‹ Nos saintsChapitre 81 sur 105 · SAINT JOSEPH · texte numérisé non relu

SAINT JOSEPH

sainte Catherine de Bologne et sainte Marguerite, l'illustre pénitente de Cortone ; ce serait, en effet, trop long si nous voulions rapporter tous les noms de ceux qui, dans l'Ordre, ont été les fidèles et dévoués serviteurs du Père adoptif de Jésus. A sainte Catherine de Bologne, saint Joseph lui-même vint apporter une coupe d'une matière transparente, lui assurant que c'était le vase dont se servait la sainte Vierge, pour donner à boire à l'Enfant Jésus. — ■ Et Marguerite de Cortone mérita d'entendre Notre Seigneur lui dire : « Il me plaira que tu rendes tous les jours un hommage spécial de louanges au bienheureux et virginal saint Joseph, mon très généreux nourricier, tu le feras en t'entretenant de cette pensée : « Bienheureux les cœurs purs, parce qu'ils verront Dieu. »

Enfin, c'est à deux religieux franciscains, naufragés sur les côtes de Flandre, que le saint Patriarche lui-même apprit à réciter 7 Pater et 7 Ave en l'honneur de ses Sept Douleurs et de ses Sept Allégresses : pieuse pratique qui se répandit dans toute l'Eglise.

Le Martyrologe SèrapJiique donne à saint Joseph le titre de « Protecteur spécial de l'Ordre. »>

■^Wk¥ ^%i

J*)t" '^ib\^' --^ib^i.' "i>»b>^ .^*\i? ''^ifi^' ^e

B. 1hippol\>tc ^alantini

I'KU I I AI Kl. ( IDJOI

Le B. Hippolytt; (lalantini natiuit à Florence en Italie en 1563. Tout jeune encore, il semblait favorisé du don de la parole, car il s'exprimait déjà avec une grande facilité. A l'âge de cinq ans, il rassemblait les enfants du voisinage, montait sur une borne et leur répétait les sermons (|u'il avait entendus à l'église. Il savait persuader à chacun tout ce (ju'il voulait.

Il n'avait encore que neuf ans, lorsqu'on le jugea digne de faire sa première communion. Dejjuis ce moment il consacra à 1 .^ la prière plusieurs heures chaque jour ; tout le temps qu'il tra- ^ vaillait auprès de son père, il méditait sur les choses du ciel, et élevait son cœur à Dieu, d'heure en heure, en récitant la salutation angélique.

Notre Bienheureux était arrivé à l'âge critique de la jeunesse, mais le souffle impur des passions ne put arriver jusqu'à lui, tant il était versé dans la prière et la contemplation, barrières infranchissables aux attaques de l'enfer. C'est alors qu'il entreprit de IS^ former une société de jeunes gens qui s'occuperaient de l'éduca- |\^ tion des enfants pauvres. Quand il exposa ses desseins à ceux qui 1 pouvaient lui venir en aide, il ne rencontra tout d'abord que contradiction et mauvais vouloir ; il eût même désespéré de mener à bonne fin son entreprise, s'il n'eût entendu une voix céleste l'encourager et lui dire : « Courage, Hippolyte, serviteur de Dieu, persévère dans ta bonne œuvre, tu recueilleras bientôt les fruits de ton travail. » Bientôt en effet il trouva un puissant protecteur auprès d'Alexandre de Médicis, archevêque de Florence, qui devint plus tard pape, sous le nom de Léon XI. Dès lors, tout marcha rapidement et la confrérie alla se développant toujours de plus en plus, malgré les tracasseries qu'on lui suscitait encore. La société prit le nom de Confrérie de la Doctrine chrétienne de saint François.

Cependant la réputation de la nouvelle confrérie s'était bientôt répandue dans toute l'Italie. Hippolyte était demandé de toutes parts pour en établir de nouveaux centres. Les ducs, les comtes, les évêques l'appelaient à grands cris et partout se fondaient de pieuses maisons où les enfants recevaient une éducation solide et religieuse.

"mi mi^ m^"^ mi^ m<^ mi^

B. HIPI'OI.YTE C.ALANTrSI

Tout en s'occupant de la perfection d'autrui, Hippolyte ne se négligeait pas lui-même ; il était constamment occupé à fuir toutes les occasions où sa vertu aurait couru le risque de se souiller. Un jour, une femme d'une remarquable beauté vint à lui pour lui donner de l'argent en faveur de ses pauvres et pour s'entretenir quelques instants avec lui du salut de son âme. Le Bienheureux sentit tout-à-coup la séduction de la beauté s'exercer sur lui ; il eut peur et s'enfuit sur le champ, aimant mieux perdre l'argent de ses pauvres que de s'exposer lui-même à une tentation.

Son humilité était telle qu'il avait la ferme conviction d'être le plus grand pécheur du monde. Quand on disait autour de lui, « ce saint homme est un ange envoyé par Dieu sur la terre, » il implorait aussitôt la miséricorde du Très-Haut pour ses nombreuses fautes. — Jamais il ne se fia à ses propres lumières ; il demandait toujours conseil à des hommes pieux et agissait d'après leur avis.

Il lui arrivait souvent d'être plongé dans l'extase : et ceux qui avaient alors le bonheur de l'approcher, l'entendaient dire : « O Jésus, que vous êtes bon, que vous nous aimez ! » Parfois encore dans son repos il murmurait doucement : « Je dors, mais mon cœur veille et pense à vous. Seigneur. )> Une telle vie lui mérita le don de prophétie. Un jour qu'un gentilhomme venait lui demander de prier pour sa femme : « Retournez chez vous, lui dit il, votre épouse vient de mettre au monde un fils qui sera la joie de votre famille. » L'événement vint plus tard confirmer la prédiction de notre Bienheureux.

Quand Hippolyte ressentit les atteintes de sa dernière maladie, il se soumit sans murmure à la volonté de Dieu. Beaucoup de religieux, de prêtres et de personnes du monde, vinrent lui faire visite et lui demander une dernière fois le secours de ses prières. Il rendit doucement son âme à Dieu le 20 mars 1620. Il était âgé de quarante-six ans. La douleur fut universelle : on le pleura comme un père tendrement aimé. Son tombeau devint un lieu de pèlerinage où s'accomplirent de nombreux et éclatants miracles.

ip

Pkkirk, Cai'Ik in (1745-1X01)

Le Bienheureux na(]uit à Cadix, le 29 mars 1743, de parents riches en vertus comme en biens de la terre. Comme d'instinct, rame de l'enfant s'ouvrit aux choses du ciel et, tout jeune encore, on remarquait déjà chez, lui une piété douce et tendre : mais hélas! à l'école il fut loin de réj)ondreau\ espérances de son père: bégaiement, intelligence lente, mémoire ingrate, tout en lui concourut à décourager ses professeurs, (|ui le remirent à ses parents. Ce fut une dure épreuve, mais l'enfant ne se découragea pas, et se mit à fréquenter assidûment le couvent des Capucins d'Ubrique. Or, voici qu'un jour, l'enfant dit à son père qu'il voulait être missionnaire Capucin. « \'ous missionnaire ! lui fut-il répondu, vous ne savez seulement pas parler. »

Pourtant après de longues résistances, son père le conduit au R. P. (iardien, mais les cjuelques ([uestions qu'on pose à l'enfant ne servent qu'à prouver son ignorance et ses anciens défauts ; de nouveau il est remis à ses parents. Un tel échec aurait dû le déconcerter : il n'en fut rien, il se remit dès lors entre les mains de Dieu. Un jour, fraj^pant à la porte du tabernacle, il s'écrie dans un élan de foi sublime: « Mon Dieu, mon Dieu ' enseignez-moi, vous, et j'ap[)rendrai. » Le Seigneur ne jiouvait résister plus longtemps, dans une vision il change ses dispositions, lui donne la science infuse, une parole facile : aussi, quand il tente une nouvelle démarche pour entrer dans l'Ordre, on le reçoit avec plaisir et on l'envoie immédiatement au noviciat de Séville.

Après seize mois et demi d'un fervent noviciat, il fut admis à la profession le 31 mai 1759, le lendemain du jour où il avait accompli sa seixième année. Ses études terminées, il reçut l'onction sacerdotale ; il était prêt pour l'apostolat fécond et prodigieux auquel il allait voucr le reste de son existence.

Toujours humble et modeste, il n'aspirait qu'à se dévouer sans bruit au salut des âmes. Il devait en être autrement, et Notre- Seigneur lui-même, pour vaincre ses hésitations et ses terreurs, lui apparut pour lui dire : « Courage, mon fils, tu prendras place parmi mes Apôtres, et je t'établis prédicateur de mes mystères divins. »

^^ m^ M^ m^ ^ifi^ ^^

aitb

\l/\l/ ^u, WW ^^ \è/\è/ U.U. ^liû^xl/^

24 MARS. — H. DIEGO-JOSEl'H DE CAblX

Une autre fois, ce sont trois vierges, radieuses de jeunesse, aux yeux voilés par les larmes, aux vêtements déchirés et portant un lourd fardeau, qui lui apparaissent et lui disent : « Le Seigneur soit avec vous, mon frère, nous sommes les symboles des trois vœux monastiques, défendez-nous ! »

Réconforté par toutes ces grâces, le pieux missionnaire se met à prêcher partout, aux habitants des villes et des campagnes, aux grands et aux petits, dans les églises et sur les places publiques, et aujourd'hui encore, les paroisses et les familles conservent les pratiques qu'il aimait et qu'il conseillait à tous.

Il nous est impossible de le suivre dans ses courses incessantes, citons feulement quelques incidents qui montrent l'Esprit- Saint agissant par lui.

Un jour que l'apôtre prêchait, dans la chapelle des Capucins à Ubrique, une petite fille s'écria tout à coup : " Maman, vois-tu une colombe sur les épaules du Père Diego ? »

L'apôtre venait d'achever une mission à Grenade, et il se rendait à Cadix. Le soir le surprend et il demande l'hospitalité à de pauvres paysans : bientôt on lui amène une femme aveugle et paralytique, en lui demandant de prier pour elle : « Bien volontiers, répond-il. » Mais déjcà le prodige est accompli, la malheureusji se lève et s'écrie : « Je vois et je suis guérie. »

Nous aurons suffisamment fait connaître notre missionnaire, en disant qu'il fut apôtre infatigable et que, depuis son sacerdoce jusqu'à sa mort, il ne cessa de parcourir toute l'Espagne, portant partout et à tous la conversion et le salut.

Au milieu de ses immenses travaux on voit resplendir en lui toutes les vertus : l'humilité, l'esprit de foi, l'obéissance, l'amour de Dieu et le zèle des âmes. On demandait un jour au serviteur de Dieu, ce qu'il pensait quand il voyait les multitudes accourir sur son passage et l'acclamer avec transport : « Je dis alors tous bas au Seigneur : pourquoi tant de vent pour si peu de poussière ? »

Au milieu des honneurs sans précédents dont il fut l'objet de la part du roi, des Evêques, des villes, on l'entendait répéter souvent : « On me regarde comme un grand savant. Quelle dérision ! petit enfant on m'appelait un âne : mes condisciples et mes professeurs me le répétaient souvent. La même épithète me convient toujours parfaitement. » — Il professa toutes les autres vertus dans le même degré de perfection.

Après une vie si bien remplie, riche de mérites et parvenu à sa cinquante-huitième année, notre Bienheureux s'endormit dans le Seigneur, le 24 mars 1801.

Ses funérailles furent un triomphe rehaussé encore par des ^ prodiges qui attestèrent aux yeux de tous la puissance et le "ê^

^(f\^^ ^^ 9V!I\ '^'^ #^ "^^ (fVf> "^^ ^^^\^'

.'!; M AkN. — it. iiKi-Mii. I AMKi'.k I km:iii

crédit <iinit jouissait dcja le ^aiiii missionnaire au^)rcs de- Dieu. En 1 83S et en 1 892, ini sang vermeil coula en abondance de ses ossements. Ce miracle est relaté dans le décret de béatification. En elïet, sappuyant sur ce miracle et sur d'autres encore, non uioins c]ue sur les vertus héroïques de l'illustre Apôtre de l'Andalousie, le 24 avril 1894, Sa Sainteté Léon XIII mettait au rang des bienheureux, l'humble Capucin : Diégo-Joseph de Cadix.

:C\ 3crcnuc Xainbcrtciuihi

PkKTRK. \^U TiKRS-ORDRE RkCUI.IKR (I44O-I5I3)

Jérémie naquit à Côme. dans le Milanais, de l'ancienne et noble famille de I^mbertenghi. Ses premières années se passèrent dans la piété et l'innocence. Entré au couvent de Côme, chez les Pères du Tiers-Ordre Régulier, il fit de rapides progrès dans les vertus religieuses, et parvint bientôt à un très haut degré de sainteté.

Ce grand serviteur de Dieu s'employa toute sa vie au ministère de la prédication, et sa parole, autorisée du don des miracles, produisit de très grands fruits dans les âmes. Il habita successivement les couvents de Côme, sa patrie, de Montebello au diocèse de Lodi, de Pradella près d'Imola, où il fut Vicaire, puis (îardien de la communauté. Les dernières années de sa vie se passèrent au couvent de Forli, dans la Romagne ; c'est là qu'il s'endormit dans le Seigneur, le 25 mars 1513. De nombreuses guérisons s'opérèrent à son tombeau, et un culte lui fut rendu par la piété des fidèles. En 1603, son corps fut retiré du tombeau, avec la permission du Saint Siège, et placé dans une chapelle de la sainte Vierge, pour y être exposé à la vénération publique ; le 25 mars, jour anniversaire de sa mort, on célébrait ■une grande fête en son honneur.

L'église des Pères du Tiers-Ordre Régulier ayant été fermée en 18 10, lors de la première suppression des Ordres religieux en Italie, les précieux restes du B. Jérémie furent tran.sportés

Page 1