‹ Nos saintsChapitre 82 sur 105 · VEN. JEANNE-MARIE DE LA CROIX · texte numérisé non relu

VEN. JEANNE-MARIE DE LA CROIX

d'abord dans l'église des Camaldules, puis chez les religieuses du Corpus Dominï, où l'on continua à lui rendre les honneurs du culte public. Ce monastère de religieuses ayant été fermé à son tour, lors de la dernière suppression, l'évêque de Forli fit trans- .porter dans la cathédrale la vénérable dépouille du Bienheureux.

'Tous les ans, on célèbre une fête en son honneur, le lundi de Pâques.

On est en instances, auprès du Saint Siège, pour obtenir l'approbation formelle du culte immémorial rendu à ce Bienheureux.

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Clarisse (1673)

Encore enfant, la Yen. Jeanne-Marie de la Croix fut favorisée d'une vision, pendant laquelle Jésus lui apparaissant dans toute sa splendeur et toute sa majesté, se déclara son fiancé et s'unit à elle pour toute l'éternité. L'esprit plein de ce touchant souvenir, la jeune fille manifesta toujours une grande dévotion au Dieu fait Homme, et aussitôt qu'il lui fut permis, elle alla s'enfermer dans un couvent de sainte Claire, pour y consacrer à son Bien- Aimé la fleur de sa pureté virginale.

Sa vie fut celle d'une sainte. Toujours occupée à prier et à se mortifier, elle s'efforçait, par tous les moyens, de ne jamais déplaire à son Jésus. Les sœurs avaient pour elle une estime et un respect sans bornes. Aussi fut-elle bientôt choisie pour fonder un couvent de Clarisses à Bergo, dans le Tyrol, et un autre à Roverodo. Elle administra longtemps ces deux monastères en qualité d'Abbesse, avec une scrupuleuse régularité et une douce rigidité, .donnant à ses sœurs l'exemple de toutes les vertus religieuses, mais surtout des vertus particulièrement chères à leur Mère sainte Claire. Chaque jour, elle s'approchait de la sainte Table pour se nourrir du pain de vie, du pain des forts, du pain des Vierges.

Durant la journée, elle passait de longues heures à prier et à méditer sur les souffrances de Jésus crucifié. Son cœur en était tout rempli ; comme une autre Thérèse, elle écrivit de ravissants

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25 MARS. — Vy.S. IKAWK-MARIK I>K 1, A CKOIX

morceaux sur ce sublime sujet ; on ressent, en les lisant, je ne sais cjuoi (le céleste, qui fait toiubc-r à genoux pour adorer le divin Crucifié et lui demander pardon des fautes qu'on a commises.

Klle recevait fréquemment la visite des anges, (jui, du haut du ciel, lui apportaient des chaiielets, des crucifix et des images miraculeuses. Ces objets merveilleux guérissaient les maladies, tant de lame que du corps, convertissaient les pécheurs les plus enracinés dans le crime, ins|)iraient à tous le culte et l'amour du divin prisonnier de l'Eucharistie.

Bientôt, la renommée de sa sainteté se répandit de tout côté, et l'on vint de tous les lieux pour lui demander des conseils. Des personnages considérables, l'empereur Léopold I" et sa femme Marguerite, Thérèse, infante d'Espagne, Maximilien-Henri, électeur de Cologne, l'archevêque de Paris, et nombre d'autres princes et dignitaires du siècle et de l'P^glise se firent un honneur de venir la visiter.

Telle fut la vie de la Vén. Jeanne-Marie de la Croix, jusqu'à lage de soixante-dix ans. Ses mortifications avaient diminué les forces de son corps, mais non celles de son intelligence ; elles semblaient, au contraire, se développer tous les jours davantage.

Après son pèlerinage, effectué sur cette terre dans la mortification et la pratique des autres vertus chrétiennes, cette sainte âme mourut pieusement dans la paix du Seigneur, le 25 mars 1673, laissant, après elle, le parfum d'une vie toute consacrée à Jésus. Ses religieuses la firent enterrer dans le caveau du couvent, ne voulant point se séparer des restes précieux de celle qui si longtemps les avait guidées dans la voie du renoncement et de la perfection.

.Sa cause de béatification a été introduite en cour de Rome.

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ViERCîE. 1)1" Tiers-Ordre Rkciiier (1682-1744)

Anna Maric-Crescence naquit le vingt octobre 1682, dans la petite ville de Kaubeuren, diocèse d Augsbourg. Issue de parents dépourvus des biens terrestres, mais dont la piété et l'honnêteté attiraient le respect et l'admiration universels, la petite enfant se fit remarquer dès l'âge le plus tendre par son amour de la prière et des choses saintes. Sa jeunesse se passe dans l'innocence, la simplicité et le calme. Près de Jésus-Hostie, elle demeure à genoux, immobile pendant de longues heures. Sous linfluence du divin amour, sa figure rayonne de joie et de bonheur : Jésus tn effet vient de se révéler à cette âme innocente, car, ainsi (]ue nous le lisons dans le procès de béatification, elle est initiée aux ineffables consolations dans des visions merveilleuses de l'Enfant Jésus et de son ange gardien, avec lesquels elle converse familièrement.

Douée dune intelligence facile et pénétrante, servie par une brillante imagination, Anne se distingue par une bonté excessive, ^j un cœur toujours prêt à se dévouer et à souffrir. Consolation de sa famille à l'intérieur du foyer domestique, ange de charité auprès des pauvres, elle ne recule devant aucun obstacle pour plaire à Celui qui, dans les ravissements de l'extase, lui avait dit : « Maintenant, je te choisis pour ma fiancée, ton cœur et mon cœur ne doivent plus faire qu'un. « En réponse aux avances de Jésus, et sous l'impulsion du Saint-Esprit, Anne fait le vœu de virginité. Quelques mois plus tard, à peine âgée de sept ans, elle avait lïnsigne faveur d'être admise au banquet eucharistique. Dès lors, toute la joie de cet « ange fait chair, » ainsi que l'appellera plus tard l'un de ses directeurs les plus éclairés, était de passer des heures entières en adoration devant le Très Saint- Sacrement. Son désir de la communion était tel que, dès deux heures du matin, elle se résidait à la porte de l'église. Plus d'une fois, au témoignage de son confesseur, il arriva que les portes s'ouvrirent d'elles-mêmes pour se refermer ensuite. Qui s'étonnera que cette âme privilégiée ait entendu de bonne heure, l'appel

5 AVRIL. — \i:t<. MAKIK-t KKSCKNCK ll(Ks>« 343

à la vie |)urfaite? A 14 ans, son ange gardien lui apparaît portant d'une main une croix rouge, de l'autre l'habit de saint l''ran(;ois : « Regarde, lui dit la vision, c'est l'habit (|ui t'est préparé.» Convaini^ue de la volonté divine, Anne ne peut reculer. Malgré les refus formels qu'elle éprouve, elle ne cesse d'espérer, et I )ieu dont les desseins sont imprévus, se servit d'un protestant pour ouvrir à cette âme les portes du cloître.

Toute âme, appelée au plus haut degré de la 'perfection, doit passer par le creuset de la souffrance et de la tribulation. Anne le sait. I^T croix rouge, qu'elle a vue dans les mains de son ange gardien, l'a avertie. Jésus lui-même vient préparer la jeune novice à l'orage qui va fondre sur elle : Anne le vit sortir de la cellule de la supérieure chargé d'une lourde croix. Dieu permit en effet que les supérieures se méprissent sur les vertus de sa servante et exerçassent à son égard une excessive rigueur. Les religieuses induites en erreur s'éloignent, les confesseurs eux-mêmes, soit prévention, soit désir de l'éprouver, ne lui sont d'aucun secours. Dans cet abandon, notre Vénérable se voit en proie aux vexations diaboliques qui, secrètes au début, ne tardent pas à devenir publiques et manifestes aux yeux de tous. A ces tribulations s'ajoutent des souffrances plus pénibles encore. Dieu semble s'être retiré. Plus de consolations spirituelles, plus d'encouragement pour la prière ; c'est l'obscurité la plus complète. Scrupules, sécheresse désolante, angoisses de l'abandon, tentations violentes contre la foi et l'espérance, tel est le partage de celle que Dieu avait tirée d'entre les humbles et les pauvres, pour en faire la lumière et la consolation des riches et des puissants.

Dans l'épreuve à laquelle Marie Immaculée vient de mettre fin par une apparition, Crescence est demeurée inébranlable. L'humilité, l'obéissance, une paix et une sérénité extraordinaires furent le cachet distinctif de cette époque de la vie de notre héroïne. Sa force, elle la trouvait dans la croix : « Toute ma joie, toute ma vie, toute ma force consistent à souffrir et à aimer. Si avec le Christ, je me voyais clouée à la croix, tous mes désirs seraient satisfaits. »

L'épreuve une fois terminée. Dieu se plut à manifester la sainteté de sa servante, par le don de prophétie et la pénétration des cœurs. Maîtresse des novices pendant 10 ans, elle est élue su jérieure générale, en 1741. Celle qui autrefois était méprisée de tous, se voit aujourd'hui un objet d'admiration universelle. Non seulement les pauvres, les petits, mais les grands, les riches, les puissants, les prêtres, les évêques, les cardinaux eux-mêmes recourent à ses lumières. Crescence cependant se confond dans son humilité et, avec son séraphique Père, elle se regarde comme la plus indigne des servantes du Christ.

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6 AVRII..

B. t;i"iLLAUME dp: scicli

En 1742, Crescence apprit que son exil allait bientôt finir, et que dans deux ans, elle serait réunie pour toujours à son Bien- Aimé. L'amour qui depuis plusieurs années consumait son corps prend un nouvel élan, et la fièvre, résultant de cet amour, ne la quitte plus. Souvent on l'entend s'écrier : « Il n'y a rien de plus doux que Jésus, Marie et la mort. » C'est le 5 avril 1744, que Marie-Crescence entrait dans la céleste patrie et entonnait le cantique que seules les vierges peuvent chanter à la suite de Jésus.

Sa cause de béatification a été introduite en cour de Rome.

©. Guillaume ^c Scicli

Ermite, du Tiers-Ordre (1309- 1404)

On a peu de détails sur la vie que mena le B. Guillaume Cufiîtelli, pendant les années qui précédèrent sa conversion. En quittant le siècle, il prit l'habit du Tiers- Ordre et se retira dans une étroite cellule cachée au fond d'un bois, aux environs de Scicli, bourg à peu de distance de Xoto, en Sicile. Il servait le Seigneur dans la prière, les veilles et les plus effrayantes austérités. Mais une délicieuse oasis avait été ménagée par Dieu pour charmer son désert : c'était une chapelle, voisine de sa cellule, et dédiée à Notre-Dame de Pitié, dont le soin lui était confié. La charité des fidèles, et les légumes qu'il cultivait dans un petit jardin, suffisaient à son entretien.

Saint Conrad de Plaisance, fixé dans la grotte de Pizzonni, à une lieue de Noto, venait quelquefois le visiter : les deux ermites passèrent ensemble un carême entier sans prendre de nourriture, uniquement occupés de saintes oraisons et de célestes entretiens.

Bien que Cruillaume évitât le plus possible le commerce des hommes, il recevait avec charité tous ceux qui venaient chercher auprès de lui des consolations : sa compassion s'étendait surtout •aux pauvres qu'il assistait de tout son pouvoir et qu'il aimait à visiter dans leurs maladies. Le Seigneur le glorifia de nombreux miracles pendant sa vie et après sa mort.

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13 AVRII

H. M HKRT DE SARZIANO

(iuillauiiH- avait passe près de soixante-dix ans, dans les labeurs de la jK-nitenee, (juand les portes du ciel s'ouvrirent devant lui ; c'était le (juatre avril, 1404, il étaitàgé de quatre-vinj^t quinze ans. Les cloches de Scicli sonnèrent d'elles-mêmes pour annoncer son bienheureux trépas.

I*aul III béatifia ce serviteur de Dieu le vingt-sept juin 1537, sa fête se célèbre dans le diocèse de Note. — Les habitants de Scicli, préservés de la peste en 1570, par son intercession, le choisirent pour protecteur, et célèl)rent tous les ans sa fête, avec grande solennité, le dimanche /« a//>is. — On invoque le B. (Guillaume, pour la guérison des hernies et, en temps de sécheresse, pour obtenir la pluie.

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