DIEU RECONNU DAXS SES OEUVRES
Se peut- il concevoir plus noble objet des réflexions des hommes savants, ou même simplement instruits, que la connaissance du monde visible, de ses forces et de leur cause première? Dans chacune des sciences humaines, il s'est rencontré d'éminents esprits qui se sont sentis plus proches de Dieu sur les hauts sommets inexplorés avant eux. Comment, en particulier, d'habiles mathématiciens pourraient- ils nier un mathématicien éternel ? On formerait de leur profession de foi à la Providence la plus magnifique démonstration de la sagesse et de la bonté de Dieu. Rapprochons ici quelquesuns de leurs témoignages.
* Pasteur, Disc. Académie française, 27 avril 1882.
« Les preuves de la divinité que la science elle-même nous offre sont, pour John Herschell, assez claires, assez convaincantes pour rendre le doute absurde et l'athéisme ridicule.»
Citons encore les stances écrites par ce même astronome dans une de ses promenades.
« Jette-toi en Dieu et ne Toffense pas par une résistance impuissante. N'es-tu pas assuré de son amour et aussi de son pardon, à la fin? Si amer et si profond que soit le breuvage, ne repousse pas la coupe de l'épreuve ; mais que ses salutaires effets te fassent sourire au souvenir de sa première amertume.
(( Réclame cette coupe sacrée où se mêlent le doux et l'amer, des larmes dans des yeux joyeux, des sourires sur des joues attristées; la mort expirant dans la vie, quand l'effort longtemps soutenu touche à sa fin. Triomphe et joie pour le fort, force pour le faible et le fatigué. »
Nous n'avons pas à rappeler ici l'importance de l'œuvre réalisée par Leverrier, chacun sait que l'immortel astronome découvrit une planète jusque-là inaperçue. Le seul fait de la rechercher était déjà un acte de foi à l'immutabilité des lois posées par Dieu, reconnues par Newton.
(( Leverrier, dit J.-B. Dumas, regardait le ciel comme un domaine dont il aurait eu la garde et dont il aurait été appelé à proclamer l'ordre et la beauté. Intendant fidèle, il tenait à constater que tout y était à sa place. Il n'a cessé de vivre qu'après en avoir acquis la certitude. Cette vérité qu'il avait poursuivie avec tant de passion, pendant son séjour sur la terre, à travers tant d'agitations et de troubles, il la connaît enfin tout entière dans la sérénité de la vie éternelle et dans la paix du tombeau; nul ne s'est rendu plus digne que lui d'en contempler les splendeurs infinies.»
Une anecdote trouvera ici sa place. Un jour Arago faisait admirer, à son auditoire du Collège de France, la régularité du mouvement des cieux et l'ordre qui préside aux évolutions des astres ; s'interrompant tout à coup, il dit:
« La semaine prochaine, nous aurons une éclipse de soleil visible à Paris. La terre se trouvera en conjonction avec le
soleil, et la lumière de cet astre-roi sera interceptée pour la terre. A tel jour donc, Messieurs, à telle heure, à telle minute, à telle seconde, trois grands astres répondront, non pas à nos prédictions, mais aux ordres de Dieu.» Et il ajouta: a II n'y a que les hommes qui soient récalcitrants. »