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Vierge, Clarisse (1x98-1253)
Au départ de Claire, son illustre sœur, Agnès, la seconde fille de François, se demanda si elle aussi ne 4» pourrait pas suivre la voie de la perfection, s'attacher uniquement à Jésus-Christ, ne connaître et n'aimer que lui seul sur la terre. Ce n'était pas là une émotion naturelle, un mouvement d'enthousiasme, mais une inspiration de l'Esprit-Saint. C'était la voix de Dieu appelant à la solitude cette jeune vierge de quatorze ans. Aussi, seize jours après la fuite de Claire, Agnès s'en va au couvent de Saint-Ange, se jette dans les bras de sa sœur, lui fait part de son inébranlable résolution et promet d'être à l'avenir son inséparable compagne.
Cependant, comme on devait s'y attendre, un orage terrible éclata. En effet, hors de lui-même, le pauvre père des deux fugitives rassemble ses frères et ses parents, leur fait part de sa douleur, et leur demande leur concours pour une affaire où son honneur l'oblige à avoir raison. Tous se lèvent alors et se déclarent prêts à faire respecter les droits méconnus de leur famille ; ils s'arment au nombre de seize et jurent d'arracher Agnès de son couvent. Arrivés devant elle, ils font appel à sa piété filiale, à sa tendresse pour ses parents, ils lui retracent leur désolation et leur désespoir ; ils la conjurent de considérer la faiblesse de son âge et les facilités que lui offre la maison d'Ortolana sa mère pour satisfaire ses goûts religieux. Mais la jeune fille est inflexible dans sa résolution.
Alors, pleins de colère, ces hommes s'écrient : « De quel droit es-tu venue ici ? tu en sortiras sans retard et tu viendras avec nous à la maison paternelle.)) — «Non, reprend Agnès, je ne me séparerai pas de ma sœur. » Mais aussitôt ils mettent la main sur elle, la saisissent par les cheveux, la frappent à coups de pieds, la poussent, la soulèvent, et s'efforcent de l'entraîner au plus vite avec une diabolique brutalité. Par bonheur, Claire vient
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d'entendre Agnès lui crier : « Venez à mon secours, sœur bienaimée, ne souffre/, pas qu'ils nie ravissent à Jésus-Christ, mon Seigneur, » et s'adressant au ciel, elle obtient un miracle. ToutiVcoup les persécuteurs sentent leurs bras robustes plier sous le faible fardeau, ils sont contraints de le déposer. Et puis, c'est en vain qu'ils font appel aux hommes qui travaillent dans la campagne, tous réunis sont incapables de le soulever de terre. Les parents de Favorino, obligés d'avouer leur impuissance, sans vouloir néanmoins y reconnaître un prodige, se mettent à accabler leur victime des plus insultantes railleries. Monaldo, un des oncles d'Agnès, va même jusqu'à prendre son glaive pour l'en frapper ; mais une douleur violente lui saisit le bras et le glaive lui échappe des mains. Enfin, tous finissent par rougir de leurs excès contre une enfi\nt si faible et se retirent pleins de confusion.
Monaldo lui-même reconnaît sa faute, obtient sa guérison et se change en un admirateur sincère des héroïques religieuses.
Agnès, au comble du bonheur d'avoir eu à souffrir pour son divin Epoux, rentre alors au Monastère et se joint à sa sœur pour rendre au ciel les plus vives actions de grâces. François, apprenant la victoire complète de cette jeune vierge, en tressaille, lui aussi, d'une douce allégresse et en bénit grandement le Seigneur. Puis, il conduit les deux sœurs à Saint- Damien, revêt l'héroïque postulante d'un habit très pauvre et la consacre immédiatement au Seigneur.
Dès lors, Agnès se livre à la pratique de toutes les vertus. Son obéissance devient prompte, sa charité inépuisable et son humilité à toute épreuve. Sa dévotion envers l'Enfant Jésus qui la visite et la caresse souvent, est admirable. La ferveur de son oraison la conduisit jusqu'au ravissement et à l'extase. Sa sœur l'aperçut élevée de terre et le front rayonnant d'une triple couronne, qui signifiait sans doute sa triple victoire sur le démon, la chair et le monde.
Le Patriarche d'Assise ne tarda pas à découvrir le riche trésor de vertus caché en cette grande âme. Aussi, lors de la fondation à Florence du Monastère de Monticelli, il n'hésita pas à la placer, malgré sa jeunesse, à la tête de cette communauté qui devint bientôt célèbre. Dans la suite, Agnès fut encore envoyée dans la haute Italie fonder et gouverner plusieurs communautés et jamais elle ne démentit la haute idée qu'on avait de son mérite.
Agnès eut la consolation de se trouver à Saint Damien quand sa chère sœur partit pour le ciel. Bientôt elle fut appelée, à son tour, par l'Epoux céleste, et son âme s'envola joyeuse vers les tabernacles éternels ; ce fut le i6 novembre 1253.
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Tierce, Clarisse (1201-1268)
Salomée naquit à Cracovie 4» de Lescon V, prince de Po- ^ logne ; dès l'âge de trois ans, ^ elle fut fiancée à Coloman, ^ fils du roi de Hongrie. Inst pirée du ciel elle n'en fit pas ♦ moins de bonne heure le ^^^^^^^^^.^^^.^.^^^^^^^.^^^ vœu de virginité. L'époque
fixée pour ses noces pétant arrivée, elle se maria étant âgée de 13 ans à peine, mais le premier jour de leur union, les jeunes époux firent ensemble le vœu de virginité perpétuelle et s'adonnèrent en commun à la prière, à la mortification, aux veilles et à toutes les pratiques de la pénitence. Leurs exemples furent aussi efficaces qu'ils étaient extraordinaires. A la cour, les parures et les divertissements firent place à la prière et aux œuvres de miséricorde.
Devenue reine par l'élection de son mari au trône de Galicie, elle ne profita de son élévation que pour multiplier ses bonnes œuvres. Après 12 ans de cette union plus angélique qu'humaine, Coloman mourut et Salomée, devenue veuve, usa de ses immenses richesses pour secourir les misères les plus cachées, bâtir des maisons aux Frères Mineurs et donner de nouvelles résidences aux Filles de sainte Claire. Quelques années après la moit de son époux, en 1240, ayant abandonné ses Etats à Boleslas, son frère, elle embrassa la Règle des Clarisses au couvent de Zavichost.
Elle vécut ving-huit ans dans le silence du cloître, donnant l'exemple de toutes les vertus. Longtemps elle remplit la charge d'abbesse.
La B. Salomée s'endormit dans le Seigneur, le 17 novembre 1268. Son corps fut, selon ses désirs, enseveli dans l'église des Frères Mineurs de Cracovie, auprès des restes du roi Coloman. Dieu manifesta par des miracles la sainteté de sa servante et Clément X approuva son culte.
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Nki'vk, Patronne des Sœurs Dr Tieks-Ordrr (1207-1231)
^ ^Ht> ^^^^^^H %. Sainte Elisabeth, nièce de
^ ^^ffi -i^^^^^B 7k sainte Hèdwige de Silésie,
cousine de la Bse Agnès de Bohême, tante de sainte Elisabeth de Portugal, de saint Louis d'Anjou et des Bses Cunégonde, Yolande et Marguerite, est assurément l'une des plus grandes gloires de l'Ordre Séraphique.
Fille d'André II, roi de Hongrie, et de (iertrude, duchesse de Carinthie, Elisabeth fut fiancée, à l'âge de quatre ans, au jeune Louis duc de Thuringe, et on l'envoya à cette co.ur, pour y apprendre les usages d'un peuple dont elle devait un jour être la souveraine.
Là, les vertus de notre Sainte ne tardèrent pas à se développer. Ce qu'elle aimait surtout, c'était d'aller visiter et consoler le divin Prisonnier de nos tabernacles. En route, elle portait sur sa tête une couronne d'or, ornée de pierres précieuses, mais à peine dans le lieu saint, elle déposait cette couronne pour ne la reprendre qu'en sortant : " Je ne saurais, disait elle, paraître avec une couronne éclatante et fastueuse, là où mon Sauveur est couronné d'épines. »
Elle commenc^ait aussi à se dérober le plus possible aux fêtes de la cour, à fuir les longs entretiens, à secourir les pauvres et à se livrer aux œuvres de charité. Par malheur, loin de lui attirer l'estime et l'admiration, tout cela ne fit qu'exciter contre elle l'envie et le blâme des Seigneurs. « Il faut l'envoyer dans un monastère, murmurait quelquefois la princesse Sophie ; elle mène ici la vie du cloître et ne comprend pas la dignité de son rang. »
Elisabeth entendait tous ces propos, elle voyait tous les manques d'égards et de respect que ses serviteurs eux-mêmes se permettaient impunément et son cœur très sensible en souffrait d'une façon cruelle. Un jour pourtant, l'iniquité dut garder le