciale de secourir les pauvres honteux et de porter remède aux misères cachées.

Tel est le genre de vie que pratiqua notre Bienheureux jusqu'au 30 novembre 1433, date de sa mort bienheureuse. Fière de lui avoir donné naissance, Pise lui éleva un magnifique tombeau, et aussitôt commença ce culte ininterrompu auquel le grand Pontife Pie IX donna l'approbation de l'Eglise.

« Seigneur, vous qui avez fait briller le bienheureux Jean, par son esprit de pénitence et son amour pour le prochain, nous sommes vos serviteurs, accordez-nous donc de marcher sur ses traces, de vaincre comme lui nos passions, d'aimer comme lui sur la terre ceux qui sont dans le besoin, afin que comme lui également nous obtenions la glorieuse couronne de l'immortalité.»

(Oraison de l'office.)

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l'RiiKK, Franciscain (13851456)

Le B. (iabriel naciuit à : Ancùne de la noble famillle Ferretti. Docile aux léchons ; : de ses pieux parents, il mon- ^ tra de bonne heure les plus f| heureuses dispositions. Ses ^^! progrès furent également ral pides dans la science et dans la vertu, aussi fut-il accueilli avec bonheur lorsqu'à 18 ans il vint demander l'habit de saint François aux Frèrts Mineurs de la province des Marches.

Une fois enrôlé dans cette sainte milice, toute son ambition fut de se faire oublier de tous et c'est avec complaisance que ses biographes nous parlent de son humilité, de sa parfaite obéissance, de son amour de la pauvreté et de son attention scrupuleuse à garder les moindres observances de la Règle. Ordonné prêtre, on l'appliqua au ministère apostolique- Après quinze années de prédication, il fut nommé Gardien à Ancône, dans cette charge il faisait ses délices des offices les plus pénibles du couvent, ses exemples plus que ses paroles portaient ses religieux à la plus parfaite régularité.

En 1443, à la satisfaction de tous, il fut élu Provincial ; ce fut pendant le temps qu'il exerçait cette charge qu'il se rendit en pèlerinage à Assise pour gagner l'indulgence de la Portioncule. En passant à Foligno, il s'arrêta à l'église des Franciscains; le prenant pour un frère lai, le Père Sacristain lui demanda de servir la messe. Il le fit très volontiers et comme ensuite le Gardien du couvent l'ayant reconnu, faisait des reproches au Sacristain pour avoir manqué d'égards envers un prélat majeur si respectable, le Bienheureux répondit : « Servir une messe est une fonction sublime dont les anges se tiendraient pour très honorés, ne blâmez donc pas ce Père de m'avoir fait cet honneur. »

Le B. Gabriel mourut au couvent d' Ancône le 12 nov. 1456, assisté par le B. Georges d'Albe et par S. Jacques de la Marche. De nombreux miracles illustrèrent sa mémoire, son corps est exempt de corruption. Le Pape Benoît XIV a approuvé son culte en 1753.

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