DÉCEMBRE. SAINT BARTHOLE
Notre-Seigneur, et qui fut imprimé à Venise, à Milan et à Bologne. Examiné au Chapitre général de l'Ordre, à Assise, en 1399, il fut approuvé, et, en récompense de son travail, l'auteur reçut un habit porté pendant quelque temps par saint François lui-même. Barthélémy en fit don à sa patrie, et les habitants de Pise le déposèrent dans une châsse de très-grand prix.
Le Martyrologe de l'Ordre lui donne le titre de Bienheureux.
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Curé, du Tiers-Ordre (1228-1300)
Saint Barthole naquit à San-Gémignano en Toscane, de l'ancienne et illustre maison des comtes de Mucchio dont il fut le dernier descendant. L'enfant parut, dès ses plus tendres années, prévenu des grâces du ciel : sa piété, sa modestie, son obéissance faisaient l'admiration de tous. Il était le modèle des enfants de son âge, qui l'avaient surnommé XAnge de la Paix.
Se sentant appelé de Dieu au service des autels, le jeune Barthole s'en ouvrit à son père ; celui-ci irrité d'une telle résolution mit tout en œuvre pour détourner son fils de son pieux dessein. Plus résolu que jamais à servir le Seigneur, Barthole fut obligé de s'enfuir de la maison paternelle ; il se rendit à Pise et se loua comme domestique dans l'abbaye des Bénédictins de Saii- Vito. Les religieux, charmés de sa piété et des rares qualités dont son âme était ornée, lui proposèrent l'habit monastique. Avant de se décider, Barthole recourut à la prière ; or, une nuit pendant son sommeil, Jésus-Christ lui apparut, le corps couvert de plaies, une discipline à la main, et lui dit : « Barthole, ce n'est point sous l'habit monastique que vous devez vous sanctifier, mais par les souffrances et les plaies dont vous serez affligé en votre corps pendant vingt ans. » C'est alors qu'il revêtit l'habit du Tiers-Ordre de saint François et qu'il se lia par le vœu de chasteté pour se livrer avec une nouvelle ardeur aux austérités de la pénitence et à la contemplation des choses divines.
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L'évèque de Voltcrre, informé des rares vertus du fils du comte de Mucchio, l'invita à rentrer dans son dioctfse pour y recevoir les saints Ordres : le moment lui sembla venu de répondre à l'appel de Dieu, et Barthole recjut. l'ordination sacerdotale à trente ans. Nommé vicaire à l'icciolo, il remplit cette charge pendant dix ans, et pendant dou/e ans il gouverna la paroisse de Pichena. Ses biographes nous parlent longuement de sa sollicitude et de son zèle, on devine aisément ce qu'il fut comme curé, il était tout à tous, pour les pauvres il se dépouillait de tout et vivait lui même dans la plus extrême pauvreté.
A l'âge de cincjuante-deux ans, Barthole fut atteint d'une lèpre horrible qui fut pour lui, pendant vingt ans, un martyre de tous les jours. Barthole se souvint de la prédiction que lui avait faite le Sauveur, et accepta cette grande épreuve comme une grâce du ciel. Il pria son évêque de le décharger de sa paroisse et se retira avec saint Vivaldo, son disciple, dans un hospice de lépreux, situé à un mille de distance de San-Gémignano.
Grande fut l'épreuve de ce serviteur de Dieu ; son corps ne formait qu'une plaie, ses chairs tombaient en putréfaction ; mais au milieu de ses plus atroces souffrances, il ne cessait de bénir et de louer le Seigneur. Une patience si admirable, qui ne se démentit pas pendant vingt ans, attirait auprès du Saint une multitude de personnes qui venaient s'édifier d'un tel spectacle et recevoir ses conseils. Le Seigneur le gratifia du don de miracles, et on remarqua que ses plaies, loin d'exhaler une odeur infecte, répandaient un parfum tout céleste.
Le jour de sa mort lui fut révélé ; après avoir reçu les derniers sacrements, il s'endormit dans le Seigneur, le 12 décembre 1300. Le lendemain, son corps fut transféré à San-Gémignano dans l'église des religieux de Saint Augustin où il avait demandé à être enseveli. Le concours des fidèles fut immense et de nombreux miracles manifestèrent la gloire dont il jouissait au ciel. Son culte a été approuvé par Alexandre VL
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B. 3ean ïï)C6cbauj: ou Diôcalccat
Prêtre, P'raxciscain (12S0-1349)
Ce grand serviteur de Dieu naquit dans le pays de Léon, en Bretagne, vers l'an 1280. Son humilité se fit remarquer dès son enfance, -au point qu'il ne voulut porter d'autre nom que celui de Jannic ou petit Jean. Pour aider ses vertueux parents, Jean résolut de gagner son pain à la sueur de son front et se fit maçon. Dieu bénit si bien son travail que le jeune homme ne tarda pas à jouir d'une honnête aisance. Ce fut alors que Dieu lui inspira la pensée d'abandonner le monde. Jean se rendit donc à Rennes, y fit ses études et reçut les ordres sacrés avec la plus vive piété.
Ses vertus le firent dès lors remarquer ; aussi Yves, évêque de Rennes, le nomma-t-il curé de la paroisse de St-Grégoire près de sa ville épiscopale. En peu de temps, il fit un grand bien par ses bons exemples, ses prédications et sa charité inépuisable ; aussi sa mémoire resta-t-elle impérissable dans cette paroisse qu'il administra pendant treize ans.
Ce n'était pas assez pour notre Bienheureux d'avoir quitté le monde pour le clergé séculier, voilà qu'un jour il se sent porté à embrasser la vie religieuse. Il demande donc à l'évêque de Rennes la permission de quitter sa chère paroisse pour entrer dans l'Ordre de saint François. Le prélat, nous disent les chroniqueurs d'alors, ne put s'empêcher de J>/eurer amh-evient la perte qu'allait faire son diocèse, toutefois embrassant tendremetit le B. Jean, // lui dotma son congé et sa bénédiction. »
Le serviteur de Dieu entra alors chez les Franciscains de Quimper. Là, ses vertus brillèrent du plus vif éclat ; lui seul ne le soupçonnait pas, bien plus, interrogé un jour pourquoi il portait un habit plus vil que les autres religieux du couvent : — « Parce que, dit-il, je suis le plus imparfait de tous. «
Il chérissait tellement les pauvres qu'il en était]^réellement « le père nourricier, w Quand il allait à l'église où ailleurs, ils s'amassaient près de lui pour recevoir l'aumône ou quelque consolation spirituelle. Quand il n'avait plus rien à leur distribuer, il
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leur donnait son manteau à l'exemple de son Séraphique Patriarche. Son austérité envers lui-même n'était pas moins grande (jue sa charité envers les autres : il j)assa '< seize ans entiers sans boire de vin, ni manger de chair ; il mangeait même fort rarement du poisson, se contentant de gros pain d'orge, d'avoi ne, ou de lèves. Il versait dans l'eau qu'il buvait (luelque litjueur aigre et amère, pour se ressouvenir du fiel et du vinaigre que son .Sauveur avait bu pour lui sur l'arbre de la croix. Enfin, il jeûnait au pain et à l'eau presque toute l'année (ju'il divisait en huit carêmes. »
Cette vie pénitente se termina dans l'héroïsme de la charité. Au milieu du xiv"" siècle, une peste terrible ravagea la ville de Quimper, et grand nombre d'habitants succombèrent au fléau. Ce fut là pour notre saint religieux une occasion de prouver son zèle et sa charité qu'il s'empressa de saisir. Chaque jour, on le voit « assistant les malades, les communiant et leur administrant les autres sacrements nécessaires. » La contagion ne l'effrayait point, elle l'attirait au contraire, mais Dieu, le jugeant mûr pour le ciel, permit qu'il en fût atteint. Il succomba à cette horrible maladie, victime de son dévouement, et son corps fut pieusement déposé dans l'église de son couvent.
De nombreux miracles s'opérèrent à son tombeau, on l'invoque surtout pour les maux de tête ; sa statue se voit encore dans l'église cathédrale de Quimper. Cependant l'Eglise n'a pas encore reconnu son culte.
A l'heure présente, on travaille avec activité pour que sa cause soit reprise en cour de Rome. Tous les enfants de saint François verraient avec bonheur ce grand serviteur de Dieu recevoir enfin les honneurs que ses vertus et ses miracles semblent mériter.
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Frère Lai, Franciscain (15571631)
Dans tous les temps, le Seigneur s'est servi des petits et des faibles, comme d'instruments pour manifester sa toute puissance, et pour confondre, selon la parole de saint Paul, la sagesse et la force du monde. C'est ainsi qu'il choisit le \én. Innocent pour travailler à sa gloire, et qu'il en fit l'objet d'une admiration universelle en Italie. Ce grand serviteur de Dieu, naquit en 1557 de parents pauvres, à Chiusi, dans l'évêché de Girgenti, le jour de la Toussaint. Il passa les années de son enfance et de sa jeunesse dans les exercices de la piété et la fuite du péché. A vingt et un ans il se sentit appelé de Dieu d'une manière très-vive ; cependant, ce n'est qu'après beaucoup de luttes intérieures et de tentations, qu'il entra enfin chez les Frères Mineurs de Camarata.
Dès les débuts de sa vie religieuse, Innocent s'appliqua avec ferveur à mortifier la nature, et dès lors, Dieu se plut à faire par lui, un grand nombre de miracles.
Pendant vingt-cinq ans, le serviteur de Dieu marcha pieds-nus, quelle que fût la rigueur de la saison, et souvent, de ses pieds blessés le sang coulait au point qu'on pouvait suivre ses traces. Il porta pendant trente-six ans, deux chaînes de fer autour de son corps, et, par suite de ces instruments de supplice, il avait au côté et aux reins des plaies qui fourmillaient de vers. Sa discipline était ornée de pointes de fer, et il s'en frappait violemment trois fois par jour. A partir de sa profession il ne mangea plus de viande, ni d'aliments cuits. Malgré toutes ses pénitences son application au travail était toujours la même, son visage souriant, sa conversation douce.
L'humilité était le rempart de ses vertus. Il appelait son corps « l'âne son frère, « et souvent il se jetait à terre en priant les religieux de le fouler aux pieds et de lui apprendre à devenir un bon frère de saint François. Il fallait lui faire violence pour qu'il acceptât les charges de gardien ou de vicaire dans un couvent : et encore ne voulait-il jamais s'asseoir au réfectoire à la place du
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^ I supérieur j)ar respect pour les |)rêtres, auxcjuels il avait promis "2*! obéissance. Il rappelait souvent aux religieux ces belles paroles •^^ de saint IVançois, disant « (|u'il aurait baisé la main d'un prêtre .^1 plutôt (]ue celle de l'anm" «lu'il aurait rencontré en même j temps.»
Innocent avait une si grande dévotion pour sainte Anne, tjuon I rap])elail ordinairement: Innocent de Ste Anne, (iràce à l'inler ^ cession de cette Sainte il obtint, entre autres miracles, laguérison du l*ape (irégoire X\'. Notre saint religieux avait de fréquentes extases. A Rome, on le vit une fois entouré d'une lumière si éclatante i}ue la nuit était comme changée en jour : dans ses extases il volait souvent de l'autel de la sainte Vierge à celui du Saint-Sacrement. Lorsque, après plusieurs années de luttes, la sainte Vierge le délivra enfin des tentations de la chair, il fut élevé dans les airs au-dessus de l'arbre, sur lequel la sainte Vierge lui avait apparu : quand il eut repris ses sens, il vil avec peine ^\ que ses frères, craignant qu'il ne se fît quelque mal en tombant, avaient placé sous lui un grand tapis ; mais des mains invisibles le transportèrent dans un autre endroit et le déposèrent à terre, de sorte que personne ne le vit revenir. Dès ce jour, il obtint par ses prières que ses frères ne s'aperçussent plus de ses extases.
'i'ant de vertu et de faveurs célestes excitèrent la rage des démons, qui lui livrèrent de furieux assauts. Souvent il était accablé d'une grêle de pierres pendant qu'il vaquait à l'oraison ; une fois, il reçut du démon un coup de poing si violent qu'il tomba sans connaissance, et lorsqu'il rentra dans sa cellule, des mains invisibles le flagellèrent si cruellement que pendant plusieurs ^^ jours il eut peine à marcher. Une nuit c}ue plusieurs démons ^ cherchaient à l'effrayer dans l'église, en apprêtant pour lui des instruments de supplice, notre Saint eut réellement peur et s'en- I fuit ; mais s'apercevant que les esprits de ténèbres se raillaient j,, de lui, il revint sur ses pas en se flagellant d'une manière cruelle, "^ et en se riant à son tour des ruses diaboliques : alors les démons se retirèrent en faisant un bruit si épouvantable que l'église sembla devoir s'écrouler : à la prière du Saint la tranquillité se rétablit.
Les triomphes que le Vén. Innocent avait remportés pour luimême sur les puissances diaboliques, l'avaient rendu si redoutable à l'enfer que les possédés le fuyaient ; quand on les présentait devant lui, il traitait les démons comme des esclaves.
^ démasquait leurs pièges, humiliait leur orgueil, et les chassait *^ ' comme des moucherons impuissants.
Innocent brûlait de zèle pour le salut des âmes. C'est, du reste, la meilleure manière d'aimer le bon Dieu, qui aime tant
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