LI-: CELIBAT
réiiuMliaMo, se liAtcront vu un cfTort supivmo do joiiulro Ta ri née rr^ailiôrc.
Il ne rnan([ue pas de Manches et pures épousées pour mettre avec une tendre émotion et une abï^olue confianee leur petite main trend)lante dans leur ])atte velue.
Sont-ils divines d'une telle faveur et surtout de cette divine joie des pères d'avoir suspendus au cou, accrochés aux hras ou à cheval sur leur pied, de frais chérubins dont la chair sent la crème et les roses?
Ont-ils mérité d'avoir j)our les chérir et les re>i»eeter fanati(juement, ces l)elles tilles (pfon leur envie et qui peuplent de rayons la misère de leurs derniers jours?
t^i'ils répondent. Dans la note attendrie, dans \v ])ieu.\ ravissement de leur reconnaissance je crois voir un indice certain de leur i)rol'onde et légitime humilité.
Ne semhle-t-il ])as (ju'il serait juste (pie cette espèee d'épou.x fût réservée exclusivement aux femmes ayant déjà été mariées? De cette façon personne ne serait dupé. Cette ])réeaution est au surplus toute indifpiée par le mot de saint dérôme aux veuves tro}) consolahles.
— "Prenez un mari ])lutot (pie le diable/'
Mais rexemple des camarades convertis a-t-il au moins pour effet d'amener les autres à résipiscence?
M'rop souvent, ce courage des résolutions fortes leur maïKpie comiii" à tous ceux (pie l'habitude de râi)re de- \oir n'a pas aguerris.
(^ui nous délivrera donc de ce Iléau des l'aïuilles, de ce brandon de discorde i)our les ménages unis, de ce serpent tentateur des maris bien intentionnés?
C'est alfaire aux K''gislateiirs de su])))rimer les dangers ])iiblics. Au cas où ils useraient envers celui-ci de la pire sévérité, je crois (pie personne ne s'élèverait ])our les en blâmer, si ce n'est, i)eut-etre, une infinie minorité de gens j)our lexpiels les célibatair(>s sont de> oncles
a lieritages.
Périssent alors ies collatéraux au béiiélice du plu.s grand nombre!
N.B. — Au galant célibataire qni dans sa ré|)onse à mon plaidoyer contre sa confrérie, trouve de si mauvaises raisons pour expliquer son endurcissement, je demanderai de lire les réfutateurs de la doctrine Malthusienne. Ils lui démontreront qu'en se mariant en. dépit de la maigreur de la dot, de l'avarice des pères riches, des menaces de l'avenir, on force la main à Dame Fortune. Une grande famille n'est pas un inconvénient: plus il y a de mains pour tirer sur la queue du diable, plus tôt elle cède.
'^ Dans un grenier qu'on est bien à vingt ans," répète-t-il après Béranger. Eh bien voilà. Il faut se marier à vingt ans. A la mode canadienne, quoi!
C'est le bel âge pour se moquer des papas rébarbatifs. C'est surtout le moyen d'économiser pour le bon motif et d'utiliser les forces, les ressources prodigieuses dont on dispose à cette époque de la vie.
J'en tiens donc toujours pour les mesures oppressives et coercitives. Pas les lyncher, par exemple. Ah non! c'est trop radical et puis, ils poseraient aux Saints-Innocents. . . Voyez l'anomalie!
LE CERCLB
oiLA un tic ces pièges inventés évidemment })ar quelque sardoni(iue vieux garc^on pour prendre les maris et produire une ])aisse dans l'institution prospère des bons ménages.
Attendu qu'il faut compter avec la corruption du siècle et ne pas s'attacher trop obstinément au rêve de la perfection, je me bâte, ce))endant, de concéder tout suite que le cercle a du bon.
C'est parce qu'il y a, dans une grande ville, mille empècbements d'un caractère social ou domestique à la réunion de personnes que lie un intérêt commun; que le rouage des affaires exige, ])araît-il, cet innocent commerce où l'on acquiert, dans l'amical abandon des propos de Cercle, d'utiles renseignements; c'est parce qu'il est urgent, au dire des abonnés, de venir en contact et de se trouver en termes d'intimité avec une foule de gens d'importance et de professions diverses; c'est pour toutes ces raisons, dis-je, que je ne me joins ])a8 à l'immense majorité des femmes pour condamner irrémissiblement les clubs.
Si l'on en fait uiu» espèce d'officine nécessaire à la préparation, à l'éclosion ou au ])erfectionnement des transactions commerciales et autres, c'est très bien et qu'on en use juste ce qu'il faut pour cela.
^fais s'assembler dans un but de divertissement en alléguant le mot banal : " 11 faut qu'un bonimo s'amuse '', voilà l'abus.
Ce n'est pas l'opportunité de l'amusement ({ui est
(lis('iiial)lo iiifiis le choix (jiroii en fait et rcridroii où on le prend.
D'abord quel est celui (|ui déferulra le jeu intéressé ([u'on tolère dans ces élégants lieux de réunion et (|ui leur donne un air de tripots?
Qui niera le danger auquel il expose les jeunes gens qui frécpientent ces endroits?
N^ous sommes tous d'accord je pense, sur les conséquences de la plus incontrôlable des passions qui sont : l'obsession continuelle dégénérant en manie, faisant prendre en dégoût les occupations ordinaires, tout ce qui n'est pas le jeu, la conscience faussée, l'oblitération du sens moral changeant l'honnête homme en un égoïste ])rutal qui ira jusqu'à jouer le pain de ses enfants et ne s'arrêtera dans sa fureur de ponter que devant la ruine complète.
Que des hommes a3^ant de graves devoirs envers la société et y exerçant des fonctions délicates: qu'un juge, un médecin, un officier de banque ou un avocat, par exemple, chargés des plus chers intérêts d'un grand nombre d'individus, sacrifient au démon du jeu leurs loisirs dont en réalité ils ne sont pas maîtres — puisqu'ils les doivent à la recherche des solutions favorables au bien de leurs clients, — c'est un danger terrible.
Des innnocents se trouvent souvent atteints dans la catastrophe inévitable qui termine une carrière de joueur. Que de familles laborieuses et, paisibles vouées à la désolation par le fait d'un seul homme en qui elles avaient mis une confiance aveugle et dont elles attendaient justice, fortune et santé.
Si l'on pousse au pied du mur certains maris intelligents ils finissent par a^ous dire sur un ton de confidence:
— Je vais au club, parce que je m'ennuie chez moi. Ma femme n'est pas . . . enfin nous n'avons pas les mêmes idées. . .
— "Mon cher monsieur, il ne fallait pas l'épouser!