DEDICACE DE I. EGLISE DE STE-.MARIE-DES-ANGES
^^, en leur faveur, à la gloire de mon nom, car je vous ai établi ^1 pour le soutien de mon Eglise et le salut des nations. » ^'l Au milieu des merveilles qui le ravissaient, le Saint fit cette
prière : « Notre Père, Très-Saint, je vous supplie, quoique je ne ^ sois qu'un misérable pécheur, d'avoir la bonté d'accorder aux ^ hommes que tous ceux qui visiteront cette église reçoivent une ^ indulgence plénière de tous leurs péchés, après s'en être confessés W à un prêtre : et je prie la bienheureuse Vierge, votre Mère, l'avocate du genre humain, d'intercéder pour me la faire obtenir. » La ^ miséricordieuse Vierge intercéda et Jésus prononça ces paroles : W " François, ce que vous demandez est grand : mais vous recevrez ^ des faveurs plus grandes encore. Je vous accorde celle-ci ; je ^ veux néanmoins que vous alliez trouver mon Vicaire, à qui j'ai donné le pouvoir de lier et de délier, et (|ue vous lui demandiez en mon nom cette indulgence, n ^^ Le lendemain, François, accompagné de l'un de ses disciples,
^ se rendit à Pérouse, où se trouvait le Pape Honorius III, pour ^. lui exposer son humble requête. Le Vicaire de Jésus-Christ ^'1 écouta le Saint, accéda à son désir, mais il limita ainsi cette ; grande faveur : c Cette indulgence est accordée pour tous les ans, ^1 à perpétuité, mais seulement pendant un jour, n ^)l Saint François avait obtenu cette indulgence au mois d'octo-
#^^\ bre 1221, mais le jour n'était pas fixé. Or deux ans après, Notre- Seigntur apparut encore à notre Saint dans l'église. — François
prosterné devant le Seigneur lui dit : « Notre Père, Très-Saint, ^^ .Seigneur du ciel et de la terre. Sauveur du genre humain, daignez ^ par votre grande miséricorde, déterminer le jour de l'indulgence ^ que vous avez accordée pour ce saint lieu. )> Jésus-Christ lui ^j répondit qu'il voulait que ce fût depuis le soir du jour où l'apôtre I saint Pierre se trouva délivré de ses liens jusqu'au soir du lende- ^j main, 2 août, et les anges entonnèrent d'une voix solennelle le rf^ Te Deum, et comme saint François avait demandé de quelle ^ manière cela se pubherait et si on ajouterait foi à ses paroles, W, Notre-Seigneur lui ordonna d'aller se présenter à son Vicaire,
et d'emmener avec lui quelques-uns de ses compagnons qui ■^ rendraient témoignage de ce qu'ils avaient entendu, W Saint François partit pour Rome, obtint du Pape Honorius III
(^ qu'il confirmât l'indulgence. De plus le Souverain Pontife or- ^ donna aux évêques d'Assise, de Pérouse, de Todi, de Spolète,
de Foligno, de Nocera et de Gubbio de s'assembler à Sainte- ^; Mariedes- Anges au mois d'août de la même année, afin de ^Ë publier solennellement l'indulgence.
^^ Les évêques s'y étant rendus au jour marqué, saint François
^ prêcha au peuple avec une onction et une ferveur angéliques.
i II annonça ensuite l'indulgence plénière et perpétuelle qui était
2 AGIT. — l)HU< AfK 1>K I Kr.l IsK l>K ■> I K MAKIK- 1 »F>-AN< ;ES 305
accordée lians cette ù^\ se, en faveur de ceux «jui, à pareil our ^^ visiteraient cliaque année cette église. Les évê(iues ne voulurent i^j. point ijuc cette indulgence fût accordée à perpétuité ; ils ju- ,^. geaient qu'une concession aussi extraordinaire ne pouvait être ^ dans la pensée du Pape. Ils résolurent donc ensemble de ne l'annoncer que pour dix ans. L'évê<|ue d'Assise parla le premier, mais il répéta ce cju'avait dit saint Franc^ois, savoir (]ue l'indulgence était perpétuelle^ sans qu'il lui fût p(jssil)le de dire .[^ autre chose. Les autres évê(iues essayèrtnt de ne l'annoncer (jue pour dix ans, mais malgré eux, ils publièrent tous qu'elle était perpétuelle, et reconnurent ainsi lu volonté manifeste du Seigneur.
Depuis le jour oîi l'indulgence de la J\>rHo/uule fut solennellement établie par saint François et les délégués du Saint Siège, on vit aftluer chaciue année dans cet auguste sanctuaire un immense concours de fidèles tjui, conduits par la foi et la piété, venaient solliciter le pardon de leurs fautes. Saint Bernardin de Sienne affirme avoir vu à .Assise dans ces circonstances plus de cent mille hommes. On comprend ce pieux empressement des fidèles lorscju'on se rappelle l'excellence de l'indulgence, accordée par Jésu.s-('hrist lui-même, sur la prière de sa divine Mère.
Cette précieuse indulgence, .attachée d'abord à la seule chapelle de Saite-Marie-des-Anges, a été depuis étendue à toutes les églises de l'Ordre de saint François. Le Saint-Siège a accordé même (juelquefois à d'autres églises ce grand et précieux privilège.
L'indulgence de la Portioiuule a ceci de particulier, c'est qu'on peut la gagner autant de fois qu'on visite l'église à laquelle elle est attachée, depuis 2 heures de l'après-midi, la veille de la fête, jusqu'au coucher du soleil du 2 août. Ce privilège du Toties quoties est appuyé sur une ancienne tradition qui a été plusieurs fois sanctionnée par l'Eglise.
Le Pape Innocent XI permit d'appliquer ces indulgences, par voie de suffrages, aux âmes du purgatoire. On peut d'abord s'appliquer à soi-même quelques-unes de ces indulgences, car si on n'est pas assez disposé pour les gagner plhiierement, on les gagne au moins partielles, puis on applique les autres indulgences aux âmes du Purgatoire.
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FONDATKUR
De l'Ordre des Frères Prêcheurs
En l'année 12 16, le grand patriarche saint Dominique venait à Rome demander au Saint-Siège l'approbation des Constitutions de son Ordre. Or, une nuit qu'il était en oraison dans la Basilique de Saint Pierre, il fut ravi en extase et favorisé d'une merveilleuse vision : le ciel s'ouvrit à ses yeux et il vit le Christ, irrité contre la terre, brandissant trois dards enflammés et prêt à exterminer crois classes de pécheurs : les orgueilleux, les avares et les impudiques. Comme le Saint tremblait à cette vue, et cherchait un secours pour la terre contre la colère divine, tout à coup apparut l'auguste Mère du genre humain qui se jeta aux pieds de son Fils et implora le pardon des coupables, en présentant à leur Juge en courroux, deux hommes vêtus en mendiants : " Voici, dit la toute Puissante Médiatrice à son Divin Fils, voici deux fidèles serviteurs qui feront refleurir partout la foi et les vertus évangéliques.»
Dominique s'était reconnu pour l'un de ces deux pauvres, mais il ne connaissait pas le second : il sortait à peine de la Basilique, que son mystérieux compagnon venait au-devant de lui ; Dominique court à sa rencontre, l'embrasse avec transport, et les deux Saints se comprennent et s'aiment, bien que jusque-là ils ne se fussent jamais vus ni parlé ; Dominique raconte à François la vision dont il vient d'être favorisé, puis il ajoute : « Vous serez mon Frère, nous travaillerons ensemble ; demeurons saintement unis, et personne ne pourra prévaloir contre nous. » A partir de ce jour, un amour inexprimable unit les deux saints Patriarches : Dominique voulut que François lui donnât sa corde grossière, et il la porta depuis sous ses habits, comme le symbole du lien indissoluble qui devait l'unir à son frère d'armes dans le camp du Seigneur.
L'amitié ijui a uni les deux Saints pendant leur vie s'est perpétuée parmi leurs enfants : les Frères Prêcheurs et les Krères Mineurs ont travaillé de concert à la défense de l'Eglise et à la réforme de la société chrétienne : portant dans le monde entier le flambeau de la foi, il se sont rencontrés sur toutes les plages, sous tous les climats, et souvent ils ont cueilli ensemble la palme du martyre.
Pour garder, dans les traditions des deux Ordres, cette étroite union, un usage touchant a été établi, éternel mémorial de l'amitié des saints Patriarches : le 4 août, fête de notre Père saint Dominique, le Ministre (lénéral des Frères Mineurs se rend au couvent de la Minerve, afin d'y célébrer les ofifices solennels, et le 4 octobre, fête de notre Père saint F>an(;ois, le Maître Général des Frères Prêcheurs préside au couvent généralice des Frères Mineurs et célèbre, avec le successeur de saint François, la fête du Séraphique Patriarche, ("et usage se pratique également dans toutes les autres villes où les Dominicains et les Franciscains sont établis, à la seule différence qu'ici c'est le supérieur local, ou le Provincial, s'il s'y trouve, qui préside les offices.
Cette admirable fraternité des deux Ordres se retrouve jusque dans leur liturgie respective : les Frères Prêcheurs récitent, pour la fête de saint François, l'office propre du Saint que récitent les Frères Mineurs de l'Observance, et ceux-ci, pour la fête de saint Dominique, disent le même office que les Dominicains. Telles sont les touchantes traditions, tel est l'admirable héritage de fraternelle et indissoluble amitié que les deux grands Patriarches ont légués à leur innombrable postérité.
C'est la raison pour laquelle nous avons donné une place parmi Nos Saints au Patriarche des FVères Prêcheurs, que nous appelons d'ailleurs Notre Père saint Dominique.
La fête de saint Dominique se célèbre chez les Frères Mineurs, avec l'office propre des Dominicains et sous le rit Double de i'' Classe avec Octave.
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B. Chérubin ^c Spolcte
l'KÊTRE, FRAXl'lSrAI.N (1484)
Né dans l'île de Négrepont en Grèce, de parents originaires de Spolète, ville d'Italie, le bienheureux Chérubin fut, dès son enfance, doué des plus belles qualités morales et intellectuelles. A dix ans, il parlait parfaitement le latin, et à seize ans il terminait, après les cours les plus brillants, ses études de philosophie et de théologie. Jeune encore, il entendit la voix du Seigneur qui l'appelait à son service, et entra dans l'Ordre Séraphique.
Sa science le désignait naturellement pour la prédication ; il fut bientôt en effet chargé de porter la parole de Dieu aux villes et aux bourgades d'Italie. Tout d'abord. Chérubin parut s'inquiéter bien plus d'acquérir une vaine gloire que de sauver les âmes ; ses sermons ornés et fleuris étaient loin de respirer la vigueur et l'austérité de la prédication franciscaine. Beaucoup venaient l'entendre, mais peu se retiraient contrits et repentants. Ses supérieurs le lui firent remarquer ; et un jour, qu'il allait, avant de monter en chaire, demander sa bénédiction au \'én. Jean Bonvisio, son (iardien, le saint homme lui dit : « \'oulez-vous être encore le prédicateur arrogant et babillard, qui a la prétention d'embellir la parole de Dieu avec des ornements terrestres et impies ? Loin de moi alors 1 car je refuse de vous bénir, et je ne vous verrai plus avec plaisir qu'à partir du jour où vous prêcherez simplement et fortement, comme il convient à un ministre du Seigneur. Ce ne sont pas les louanges des hommes quïl vous faut chercher, mais leur amendement et leur conversion ; vous devez leur mettre sous les yeux, non pas des phrases plus ou moins brillantes, mais leuis péchés et leurs vertus, les peines ou les félicités éternelles qu'ils se préparent. »
La remontrance de son Gardien alla droit au cœur du jeune prédicateur, et le Père Chérubin, étudiant dès lors à fond les sermons de saint Bernardin, y trouva ce qui lui manquait et par suite opéra un très grand bien dans toute l'Italie. Son éloquence empreinte de là'simplicité et de la vigueur des orateurs franci.scains opéra des prodiges : nombre de jeunes gens des deux sexes, après avoir entendu quelques-uns de ses sermons, entraient dans
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4 AOU r — H. CIléKUHIN DKSPOli/lE 39«l
la vie religieuse ; les femmes de mauvaises mœurs faisaient pénitence ; les commer(;ants distribuaient aux pauvres leurs gains illégitimes ; en un mot, partout où il avait passé, régnaient en souveraines la piété, la justice et la charité.
Tout le temps (jue lui laissaient ses sermons, il l'employait à méditer, à prier et à travailler. << Pourquoi toujours étudier, lui demandait un jour le cardinal Jean Baptiste Labelli, ciui le connaissait et l'estimait heauccjup, depuis (juinze ou vingt ans ijue vous prêchez, n'êtes-vous pas bien assuré (jue ni les mots ni les pensées ne vous feront défaut? )> « ("'est vrai, répondit le saint missionnaire, mais pensez-vous qut la parole de Dieu ne doive pas être enseignée avec réflexion et recueillement ? Pour moi, je croirais commettre une faute grave et manquer de respect envers Celui (jui m'a envoyé, si je ne me préparais à chacun de mes sermons par une méditation et une oraison de sept ou huit heures. »
Conniient s'étonner ensuite de l'effet produit ? Quand le laboureur a bien travaillé son champ, la moisson est abondante, et celui qui sème beaucoup peut espérer de beaucoup recueillir.
C'est ainsi que le bienheureux Chérubin travailla à la vigne du Seigneur jusque dans la plus grande vieillesse, sans que ni l'âge ni les fatigues l'arrêtassent jamais, toujours enseignant la parole de Dieu, non seulement dans les villes, mais encore dans les villages qu'il traversait et sur les routes qu'il suivait. Pour le récompenser. Dieu lui avait accordé le don de prophéties et de miracles. A Bourg- Saint-Sépulcre, il rendit la santé à un paralytique en lui imposant les mains. Une femme jusque là stérile eut recours à lui : le saint lui donna sa bénédiction, et cette même année, il lui naissait un fils. A Florence il annon(;a au seigneur Antoine Malagoncelle que son fils, alors âgé de cinq ans, serait un jour un grand prédicateur et l'une des lumières de l'Ordre séraphique. L'événement vint confirmer la prédiction.
Cependant l'heure de quitter cette vallée de larmes avait sonné pour notre Bienheureux ; après avoir reçu les secours de la Sainte Eglise, il s'endormit dans la paix du Seigneur le 4 août 1484, au couvent de Notre-Dame des Anges. Il était âgé de soixante-et-onze ans.
Le Martyrologe franciscain seulement lui donne le titre de Bienheureux.
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IDcn. antoinc be Scalmati
Prêtre, Franciscain (1552)
Le Vén. Antoine naquit à Calatagirone, au royaume de Sicile, de la noble famille des Scalmati. Dès ses plus tendres années, il fut favorisé de grâces spéciales ; ses goûts en effet n'avaient rien de puéril, son cœur se trouvait disposé pour la vertu, avant d'en avoir parcouru les sentiers, et son esprit, en s'ouvrant aux premières lueurs de l'intelligence, était déjà illuminé des rayons de la grâce.
Aussi, personne ne s'étonna lorsque devenu orphelin, il vint frapper à la porte des Frères-Mineurs, demandant son admission dans l'Ordre. Son noviciat se passa dans la pratique des plus rudes mortifications. Quand il eut prononcé ses vœux il augmenta encore ses pénitences, il vécut pendant six ans de pain, de légumes et d'eau, ne faisant par jour qu'un seul repas.
Il avait attaché à sa discipline quatorze pointes de fer et il s'en fouettait jusqu'à ce qu'il tombât épuisé. Une planche lui servait de lit, une pierre d'oreiller ; son habit vieux et percé de mille trous, cachait à peine son cilice et ne le protégeait ni contre le froid de l'hiver, ni contre les ardeurs de l'été.
Il passait ses nuits, presque entières, au pied du Tabernacle, et que dire de son obéissance, de son activité et de son humilité ? Alors même qu'il exerçait les premières dignités de la province, il ne cessait pas d'aller recueillir les aumônes et de s'occuper avec les Frères lais de tous les travaux du couvent. Il visitait les pauvres, soignait les malades, accomplissait partout des merveilles de charité. D'un abord facile et doux, il accueillait avec bonté tous ceux qui imploraient son secours et il les renvoyait toujours avec une parole de consolation.
Comme il avait une grande réputation de vertu et de sainteté, il exerçait une immense influence sur les pécheurs qui venaient en foule demander le secours de ses lumières pour sortir de leur triste état.
Dans la pratique de toutes les vertus, aimé et estimé de tous, le Vén. Antoine parvint à un âge très avancé. Quand il sentit venir la mort, il demanda humblement pardon à ses frères des
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23 AOUT. — VKN. AM'.K IHCl l'A/ 4OI
mauvais exemples qu'il leur avait lioimés, et après avoir reru les derniers Sacrements, il échangea les tristesses de l'exil contre les joies de la patrie céleste, le 20 août 1552.
Les miracles (jui s'accomplirent a son l()ml)eau, aj(jutèrent encore à l'éclat de sa réputation. Pierre (lua/ar était, depuis quatre ans, perclus de tous ses membres, Klorir Lescatra, hydropicjue ; Mathieu Billia, malade d'une hernie ; Josepha Matinur, boiteux ; Patrouille Nomfo, paralytique ; Ange Cayniaco, aveugle de naissance : tous et bien d'autres encore recouvrent la santé par son intercession.
Ces miracles sont relatés tout au long danî les procès- verbaux rédigés sur l'ordre de l'évêque de Syracuse. Le corps du \én. Antoine fut enseveli dans le couvent de son Ordre. Le peuple de Calatagirone l'honore comme un saint et aujourd'hui encore imp'ore souvent sa toute puissante intervention.
PRKTRK, FRANCISI AIN (1596)
Ce saint religieux qui appartenait à une des familles les plus considérables de la Catalogne, naquit à Perpignan, au mois de novembre 1540, du noble Jean del Paz, baron de Saint-Marsal, et d'Anne Péricarde, son épouse. Ses parents songèrent de bonne heure à faire germer dans son cœur les pieux sentiments qui les animaient eux-mêmes, tout en ornant son esprit par l'étude des lettres.
Dès l'âge de 7 ans, on voyait en lui une gravité douce et na- J^ turelle, une remarquable sagesse dans les habitudes qu'il s'était formées. Avant de se rendre à l'école, il assistait, tous les jours, au saint sacrifice de la Messe avec une ferveur angélique. Il évitait la compagnie de ceux qui pouvaient le scandaliser, s'adonnait aux saints exercices de l'oraison et de la charité envers les pauvres.
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VEN. ANGE DEE l'AZ
Une vertu si précoce et déjà si solide ne pouvait manquer d'exciter l'infernale jalousie de l'esprit de ténèbres. Une malheureuse créature ne rougit pas de diriger d'audacieuses attaques contre la vertu du saint jeune homme. Mais Ange, sans perdre un instant, prend la fuite, court chez ses parents, et là humblement prosterné au pied du crucifix, il s'écrie : « O mon Dieu, ne permettez pas que je réponde à vos bienfaits par l'ingratitude et la perte du plus bel ornement de mon âme. » Le calme et la force lui furent rendus et il sortit victorieux de son premier combat.
Il avait environ quinze ans, lorsque la voix du Seigneur se fit entendre. Docile à l'appel de Dieu, il va demander l'habit de saint Franc^ois, au couvent même de la ville de Perpignan. Le baron del Paz, qui avait ignoré les desseins de son fils, ne put contenir sa colère lorsqu'il apprit l'entrée de son enfant au couvent des Frères Mineurs. 11 accourt et prodiguant les reproches et les menaces aux religieux du couvent, i! les contraint à lui livrer son fils qu'il emmène chez son beau-frère, chanoine de la cathédrale d'Elne.
Que peuvent les jugements des hommes contre les dispositions de Dieu? Le saint jeune homme disparut le lendemain et retourna secrètement au couvent de Perpignan, où il revêtit enfin les livrées du Pauvre d'Assise en 1556. Pour soustraire le jeune novice aux importunités de son père, on jugea prudent de l'envoyer au couvent de Barcelone. Nous croyons inutile de rapporter ici les scènes de violence que le baron renouvela dans le couvent de Perpignan et même les paroles de malédiction qu'il lan(^:a contre son fils, en apprenant son départ. Un an plus tard, le frère Ange prononc^ait ses vœux solennels.
Messire del Paz, informé de cet engagement irrévocable et n'espérant plus dès lors recouvrer son fils, sent son cœur paternel s'attendrir au récit des hautes vertus du jeune religieux. Il court à Barcelone et demande à voir son fils. Le frère Ange hésite un instant, mais à la voix de l'obéissance il se rend auprès de son père qui se jette en pleurant dans ses bras et le tient longtemps pressé sur sa poitrine. La grâce avait transformé le cœur du baron ; on devine les émotions et les consolations de son fils.
Quelque temps après, notre nouveau profès est envoyé à l'Université d'Alcala pour y faire ses études théologiques. Durant 3 ans, il se livre avec ardeur à l'acquisition de la science et bientôt il peut avec éclat soutenir des thèses public [ues. Il avait alors 25 ans. Dès cette époque, il devint tour à tour prédicateur, professeur, gardien et custode. Les charges ne sauraient l'arrêter dans la voie de la perfection religieuse, tout au contraire, elles
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st)nl i)^)Ui" lui comiiK' une cihclli.- iloiii il se sert {juiir a|)|)ruc"lier ■i] de plus pivsjla I >i\inité.
"*! Sixte-Quint, trappe par la cl()U( eur et l'humilité de l'homme
I de Dieu, reconnaissant ses excellentes intentions et sa haute 5 sainteté, l'appela à Rome et lui ordonna de faire une Exposition 2 sur ks tjuatn- Evangiles. Ce fut une dure épreuve pour le reli- ^ gieux : son obéissance cependant triompha de son humilité. Afm de travailler avec plus de cahiie, il se retire au couvent de ^1 Tivoli, et dans le court espace d'un an, sans avoir une grande bibliothèque à sa disposition, il composa 28 livres sur VEvan- ^1 gili-' '/(■ sainf Mathii'ii, et un traité sur La connaissance et P amour ^1 de Dieu. Comme dans ses nombreux ouvrages on ne remarquait 51 aucune rature ni correction, le père Zaragoza, compagnon du [ Maitre du sacré palais pour l'examen des livres du père Ange, en ^ témoigna sa surprise ; le saint religieux répondit avec une humble simjilicité : « Ce n'est pas moi (lui suis l'auteur de ce que j'écris ; mais le Saint-Esprit a soin de me faire connaître et même de me dicter les citations qui peuvent être utiles, comme il m'accorde la faveur de tomber du premier coup sur le tome et la page des auteurs qu'il m'inspire de consulter. «
La vie du \'énérable Religieux était remplie. Dieu daigna lui découvrir que l'heure de sa mort approchait ; dès lors le père Ange s'ai)pliqua avec une ferveur plus grande encore, s'il est possible, aux saints exercices de l'oraison et de la pénitence. Dans la nuit du 13 au 14 août 1596, notre Vénérable fut atteint de la maladie qui devait le mettre en possession de la bienheureuse éternité. Le 23 août vers neuf heures du soir, il rendait en effet son àme à Dieu. Bientôt tous les abords de la colline, où .j se trouvait le couvent, furent encombrés par la foule avide de vénérer dans la mort, celui qu'elle avait admiré durant sa vie. ^3 On baisait ses pieds et ses mains ; et nonobstant la présence des religieux, chargés de veiller auprès de cette précieuse dépouille, on dut revêtir jusqu'à cinq fois le corps de notre saint religieux, tant on était empressé pour emporter des morceaux de son vêtement.
Sa cause a été introduite à Rome.
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§. éabïifl-ittaria
l'RKiKE, Franciscain Fondateur de l'Ordre royal de l'Annonciade
Ce fervent serviteur de Marie naquit à Riom, 1 an 1463, de ^£ parents distingués par leur noblesse et leurs vertus. Il révéla, \)ç^ dès ses plus jeunes années, de précieuses qualités et un goût | . prononcé pour la piété.
Une année, le jour de l'Immaculée-Conception de la Mère de Dieu, il vint à l'église pour entendre un religieux de saint Fran- j^. çois ; le prédicateur parla de l'incomparable beauté de l'Imma- 1^ culée Peine du ciel, et de ia gloire réservée aux âmes pures j^^ qui auront marché sur ses traces. Ce fut pour le pieux jeune 1^ homme comme une subite révélation. Il s'échappe de la maison paternelle et va à Mehun-sur-Nièvre, puis à Amboise, demander aux Frères Mineurs la grâce de son admission dans l'Ordre ; ^ il avait seize ans, mais sa figure juvénile, son extérieur chétif et %^ délicat le firent juger incapable de supporter les rigueurs de la j^^ Règle franciscaine. L'épreuve était rude ; sans se décourager il i)Ç^ part à travers la Touraine et le Poitou et frappe au couvent des Frères Mineurs de Notre-Dame de la Font, près de la Rochelle. Cette fois, il est plus heureux ; touchés de .son courage et de sa persévérance, les religieux lui donnent les livrées Séraphiques.
Le jeune aspirant est au comble de ses vœux, il avance de vertu en vertu et devient bientôt pour tous un véritable modèle. Sa vie est une continuelle oraison, souvent il verse d'abondantes larmes en contemplant les mystères de la Passion du Sauveur et les douleurs de sa Sainte Mère. Sa dévotion à la divine Eucharistie étais si vive que, plus tard, en célébrant les saints mystères, j son visage se tran.sformait, s'inondait de larmes, et sa ferveur se \^^ communlcjuait à tous les assistants. ^^^
Profondément humble et mortifié, il chercha à fuir les hon- |^Ç^ neurs, il refusa plusieurs évêchés et ne consentit jamais, malgré ' sa science suréminente, à prendre le titre de docteur. Attentif à ne juger personne, il avait coutume de dire : « L'humilité a deux
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yeux au cœur, l'un pour voir ses propres défauts, l'autre pour voir les(}ualitc's cl autrui. »
Ses frères tenaient en .si grande estime sa sagesse, sa doctrine et ses vertus, qu'ils le portèrent aux premières charges de l'Ordre. 11 fut trois fois Provincial, deux fois \'icaire (iénéral des Frères Mineurs, et enfui Conuiiissaire général, 'loujours à la hauteur des divers ministères cjui lui furent confiés, notre Hienheureux ne cessa point île se dépenser pour les intérêts de l'Ordre et la dilatation du règne de Dieu.
La Providence le réservait encore pour une autre œuvre. La Très Sainte Vierge l'avait choisi pour coopérer à la fondation d'un Ordre qui devait lui être spécialement consacré. Il avait été appelé à succéder au Père Jean de la Fontaine comme confesseur de sainte Jeanne de \'alois, fille du roi Louis XI et épouse du duc tl'Orléans. On sait que ce i>rince, parvenu au trône sous le nom de Louis XII, obtint du Saint-Siège une sentence qui déclarait nul son mariage avec Jeanne de \'alois. La pieuse princesse, soumise et résignée, se retira à Bourges dans un château que l'on voit encore et consacra tous ses soins à la fondation de V Ordre de la l^ierge Marie ou de \ Annonciade. — Jeanne voulut que le Père (iabriel- Maria, son sage et pieux directeur, fût le protecteur, le visiteur et comme l'ange tutélaire du nouvel Institut, et que ses filles fussent toujours dirigées par les Frères Mineurs. I.e Père (iabriel composa la Règle des Religieuses de l'Annonciade et fit le voyage de Rome pour la faire approuver. Il dirigea l'Ordre pendant trente ans, après la mort de la glorieuse fondatrice, et c'est à juste titre qu'il en est considéré comme le second fondateur et le Père.
Notre Bienheureux avait toujours dans le cœur et sur les lèvres le doux Nom de Marie. Dans chacun de ses sermons, il ramenait à son sujet, avec beaucoup d'à-propos, un verset du Magnificat ou une partie de la Salutation Angéliijue. (^uand il s'agissait de louer la glorieuse Vierge ou de la défendre, son zèle s'enflammait et lui donnait de nouvelles forces. Un docteur osa un jour à Paris attaquer en sa présence l'Immaculée-Conception; le Père ( Iabriel s'anime aussitôt et défend si bien la cause de la Vierge Im-naculée, que le docteur subjugué par sa doctrine et son éloquence s'avoue vaincu.
Le Père (rabriel-Maria s'endormit dans le Seigneur, chez les Annonciades de Rodez, le 27 août 1532. Son culte s'est perpétué chez les Religieuses de l'Annonciade, à qui un décret d'Innocent X a permis de célébrer sa fête en ce jour.
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^ IDcn. BcrnarMn bc Calcnsana
Prêtre, Franciscai n (1653)
.(S Calenzana, village de l'île de Corse, eut la gloire de donner le
"^ jour au Vén. Bernardin. Son père Benoit Alberti, et sa mère J^ Honorée Benjamin étaient deux fervents chrétiens qui formèrent -SV-i le cœur de leur fils à la pratique de toutes les vertus. L'enfant I montra de bonne heure que son âme était une terre fertile où \ la semence ne resterait pas infructueuse. II se faisait principa- ^^; lement remarquer par une rare charité et une miséricorde extra- •(^ ordinaire envers les pauvres. Les nombreuses aumônes qu'il "^ distribuait en secret lui attiraient parfois de fortes réprimandes ^ de la part de son père ; mais Dieu voulut montrer par un miracle charmant combien lui plaisait la conduite du petit Bernardin.
Un jour, à Tinsu de son père, il distribue entre plusieurs pauvres, tout un tonneau de vin. Mais bientôt sa mère descendant à la cave pour faire ses provisions, trouve le tonneau com- <{^ plètement vide. Elle comprend que c'est l'œuvre de son fils ^j et sur le champ lui fait une forte réprimande. Mais l'enfant répond avec douceur : u Mère, allons voir, le tonneau ne doit pas être vide. )> La mère redescend au cellier accompagnée de son fils et à sa grande stupéfaction elle trouve la futaille remplie /Si de vin excellent et généreux.
"*"' A la mort de sa mère, son père voulut le fiancer à une char-
mante jeune fille dont la vertu donnait encore plus d'éclat à la beauté naturelle, mais Bernardin va frapper à la porte d'un couvent de franciscains et là revêt les livrées du Patriarche d'Assise. Benoît Alberti apprenant la détermination de son fils, oublie ses sentiments chrétiens, et, furieux, il court chez les Frères-Mineurs redemander son fils. Bernardin ne s'émeut point de l'agitation de son malheureux père, et paraissant à une fenê- ^t| tre en habit de religieux, il lui déclare que sa résolution est ^ i prise et qu'il préfère à la riche fiancée qu'on lui promettait, la bure grossière de saint Frantj-ois.
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0 SKI'TKMBRE. — • VEN. HBRNARUIN DK (ALBNZANA
CependuiU craignant pour ses frères en religion le ressentiment de son père, il s'éloigne et va dans un couvent lointain du même Ordre chercher la paix et la trantiuillité ([u'il désirait depuis si longtemps. Après avoir prononcé ses vœux, il se met avec artieur à l'étude de la philosophie, mais bientôt affligé par de longues et douloureuses maladies il dut interrompre ses cours. Il profita de ce contre-tem|)s jjour travailler de plus en plus à l'œuvre de sa .sanctification.
Plus tard, il fut tour-à-tour maitre des novices et (iardien. Dans l'exercice de ses fonctions, il se montra toujours doux, ferme, prévoyant et très zélé pour l'observation rigoureuse de la Règle et des cérémonies du culte divin. Sa .sollicitude s'étendait aussi aux nécessités de la vie matérielle. -Sa dignité de (iardien ne l'empêchait pas d'aller lui-même recueillir des mains des fidèles les aumônes nécessaires à l'entretien de .ses frères. 1 )ieu l'en récompensa par un magnifique et éclatant miracle. Un jour il revenait de ( "alvo, où il était allé pour se procurer un peu de poisson ; comme on n'avait pu lui en donner, notre Vénérable s'approcha du bord de la mer, plongea dans l'eau sa besace vide, et à la grande surprise de son compagnon, la retira remplie de beaux poissons.
Il mourut au mois de septembre 1653. Il était âgé de 62 ans. Les .miracles nombreux et éclatants qui eurent lieu à son tombeau répandirent dans toute la Corse la renommée de son éminente sainteté, et ses compatriotes attendent avec impatience sa béatification.
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B. ffionencontre
Prêtre, Franciscain (1230)
Le frère Filipontini, connu en France sous le nom de Bonencontre, était un prêtre romain qui, touché des vertus de François, renonça au monde pour s'attacher à l'illustre serviteur de Dieu et embrasser son genre de vie.
Vers l'an 12 12, un noble et pieux Seigneur, Guillaume F' de Chauvigny, baron de Châteauroux en France, revenant de la croisade, s'arrêta à Rome. Il entendit parler de saint François, de ses disciples, de ses miracles et de sa vie merv-eilleuse, et il désira le voir. Il le vit et, comme tous ceux qui l'approchaient, il subit la douce influence de sa vertu ; il admira sa haute pauvreté, son entier détachement des choses terrestres, son zèle pour les intérêts de Dieu. Il crut qu'il rendrait un grand service à sa ville de . Châteauroux, s'il pouvait lui donner quelques-uns des disciples de ce saint homme.
Guillaume fit part au serviteur de Dieu de son désir. François s'était jusqu'alors borné aux missions d'Italie, malgré sa volonté bien arrêtée de disperser ses enfants sur un théâtre plus vaste. La demande du pieux croisé lui sembla inspirée par cette Providence paternelle dont il reconnaissait tous les jours les attentions miséricordieuses. Filipontini était prêtre : François jeta les yeux sur lui, et probablement, selon son habitude, il lui adjoignit un frère comme compagnon.
Guillaume quitta l'Italie, plus fier du résultat de ses entretiens avec François d'Assise que de ses succès parmi les Musulmans. La piété, la modestie et la douceur de ces religieux affermirent son estime pour le nouvel Ordre ; puis, quand, arrivé à Châteauroux, il présenta le prêtre itahen à sa famille et à son peuple, et fit connaître quelles merveilles François et ses enfants opéraient ^ dans les provinces au-delà des monts, tous, émerveillés de l'air vénérable et de la pauvreté du saint religieux, s'écrièrent : (f O prince, quelle bonne rencontre vous avez faite ! « Filipontini, qui, peut-être, dut à ce dernier incident d'être appelé Bonencontre, s'occupa activement de la construction de son couvent et de j l'éghse, secondé par le généreux seigneur de Châteauroux. Trois
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II SKI'TBMHRK. — B. HONRNlONTRB 4(X)
ans plus tard, le i " mai i 2 i<), ( lirard de Cros, archevêque de Ht)urges, vint cDiisacrer l'église des l-'ranciscains et bénir leur maison encDre inachevée. Ce fut un jour de fête solennelle pour la ville, un jour de douce lonsolation pour Bonnecontre et son illustre protecteur, (''était probablement la première demeure élevée en France par les enfants de Franc^ois. Des novices vinrent se ranger sous la conduite du Franciscain de Châteauroux et, en peu de temps, il fonda une communauté fervente. En même temps d'autres disciples de Franc^ois traversaient les montagnes et allaient se fixer dans la province de Narbonne. Dix ans plus tard, le couvent de Chàteauroux eut le bonheur de voir dans son cloître un hôte illustre, c'était saint Antoine de Padoue. Sa présence fut pour Bonencontre et sa communauté une bénédiction du ciel. Les conseils, les exhortations de ce grand serviteur de Dieu, éclairant les esprits, embrasaient les cœurs et les remplissaient de zèle.
Ce zèle et cette ardeur, l'exemple des vertus (jue Bonencontre offrait à ses frères et au peuple, les excitaient également, car, favorisé du don des miracles, le Bienheureux jouissait d'une grande réputation de sainteté parmi les peuples (\u\ se confiaient en ses prières et allaient à lui comme à un saint.
Bonencontre s'endormit du sommeil des justes, le 4 octobre 1 230. Son corps fut déposé dans l'église bâtie par ses soins et de nombreux miracles accrurent après sa mort la renommée de sa sainteté. Les fidèles honorèrent sa mémoire avec une religieuse ferveur, et, jusqu'à la funeste révolution de 1793, le culte du serviteur de Dieu persévéra à Chàteauroux. Ses restes furent respectés durant la tourmente, et de nos jours des démarches ont été faites pour faire reconnaître son culte.
Puisse l'Ordre Séraphique compter bientôt en lui un Bienheureux de plus à mettre sur les autels !
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Les circonstances du prodige de la stigmatisation nous sont ainsi racontées par saint Bonaventure. Ce prodige s'opéra en l'année 1224, sur la montagne de lAlverne.
« Un matin, c'était vers \a./ête de f Exaltation de la Sainte- Croix, pendant qu'il (saint PVançois) priait sur le versant de la ^ montagne, il vit descendre des hauteurs célestes un Séraphin aux '^ six ailes de feu toutes resplendissantes. Conduit bientôt, par la "^ rapidité de son vol, tout près de l'homme de Dieu, l'Esprit de- ^^ meura suspendu dans les airs. Alors entre les ailes du Séraphin ^ apparut un homme crucifié ; ses mains et ses pieds étaient étendus et attachés à une croix. Deux de ses ailes s'élevaient auj dessus de sa tête, deux autres étaient étendues pour voler et les deux dernières couvraient son corps. A cette vue, le Saint de- •^ meura dans un étonnement indéfinissable, et son cœur éprouva
un sentiment de joie mêlé de tristesse. Il se réjouissait d'un aussi admirable spectacle, où le Seigneur, sous la forme d'un Séraphin, contemplait son serviteur, et son âme était transpercée d'un glaive de compassion douloureuse en le voyant ainsi attaché à la croix. Une vision si insondable le jetait dans une anxiété profonde, car il savait que l'infirmité de la Passion n'était aucunement { compatible avec l'immortalité d'un esprit séraphique. Enfin il ( comprit par une illumination céleste que la Divine Providence <!^ lui avait permis de jouir d'une telle faveur pour lui apprendre à ^^ lui, l'ami de Jésus-Christ, (ju'il devait se transformer, non par le ^^ martyre du corps, mais par le feu de l'amour, en la ressemblance J^ du Sauveur crucifié. La vision disparut, mais elle laissa dans son ^1 cœur une ardeur merveilleuse et dans sa chair la trace non moins -v^j merveilleuse de l'empreinte divine : soudain commencèrent à paraître dans ses mains et dans ses pieds les marques de clous, telles qu'il les avait vues tout à l'heure dans le crucifié offert à ^ ses regards. Ses mains et ses pieds semblaient transpercés de ces
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17 SRITKMHKK. —II. l'AUl l>K IKINCl 4I I
clous, leurs têtes apparaissaient à l'intérieur des mains et sur les pieds, et l'on voyait sortir leurs pointes à la partie opposée. Ces têtes étaient noires et rondes, les p(jinles longues et comme recourbées avec effort ; après avoir traversé la chair, elles en demeuraient tout à fait distinctes. Son côté droit portait aussi l'empreinte d'une cicatrice rouge comme s'il eût été transpercé d'un coup de lance et souvent le sang s'écliai)pait en telle abondance lie cette plaie (jue ses vêtements en étaient imprégnés. »
Le lieu vénérable qui fut le théâtre de ce prodige, nouveau Calvaire de saint Fran(;uis, est situé en 'l'oscatie, |)rès d'Arezzo, et est appelé la montagne Séraphi(|ue, la montagne des Anges ou enfin le Mont Alverne. On y voit trois églises occupées par les Franciscains, (|ui conservent aussi, à Florence, l'habit que portait saint Franc^ois lorsiju'il fut stigmatisé.
La fête des Stigmates établie d'abord dans l'Ordre de saint François en 1337, a été depuis étendue à l'Eglise entière.
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B. Ipaul bc Zvxncx
Krkkk Lai, Franciscain (1309- 1390)
Le B. Paul, appelé aussi Paiikt à cause de la petitesse de sa taille, naquit à Foligno, en 1309, du comte de Vagnotio de l'rinci, seigneur de F"oligno, et d'Octavie, issue des princes Orsini. A lage de quatorze ans, l'héritier des Trinci dit adieu au siècle et à ses espérances pour revêtir l'habit de saint François au couvent de sa ville natale, où il voulut être admis comme frère lai, malgré le fini de son éducation et l'éclat de sa naissance. On vit alors ce jeune seigneur, devenu pauvre volontaire, mendier de porte en porte dans cette même ville où sa naissance lui destinait le premier rang. Sa vie se passa dans les exercices de l'humilité, de la pénitence et de la prière, il fut élevé à un très haut degié d'oraison, et Dieu le favorisa du don des miracles, comme de la joie du ravissement et de l'extase. Jit Ce grand serviteur de Dieu ne cessait, dans ses prières, de supplier le Seigneur de faire vivre de plus en plus, dans l'Ordre,
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/h 412 17 SEPTEMBRE. — B. PAUL DE TRINCI
ya l'esprit du Séraphique Patriarche. En 1368, comme il avait
■^ atteint soixante ans, Dieu lui inspira de continuer l'œuvre de
■^ réforme de son maître Jean de Vallé. Par l'entremise de son
I frère Hugolin de Trinci, seigneur de Foligno, il obtient le petit
^' couvent de Bruliano, il s"y enferme et travaille à faire revivre les
■^, belles vertus qui avaient fleuri autour du berceau de l'Ordre. Le
^j B. Paul de Trinci, ne tarde pas à voir venir à lui un grand
j nombre de religieux désireux d'une vie plus parfaite, il en reçut
^ même de la France, et l'un d'eux le B. Pierre de Xarbonne
/^ fut plus tard martyrisé à Jérusalem en 1382.
I Dès l'année 1370, le Pape Grégoire XI, instruit de la vie
/sjl sainte que menaient les religieux de Bruliano, leur adressa
■^ d'Avignon une bulle, en date du 28 juillet, qui fut la première
•(g, accordée à VObservance. Le Ministre Oénéral, permit au B.
I Paul de Trinci de prendre pour ses religieux plusieurs autres
^; couvents, si bien qu'en 1387, le B. Paul fut nommé commissaire
■^ général pour les quinze communautés qu'il avait établies et
^ pour celle qu'il établirait à l'avenir. Le B. Paul de Trinci ne
^. s'en occupait pas moins avec ardeur à réconcilier les pécheurs
^î avec Dieu. Les larmes qu'il versait pour obtenir leur conver-
/^ sion étaient continuelles, de sorte qu'à force de pleurer nuit et jour les péchés des chrétiens, il en devint aveugle. Il sup-
^1 porta la perte de la vue avec une patience admirable et s'ap-
'*"" pliqua avec une nouvelle ardeur à la contemplation des choses du ciel. X"e pouvant plus faire la visite de ses couvents, il recevait avec joie ses enfants qui venaient recevoir ses paternelles instructions. Avant de mourir, il se retira à Foligno, et fit
"(sSl encore une fois, quoiqu'aveugle, le pèlerinage d'Assise afin de
j remercier son Séraphique Père des grâces qu'il reconnaissait
ya! avoir obtenues par son intercession.
■^ De retour à Foligno, la fièvre le saisit pour ne plus le quitter.
^S Sentant que son exil sachève, il demande les derniers sacrements et les reçoit avec une piété angélique au milieu des san-
^. glots des nombreux assistants. Il veut alors être étendu sur la
■^i terre nue pour y mourir comme saint François. Croisant ses
j bras sur sa poitrine, il expire, le sourire sur les lèvres, en pro-
jA nonçant les noms de Jésus et de Marie. C'était le 17 septembre
^[ 1390, notre Bienheureux, avait quatre-vingt-un ans.
^\ Il fut enterré à Foligno. Dieu se plut à honorer la mémoire de son serviteur par de nombreux miracles.
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.3 3nvcntion ^u corpe ^c SStc Claire ^'Bc1t?i6C
Le ^3 septembre 1260, le corps de sainte Claire fut transféré solennellcnietit dans l'église qui venait d'être construite à Assise en son honneur, par le Frère Mineur Philippe de Campello, célèbre architecte de l'époque. Le sacré dépôt avait été placé sous le maître-autel de cette église ; il y reposa, profondément caché, pendant près de six siècles, comme l'avait été le corps de saint François sous le maître-autel de la Basilique. Ces grandes précautions s'expliquent assez par les guerres qui ensanglantaient l'Italie au xiiT siècle.
En 1820, le corps du Séraphique Patriarche avait été découvert à la grande joie de l'Eglise entière. Les pieuses filles de sainte Claire conclurent le désir de tirer de l'obscurité du tombeau le corps de leur glorieuse Fondatrice ; elle s'adressèrent à l'évêque d'Assise qui, après en avoir obtenu l'autorisation du Saint Siège, sempressa de se rendre à leurs pieux désirs. Les fouilles commencèrent le 23 août 1850, et, après sept jours de travaux, on mit à découvert le tombeau de pierre qui renfermait les restes vénérés de la Sainte. L'évêque d'Assise convoqua aussitôt les évêques de l'Ombrie, pour venir assister à l'ouverture du sépulcre, et procéder à la reconnaissance des reliques. Cette cérémonie eut Heu le 23 septembre. Les évêques descendirent dans le caveau qui avait été pratiqué, le couvercle du tombeau fut descellé et ôté en leur présence et le corps de sainte Claire apparut aux regards de tous. La reconnaissance juridique étant terminée, l'archevêque de Spolète entonna l'hymne d'action de grâces, et la ville entière célébra, par des fêtes publiques, un si heureux événement.
Les restes précieux de sainte Claire furent confiés à ses filles, jusqu'au jour où l'on aurait terminé la crypte destinée à les recevoir. En 1820, le corps de saint François, une fois découvert, avait été placé dans une crypte pratiquée au lieu même où il avait reposé pendant près de six siècles ; de même, en 1850, une crypte destinée à recevoir les restes vénérés de Claire sera pratiquée "dans le réduit obscur qui les avait abrités durant le
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-El TEMKRE.
iAUTHIER DE BRUGES
même laps de temps : ce sera là un nouveau trait de ressemblance que la sainte aura avec son bienheureux Père.
En raison des malheurs des temps, la crypte ne put être terminée qu'en 1872, et, c'est le 3 octobre, jour anniversaire de la première translation, que le corps de la Sainte put y être déposé. La cérémonie se fit avec une grande pompe et au milieu d'un concours immense de peuple : elle fut présidée i:>ar le cardinal Pecci, archevêque de Pérouse, qui, comme Pape, devait être plus tard limmortel Léon XIIL
La fête de l'invention du corps de sainte Claire a été fixée au 23 septembre. Elle se célèbre chez les Frères Mineurs et chez les Clarisses.
IB, Gauthier ^c 36nuiC6
Evêque de Poitiers, Franciscain
Le B. (iauthier de Bruges, entré tout jeune dans l'Ordre, étudia au couvent de Paris, y prit le grade de docteur et fut ensuite nommé provincial de la Province franciscaine de Tours. Peu après, il fut choisi par les chanoines de Poitiers pour occuper, comme évéque, le siège devenu vacant.
L'humble religieux déclina dabord cette dignité et il fallut un ordre exprès du Pape Nicolas III, pour le forcer à accepter. Le B. Gauthier avait été jusque-là, le modèle du religieux, il devint le modèle du Pasteur.
Le Seigneur le favorisa du don des miracles : il guérit des aveugles, des paralytiques, des épileptiques : pendant qu'il célébrait la sainte Messe, on vit souvent une blanche colombe se reposer sur sa tête.
Le Cardinal Pie parle en ces termes du courage et de la sainteté de cet admirable prélat : " Le B. Gauthier de Bruges, prélat d'une activité et d'une bravoure égales à sa sainteté, eut l'honneur d'exciter la colère et de s'attirer les sarcasmes et les rigueurs du despotique monarque (Philippe le Bel) comme il eut le mérite d'imiter le Pape, saint Célestin, en quittant une dignité qu'il n'avait point cherchée. »
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