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CULTURE INTELLECTUELLE DEMANDÉE AUX SCIENCES

Les grands esprits du xvii" siècle, pour avoir contemplé ■de plus près les œuvres de Dieu, n'étaient restés étrangers à aucune des connaissances humaines. Aussi leurs paroles sont-elles plus imprégnées de philosophie et de raison. Ils nous élèvent à leur suite et sans effort jusqu'aux sommets ■d'où se découvrent mieux les rapports intimes des sciences et les liens qui rattachent ces études au Créateur de toutes choses. Ces traditions sont d'ailleurs de toutes les époques.

Après le traité de Campo-Formio, Bonaparte, de retour à Paris, profite du loisir que lui laissent les armées pour demander à Berthollet des leçons de chimie.

Au sortir du collège de Juilly, Berryer refait ses études; il s'applique aux sciences exactes et aux sciences naturelles, pour donner à son éloquence des bases solides et de plus larges assises. Ce n'est ni Cicéron ni Quintilien qui l'en auraient détourné.

Plus près de nous, Thiers, arrivé au sommet du pouvoir, demande à M. Mascart de lui exposer les lois et les phénomènes principaux de la physique, et à M. Mannheim les théories fondamentales des mathématiques. Plus que jamais, aussitôt que le 24 mai 1873 le rendit à « ses chères études », il reprit ses visites assidues à l'Observatoire et au Muséum.

Sans avoir la prétention de posséder ces sciences comme celui qui doit les enseigner, n'est-ce point les étudier d'une façon intelligente que de s'inspirer de leur esprit et se familiariser avec leurs méthodes? C'est ainsi que l'étude du latin a formé bien des hommes qui n'eussent pas été capables de parler cette langue. Serait-ce pourtant un argument pour

* jTJ/c Elevât, sur les tnystères.

renoncer à cette étude? Thiers disait : « Ce n'est rien d'être ministre, le tout est de l'avoir été. » Ainsi pour le latin, ainsi pour la géométrie, ainsi pour plusieurs autres connaissances, ce n'est rien de les savoir, le tout est de les avoir sues. Il y a des têtes mal meublées, où les sciences ont pu entrer avec beaucoup d'autres notions. Rien ne prouve cependant que ces hommes de grande mémoire aient rien compris aux mathématiques, puisqu'ils en ignoraient l'esprit.

Chateaubriand a écrit de purs sophismes, à propos des sciences, dans son Génie du Christianisme et ailleurs. Plus tard, dans ses Souvenirs de jeunesse, il donne, en preuve de son étonnante mémoire, ce simple fait qu'il apprit par cœur ses tables de logarithmes. La chose serait peut-être difficile à vérifier. Malheureusement il ajoute : « Un nombre étant donné dans la proportion géométrique, je trouvais, de mémoire, son exposant dans la proportion arithmétique, et vice versa. » Impossible d'en douter, sa mémoire subissait sur ce point quelque éclipse ; ses autres connaissances mathématiques étaient d'ailleurs depuis longtemps sur le déclin.

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