NOVEMBRE.- — SAINT JACQUES DE LA MARCHE
d'aucune considération humaine, il flagellait le vice sous toutes ses formes, il montrait la vertu sous tous ses aspects. Quand les plus vastes églises ne pouvaient contenir les foules, il prêchait sur les places publiques ou en rase campagne, ne se laissant arrêter par aucun obstacle, ni intimider par la puissance ou les mauvaises dispositions de ceux à qui il s'adressait. Par une seule prédication, il convertit trente-six femmes de mauvaise vie, qui réparèrent par de touchants exemples, les scandales d'une existence coupable.
Mais, certes, l'Italie ne fut pas le seul théâtre, sur lequel notre apôtre dût exercer son zèle. Bientôt les princes, les rois et les empereurs firent les plus vives instances pour l'avoir dans leur pays. Jacques de la Marche, délégué, avec les plus amples pouvoirs, contre les Manichéens, les Patarins, les Hussites, les Taborites et les Juifs, par Martin V, Eugène IV, Nicolas V, CaUxte III, Pie II, Paul et Sixte IV, partit donc pour évangéliser la Russie, la Norwège, le Danemark, la Bohême, la Hongrie, la Pologne, la Prusse, l'Autriche, la Bosnie, la Transylvanie, la Dalmatie et l'Albanie. Il baptisa au moins deux cent mille infidèles, ramena un nombre incalculable d'hérétiques et de schismatiques au giron de la sainte Eglise, et éteignit pour jamais la funeste secte des Fratricelles, qui venait de reparaître pour la troisième fois. Il fut appelé par le Souverain Pontife au fameux concile de Ferrare qu'on transféra ensuite à Florence. Il aida les empereurs Sigismond et Albert dans l'administration de leurs biens et surtout dans leurs saintes entreprises contre les Turcs. Enfin, comme saint Bernadin de Sienne, saint Jean de Capistran et le B. Albert de Sartiano, il travailla avec un zèle admirable à établir l'Observance dans tous les couvents de l'Ordre qu'il eut à fonder ou à visiter.
A la vue des fruits abondants que recueillit partout cet ouvrier évangélique, on doit croire sans peine ce que nous rapportent de lui les historiens sérieux. Jacques de la Marche était d'une éloquence si nerveuse, si entraînante, qu'il se faisait écouter avec plaisir par ses adversaires les plus acharnés : il connaissait à fond la Sainte Ecriture et la maniait avec une habileté remarquable ; il était très-fort dialecticien, de sorte que ses ennemis le redoutaient extrêmement, sans qu'aucun d'eux lui pût tenir tête dans les disputes publiques qu'il avait coutume de provoquer ; enfin, Jacques de la Marche était un saint et un saint que son immense réputation, soutenue par des miracles sans nombre, précédait en tous lieux.
Bien des fois les hérétiques obstinés et les impies sectaires conjurèrent la mort de ce grand apôtre, mais ce que Dieu garde jâ est bien gardé et leur malice tourna toujours à leur confusion
2S NOVHMHRK. — SAINT JACgl'KS l>K l.A MAK( lli:
et à leur perte. Km Allemagne, ce sont des mets délicieux qu'ils lui présentent, disent ils, pour le réconforter, mais le Saint fait le signe de la croix sur ces mets, et aussitôt, devant toute une foule, le plat se brise, son contenu se répand à terre, et un chien qui en mange meurt à l'instant empoisonné. — A l^rague, les Hussites y vont plus ouvertement : ils promettent de se convertir, mais à la condition c^i'il va i)rendre sous leurs yeux un breu\age empoisonné tpii ne lui fasse pas de mal. Le Saint accepte leur proposition, fait le signe de la croi.x sur la terrible lic|ueur et la boit juscju a la dernière goutte, sans la moindre émotion. — En liosnie le roi lui-même, tout en se disant fils de l'Eglise Romaine, favorisait secrètement les Manichéens. Le courageux Frère Mineur se dirige vers la cour, et sans se laisser tromper par les belles paroles du prince, lui reproche en face sa duplicité et lui annonce qu'après la mort tragique qui l'attend, il devra rendre un compte terrible de sa fourberie. La reine, froissée de tant d'audace, s'associe encore plus étroitement aux hérétiques, place quatre sicaires sur le chemin, et invite le Saint à venir au palais. Les quatre bandits, sur le point de le mettre à mort, sont comme foudroyés subitement et en proie aux douleurs les plus atroces. Jaccjues de la Marche ému, obtient leur guérison, continue sa route, va trouver la reine, et lui fait, devant toute la cour, re[)roche de sa lâche trahison.
Dans ses dernières années surtout, Jacques de la Marche travailla activement à l'œuvre si populaire des Monts-de-piété, que le franciscain Barnabe de Terni avait inaugurée pour protéger les pauvres contre l'usure des Juifs.
L'heure de la récompense sonna enfin pour ce fidèle et infatigable serviteur de la sainte Eglise. A ses derniers moments, il demanda pardon à ses frères des peines qu'il avait pu leur causer, il les exhorta avec zèle à persévérer dans la pure obéissance, dans la stricte observance de leur Règle et, après avoir reçu avec une angélique piété les derniers Sacrements, il s'endormit dans le Seigneur du sommeil des justes, le 28 novembre 1476. Il était âgé de quatre-vingt-cinq ans, et avait passé soixante années dans la vie religieuse.
Saint Jacques de la Marche fut enseveli dans l'église des Frères Mineurs de Naples. Son corps est resté jusqu'à nos jours intact, flexible et exhalant un céleste parfum.
Pour avoir refusé l'Achevêché de Milan durant sa vie, il n'a eu que plus de gloire après sa mort, Benoit XIII le canonisa .solennellement, le 10 décembre 1726.
■^^ ^»</>^ ^»<Ài^ ^»to)^ ^^,^ ^\toï^^^
B. Ibumble
bc Bi6ionano
Frère lai, Franciscain (1582-1637)
Baptisé sous le nom de Luc-Antoine, ce Bienheureux manifesta, dès le premier éveil de son intelliligence, les indices de la charité divine qui avait prévenu son cœur. i*-C^;^i-^;;jSHrpKUiù"°°i Particulièrement dévot à la Passion du Rédempteur et à la Sainte Eucharistie, il avait coutume, lorsqu'il travaillait à la campagne, de se mettre à genoux devant quelque croix et d'y méditer longuement sur les souffrances du Calvaire.
A dix-huit ans, comme il recherchait Tétat de vie qui serait le plus agréable au Seigneur et le plus sûr pour le bien de son âme, il connut intérieurement que Dieu le voulait dans l'Ordre de François d'Assise, parmi les Frères convers.
Il ne put toutefois répondre à sa chère vocation que neuf ans plus tard, en entrant chez les Observants Réformés de sa ville natale.
Dans sa nouvelle demeure, il ne tarda pas à devenir un modèle achevé de perfection religieuse. A partir de sa profession, il s'attacha si étroitement à Dieu que rien n'était capable de le distraire. Qu'il fût à la quête, au jardin du couvent, au milieu des emplois les plus humbles et les plus actifs, on pouvait le dire avec assurance : sa conversation était toujours dans le ciel.
Sa dévotion spéciale pour la Vierge Immaculée, et les grandes austérités qu'il exerça sur lui-même, pour réduire sa chair en servitude, lui méritèrent une chasteté si sublime qu'à ses manières ont pouvait le prendre bien plutôt pour un ange que pour un homme déchu. Grégoire XV, et plus tard Urbain VIII l'appelèrent à Rome pour jouir de sa présence et de sa conversation. Le séjour de Rome fut fatal à sa santé. On le ramena malade dans sa patrie, où après avoir souffert avec courage, il s'endormit doucement dans le Seigneur, tenant entre ses mains l'image de Jésus crucifié.
^^ ^9\^ ^(fv<^ j<(»m ^*mi ^m^
-M4sk 4.4^\léM^ m4^\^M^ **)ifièi)l(** *4Ki
^iti î»ç^t«K -^tJ»^ î<ïtfi^«^î^
t LA
": d'onrcption cHminnolcf
hk 1 a
(Tvc^ Mainte \\(X(\(
Vf
'Jl^ Pu(roiiu<>
de l'Ordre Séraphique
Le culte de la Vierge Immaculée est, pour les enfants de saint François, une tradition de famille. Pendant six siècles, ils se sont montrés les propagateurs et les défenseurs les plus dévoués et les plus fidèles de cette grande prérogative, dont l'année 1854 devait entendre la consolante définition. Qu'il nous soit donc permis de rechercher, dans l'Ordre des Frères Mineurs, quelques-uns des doctes et saints personnages qui ont le plus fait pour l'Immaculée Conception de leur Mère, pour le triomphe complet de ce qu'on appela bientôt, après la fondation de l'Ordre, V Opinion fraticiscairie.
Notre Séraphique Père saint François, non content de se placer, lui et son Ordre, sous la protection particulière de Notre- Dame des Anges, statua, en 12 19, qu'on célébrerait tous les samedis une messe solennelle en l'honneur de V I?}imaculée Vierge Marie.
Saint Antoine de Padoue enseigne, dans ses sermons, qu'il n'y eut dans l'âme de Marie aucun sentiment de pénitence, d'amertume, de douleur causé par le péché. Or, le péché originel mérite d'être amèrement pleuré par tous ceux qui en sont atteints. Ainsi donc, ce grand apôtre répandit la doctrine de l'Immaculée, au moins d'une façon implicite et indirecte.
Alexandre de Halès, atteint d'une maladie grave pour avoir enseigné que l'Auguste Mère de Dieu n'avait pas été exempte du péché originel, se rétracta et écrivit un livre en faveur de l'Immaculée Conception sur ces paroles du Cantique : « Vous êtes toute belle, ô ma Bien-Aimée, et il n'y a point de tache en vous. »
Saint Bonaventure, pendant qu'il était Général de l'Ordre, renouvela la prescription du Séraphique Fondateur au sujet de la messe §. dire tous les samedis. Il introduisit, dans toute sa
mv' "^^ifoit^ ^«M*'" "^mm^
1« ®(âéè#