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AUX CONS DE L'OASIS DE LAGHOUAT + est-il vraiient habité Des chambres dont la * porte est ouverte, une femme sort et puis une
* autre et une autre encore et toutes s’approchent * en glissant dans leurs babouches dorées. Pour m’éblouir, elles ont revêtu leurs plus beaux x atours. Vive leur coquetterie qui+m’est une charmante surprise FA MR
La plus âgée, Messaouda, est la ‘sœur aînée de Jelloul. C’est elle la « Grande, ». « Maîtresse des choses », elle cômmande et mène les. autres femmes dducement mais avec un ton toujours dominateur. De taille. moyenne, méjesrueuse, $ elle vient à moi, la main téndue : | . « Sois la : biaus ob dans la maison, Je suis contente de te voir. » | Longue et.étroite, la pièce où je pénètre est
aménagée sels les usages d’autrefois. Dieu soit loué ! La vie n’a pas changé ici. L’esprit du passé y règne, Pesprit d’un passé très lointain et qui devait être le même au temps du Prophète. Les femmes ont gardé.les traditions. Point de tables, . de fauteuils ou d’affreuses armoires à glace dorées comme on en voit trop souvent dans les intérieurs arabes. Autour de moi, il n’y a rien ou presque et c’est parfait ainsi. Des matelas 2 sont alignés le long des murs, des coussins brodés s’entassent et les tapis sont doux comme des toisons. Quelques-uns à fond rouge avec des dessins réguliers et sombres, noirs où bleus, viennent de la région du Djebel- -Amour ; les autres. qui offrent plus de fantaisie et d’é éclat ont, été tissés à la maison.
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« Nous avons la laine, remarque Madani, nos troupeaux la donnent. Les tapis qu’onfait chez soi reviennent moins chers et sont plus solides que ceux qu’on achète, et. travailler vaut mieux, pour nos femmes, que fainéanter.
Plus fine, plus sensible, Messaouda déclare :
« Un ‘beau tapis est aussi précieux qu'un bijou.
Elle-me fait Signe de prendre place à ses
côtés. Je réapprends la mode arabe : m’ accrou-
Le”
pir en ramenant sous moi mes jambes, ce qui,
dans les premiers temps, au bout de quelques
- minutes, me donne, hélas! d’insupportables
Là r
fourmillements dans les mollets.
Tout est rond dans la souriante figure de mon hôtesse : le nez, les joues, le menton. Point de tatouage. En revanche, sous les paupières, une large ligne de koheul et, sur toute la face, une couche épaisse de fard qui comble les rides et donne l'illusion d’un teint éclatant. Épaissie par l’âge, Messaouda est vêtue, cependant, d’une façon exquise, selon une mode très anciénne. Toutes ses draperies sont blanches et lamées de soie. Sur la tête, la plus surprenante coiffure qu’on puisse imaginer : un dôme très haut, un guennour (1) enturbanné de tulle blanc, de paillettes argentées, de guirlandes de roses-pompons.et de myosotis. Autour du cou, sur le front, la poitrine, aux oreilles, aux bras, les plus beaux bijoux, tous anciens,
(1) Coiffure des indigènes du Sud.
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d’un or amorti ; héritage de famille et que Mes- “saouda a le privilège de posséder parce qu’elle est la « Grande ». C’est toujours le titre dont on Ja salue. Parfois, très respectueusement,-on y ajoute celui de « Hadjia» pour rappeler qu’elle a fait, jadis, le saint A ES de La Mecque:
Je de : M 7.:,0% «Cela est rare pour une femmes» © «a Le haut guennour étincelant eb flèuri s’agite
pour faire : « Non, non. » : +
© + Et Madani RUN :
« Pas dans les familles aisées, du moins autrefois. Depuis la guerre,‘tout est changé. »
Quand ses parents l’emmenèrent au tombeau du Prophète, Messaouda n'avait que huit ans. En vérité, c'était une bien petite pèlerine ! Ce voyage —,le seul qu'elle ait fait — lui a laissé un souvenir éblouissant et pourtant imprécis. Elle en parle, mélangeant tout : le départ à chameau, cachée dans le bassour, la « caliche », le chemin de fer, le « babor (1) », l’arrivée à La Mecque, les magasins brillants de bijoux, de soieries, les rues retentissantes de musique : chants clamés à tue-tête et orchestres de cordes aux airs étranges ; par là-dessus, les journées épuisantes à la Kaaba et les cadeaux merveilleux achetés à pleines mains, comte, «souvenirs » pour tous les membres de la famille.
Tandis que Messaouda se complait à ses descriptions, voilà qu’à l’entrée du patio, deux.
+ (1) Bateau à vapeur. «
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