PLÉIADES DE SAVANTS CHRÉTIENS
Il en est enfin qui ont parlé de la religion avec les accents du plus sincère amour et de la plus haute éloquence.
« On oublie que les grands inventeurs, écrivait en 1842 le P. Gratry, les créateurs du mouvement scientifique moderne : Kepler, Newton, Leibnitz, Euler, Descartes et d'autres avaient un égal enthousiasme pour la science, pour la philosophie et pour les divins trésors de la foi. Ce développement complet d'intelligence et d'àme faisait leur force et leur fécondité. »
Écoutons encore la fière profession de foi de Cauchy, le Pascal du xix' siècle :
« Je suis chrétien, s'écriait- il au commencement de ce siècle, c'est-à-dire que je crois à la divinité de Jésus-Christ,
^ Annuaire du Bureau des longitudes, 1880.
SCIENCE ET FOI 2o3
avec Tycho-Brahé, Copernic, Descartes, Newton, Fermât ^ Leibnitz, Pascal, Grimaldi, Euler, Guldin, Boscowich, Gerdil; avec tous les grands astronomes, tous les grands physiciens, tous les grands géomètres des siècles passés. »
Faut-il rappeler ici que Cauchy a conquis un des premiers rangs parmi ces hommes « dont le génie a découvert les vérités immuables de l'étendue, de la force et des nombres »?
« Je suis même catholique, ajoutait-il, avec la plupart d'entre eux ; et, si l'on m'en demandait la raison, je la donnerais volontiers. On verrait que mes convictions sont le résultat, non de préjugés de naissance, mais d'un examen approfondi. Je suis catholique sincère, comme l'ont été Corneille, Racine, la Bruyère, Bossuet, Bourdaloue, Fénelon, comme l'ont été et le sont encore un grand nombre des hommes les plus distingués de notre époque, de ceux qui ont fait le plus d'honneur à la science, à la philosophie, à la littérature, qui ont le plus illustré nos Académies.
« Je partage les convictions profondes qu'ont manifestées par leurs paroles, par leurs actions et par leurs écrits, tant de savants du premier ordre : les Ruffmi, les Haiiy, les Laennec, les Ampère, les Pelletier, les Freycinet, les Coriolis, et, si j'évite de nommer ceux qui restent de peur de blesser leur modestie, je puis dire du moins que j'aimais à retrouver toute la noblesse, toute la générosité de la foi chrétienne dans beaucoup d'hommes illustres qui sont mes amis^ »