‹ Nos théatres de 1800 a 1880; la tragédie... la pantomimeChapitre 13 sur 16 · CHAPITRE X · texte numérisé non relu

CHAPITRE X

Les Revues, les Parodies, la Pantomime

Ce n'est qu'après i83o que les revues ont fait leur entrée sur nos scènes parisiennes. On en a donné beaucoup depuis.

Celle qui fut jouée à la Porte Saint-Martin sous le titre de 1841 et ig4i, des frères Cognard, fut un grand succès. Le Palais- Royal vivait trois mois avec sa revue de fin d'année. C'était une recette assurée qui donnait le temps de préparer d'autres pièces.

Je n'ai presque rien à dire des revues. Tout le monde sait qu'elles sont faites dans le même moule. Ce sont les curiosités de Tannée, les découvertes, les inventions

quij sous des figures allégoriques, passent successivement sous les yeux du public et s'arrêtent quelques minutes devant la rampe pour chanter force couplets, rondos^, chœurs, etc. Le chant tient plus de place que le dialogue et Dieu sait si le plus souvent les oreilles délicates s'en trouvent bien. Cela se termine par des parodies partielles de récents succès dramatiques et par des imitations qui sont toujours très-bien accueillies.

Dans les revues la troupe se multiplie. Un seul acteur, une ssule actrice jouent trois ou quatre rôles. Les motifs ne manquent jamais. Chaque année en fournit une variété suffisante, par la grande raison généralement admise que les années se suivent et ne se ressemblent pas. Quand apparaît une comète, elle est sûre d'y figurer et le rôle est recherché à cause du costume tout brillant de paillettes ; il n'y en a jamais assez.

Le titre d'une revue n'est pas une question insignifiante, il faut lui donner

un certain cachet. Il faut qu'il saute aux yeux sur l'affiche. Les auteurs le savent bien et en ont trouvé parfois d'assez réussi, comme par exemple : Les Binettes comtemporaines, Sans queue ni tête^ la Caricature^ les Pommes de terre malades^ les Crapauds immortels^ Ohé, les petits agneaux^ de Glairville, T improvisateurchansonnier. Il ne parlait qu'en couplet. C'était plus fort que lui. Aussi en bourraitii ses revues. J'en ai compté plus de soixante dans une seule.

Glairville était le grand pourvoyeur du Palais-Royal et des Variétés pour ce genre de fourniture. Pourtant les beaux jours des revues me semblent à peu près finis. Le public ne s'en soucie plus guère. On en donne encore; mais elles ne tiennent pas longtemps sur l'affiche. Et puis Glairville est mort. G'cst une grande perte pour la revue et comme tout passe, elle mourra elle-même avant de le remplacer.

Page 1