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HABITUDES DE CHARITÉ

La charité et l'aumône suffisent à elles seules pour dénoter des habitudes non seulement religieuses, mais chrétiennes. Rappelons à ce sujet quelques souvenirs.

Fontenelle dit de Newton : « 11 ne croyait pas que donner par son testament ce fût donner; aussi n'a-t-il point laissé de testament, et il s'est dépouillé toutes les fois qu'il a fait des libéralités ou à des parents ou à ceux qu'il savait dans le besoin. »

La générosité est du reste dans les traditions académiques. M. J. Simon l'a confessé discrètement le jour du centenaire de l'Institut.

« Le 29 messidor an IV, la Convention donnait aux membres de l'Institut une indemnité de sept cent cinquante myria-

* Berthelot, Éloge de Decaisne.

grammes de froment, et, le 19 thermidor suivant, elle décidait que, sur cette indemnité, il serait distrait à l'égard de chacun des membres une somme égale à cent cinquante myriagrammes de froment, pour être répartie, sous forme de droit de présence, entre les assistants, aux séances tant générales que particulières de chaque classe. »

Il ajoute : « Peut-être est-il bon de rappeler ici, pour expliquer à la fois notre richesse et notre pauvreté, que tous les dons faits à Tlnstitut sont faits à la science ou aux pauvres. Les membres de l'Institut n'en profitent jamais; une nouvelle donation n'est pour eux qu'un surcroît de travail. L'empereur Napoléon III voulut un jour élever à cinq mille francs l'indemnité annuelle de quinze cents francs, ce qui faisait une quantité de froment fort respectable. L'Institut, consulté, exprima sa reconnaissance et refusa. »

Bon nombre de savants ne se sont pas contentés de ces libéralités. Isolément ou en association, le soin des pauvres a pris sa place dans la réglementation de leurs vies , et l'on cile tel maître de conférences à l'École normale qui visitait jusqu'à deux cent vingt familles pauvres par semaine.

Pasteur appréciait justement les conférences de Saint- Yincent-de-Paul quand il écrivait : « C'est une sorte d'antiphrase de dire qu'une société de charité prospère. Elle aime à se ruiner, et c'est là sa richesse. »

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