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rKKrRK, Franciscain (1384-1450)
Au. temps où saint Bernardin de Sienne remplissait l'Italie du bruit de ses prédications, et saint Jean de Capistran le monde entier de la renommée de ses grandes œuvres, vivait dans l'Ordre Séraphique, un homme formé à leur école et digne d'être associé à des personnages aussi illustres. C'est Albert de Sarziano, une des gloires les plus pures, les plus splendides de la famille franciscaine, l'une des plus douces et des plus aimables figures de l'Italie au xv'" siècle.
Nous ignorons complètement le nom de sa famille. Il était de Sarziano, dans le pays de Sienne. A l'âge de 20 ans, il renonça entièrement au monde, où de sérieuses études et d'heureuses dispositions lui permettaient d'espérer un magnifique avenir, et entra dans l'Ordre Séraphique. C'onfié par Bernardin de Sienne aux soins du frère Ange, l'un des plus fervents religieux de la famille franciscaine à cette époque, il fit de rapides progrès dans la voie de la pénitence et dans l'étude des auteurs sacrés.
Albert fut bientôt le religieux le plus savant de son époque ; mais, nature timide et défiante de ses forces, il eût passé inconnu dans l'Eglise et au milieu des hommes, si la main vigoureuse de
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13 AVRIL. — h. ALBERT DE SARZIANO
Bernardin de Sienne ne l'eût lancé dans les grandes œuvres où ses vastes connaissances et sa haute vertu marquaient sa place.
Bientôt, son ardeur pour l'étude inspira quelque inquiétude à ses frères : ils craignaient de voir s'évanouir en lui, cette ferveur, cette humilité, cette piété tendre et suave dont le parfum les avait jusqu'alors réjouis : ils furent bien vite rassurés en voyant qu'il s'appliquait, avant tout, à lire les écrits des docteurs de l'Eglise. L'occasion s'en étant présentée, il attaqua vigoureusement cette littérature mondaine qui commençait à se répandre en Italie et menaçait les mceurs sous le nom de Retiaissance ; littérature dont les effets ont été si funestes à la religion, à la société, à la vie intime des familles : littérature qui a mis le monde moderne à la remorque des païens de la Grèce et de Rome, et nous a privés de cette mâle et belle littérature dont les siècles de foi contenaient les germes puissants, dont les livres saints offraient un si magnifique modèle, et qu'il eût été si facile de propager dans le monde catholique.
Albert fut aussi un des défenseurs renommés de la vie religieuse, que les nouveaux littérateurs attaquaient. Il la vengea noblement et ses écrits réduisirent au silence tous les suppôts que l'enfer avait suscités contre la religion catholique. L'enfer ne peut longtemps résister aux attaques terribles de la sainteté et à sa grande honte il doit battre en retraite devant le plus petit des élus du Seigneur.
Formé à l'étude de nos grands docteurs et stimulé par saint Bernardin, notre Bienheureux devint un éminent prédicateur. Il se fit entendre en plusieurs villes, tonna contre les désordres auxquels il voyait sa patrie en proie, prêcha la concorde au milieu des dissensions civiles et s'appliqua, comme son maître, à inspirer la dévotion au Nom sacré de Jésus, comme le moyen le plus propre à ramener la paix.
En 1435, Albert mandé à Rome par Eugène lY, reçut de lui Tordre d'aller à Jérusalem, afin de sonder les dispositions des chrétiens d'Orient. On est saisi d'effroi quand on pense à ces contrées désertes, arides, sans voies et sans ressources, qu'eut à parcourir notre saint religieux, pour répondre aux vœux paternels du chef de l'Eglise. Dieu seul connaît ses souffrances, ses privations, ses fatigues ; mais aussi, disons-le, Il ne l'oublia pas. Il l'accompagna de son regard et pourvut lui-même à ses besoins. Une fois, Albert avait passé deux jours sans une goutte d'eau pour se désaltérer sous un ciel brûlant ; il s'était jeté, exténué et abattu, sous un arbre dont le maigre feuillage pouvait à peine lui offrir un peu d'ombre, contre les rayons dévorants du soleil. Là, il se rappela les promesses que le Seigneur avait faites à saint François d'Assise de ne pas laisser ses enfants manquer
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13 AVRIL. — H. AI.KKKT DE SARZIANO
des choses nécessaires à la vie ; il fit entendre- alors une plainte amoureuse et s'éeria : « X'oici que je vais mourir, Seigneur, et ainsi je ne pourrai accomplir les ordres de votre Vicaire ; je ne pourrai ramener dans la voie du salut, les âmes (jui périssent au milieu tiu paganisme. Ah I mon Dieu, ayez pitié île moi. » Au même instant se présente à lui un beau jeune homme (|ui le salue dans sa langue natale et lui offre des aliments. Albert les accepte, répare ses forces, et puis demande à son bienfaiteur qui il est, et comment il se trouve en ces lieux déserts et arides. M Je suis, répondit le jeune homme, le Dieu qui a promis à François, son serviteur, de lui venir en aide en temps opportun. — Allons, ajouta-t-il, en lui frappant doucement sur l'épaule, ne vous défiez plus à l'avenir de ma miséricorde et de ma Providence, » et il disparut aussitôt.
Albert, après avoir rempli avec succès sa mission, revint dans son pays. Les honneurs l'accueillirent à son retour, les popula lions accouraient sur ses pas et lui témoignaient leur estime et leur amour.
Le jour de l'Assomption 1450, notre Bienheureux, après une vie de pénitence et d'amour toute employée au service de son prochain et de son Dieu, rendit sa belle âme à Dieu, à l'âge de soixànte-six ans ; il en avait passé 46 dans la vie religieuse. Saint Jean de Capistran vit son âme brillante et radieuse s'env>oJer vers le séjour des élus.
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î5. 3can be riDasôacio
Ermite, du Tiers-Ordre (1399)
Jean de Massacio naquit, dans le pays de la Marche, de parents hérétiques, qui le firent néanmoins élever dans la religion catholique.
Dès ses jeunes années, il reçut de Dieu des faveurs particulières. Il avait toujours sur ses lèvres le Pater Noster et la Salutation angéliqite. Ce zèle précoce se communiquait aux autres enfants qui le fréquentaient et Dieu le récompensa par un éclatant miracle. Une année, il y eut une telle disette d'eau pendant l'été que les fruits de la terre périssaient dans les champs. Jean, touché de la misère qu'il voyait à ses côtés, demande au Seigneur de venir au secours de ses compatriotes : puis creusant un trou dans la terre sèche et aride, il en fait jaillir une source abondante.
Cette source coule de nos jours encore, et se nomme, en souvenir du miracle, la source du B. Jean.
Jeune homme, Jean ne s'occupa plus que du salut de son âme et se retirant dans une caverne, que seule sa mère connaissait, il se livra à la plus austère pénitence. Sa mère allait tous les jours lui porter un peu de nourriture, qui consistait dans du pain et quelques fruits secs. Là, notre Bienheureux dut soutenir de cruelles et terribles luttes contre les ennemis de son salut. Ils usèrent de tous les moyens pour le faire désister de ce genre de vie. Ils cherchaient tantôt à le séduire par des peintures enchanteresses du monde, tantôt par des visions terribles ; ils allèrent même jusqu'à le frapper. Mais aidé de la force de Dieu, l'intrépide jeune homme surmonta la malice de ses cruels ennemi.s et les força par sa patience et sa résignation à s'éloigner de lui.
Il resta dans cette caverne jusqu'à la mort de sa mère ; alo^rs il se vit obligé de la quitter de temps à autre pour aller de porte en porte mendier son pain de chaque jour. Ayant connu, quelque temps après, l'Ordre Séraphique, il demanda la faveur d être admis dans le Tiers-Ordre. Cette grâce lui fut accordée. Sous l'habit de François d'Assise et guidé par sa règle, il fit de rapides progrès dans la voie de la sainteté et bientôt ce fruit était mûr pour le ciel. Après une longue et douloureuse maladie, il quitta ce monde le vingt avril 1399.
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24 AVRIL. — U. JKAN IIK l'RCKAM
Le Seigneur fit ronnaitit,- miraculeusement la mort de son lîdèle .serviteur. .\ peine eut-il rendu le dernier soupir (jue les (•|«)ches de l'abbaye de .Massacio, (|ui apj)artenait aux moines Camaldules. sonnèrent d'elles-mêmes. Les habitants de Massacio se demandaient a\ei' étonnement ce que cela pouvait être, lorsque (luelqu'un leur dit, qui' l'ermite Jean iju'on n'avait point vu sortir île sa retraite ck'puis plusieurs jours, était sans doute mort. On accourt à la grotte ; le .saint homme avait en effet (juitté cette terre. .Son corps était là à genoux, les mains croisées sur la poitrine et les yeux levés vers le ciel.
Le tombeau du Saint ne tarda pas à briller par les miracles qui s'y opérèrent. De nombreux malades y furent rendus à la santé. L'abbaye, oîi son cor[)s fut inhumé, fut plus tard donnée aux religieux franciscains.
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Franciscain, Akchevkoue de Cantorberv
Le Bienheureux vint au monde pauvre, comme son divin Maitje. Pieux, intelligent, il entra dans l'Ordre des Frères Mineurs, dès qu'il eut l'âge requis. .Ses progrès furent si étonnants qu'on l'envoya à Paris, étudier sous saint Bonaventure ; il en revint bientôt, pour occuper une chaire de théologie à l'Uni ver site d'Oxford, dont il devint ensuite Recteur.
Elu Provincial d'Angleterre, il parcourut à pied, non seulement cette vaste contrée, mais encore d'autres pays d'Europe. Très zélé pour l'observance de la Règle, assidu à la prière, avide de pénitence, il ne devait pas tarder à connaître la contradiction. Appelé à Rome, pour exercer la fonction de lecteur au palais pontifical, il fut accusé indignement auprès de saint Bonaventure, général de l'Ordre. Profondément affligé, Jean, à genoux devant un crucifix, se plaignait amèrement à Notre- .Seigneur de ces calomnies, soudain le crucifix s'anime et Jésus lui dit : » Et moimême, Jean, en quoi ai-je mérité d'être livré à des bourreaux et de mourir sur une croix ? Pourquoi ai-je dû boire le calice de ma
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