I-RÈRK I.AI, KrANCISCAIN
Dans ce Bienheureux, Dieu nous offre un admirable modèle de perfection convenant également aux divers états de la vie chrétienne ; dans le monde et en religion. Sébastien vint au monde en 1502, au bourg de Gudena, en Espagne. D'abord employé à la garde des troupeaux, dès qu'il eut atteint sa quinzième année, il quitta la maison paternelle afin d'aider sa famille du fruit de son travail. Mais le démon ayant tendu plusieurs fois des pièges à son innocence, il s'embarqua pour le Nouveau-Monde. Débarqué à Puebla, en Mexique, il reprit d'abord ses travaux de culture, puis se livra à de grandes entreprises de tous genres, qui favorisèrent grandement le développement de ce pays nouveau. Mais au milieu de cette vie active, Sébastien pratiquait toutes les vertus des saints. Ses richesses devenaient le patrimoine des malheureux, dont il aimait à payer les dettes. Il était une providence pour ce peuple, qui le respectait comme un père. Au sein de l'opulence Sébastien pratiquait les plus rigoureuses austérités, et s'appliquait à la prière et à la pratique de l'humilité.
Cependant, il se sentait attiré vers la vie religieuse. Mais ce n'est qu'à l'âge de soixante et onze ans, après une grave maladie, qu'il entra, après avoir distribué tous ses biens aux pauvres, chez les Frères-Mineurs de Mexico. Ce saint vieillard passera encore vingt-sept ans dans la vie religieuse et y donnera l'exemple des plus héroïques vertus. Il devint si fort contre les attacjues du démon qu'il n'en faisait pas plus de cas, comme l'a dit un historien de sa vie, que d'un moucheron. Il passa les vingt-six dernières années de sa vie dans l'humble et pénible emploi de frère quêteur. Dieu commanda à ses anges de prendre soin de lui, et l'on a plusieurs exemples merveilleux de leur assistance. Dieu avait accordé encore à ce Bienheureux l'empire sur la nature : d'un signe il domptait les animaux les plus sauvages comme en fait foi le procès de béatification.
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\iERGE, Clarisse (1430 1484)
Comme saint François, ^ son Père, notre Bienheureuse i naquit dans une étable. A i son baptême, elle reçut le ^ nom de Smaragde (Enie- /* raude), et dès ses plus ten- • dres années, elle servit le Seigneur dans les exercices de la prière et de la pénitence. Plus tard, son père, le comte Bernard de Calafato. l'ayant fiancée deux fois malgré elle, Dieu vint chaque fois à son aide en retirant de ce monde les deux jeunes seigneurs qui avaient sollicité sa main. En l'année 1446, Smaragde perdait son père, et, pouvant enfin répondre à l'appel de son céleste Fiancé, elle revêtait Thabit de sainte Claire à Messine, lieu de sa naissance. Elle prit alors le nom d'Eustochium. Après avoir passé onze années dans ce couvent elle se sentit appelée à une vie plus parfaite et obtint de Calixte III la permission de fonder à Messine une seconde communauté de Clarisses, où l'on suivrait la première Règle de sainte Claire, sous la juridiction des Frères-Mineurs de l'Observance. Ce monastère fut appelé /e Mont des Vierges. Eustochium s'y retira avec trois compagnes.
L'autorité que lui donnaient ses vertus s'accrut par le don des miracles dont il plut à Dieu de la favoriser. Souvent elle multiplia le pain et les autres provisions. Le linge qui lui servait à essuyer les larmes abondantes qu'elle versait dans la ferveur de ses oraisons guérit plusieurs malades. Un jour de la Portioncule, elle eut trois visions dans lesquelles Notre Seigneur lui montra une multitude d'âmes délivrées du purgatoire par les indulgences du grand pardon d'Assise. Elle reçut une fois la .sainte communion de la main des anges. Enfin son bienheureux trépas lui fut annoncé par une vierge d'une merveilleuse beauté qui lui mit un anneau au doigt comme un gage de l'appel de son céleste Epoux, qui la conviait aux noces éternelles. La dépouille intacte de la Bienheureuse est vénérée à Messine.
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de Calafato '^-
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n 36. ÎThoinaô ^c Cori
l'KK I KK. Franciscain
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Ihomas naquit à C'ori, dans la campagne romaine, de parents pauvres, mais prol'ondément chrétiens. Entré chez les Frères-Mineurs de Cori, celui qu'on appelait autrefois le petit saint, devint bientôt le modèle accompli de ses frères. Une fois prêtre, sa vie fut toute consacrée au ministère des missions, comme à la pratique des plus sublimes vertus. îl obtint de se retirer au couvent de Civitella qui \enait d'être érigé en maison de RécoUection. C'est là que notre Bienheureux devait passer le reste de sa vie dans la pénitence, la contemplation et Te-xercice du ministère apostolique. C'est là aussi que le Seigneur le favorisa de miracles et de merveilles de toutes sortes.
Le B. Thomas puisa dans ses longues oraisons un grand amour pour Dieu et un zèle ardent pour lui gagner des âmes. 11 avait conçu le projet de partir pour les missions de Chine, mais Dieu se contenta de sa bonne volonté, et assigna un autre champ à son zèle. 11 devait évangéliser la campagne romaine, et plus particulièrement les montagnes de Subiaco, dont il fut nommé lapôtre, à cause des conversions innombrables quil y opéra, au prix de mille travaux et de mille fatigues. Il parlait avec simplicité de manière à être compris de ce pauvre peuple, mais il disait des choses si touchantes que tous les cœurs en étaient ravis ; les brigands eux-mêmes venaient l'entendre et il en amena un grand nombre au repentir. Il avait le don de lire dans les cœurs, et dans les dernières années de sa vie, on venait à lui de toutes parts, soit pour le consulter, soit pour se réconcilier avec Dieu ; toujours affable malgré les importunités de la foule, il oubliait de prendre sa nourriture et passait quelquefois des journées et des nuits uniquement occupé à réconcilier les pécheurs avec l^ieu. Il mourut en 1729, après cinquante ans de vie religieuse.
1er MARS
''> de Nazzarei
Vierge, Clarisse
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Semblable à beaucoup de pères qui aiment leurs eni(< fants d'une façon trop natu- 4' relie, le seigneur Gentil NaziÎJ zarei ne voulait pas permettre à Mathie de se consacrer ^ "* à Dieu pour la vie, mais il lui préparait une riche alliance dans le monde ; ce qu'ayant appris, la jeune vierge s'enfuit au monastère des Clarisses de sa ville natale, à Matélica. Son père, étant venu pour la chercher, ne put résister à la force et à la sagesse que Dieu communiquait à son enfant ; il se déclara vaincu et la laissa libre de suivre sa sublime vocation.
Au comble de ses vœux, Mathie se mit aussitôt à gravir les sentiers escarpés de la perfection. Aussi bien, quelques années après sa profession, fut-elle nommée abbesse du monastère, charge qu'elle occupa durant quarante ans. Les chroniques de l'Ordre nous donnent peu de détails sur la vie de la Bienheureuse Mathie, mais le Seigneur s'est plu à la glorifier après sa mort par une suite non interrompue de miracles ; depuis un siècle surtout, ces miracles sont devenus plus nombreux, plus éclatants et vraiment prodigieux. Depuis l'année 1758 on voit découler du corps de la Bse Mathie une liqueur, exhalant un parfum céleste et dont la vertu est miraculeuse ! De plus, cette liqueur, une fois qu'elle a imprégné un linge, s'étend et découle quelquefois de ce linge comme du corps même de la Bienheureuse ; ce dernier phénomène a été constaté par plusieurs évoques en diverses circonstances. La Bienheureuse veille spécialement sur sa communauté et avertit les sœurs du monastère des maux qui les menacent. Mais elle fait ressentir également les effets de sa protection à tous ceux qui l'invoquent, comme le disait Mgr l'archevêque de Ferrare à ses diocésains : « Ces faits merveilleux doivent vous servir à raviver votre foi et à tout espérer d'une sainte qui n'opère de tels prodiges sur la terre que pour faire connaître sa puissance d'intercession dans le ciel. »
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de Bohème
ViERGK, Clarisse (1220- 1280)
Agnès, fille de Primislas, roi de Bohème, était très recherchée par les rois et les princes des autres pays qui la demandaient en mariage.
Mais comme, conduite par le Saint-Esprit, elle avait fait vœu de virginité, elle refusa tous les prétendants à sa main. Ce ne fut pas sans difficulté, surtout vis à vis l'empereur Frédéric II d'Allemagne qui, dans un décret qu'il publia, disait : « Si elle m'avait quitté pour un homme mortel, j'en aurais tiré vengeance par les armes ; mais je ne puis trouver mauvais qu'elle me préfère le roi du ciel. »
Devenue libre, Agnès ne songea plus qu'à se consacrer à Dieu dans le silence du cloître. Elle fonda un couvent à Prague pour les filles de sainte Claire, qu'elle voulait y appeler, afin de s'enrôler sous leur conduite. Le jour de la Pentecôte de l'année 1236 Agnès prenait le saint habit des mains du nonce apostolique. Le bruit de la retraite de l'illustre princesse se répandit bientôt dans toute l'Europe, où il fit éclore un grand nombre de monastères de Clarisses.
Dans le cloître Agnès fut pour toutes ses sœurs une resplendissante lumière. L'humilité avait poussé dans .son cœur des racines d'autant plus profondes qu'elle était plus élevée par la nais- .sance et les qualités de l'esprit et du cœur ; elle refusa longtemps la charge d'abbesse qu'elle dut enfin accepter par obéissance. Les nuits étaient consacrées à l'oraison, et ses austérités furent telles qu'elles la conduisirent aux portes du tombeau. Elle prédit des événements qui se réalisèrent. Par le signe de la croi.x elle guérissait toutes sortes de maladies, et opérait de nombreux miracles. Sans cesse elle bénissait le Seigneur de ce qu'il avait daigné l'admettre aux honneurs de la .sainte pauvreté. Elle mourut le 6 mars 1280, environnée d'une lumière céleste, à l'âge d'environ quatre-vingts ans.
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de la Croix
Prêtre, Franciscain (1654-1734)
« Quand il n'y aurait ni ciel ni enfer, je voudrais néanmoins aimer Dieu toujours. )) Nous avons dans l'immense amour exprimé par ces paroles le secret de la vie effrayante d'austérités, brûlante de zèle, de S. Jean- Joseph de la Croix. <( Aimons notre Seigneur, disait-il encore, aimons-le réellement et en vérité, car l'amour divin est un grand trésor. Heureux celui qui aime Dieu ! «
Saint Jean naquit dune famille noble, à Ischia, île du royaume de Naples, et prit Ihabit de saint François, chez les Observants Déchaussés à Naples, à l'âge de seize ans. Ordonné prêtre à vingt-trois ans, il remplit successivement les charges de Maître de novices, de Supérieur local, de Définiteur et de Provincial, et donna à ses religieux, dans tous ces emplois, l'exemple de toutes les vertus. Ayant obtenu du Pape la permission de refuser les dignités qu'on pourrait dorénavant lui offrir, il ne songea plus qu'à se consacrer au salut et à la direction des âmes, et se retira au couvent de Naples, berceau de sa vie religieuse.
Désormais notre Saint se consacrera tout entier au salut des âmes, pour lesquelles il n'épargnera ni peines ni fatigues. Comme, dans sa vieillesse, on lui recommandait de se ménager, en raison surtout de ses infirmités : « Je n'ai point d'infirmité, répondit-il, qui m'empêche de travailler pour les âmes ; et, quand même j'en Serais couvert, ne devrais-je pas pour les âmes sacrifier ma vit en union avec Jésus Crucifié ! »
Le zèle que saint Jean déployait pour sauver les âmes se traduisait contre lui même en effrayantes austérités dont la seule pensée fait frissonner la nature. Amateur de pénitences comme les mondains sont avides de plaisirs, sous son grossier vêtement il porte des cilices, des chaînes de fer, qu'il a soin de varier pour réveiller toujours les sentiments de la douleur ; il prend tous les jours de sanglantes disciplines. Lorsque ses supérieurs lui
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? MARS. — bA;M JEAN-JOSEl'H i-fc lA CROIX 49 jg;
prescri\cnt il user de sainlak-s pour soulager ses pieds malades et meurtris, il y iiUrotiuit de petits elous (]ui lui font subir un continuel martyre. Mais le plus affreux instrument de pénitence qu'il inventa pour macérer son corps fut une croix, longue d'un pied, garnie de pointes aiguës, qu'il s'attachait fortement sur les épaules ; elle y forma une plaie qui ne se ferma plus depuis ; il portait aussi sur la poitrine une croix seml)Ial)le à la précédente, mais plus petite. Pendant les trente dernières années de sa vie notre Saint s'abstint non seulement de vin et d'eau, mais de toute espèce de boisson. Mais au prix de quelles souffrances 1 — Malgré une vie si austère, le Bienheureux poursuivra sa carrière justiu'à l'âge de quatre-vingts ans.
Disons cependant qut ces austérités extraordinaires, auxquelles les saints ont été appelés par une grâce spéciale, ne sauraient être proposées à notre imitation. Dans les desseins de Dieu, ces grandes pénitences ont pour but d'offrir à sa justice une plus large expiation pour les offenses des hommes ; Dieu veut aussi, par ces exemples, nous rappeler la nécessité, qui s'impose à chacun, de faire pénitence dans la mesure de ses forces. La pratique de la mortification doit toujours être modérée selon les règles de la prudence et les avis d'un sage directeur. — Les admirables vertus de notre Saint étaient établies sur le fondement d'une sincère et profonde humilité. Cette vertu le portait à cacher ses mortifications ; n'ayant vécu pendant longtemps que d'un peu de pain et de fruits, il se plaisait à répéter qu'il était gourmand et livré à la sensualité. Souvent il donnait un remède aux malades qu'il guérissait, afin que cette guérison fût attribuée à une cause purement naturelle. Jamais il ne parlait de lui, de sa noble famille, et sa répugnance pour la compagnie des grands n'était égalée que par le soin qu'il prenait de remercier Dieu quand il recevait des mépris. Mais il est écrit que Dieu exalte les humbles ; autant saint Jean s'abaissa, autant Dieu le glorifia par des miracles éclatants et innombrables. Nous ne pouvons résister au plaisir d'en raconter un tout au long.
Un soir du mois de février, comme il rentrait au couvent, il rencontra un marchand napolitain qui était venu lui demander de prier pour sa femme fort avancée dans sa grossesse et dans un danger imminent de perdre la vie: « Ma femme, dit le marchand, désire manger des abricots, mais il est impossible d'en trouver en cette saison. — Bien, bien, répondit le Saint, que votre femme attende un peu ; d'ici à demain, le bon Dieu, saint Pierre d'Alcantara et saint Pascal y pourvoiront. » En montant l'escalier il aperçut quelques branches de châtaignier : « Frère Michel, ditil à son compagnon, prenez trois de ces branches et plantez-les ; qui sait si Dieu et saint Pierre d'Alcantara n'en feront pas sortir
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