‹ Nos savants d'après leurs éloges académiquesChapitre 12 sur 88 · CURIOSITÉ ÉVEILLÉE · texte numérisé non relu

CURIOSITÉ ÉVEILLÉE

Tous les savants n'ont pas eu ces heureux débuts. Pour plusieurs, les innocentes industries d'un père ou d'une mère ont pu seules triompher de leur horreur des livres et de l'étude. (( La fermeté de Victor Puiseux, inébranlable pour le bien dans toutes les circonstances de sa vie, se tourna d'abord en entêtement. Agé déjà de cinq ans, il refusait d'apprendre à

' Cuvier, II, 373.

lire, et, par une impassible inertie, décourageait la douce sévérité de sa mère. On eut recours à la ruse. M"' Puiseux commençait d'amusants récits ; mais lorsque l'intérêt était au comble, quand les yeux de l'enfant brillaient de joie, au moment où l'imagination de Victor se perdait avec le petit Poucet dans les profondeurs de la forêt, évoquait Cendrillon magnifiquement parée, on lui disait: >-( Devine la fin.» Ce furent ses premiers problèmes. L'enfant inventait des solutions; le livre de Perrault cachait la véritable, pour l'y trouver il fallait savoir lire. Victor ne fut pas long à apprendre. Ce premier pas fut le seul difficile. Toujours supérieur à ses condisciples, Puiseux chaque année franchissait une classe et conservait le premier rang ; à l'âge de quatorze ans, il étudiait la rhétorique avec éclat. A quinze ans, il était admis quatrième à l'École navale ^ »

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