‹ Nos saintsChapitre 91 sur 105 · OCTOBRE. — LES BB. COMPAGNONS DE N. S. PERE S. FRANÇOIS · texte numérisé non relu

OCTOBRE. — LES BB. COMPAGNONS DE N. S. PERE S. FRANÇOIS

Entré dans l'Ordre en 12 10, Junipère s'appliqua avec un grand courage à la patience, à l'humilité, au mépris du monde et de lui-même, et à l'aide de ces vertus il arriva à une paix inaltérable. Sa charité pour les pauvres était sans bornes, pour eux il sacrifiait tout, jusqu'à ses vêtements. Sa vertu faisait trembler les démons.

Junipère parvint à une grande vieillesse, il reçut des faveurs extraordinaires. Un jour qu'à l'église, il était ravi en extase durant plusieurs heures, il vit la félicité préparée aux élus. Revenu à lui-même, il s'écriait : (f O mes frères, pourquoi ne pouvonsnous supporter un peu de travail pour acquérir la vie éternelle?» Il mourut à Rome le 4 janvier 1258 et fut inhumé au couvent de VAra-Cœ/i.

Frère Sabatino. L'extrême abnégation du serviteur de Dieu, François, l'avait touché, et sans se soucier des moqueries du monde, frère Sabatino demanda à s'adjoindre à la petite famille du Poverello d'Assise. — Dans la suite Sabatino accompagna son bien-aimé Père à Rome et fut comme ses frères envoj'é prêcher dans les contrées voisines d'Assise.

En 1 2 1 9, lorsque François voulut aller en Orient, Sabatino fut l'un des douze qui accompagnèrent le saint Fondateur ; à son retour il vécut de longues années dans l'Ordre, qu'il édifia par ses hautes vertus. Il mourut à Rome, et fut inhumé au couvent de VAra-Cœ/i.

Le bon Frère Massée occupe aussi un rang distingué entre les plus éminents disciples de saint François. Il était de Marignan et il entra dans l'Ordre en 12 10. Sa douceur, son aménité, le charme de son langage, lui gagnaient tous les cœurs. Aussi saint François lui confia les ministères les plus difficiles, en même temps que les plus contraires à ses inclinations, afin de l'établir solidement dans l'humilité. Le Frère Massée, à cette école, apprit à aimer le recueillement, la retraite, la vie contemplative, ce qui ne l'empêchait pas de mendier dans la ville pour les frères, de répondre à la porte aux étrangers et de préparer les repas.

Il jeûnait tous les jours et ne faisait qu'un repas, sc^n sommeil était de deux heures, puis il consacrait le reste de la nuit à la prière. Il soupirait sans cesse après la vertu d'humilité, le Sei-

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gneur lui déclara enfin, dans une vision, cjue ses vœux étaient comblés, il sentit et comprit son néant et se regarda désormais comme l'être le plus abject de la terre.

Massée avait pour saint l-ranc^ois une affection vraiment filiale, seulement il éprouvait (lUeUjue peine à la vue des honneurs dont les [)opuIations et les grands l'environnaient, il craignait pour lui les atteintes de l'orgueil et, un jour, il lui dit en toute simpl cité : « \'ous ave/ en votre pei sonne peu d'apparence, votre habileté et votre savoir sont assez médiocres... d'où vient donc que tout le monde vient à vous et s'attache à votre suite ? »

Fran(;ois lui répondit avec bonté : « Vous voulez savoir d'où nie vient tout cela?. . . le regard de Dieu n'a vu sur la terre aucun pécheur plus grand que moi, aucun homme plus insensé entre tous les hommes, aucune créature plus vile entre toutes les créatures, et voilà pourquoi Dieu m'a pris comme son instrument; c'est ainsi qu'il fait toujours choix de ce qu'il y a d'insensé pour confondre les sages. »

En entendant ce langage. Massée se jeta aux pieds de son maître et lui demanda pardon de n'avoir pas compris plus tôt la sublimité de sa vertu.

Deux ans après la mort de saint François, Massée vint en France, et étalilit une maison de son Ordre à Bourges, où durant de longues années, il édifia la ville. Il mourut à Saumur en 1280, après 70 ans de vie religieuse.

Christophe de Cahors. — Né dans la Romagne, Christophe de Cahors avait d'abord exercé le ministère paroissial. En 1210, àl'âge de 44 ans, il vint trouver saint François, se mit sous sa conduite et s'appliqua à devenir un religieux digne de ce nom par sa mortification, son humilité, son esprit d'oraison et son détachement du monde. Rien n'abattit l'indomptable courage de cet homme, ni l'âge, ni les dégoûts, ni les peines ; il portait sa croix à la suite de Jésu.s-Christ et jamais elle ne lui parut trop lourde.

La paix de son âme se reflétait sur son visage, dans ses paroles et dans sa démarche ; sa charité était sans bornes, elle embrassait dans son ardeur les malades, les lépreux les plus dégoûtants et elle leur rendait les services les plus pénibles avec une humilité admirable.

En 12 19, saint François l'envoya dans le midi de la France établir des maisons de son Ordre. Là, il trouva moyen, malgré ses occupations sans nombre, de s'adonner à tous les exercices

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de la vie contemplative. La Sainte Vierge lui apparut un jour pour lui dire que ses fautes lui étaient remises. Lors de la mort e son bien-aimé Père, il en fut averti du ciel et fut transporté en esprit près de sa couche de douleur afin de recevoir sa bénédiction.

Christophe atteignit sa centième année. Au milieu de ses religieux et des habitants de Cahors où il résidait, il ressemblait à un des anciens patriarches de la Bible. Lorsqu'il mourut en 1272, après cinquante-six années de pénitence, il emporta les regrets de la ville; des miracles nombreux s'opérèrent à son tombeau et la vénération des peuples lui offrit ses hommages comme à un saint.

Monseigneur Tévêque de Cahors vient d'annoncer publiquement son intention de s'occuper de la cause du frère Christophe, en vue d'obtenir sa béatification par Rome.

Ange Trancrède. Un jour à Riéti, en 12 10, François rencontre un noble chevalier, qu'il n'avait jamais vu ; divinement inspiré, il lui dit : « Seigneur Ange Trancrède, assez longtemps vous avez porté le baildrier, l'épée et les éperons, maintenant il faut changer le baudrier contre une corde, votre épée contre la croix, et vos brillants éperons contre la poussière et la boue des places publiques. Suivez-moi, et je ferai de vous un soldat de Jésus-Christ. »

Ange ne résista pas à l'appel de la grâce, son cœur était gagné ; le lendemain, il revêtit les livrées séraphiques et le brillant chevalier Tancrède s'appela Ange de Riéti.

Dès lors il s'avança sans vaciller dans les voies du renoncement et devint bientôt un éminent religieux. — Il accompagna très souvent saint François dans ses prédications, comme dans ses retraites. Ce fut lui qui écrivit, sous la dictée du maître, le Testament que l'Ordre des Frères Mineurs a toujours entouré de tant d'estime et de vénération, ce fut lui aussi qui écrivit la Légende des Trois Compagnons, ouvrage où respire la plus tendre piété.

Toujours rigide observateur de la Règle, Ange mérita de Dieu le don de prophétie. Vers 1251, il rencontra une femme qui portait son enfant malade au tombeau de saint François. Ange la consola et lui prédit que son enfant serait Frère Mineur : en effet l'enfant grandit et devint le B. François de Fabriano. — Il travailla aussi à la canonisation de sainte Claire. Enfin en 1258, Ange alla recevoir au ciel la récompense de sa vie d'abnégation.

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Il fut enseveli à Assise, près du tombeau de son l'ère bienaimé. Des miracles s'opérèrent à son tombeau.

Frère Sylvestre. Il était d'Assise et déjà initié au sacerdoce quand saint Franc^ois «juêtait des aumônes i)Our réparer la pauvre église de Saint-Damien. 11 fournit des pierres avec l'espoir d'en être i)ayé, et comme saint François oubliait de se libérer, Sylvestre lui demanda s'il ne serait pas plus convenable de se libérer de ses dettes que de faire laumône. François pour toute réponse lui remit une poignée d'argent en lui demandant si c'était assez : mais cet argent fut bientôt comme du feu pour son avare possesseur. Un peu plus tard une vision miraculeuse lui fit connaître la vertu puissante de cet homme qu'il avait contrisié : pour réparer sa faute, il résolut de marcher sur ses traces.

Sylvestre ne tarda pas à devenir un religieux parfait, c'est lui que saint François députait près de Dieu pour connaître sa volonté et il recevait ensuite ses paroles comme des oracles divins.

Sylvestre survécut longtemps à son saint maître. Modèle de toutes les vertus d'un vrai Frère Mineur, il se distinguait surtout par son amour de l'oraison. Ses entretiens avec Dieu étaient des plus intimes, il y était favorisé des grâces les plus abondantes. C'est dans la douce solitude de Sainte-Marie-des- Anges que s'endormit Sylvestre, de là il s'éleva au séjour de l'éternelle allégresse pour y jouir désormais sans interruption de la vue de son Dieu.

Philippe le Long, après avoir exercé ses premiers disciples à mendier à Assise, où ils reçurent souvent plus d'injures et de mauvais traitements que d'aumônes, François les conduisit dans la vallée de Riéti. Il reçut là un nouveau compagnon : Philippe qu'on nomma le Long. — Il n'avait pas fait d'études: mais c'était un religieux d'une haute et sublime vertu, plus versé que bien des hommes savants dans la connaissance de Dieu et des Saintes Ecritures. L'Esprit Saint avait trouvé en lui un cœur pur, une âme candide, toujours ouverte à ses inspirations, et pour cet homme il avait eu des faveurs singulières : il l'avait illuminé de ses rayons célestes, et quand le bon frère parlait des choses spirituelles, la joie et le bonheur débordaient de son cœur.

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