‹ Nos saintsChapitre 74 sur 105 · JANVIER. — VÉN. NICOLAS MOLINARI · texte numérisé non relu

JANVIER. — VÉN. NICOLAS MOLINARI

jours et vous serez exaucés.)) — Au troisième jour la pluie tomba. — A cette époque de sa vie on le rencontre partout dans l'Italie Méridionale, partout missionnaire ardent et écouté, partout où il y a un pécheur à convertir ou un malade à soulager. Micheline Corsetti lui présente son enfant paralytique, le Bienheureux le lui rend guéri. — Livia Piccine, aveugle depuis de longues années, implore le secours de ses prières, il fait sur ses yeux fermés un signe de croix et ses yeux s'ouvrent à la lumière.

En 1778, le Pape Pie VI l'obligea à accepter un évêché ; l'humble religieux se soumit à regret, mais il demeura pauvre, modeste, dévoué à tous, portant partout la semence de la parole, si féconde sur ses lèvres d'apôtre.

Cependant, l'exil de ce glorieux serviteur touchait à sa fin ; épuisé, malade, il voulut encore prêcht-r, la fête de Noël de l'année 1791 ; son sermon finissait ainsi : « Mes enfants, c'est la dernière fois que vous entendez la voix de votre Pasteur, et que vous le voyez en ce lieu. L'heure approche où je vais vous quitter pour toujours. » Et, en effet, le 18 janvier 1792, il expira en murmurant les doux noms de Jésus et de Marie.

A sa mort, le diocèse de Bovino fut en deuil. Dix heures après son dernier soupir, on fit au bras droit une légère incision et le sang en coula avec abondance. Ce ne fut pas d'ailleurs le seul prodige que l'on eut à consigner. Des aveugles, des sourds, des paralytiques furent guéris par l'intercession du Bienheureux, toujours puissant auprès de Dieu, après sa mort comme pendant sa vie.

Ses funérailles furent célébrées avec pompe, et les miracles qui s'accomplirent pendant la cérémonie en réhaussèrent encore l'éclat.

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KraïK^ois (Ihisone naquit dans l'île de (]orse, vers la fin du siècle dernier. Ses parents, dépourvus des biens de la fortune, possédaient le plus précieux de tous les trésors, la piété chrétienne. Aussi veillèrent-ils avec un grand soin sur l'àme de leur fils. Leurs efforts ne furent pas inutiles : l'Van(;ois croissait en âge et en sagesse. Un coup terrible, qui vint le frapper, ne fit que le fortifier dans sa piété. Il perdit, presque en même temps, son père et sa mère : ce fut le moyen dont Dieu se servit pour concentrer uniquement vers le ciel toutes les affections de son cœur.

Seul et sans asile, Franc^ois se retira chez un de ses oncles paternels. Mais il ne retrouva, point là l'affection et les coni-eils maternels. Sa tante n'avait pas même les sentiments d'une femme chrétienne, aussi n'épargna-t-elle pas ses sarcasmes et même ses injures aux pieuses pratiques qu'elle remarquait chez son neveu. Mais Franc^ois, fortifié par la prière, supportait tout avec une patience héroïque, et les misères de la vie le trouvaient calme, tranquille et inébranlable.

1 )ieu, touché de tant de ferveur, lui envoya un guide éclairé, religieux d'une grande vertu et d'une prudence consommée, le Père Pierre de Venance, de l'Ordre des Frères Mineurs. Le directeur n'oublia rien pour seconder les heureuses dispositions de son pénitent, et lui prédit sa sainteté future.

(Cependant, François languissait au milieu du monde et désirait, de toutes les forces de son âme, cette vie du cloître qui seule convient aux âmes pures, cette vie de prière et de solitude où Dieu semble communiquer de plus près avec ses élus. Sur les conseils de son directeur, il revêtit l'habit de saint François au couvent des Franciscains de Civitella,où,un an après, il prononçait ses vœux solennels. C'est alors qu'il arriva à ce degré de perfection que nous admirons en lui : à l'humilité profonde il joignait la mortification constante, l'obéissance héroïque et par dessus tout l'ardent amour de Dieu. Mais l'humilité fut pour ainsi- dire sa vertu de prédilection ; admis au nombre des clercs, et par conséquent destiné aux fonctions sublimes du sacerdoce, il s'alarmait en mesurant la perfection que requiert cette haute dignité. Dès lors, il demanda à Dieu de ne point lui accorder l'honneur du sacerdoce. Ses désirs furent exaucés, car après avoir reçu les

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