‹ Nos saintsChapitre 92 sur 105 · S 4 OCTOBRE. — LES BB. COMPAGNONS DE X. S. PERE S. FRANÇOIS · texte numérisé non relu

S 4 OCTOBRE. — LES BB. COMPAGNONS DE X. S. PERE S. FRANÇOIS

Comme le prophète Isaïe, il avait vu un ange descendre jusqu'à lui, toucher ses lèvres avec un charbon ardent et conférer à ses paroles cette innocence immaculée qui ravit les âmes éprises de sainteté. Plus tard le cardinal Hugolin le força d'accepter la charge de Visiteur des diverses maisons de Religieuses Clarisses. Il mourut en 1^59 à Pérouse, après cinquante années passées dans la vie religieuse.

Jean Parent. Il était de Carmignano, en Toscane, versé dans la science du droit et juge de la ville de Fercennisse. Il avait été engagé dans le mariage et avait un fils qui entra dans l'Ordre Séraphique et s'y rendit remarquable par sa vertu.

Jean quitta sa charge en 121 1, vendit ses biens, en distribua le prix aux pauvres et vint se placer sous la conduite de saint François. Son renoncement était parfait, sa volonté inébranlable; il marcha vite dans les sentiers de la venu et devint en peu de temps un personnage digne de l'Ordre auquel il avait donné son nom. En 12 19, il fut envoyé en Espagne pour fonder de nouveaux monastères franciscains.

Jean demeura longtemps en Espagne où l'Ordre se propagea rapidement. Sa haute vertu le rendit célèbre et lui conquit l'affection de tous. Il eût assurément passé sa vie au milieu de ces œuvres confiées à son zèle, si, en 1230, les circonstances ne l'eussent pas appelé à recueillir la pénible succession de frère Elie.

Durant les six années de son généralat, Jean s'appliqua à rendre à la Règle toute sa pureté. Pour cela il s'adressa au chef de l'Eglise, Grégoire IX, le confident de saint François, et il s'entoura lui-même des conseils les plus sages. Dur et simple pour lui-même, plein de tendresse pour les autres, il employa son temps à visiter les couvents de son Ordre pour y faire refleurir la stricte observance. Il allait toujours à pied, sans provisions, sans autre ressource que l'aumône. Quelquefois Dieu se plaisait à montrer aux hommes combien lui était cher le dénûment de son serviteur. Le chapitre général des Frères était assemblé à Soria en Espagne, l'an 1233 : les populations, désolées par une sécheresse inquiétante, s'adressèrent aux Frères, leur demandant de fléchir le ciel. Jean fit prier et la pluie ne tarda pas à tomber ranimant les espérances de la contrée.

Sous sa direction, l'Ordre s'étendit de plus en plus, malgré des tribulations de tous genres. En 1236, les partisans d'Elie s'agitèrent de nouveau et mirent tout en œuvre pour le faire

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réélire. A cette vue, Jean versa des larmes de douleur, l'âme brisée, il se démit de sa charge qu'il avait toujours considérée comme un fardeau. Il sortit alors de l'assemblée et s'en alla dans l'ile de Corse. Là, un champ vaste s'offrait à son zèle: sa voix retentissait féconde, la foi fut mieux connue, les pécheurs se convertirent nombreux, Dieu voulut par là consoler les dernières années de son serviteur. Jean mourut entouré de la vénération de ceux à qui il avait annoncé l'Evangile ; il a laissé un nom béni de toute la famille franciscaine.

Tels sont les principaux disciples de notre Séraphique Père. Il y en a d'autres encore, mais leurs noms sont moins connus des hommes, quoique glorieux devant Dieu.

Les notices que nous venons de faire sont bien courtes, nous croyons cependant qu'elles peuvent déjà satisfaire la pieuse et légitime curiosité de nos lecteurs. Nous avons voulu surtout les édifier, car il est bon de nous le redire souvent : la famille franciscaine fut fondée par saint François, mais l'humilité de ses premiers enfants l'a affermie et étendue ; leur charité l'a consolée et réjouie, leurs bons exemples ont été pour elle un parfum dont les célestes émanations se font encore sentir après six siècles, et leur prière la conserve au milieu des afflictions qui sont le partage des jours mauvais que nous traversons.

B. IRobevt &e flDalatesta

Prince de Rimini, du Tiers-Ordre

Ce serviteur de Dieu naquit à Brescia, ville dont son père Pandolphe, seigneur de Rimini, était gouverneur. Dès l'âge le plus tendre, il faisait ses délices de la prière, affligeait sa chair innocente par les jeûnes, les cilices, les disciplines. A mesure (ju'il grandissait, son cœur s'enflammait du feu sacré du divin amour : il passait une partie des nuits absorbé dans la contemplation, souvent sa chambre s'illuminait d'une clarté céleste, il était alors favorisé des doux entretiens de Notre-Seigneur. — Saint François, qu'il avait choisi pour patron, daignait aussi lui apparaître, un jour il lui permit de contempler ses stigmates.

A la mort de son père, Charles Malatesta, son oncle, qui n'avait pas d'enfants, adopta Robert pour son fils et le nomma son légataire universel. Pour obéir à son oncle, le jeune prince épousa, à 18 ans, Marguerite d'Esté, fille du marquis de Ferrare ; cette pieuse princesse avait été élevée à la cour de son père avec Catherine de ^'igri, qui fut plus tard sainte Catherine de Bologne. Les deux époux vécurent dans une sainte et chaste union.

Dans Tannée qui suivit, Robert perdit son oncle, et joignit les Etats qu'il lui avait légués à sa principauté de Rimini ; il avait alors dix-neuf ans. Devenu plus indépendant, Robert en profita pour se hvrer avec plus de liberté à ses œuvres de piété et de charité. Sur l'avis de saint François, qui lui apparut, il prit, en 1430, l'habit de la Pénitence des mains d'un Frère Mineur, son confesseur, et en garda fidèlement la Règle. Les pauvres avaient eu lui un père dont la main toujours ouverte versait dans leur sein d'abondantes aumônes, il les hébergeait dans son palais, et les servait de ses mains, honorant en eux la personne de Jésus.

Une âme si belle et si pieuse fut bientôt mûre pour le ciel.

Le B. Robert avait à peine vingt-deux ans, quand le Seigneur

l'appela à lui, c'était le 19 octobre 1432. — On l'ensevelit, selon

son désir, avec l'habit de saint François, dans le cimetière des

^; Frères Mineurs. De nombreux miracles s'opérèrent à son tom-

j beau ; bien qu'il n'ait pas été établi de fête en son honneur, il

I est en possession de temps immémorial du titre de Bienheureux.

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Docteur de Marie, Frère Mineur

Jean Duns Scot naquit en l'an 1274; l'Angleterre, l'Irlande et l'Ecosse se disputent l'honneur de lui avoir donné le jour. Quoiqu'il en soit, ses parents, honnêtes laboureurs, l'employèrent jeune encore à la garde des troupeaux. Un jour qu'il était ainsi dans la campagne, conduits sans doute par la Providence, deux religieux, Frères Mineurs, l'accostent et le prient de les conduire chez son père à qui ils veulent demander l'hospitalité. L'enfant les accompagna cà la maison paternelle où ils prirent un peu de repos qu'ils sanctifièrent en apprenant au petit pâtre à prier Dieu. Ils ne furent pas peu surpris de voir que cet enfant, qui ignorait même l'Oraison dominicale, ne l'eut pas plutôt entendu réciter une fois, qu'il la répéta sans hésiter ainsi que les autres prières, qu'ils se plaisaient à lui enseigner. Charmés, ils proposèrent aux parents d'emmener leur fils afin de l'élever et de l'instruire dans leur communauté. La proposition fut acceptée et Jean quitta sa houlette pour les suivre.

Ses progrès dans la science, com.me dans la vertu, dépassèrent toutes les espérances, jusqu'au jour, où après avoir été admis dans l'Ordre, il s'appliqua à l'étude de la philosophie. Soit que son intelligence fût trop vive et trop impatiente, soit qu'il se trouvât comme arrêté dans les difficultés de la logique, il n'y aperçut bientôt plus qu'un labyrinthe obscur, confus, inextricable, et son ennui devint si grand que peu s'en fallut qu'il ne désespérât de sa vocation. Mais la Très Sainte Vierge, qu'il aimait d'un amour tout filial, lui apparut un jour pour le rassurer et lui dit que désormais il comprendrait aisément et à merveille toutes ces questions qui lui avaient paru si obscures et si difficiles. Elle ne lui demandait en retour que de défendre partout ses glorieux privilèges.

Dès lors, le jeune religieux se sentit un autre homme. Le jour semblait s'être fait dans son intelligence et il entrevoyait déjà comme un nouveau monde d'idées et de vérités. Bientôt les

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K. lEAN nUNS SCOT

questions les plus ardues n'eurent plus de difficultés pour lui et ses maîtres jugèrent convenable de l'envoyer étudier, à Oxford, la haute philosophie et la théologie.

Là, le nouvel étudiant surpassa bien vite tous ses condisciples, et à vingt ans il fut élevé au doctorat, avec mandat d'occuper de suite, à Oxford même, la chaire de philosophie d'abord, puis celle de théologie. Malgré ces honneurs, Duns Scot restera toujours humble fils de saint François, religieux austère rapportant toute sa gloire à Marie. — Trois villes furent les principaux théâtres où notre docteur, Frère Jean, dut mettre dans leur plus grand jour sa doctrine et sa dévotion envers Marie. La première fut Oxford même, la seconde Paris, et la dernière Cologne, où il mourut à l'âge de trente-quatre ans. Vie trop courte, hélas ! pour la gloire de sa Mère et les besoins de l'Eglise, semble-t-il : mais Dieu n"a besoin de personne.

C'est dans ces trois Universités qu'il a mérité le titre de Docfor Maria7uis, de Docteur de Marie. Mais ce fut surtout à la Sorbonne de Paris que son triomphe fut le plus complet; en sorte ciue nous lui sommes en partie redevables de la consolation dont le glorieux Pie IX a réjoui nos cœurs, en déclarant dogme de foi : l'Immaculée Conception de Marie.

Nous racontons brièvement, au 8 décembre, cette séance solennelle qui se termina par ces cris enthousiastes : Victoire au Docteur Scot .' Victoire et gloire au Docteur de Ma7-ie .'

C'est à dater de ce jour que l'L^niversité de Paris lui décerna le titre de Docteur subtil, quil a conservé depuis. Duns Scot enseignait à Paris depuis environ trois ans, lorsqu'il reçut du Ministre (Général l'ordre de se rendre à Cologne. Il se promenait avec ses disciples, hors les murs de la ville, lorsque la lettre lui fut remise. Après l'avoir lue, il prit congé de ses disciples, sans vouloir même rentrer à Paris, il se dirigea de suite à pied vers la ville où l'appelait la sainte obéissance.

La ville de Cologne ne devait pas le posséder longtemps, mais elle eut l'honneur de garder son tombeau. C'est le 8 novembre 1308, que s'éteignit doucement cette grande lumière de l'Eglise. Duns Scot fut enseveli dans l'église des Frères Mineurs de Cologne, plus tard ses précieux restes furent exhumés et placés au-dessus du maître autel. Cette église, aujourd'hui tenue par des prêtres séculiers, renferme le tombeau de Duns Scot, à qui de temps immémorial on a donné le nom de Bienheureux, soit en raison de la sainteté de sa vie, soit en raison des miracles qui lui sont attribués. La vénérable Mère Jeanne Rodriguez, morte en 1650 chez les Clarisses de Burgos, eut une vision le jour de la Portioncule, il lui fut donné de voir saint François descendre en purgatoire pour y délivrer des âmes : le saint

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14 NOVBMHKK. — H. NICOLAS DK TAVILKK AU

Patriarche tenait clans sa main un étendard portant d'un côté les insignes de la l'assion, de l'autre l'image de la Vierge Immaculée, il n'était accompagné que d'un seul de ses frères, qu'elle sut par révélation être Duns Scot, le Docteur de Marie.

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