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ÉTUDE DES LANGUES

L'étude des langues passionna également le baron Cauchy. Il devint un linguiste distingué. Son père connaissant à fond la langue hébraïque, il n'eut pas à faire grand effort pour l'apprendre aussi. Son aptitude pour les langues était si

1 Valson, Vie du baron Cauchy, I, p. 48.

étonnante, que ce qui eût été pour d'autres un travail long et pénible n'avait été qu'un jeu pour lui. Il avait appris l'hébreu à Arcueil, l'italien à Turin, Fallemand à Prague. En collaboration avec son père, il fit même un mémoire sur la prosodie des langues orientales'.

Les besoins de l'enseignement déterminèrent aussi Gay- Lussac à étudier les langues étrangères. La connaissance qu'il a acquise de l'italien, de l'anglais et de l'allemand, lui permit d'enrichir ses leçons d'une érudition de bon aloi, et d'introduire dans le courant de l'enseignement français des théories importantes, puisées aux sources originales.

On rapporte qu'un professeur distingué de Bordeaux, M. Hoûel, avait appris dix- sept langues afin de se tenir au courant des mémoires originaux sur les mathématiques.

Son collaborateur dans la publication définitive des œuvres de Laplace, Victor Puiseux, trouvait, dans sa connaissance des langues étrangères, une nouvelle source d'informations pour ses cours déjà si remarquables.

Ce mathématicien « maniait, non sans bonheur, la prose grecque et le vers latin. Ses goûts littéraires très développés, dit un de ses élèves, le portaient vers les chefs-d'œuvre classiques. Jusqu'à la fin de sa vie, aucune récréation intellectuelle ne valut, pour lui, une page de Virgile ou de Pascal^ ».

Cette aptitude à apprendre les langues compléta pareillement les talents, aussi variés que remarquables, que Watt semblait plutôt tenir de la nature que de l'étude. Il composait une histoire, pour la raconter dans un cercle, aussi facilement qu'il imaginait, dans ses ateliers, quelque nouvel emploi de la vapeur. Ses causeries rivalisaient d'intérêt avec les plus beaux romans de son illustre compatriote. L'un et l'autre, d'ailleurs, étaient doués de la même facilité. Chaque matin, en effet, Walter Scott écrivait la matière d'une feuille d'impression avant son déjeuner; et Watt inventait, en

* Contemporains, n» 96, passim.

2 Ph. Gilbert, Revue des questions scientifiques , janvier 1884.

société, des histoires créées de toutes pièces, alors que ses amis croyaient entendre un récit fait de souvenir. A quatre-

Bourdaloue (1632-1704).

vingt-un ans, Watt, entouré de savants et d'érudits, faisait encore l'admiration de tous par la verve de son imagination et l'érudition qu'il apportait encore dans les questions de linguistique.

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