NOVEMBRE. — B. THOMAS DE FOLIGNO
gnaient de dire aux passants qu'il était fou. Souvent il s'arrêtait pour s'agenouiller et prier. Ayant rencontré un gros arbre que deux hommes auraient eu de la peine à entourer de leurs bras, il prit sa croix de la main gauche, pendant que de sa main droite, il le courbait comme un roseau en répétant avec dévotion : " O amour, amour de mon Jésus ! ))
C'est au milieu de merveilles du même genre qu'il arriva à Rome. Les contradictions ne lui manquèrent pas, mais loin d'abattre son courage, elles ne firent qu'enflammer son amour de la pénitence. Il répétait souvent : (f Je veux mettre mon corps en gage, pour qu'il soit torturé, crucifié, brûlé, mis en morceaux, par amour pour mon Dieu et pour le salut des âmes.w
Enfin le 15 novembre de l'année 161 7, plein de jours et de mérites, il rendit à Dieu son âme pénitente et purifiée. Il avait soixante ans.
Les miracles, qui avaient illustré sa vie, ne manquèrent pas de glorifier son tombeau.
Quatre ans après sa mort, sur l'ordre de Grégoire XV, dont le P. Barthélémy avait prédit la promotion au Cardinalat et au Souverain Pontificat, son corps fut tiré du cimetière commun et placé dans une châsse, près de l'autel de saint Antoine de Padoue.
Le procès de sa béatification, achevé et approuvé en 1627, fut abandonné lorsque le Pape Urbain VII [ défendit de poursuivre la béatification de ceux qui n'étaient pas morts depuis plus de cinquante ans. On reprit sa cause dans la suite ; mais elle n'a pas reçu de sanction définitive.
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Du Tiers-Ordre
Ce Bienheureux naquit à Valmacinaia, paroisse du diocèse de Xocéra, dans l'Ombrie ; sts parents, riches propriétaires, élevèrent leurs enfants dans la crainte de Dieu et la pratique de la vertu. L'enfant répondit aux soins vigilants dont il était I objet, et à douze ans, il consacrait à Dieu sa chasteté que n'avait point
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ternie et que ne devait jamais ternir le souffle empoisonné du mal.
Mii par une inspiration du ciel, Thomas quitte un jour la maison paternelle et va demander à un saint ermite, le H. Pierre de Guaido, de le i)rendre sous sa direction. Il avait 24 ans, et durant 24 ans, il resta dans cette solitude, s'associant à la vie pénitente et contemplative du M. Pierre. .\ la mort de son maître, Thomas embrasse un genre de vie plus austère encore ; il choisit pour demeure un pauvre réduit dont on mure la porte et mène dans cette réclusion une vie [)liis angéliiiue tiu'humaine. Le Bienheureux ne prenait de la nourriture ([ue deux fois la semaine, et n'inerrompait son silence que pour s'entretenir avec son confesseur.
Le désir du serviteur de Dieu eût été de demeurer jusqu'à la mort dans cette prison volontaire, ou plutôt dans ce tombeau ; mais le Seigneur avait sur lui d'autres vues. Il vivait depuis trois ans en réclusion, lorsqu'un jour le Sauveur lui apparut et lui dit : « Thomas, sors de ce sépulcre, et va annoncer aux peuples de la Toscane leurs crimes ; va sans crainte, car je serai avec toi, et je t'insj)irerai les paroles que tu dois leur faire entendre. « Effrayé de ce commandement, convaincu de son impuissance à remplir une semblable mission, le Saint supplia le Seigneur de le laisser clans sa solitude ; il dut céder néanmoins aux ordres réitérés du ciel.
L'envoyé de Dieu inaugura sa mission dans la Province des Marches ; il prêcha ensuite dans les principales villes, annonçant partout les fléaux qui menaçaient l'Italie, et semant des prodiges sous ses pas.
L'homme de Dieu fut souvent méprisé, insulté, persécuté ; mais sa parole opéra une réforme générale dans les mœurs publi ques. Le B. Thomas fut favorisé d'extases, de révélations et de visions merveilleuses. Transporté en esprit dans la Jérusalem céleste, il y contempla les divers Ordres des Bienheureux, la gloire dont sont en possession la Reine des Anges, le Séraphique Patriarche, ses fidèles disciples, et en particulier les membres du Tiers- Ordre qui gardèrent fidèlement la Règle.
Après avoir rempli sa mission, le B. Thomas fut averti par un ange de se retirer à Folrgno ; là, devaient se passer les quatre dernières années de sa vie. Il logeait dans un coin de l'hôpital, dormait sur la terre nue, et employait son temps à la prière et aux exercices de pénitence.
Sa mort aniva le 15 septembre 1377 ; ceux qui l'assistèrent à ses derniers moments virent apparaître une grande lumière, et entendirent le concert mélodieux des anges, accourus pour conduire en paradis son âme bienheureuse.
Le corps du B. Thomas repose à Foligno, dans l'église de Saint-Augustin, où sa fête se célèbre tous les ans le 19 novembre.
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L'Ordre de saint François, illuminé et réchauffé par les vertus de son glorieux fondateur, a toujours été un ardent foyer de sainteté. Le Ménologe du P. Hueber nous donne les noms de six mille martyrs, confesseurs, vierges ou veuves, recrutés au sein de la famille franciscaine, dont le Seigneur a voulu révéler dès ce monde, et souvent faire éclater par des miracles, les grandes vertus. Mais qui dira la multitude des disciples de saint François, dont les mérites et les sacrifices connus de Dieu et de ses anges, ne seront révélés qu'au dernier jour ?
C'est pour mettre sous nos yeux ces admirables vertus, que l'Eglise réunit dans une même solennité la fête de tous les élus que l'Ordre -Séraphique a donnés au ciel.
Les membres de la famille franciscaine sont les fils et les descendants des Saints, le souvenir des vertus de leurs devanciers doit remplir leurs âmes d'une généreuse émulation, et le spectacle de leurs glorieux combats doit leur rappeler cette parole qui rassura l'âme de saint Augustin : c Pourquoi ne pourriez-vous pas ce qu'ont pu ceux-ci et ceux-là? »
Ces Saints sont aussi, pour leurs frères de la terre, de puissants intercesseurs. Les Saints du Premier Ordre présentent à Dieu, pour appuyer leurs suffrages en notre faveur, les sueurs de leurs travaux apostoliques et les flots de leur sang répandu pour la foi. — Les Saintes du Second Ordre présentent à Dieu leurs oraisons, leurs veilles, leurs larmes, leurs macérations. — Les élus du Tiers-Ordre présentent leur fidélité à la pratique des vertus chrétiennes et à l'observation du I )écalogue. — Aussi, leur adressons-nous, en ce jour, cette prière que nous offre la liturgie franciscaine : « O Saints illustres, qui fûtes les parfaits imitateurs de François, obtenez-nous d'être ici-bas intrépides dans les combats du Seigneur et fervents à son service, afin de mériter de participer un jour à votre béatitude. »
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