‹ Nos saintsChapitre 89 sur 105 · II. (iAU 1 IIIKK liK HkUi.K · texte numérisé non relu

II. (iAU 1 IIIKK liK HkUi.K

Pendant son épiscopat, le H. (lauthiereut un différend- à propos des droits de son église, avec Ik'rtrand de (iotli, archevc(iue de Hortleaux. Celui-ci devenu Pape, sous le nom de ( "lément V, crut licvoir le déposer. Le prélat se soumit aussitôt et rentra à son cher couvent de Poitiers, où il mourut l'année suivante. — A ses derniers moments, notre Hienheureux avait fait et écrit un appel contre la sentence de déposition prononcée contre lui. Après sr. mort, il garda en ses mains cette tédule d'appel. Le Pape Clément V, étant venu loger dans le couvent de Poitiers, on lui parla des miracles o[)érés par le B. (îauthier et de la mystérieuse cédule ; le Souverain Pontife voulut la voir, mais il fut impossible de l'enlever sans la déchirer. Le Pape alors lui fît enjoindre, sous peine de désobéissance, de donner la cédule, avec promesse de la lui rendre après l'avoir lue. Sur cet^ordre, l'évêque défunt ouvre la main et on apporta au Pape la cédule (jui l'appelait au tribunal de Dieu pour répondre de la sentence de déposition. (^)uelle ne fut pas la stupeur du Souverain Pontife ! Il fit faire au Saint une sépulture plus honorable, il se repentit de l'avoir déposé et mourut en effet au jour qui lui avait été annoncé. La précieuse dépouille du Bienheureux fut placée au pied du maître-autel. Ce nouveau tombeau devint un lieu de pèlerinage où s'opéraient d'innombrables miracles, et le Bienheureux y était en possession d'un culte immémorial qui subit une interruption en 1793, par ''^ suppression de l'église, mais ce culte se continua dans le Diocèse. Toutefois ce culte n'a pas encore été confirmé par le Saint-Siège. Ce Bienheureux avait travaillé à la Bulle : Exù'f qui seminat, dans laquelle Nicolas III donne une interprétation de la Règle des Frères Mineurs.

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Prêtre. Franciscain ( 1673-1744)

Ce fils de saint François, né en 1673, profondément humble, s'exerça pendant 40 ans dans le ministère apostolique des missions. Il n'y a pas un endroit dans le diocèse de Cunéo ou dans les pays voisins qu'il n'ait parcouru pour y semer la parole de Dieu, supportant avec bonheur, les fatigues et les souffrances de toute sorte. Sa prédication, fortifiée des lumineux exemples dont il l'appuyait, produisait tant de fruits que les disputes, les rixes, les jeux, les danses et le luxe immodéré des femmes disparurent presque entièrement des pays qu'il évangélisait.

Il mourut en septembre 1744, à Sainte-Marie-des-Anges, près de Cunéo. Il prédit, en mourant, la délivrance de cette ville alors assiégée par les troupes Franco-Espagnoles : l'effet suivit sa prédiction.

En 1881, la Congrégation des Rites se réunissait en présence de Sa Sainteté pour la troisième fois, afin de discuter sur l'héroicité des vertus de ce Vénérable serviteur de Dieu. Le diocèse de Cunéo et l'Ordre Séraphique, attendent avec impatience sa béatification.

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La glorieuse Vierge sainte Claire, était allée se réunir à l'Epoux céleste, le 11 août 1253. Les funérailles furent célébrées à Saint- Damien, par les Frères Mineurs, au milieu d'un concours immense de peuple et en présence du Pape Innocent IV.

Les magistrats de la ville d'Assise, jugeant que la petite église

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de Saint-Damien, n'était ni assez digne de la Sainte, ni assez sîire pour qu'on pût y Inisscr exposé un pareil trésor, ol)tinrent que s.i précieuse dépouille fût transférée dans les nuirs de la cité. Saint KraïK^ois avait été transporté, après sa mort, île Sainte- Marie-des- Anges à Assise, dans l'église Saint-t leorges, en attendant qu'on l'eût déposé dans la m:ignifi(|ue basiliciue élevée en son honneur ; sa fille spirituelle aura avec lui ce nouveau trait de ressemblance. Après la cérémonie des funérailles, le corps de la Sainte, porté par les Frères Mineurs, fut accompagné par le Souverain Pontife, le clergé et un peuple innombrable jusqu'à Assise, et déposé également dans l'église Saint-Georges.

Des miracles, tous les jours plus nombreu.x, s'opérant au tombeau de Claire, Alexandre IV, qui avait succédé à Innocent IV, fit examiner la cause et porta en 1255 le Décret solennel de canonisation.

Les habitants d'Assise, heureux de posséder un si riche trésor, sentirent le besoin d'élever à leur nouvelle patronne, un temple digne de leur piété et de ses vertus. L'église Saint-Georges était d'ailleurs trop étroite pour la multitude des pèlerins qui venaient chacjue jour se presser autour de ^on tombeau.

Sur les ordres du Souverain Pontife et à ses frais, Philippe de Campello, Frère Mineur et l'un des architectes les plus distingués de l'époque, s'occupa de construire une église digne de recevoir ce précieux dépôt. L'édifice fut achevé en 1260, et le 3 octobre, veille de la fête de saint François, fut le jour choisi pour la nouvelle translation de sa fille spirituelle.

Afin de donner plus d'éclat à cette solennité, le Pape y convoqua tous les évêques de l'Ombrie.

Le clergé se rendit dans l'église Saint-Georges, pour prendre le trésor qu'on y avait enfermé ; le tombeau fut ouvert et on y trouva le corps de la Sainte intact et sans le moindre signe de corruption. Puis le cortège se rendit processionnellement à la nouvelle église construite en l'honneur de la Sainte, où son corps fut déposé dans un tombeau de pierre qu'on avait creusé sous le maître autel, à une grande profondeur.

Les filles de sainte Claire quittèrent alors Saint-Damien, pour venir habiter le monastère qui leur avait été construit auprès de la nouvelle église : depuis six siècles, elles sont là pour garder le tombeau de leur glorieuse Fondatrice. L'église de sainte Claire fut consacrée en 1265 : Clément IV, étant venu visiter le tombeau de la Sainte, chargea le Cardinal Rodolphe de faire cette cérémonie ; mais il voulut lui même consacrer le maitre autel. La fête de cette translation se célèbre en ce jour dans tout l'Ordre.

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Comme Notre-Seigneur eut durant sa vie mortelle, des apôtres et des disciples auxquels il révéla ses mystères et communiqua son Esprit, afin den faire les pierres fondamentales de l'Eglise, ainsi François d'Assise, le Christ de FOmbrie et le restaurateur de la vie évangélique, eut ses disc!|)les de choix, auxquels il inspira sa .pensée et qu'il destinait à être les continuateurs de son œuvre. La Providence, dont l'action divine est si visible aux débuts de l'Ordre Séraphique, favorisa également sous ce rapport le Séraphique Fondateur, et groupa autour de lui toute une pléiade de saints personnages (jui seront le modèle des générations franciscaines, jusqu'à la fin des temps.

Ces amis, ces disciples de Notre Séraphique Père, ces témoins de sa vie glorieuse, nous voulons qu'ils lui .soient unis jusque dans cet humble travail, c'est pourquoi nous les associons tous, en cette date du 4 octobre, à la fête de Notre Bien-aimé Père.

Tous ceux qui ont lu la merveilleuse ^'ie du Séraphique Patriarche connaissent leurs noms. Ces noms de fr. Léon, la petite Brebis du bon Dieu, de fr. Junipère, de fr. Ruffin et des autres, qui pourrait les oublier ? Ils respirent tant de poésie gracieuse et de piété naïve,' tant de simplicité et d'héroïsme! Redire les merveilles et les travaux (jui ont rempli la vie de ces saints personnages, alors qu'ils étaient en compagnie de leur Maître, telle n'est pas notre intention. Tout le monde les con naît. Mais que sont devenus ces héros, après la mort de leur Père ou dans les missions qu'il leur a confiées ? \'oilà ce que beaucoup ne savent pas et ce qui intéresserait pourtant la piété des lecteurs.

Si l'Eglise n'a solennellement décerné les honneurs des autels qu'à un seul de ces premiers disciples de saint Fran(^ois, au frère Egide d'Assise, la mémoire de tous est cependant en vénération

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4 OCTOBRE. — I.K^i BB. COMI'AGNONS DK N. S. l'icRK s'. KRAN(;OIS 419

tians !'( )rtlrf 1 1 parmi les peuples. — Le Martyrologe franciscain leur tlt)niK' ilr temps immémorial Ir titre de Hienluureux.

I, 'aine de notre grande famille est Bernard de Quintavalle. Le premier, il comprit et admira la sainte folie de Kran- (;ois, alors que les hommes en faisaient l'objet de leurs railleries; « le premier, dit le Dante, il se déchaussa pour courir à la suite de la pauvreté et tout en courant il lui semblait marcher avec lenteur. » — C'était en 1 209 ; comme son maitre, Bttrnard était d'Assise. Envoyé à Bologne, il inspira par son humilité, sa patience merveilleuse et sa pauvreté, l'estime et la vénération pour son Ordre naissant. En Lombardie, il édifia également les peuples et bâtit plusieurs maisons franciscaines. En Espagne, se rendant au tombeau de saint Jacques de Compostelle, il fut averti miraculeusement des tentatives téméraires de frère Elie. Au milieu des ardeurs de son union avec Dieu, son âme demeurait souvent en proie à des aridités désolantes et terribles ; divinement instruit des épreuves de son cher disciple, François d'Assise en fut effrayé ; mais Dieu lui montra le nom de Bernard écrit sur le livre de vie.

Bernard fut fidèle à toutes les prescriptions de la Règle et résista à toutes les innovations, aussi vit-il arriver la mort sans crainte.

En ce moment, son visage devint brillant et lumineux, une allégresse toute sainte inonda son âme ; mais déjà elle était entre les mains des anges. Deux religieux la virent s'élever vers le ciel. Bernard avait vécu 32 ans dans l'Ordre Séraphique : il mourut en 1241, entouré de la vénération de ses frères, comme un disciple parfait de saint François.

A côté de Bernard, il convient de placer Pierre de Catane, chanoine d'Assise. En effet, le jour où Bernard se rendait à l'église pour consulter Dieu sur ce qu'il avait à faire, Pierre se joignit à lui et à François, se démit lui-même de ses biens, et tous deux reçurent l'habit de Frères Mineurs, le 10 avril 1209.

Pierre devint un des hommes de la droite du saint Patriarche, il fut à plusieurs reprises son Vicaire Général dans le gouvernement de l'Ordre et un de ses plus humbles enfants. François lui donnait ses conseils comme à un fils d'obéissance. Il lui

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